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Courrier des lecteurs

70 ans après la loi sur la départementalisatio, pour la mise en oeuvre d'un nouveau modèle de développement


Par Reyniolds MICHEL - Publié le Mardi 15 Mars 2016 à 13:08 | Lu 386 fois

70 ans après la loi sur la départementalisatio, pour la mise en oeuvre d'un nouveau modèle de développement
Le changement est nécessaire. La mise en œuvre d’un nouveau modèle économique relève de l’urgence. C’est la conclusion que tirent les bons observateurs de la société réunionnaise, 70 ans après le vote de la loi du 19 mars 1946 transformant La Réunion, de vieille colonie en département français. Non pas pour dire que la société réunionnaise ne s’est pas transformée en profondeur, bien au contraire. A partir des années soixante, les transformations ont été rapides profondes et généralisées. C’est donc plutôt pour souligner la face négative de la réalité, c’est-à-dire les effets catastrophiques sur le plan humain d’un modèle économique, dit de rattrapage, qui jette depuis des décennies des fractions entières de la population réunionnaise dans la dépendance. Et conséquemment d’inviter à un changement radical de cap.

Le paradoxe réunionnais

Pourquoi un changement de modèle économique s’impose-t-il comme une nécessité ? N’y a-t-il pas moyen de corriger les effets désastreux soulignés ci-dessus ?

Le paradoxe entre une croissance particulièrement dynamique – plus de 4% par an depuis 1993, soit le double de celle de l’économie hexagonale ‒ et un taux de chômage endémique de trois à quatre fois supérieur à celui de l’Hexagone, soit environ 30%, ne cesse d’interroger, depuis quelques années, les spécialistes des petites économies insulaires, hommes politiques et d’acteurs de terrain, compte tenu notamment de ses conséquences désastreuses en termes d’inégalités et de dépendance.

On ne peut, de toute évidence, faire l’impasse sur cette inadéquation. Mieux, il convient d’interroger le rapport existant entre cette croissance, fruit d’un certain modèle de développement, et les inégalités scandaleuses que nous constatons dans ce département (Voir INSEE Partenaires, Une situation sociale hors norme, n° 25, août 2013).

S’agit-il d’un développement qui n’a pas encore produit tous ses effets ou le prix à payer d’un type de développement économique et social, inspiré d’un retard à rattraper et fondé sur les transferts financiers ?

Des réponses données à ces questions découlera le type de développement économique et social qui sera mis en œuvre pour y répondre. Est-ce dans la continuité du modèle suivi jusqu’ici ou en rupture avec lui ?

L’urgence d’un changement de modèle économique

Les inégalités économiques qui jettent dans la précarité et la dépendance une fraction importante de la population réunionnaise ne sont pas tombées du ciel. Elles sont les fruits amers de la politique économique et sociale menée jusqu’à présent ; une politique inspirée de l’idéologie de rattrapage et fondée sur les transferts publics massifs, au nom de la solidarité nationale.

Cette politique économique et sociale reposant sur les transferts financiers et autres dérogations fiscaux est venue booster la consommation publique (environ 37% du PIB) et celle des ménages ‒ les revenus de transfert représentent plus de la moitié des revenus totaux des ménages les plus pauvres ‒, avec pour effets une vive progression des importations et des activités de services, marquant ainsi l’appareil productif réunionnais d’une forte tertiarisation (le secteur des services représente 72% du PIB marchand).
Lorsqu’on sait le pouvoir d’attraction des grandes firmes spécialisées dans l’import-distribution sur la demande interne et l’importance de la fonction publique et le haut niveau des salaires publics ‒ un salarié sur trois et absorbe 43% des rémunérations totales (en 2004), on sait qui sont les gagnants et les perdants.

À La Réunion, comme le disait l’économiste Éliane Mossé, nous avons affaire à un "développement qui tient plus à des transferts massifs, réalisés au nom du rattrapage avec la métropole, qu’à la croissance de l’économie interne". Et l’auteure du Rapport : "Quel développement économique pour les départements d’outre-mer" (1999) d’ajouter : "A l’évidence les politiques menées jusqu’à présent n’ont pas encore réussi à inscrire l’économie des DOM dans une logique de développement".

Toutes les études, recherches et rapports tirent la même conclusion depuis plus d’une décennie : l’urgence de changer radicalement de modèle, en inscrivant l’économie de notre île dans une logique de développement harmonieux et solidaire. Il faut en finir en bonne fois avec une idéologie de rattrapage qui fait de notre île une société de plus en plus inégalitaire et source de précarité.

La Réunion doit chercher sa propre voie en comptant sur ses propres ressources et forces tout autant que sur la nécessaire solidarité nationale. Son développement, outre son insertion dans l’espace français et européen, n’est possible que si elle tient également compte de son ancrage dans l’Océan Indien en s’agrégeant autant que possible aux blocs économiques australs naissants. D’où l’appel de Wilfrid Bertile à la mise en œuvre d’un projet réunionnais global adapté à l’identité et aux défis spécifiques de La Réunion.

