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8 mars – Raphaëlle Antou : « Il y a encore de grandes différences entre les lois et les mentalités »

Elles sont huit, huit femmes qui n’ont pas hésité à prendre la parole. Porter leurs pierres à l’édifice de la journée internationale des droits de la femme à La Réunion. Elles n’ont pas atteint la quarantaine (pour plusieurs d’entre elles) et leur seul objectif : s’investir pour les autres. Rien que pour cela, elles méritaient une mise en lumière sur les multiples facettes de leurs activités… publiques. Et que pensent-elles de cette journée symbolique qui se désoriente vers une « fête de la femme » et dont la dynamique commerciale semble vouloir s’emparer ? Et l’égalité des sexes ? Et la cause des femmes ? comment les vivent-elles au quotidien ? Raphaëlle Antou, Cyndi Barret, Julianna M’Doihama, Jeanne Hoareau, Christine Lebon Margot Léger, Julie Legros, Sarah Salah Aly, (par ordre alphabétique) ont répondu aux questions de zinfos974 tout au long de la semaine.

Ecrit par G. Aho – le samedi 06 mars 2021 à 12H51

Raphaëlle Antou est un nom qui résonne la cuisine de La Réunion : le « Gout’A nous » de son père Christian Antou (connu de tous) dont elle possède les secrets et les gênes d’un plat bien fait « c’est sûr, je dirais que j’ai grandi dans la cuisine de mon père et je suis devenue une passionnée de pâtisserie », reconnaît-elle.

Au fil des années, son cœur balance : cuisine ou « un travail sérieux » ? Elle opte « pour le métier de professeur des écoles après deux ans passés à Bordeaux et une année à Berlin dans le cadre d’Erasmus ». La cuisine l’a tout de même rattrapée par le biais d’internet « je voulais poursuivre les activités numériques avec les recettes de mon père sur la toile ». Parallèlement, comme toutes jeunes femmes de son âge sur les réseaux sociaux « je poste tout ce que je goûte et ce que j’aime : j’ai l’instinct du partage » affirme-t-elle.

Concernant la journée internationale des droits de la femme elle répond d’emblée « c’est important de mentionner ce temps dans le calendrier, de souligner cette date, faire un bilan sur la situation des femmes d’ici et d’ailleurs. Ces droits ne sont pas chose acquise. Il y a des combats encore à mener et ils ne tombent pas du ciel ».

De par ses origines, son regard se tourne en Inde et aussi en Europe « le constat est édifiant, lorsque je vivais à Berlin, j’ai pu observer que la situation des femmes n’a rien à voir avec celles qui vivent en Inde ».

Pour la blogueuse culinaire « à La Réunion il est difficile de dire qu’il existe une égalité des sexes, il y a encore de grandes différences entre les lois et les mentalités ». Elle se souvient des interrogations posées à des femmes de son entourage « je me demandais pourquoi les femmes mariées n’avaient pas de prénoms : on les appelait toujours par le prénom de leurs maris comme Mme Christian ou Mme Jean ».

Si sa génération n’a de cesse de plaisanter autour « des réflexions sexistes » elle poursuit « je suis encore surprise qu’un vendeur d’un magasin de bricolage me demande si je vais pouvoir utiliser tel ou tel outil », poursuit-elle.  Dans un tout autre domaine elle reconnait « que la pression du mariage pèse plus sur les femmes que sur les hommes, je ne sais pas si elle est liée à la religion ou à la conscience collective. Une femme n’appartient ni à son mari, ni à son père ».

Face aux élèves de CP elle tente de transmettre le temps d’une année « une éducation similaire aux filles et aux garçons mais là encore nous ne savons pas trop ce qui se dit à la maison. ».

Quant aux violences faites aux femmes, Raphaëlle Antou est sidérée par ce phénomène. « Considérer une femme comme un objet, lui taper dessus, je suis anéantie par ce phénomène », révèle-t-elle.
 
Mais il y a bien une femme à La Réunion qui mène un combat sans fin contre les violences envers les femmes et pour laquelle est voue une admiration sans fin « c’est Huguette Bello ! Son travail permanent en faveur des femmes réunionnaises est considérable et prometteur ».
 

 

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