Reynolds MICHEL

 




1.Posté par Pierre Balcon le 15/03/2016 19:34

Oui mais que faire ?
On a à peu près tout essayé de ce qu'il était matériellement possible de faire et même de penser .
Et sincèrement il est abusif de rapporter telle ou telle loi programme ( 7 en 30 ans ) à tel ou tel modèle ( c'est à tort que l'on parle de politique de rattrapage qui est un effet pas une cause ou "d'import substitution" ). Chacune a eu son originalité : défiscalisation généralisée pour le logement et les secteurs productifs , aménagements fiscaux internes et à l'importation des marchandises , allègement et même effacement des charges sociales , soutien à l' export , réforme institutionnelle , renforcement de la formation , soutien à la mobilité et à la continuité territoriale , observatoire des prix , des revenus et des marges , réforme du code du travail par la restriction à l'extension des conventions collectives nationales et la liste ( que je tiens à la disposition des internautes et des politiques ) serait longue de toutes les adaptations au droit commun national
Lurel lui propose , dans son rapport , de faire de La Réunion une vaste zone franche ( dont il ne nous dit pas le périmètre des "affranchissements" et qui a déjà partiellement existé sans succès ) . Il ne lui déplairait pas d'instituer même une place financière " off shore" , c'est à dire un endroit où certains paieraient donc encore non seulement moins d'impôts et de charges mais en plus où les transactions seraient encore plus opaques. Que voulez vous les socialistes 2016 sont fascinés par ce qu'ils voient dans les Caraïbes . Sur ce point notre ancien ministre est d'accord avec T Robert qui rêve aussi de transformer Saint Leu en Monaco ou de Gaston Flosse et de ses héritiers qui a commencé de faire de la Polynésie dans le Pacifique comme au Vanuatu
Ne nous laissons pas obnubiler par les mots tels que , nouveau modèle , changement de système , chercher sa propre voie , vieille colonie ( ce que n'a jamais été La Réunion soit dit en passant.) , logique de développement harmonieux et certains ajoutent "durable" pour faire bien et donner encore plus dans la métaphysique etc.. .

Tout cela n'est que concepts creux et outils de propagande . Giscard nous l'avait déjà servi en 1974. Dès que vous entendez quelqu'un qui se donne pour objet d'intervenir globalement sur le groupe , la tribu la société , fuyez
Ce qu'il faudrait faire en priorité est beaucoup plus simple : Il faut changer l'individu et ses mentalités tout simplement , en visant l' autonomie et lar esponsabilité . On pourrait s'inspirer sur ce point de l'ile Maurice , la corruption et le blanchiment en moins.
Pour y arriver le chemin sera difficile Je vois déjà 15 000 fonctionnaires défilant dans les rues !
Et puis je vais vous dire pas besoin d'IDH pour mesurer nos progrès . On saura que La Réunion va bien quand elle saura se passer d'une nouvelle loi programme et de ses 70 mesures et 50 sous mesures et quand on ira plus manifester ni devant la préfecture ni au rectorat.

2.Posté par KLD le 15/03/2016 20:51

tiens , enfin , un post intéressant du sieur balcon , les autres ""transpirés un peu la suffisance de l'ex "haut fonctionnaire" mais là , c'est intéressant , c'est mon avis du moins.

3.Posté par cimendef le 16/03/2016 07:07 (depuis mobile)

Oui il faut changer les mentalités pour atteindre l'autonomie et la responsabilité, c'est ce que je retiens de ce post : vaste programme ! Le chemin est long et il faut miser sur la jeunesse ..

4.Posté par Pierre Balcon le 16/03/2016 10:58

à KLD
Puisque nous sommes sur le point de devenir copain.
Je voulais vous soumettre une petite réflexion comme ça en passant ,et sans aucun insuffisance.
Le Guépard est l'unique romande l'écrivain et aristocrate italien Giusepe Tomasi di Lampedusa paru en 1958 à titre posthume .
Tomasi di Lampedusa y trace la vie de don Fabrizio Salina, un prince sicilien, au milieu des tourments révolutionnaires italiens du Risorgimento. Mais c'est surtout une histoire de la Sicile et de la transition entre un ordre ancien et un nouvel ordre.
Ce roman est devenu célèbre parce qu’il fut adapté au cinéma en 1963 par Visconti qui confia à Alain Delon le rôle de Tancrede , neveu du prince Salina
Une des phrases les plus célèbres reste attachée à ce Tancrede . Elle reflète l'aboutissement de toute révolution :
« Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change. »
Je me suis souvent demandé comment interpréter cette phrase mythique .
Cette phrase est introduite par une autre qui éclaire davantage les motivations du personnage : « Crois-moi mon petit oncle, si nous ne nous en mêlons pas, ils vont nous fabriquer une république. »
Je ne l’ai vraiment comprise que depuis que je suis l’actualité politique de La Réunion .

5.Posté par Juliette Caranta-Pavard le 16/03/2016 16:33

À Post.4 - Pierre Balcon:

*Pour Tancrède et la dernière phrase - chapeau, Balcon !

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