Société

50 années de travail d’une nénène hors du commun : La médaille, "grand or" s’il vous plaît, de Marinette

Mardi 3 Septembre 2019 - 13:52

Marinette s’est vue remettre, ce dimanche à Takamaka, la « médaille grand or » du travail. Une distinction rarissime couronnant 50 années de service. Elle était déjà titulaire, à sa grande surprise, des médailles d’argent, de vermeil et d’or. La « grand or » a été la cerise su l’gâteau patate. On lui a agrafé les 4 distinctions d’un seul coup d’un seul.

Marinette est née le 27 août 1952 à Saint-Benoît et a grandi au sein d’une famille des plus modestes. En ces années-là, même après 6 ans de département, les bienfaits annoncés, de la fin de la colonie, se faisaient encore largement attendre. Autant dire que nos campagnes subissaient toujours une misère noire.

Comme des milliers d’enfants de petits colons, Marinette a fréquenté l’école et je peux vous certifier qu’elle lit et écrit fort bien. En plus, la lecture, elle aime, elle adore. Elle lit tout, absolument tout ce qui lui tombe sous la main. Livres, articles de journaux, et même les pubs !

Mais, là encore, comme nombre de petits Créoles d’alors, Marinette doit se mettre très tôt à travailler pour aider sa famille. Car le devoir familial, c’est sacré ; et les coups de main jamais à négliger.

Ne possédant aucun diplôme professionnel, Marinette s’embauche comme nénène, bonne à tout faire pour les non-avertis. Elle est âgée de 17 ans. Et ça a duré jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui où elle travaille toujours. Car cette adorable petite bonne femme ne se résoudra jamais à prendre du repos.

Oh ! Bien sûr, les débuts ne furent pas roses, loin de là. Elle est notamment engagée chez un commerçant où elle reste debout toute la journée… à confectionner des samoussas. Un poste qu’elle zappe vite fait car c’est mal la connaître que de penser qu’elle est capable de rester toute une journée à effectuer un travail répétitif et abrutissant. Fabriquer des samoussas ? Alors qu’on sait mitonner un cari langouste ? Non mais !

Marinette, elle, veut travailler, vraiment travailler.

Très vite elle va trouver à s’employer chez des gens ayant besoin d’une nénène, mais une nénène qui sache tout faire ! Et ça, c’est son rayon, à Marinette. Nettoyer, laver, repasser, astiquer (on dirait une chanson antillaise, vous ne trouvez pas ?) et faire cuire, ça, elle sait. Et elle le sait bien. Je peux vous certifier, pour avoir goûté à son rougail la morue ou son cari bichiques, que Marinette est un cordon bleu.

Elle n’est pas du genre facile-facile, Marinette : quand elle commence le ménage (toujours très tôt), elle aime bien que ses employeurs foutent le camp. Parce que Marinette met toute la case sens dessus-dessous, chaises sur tables, zoreiller à l’envers, etc. « Ne laissez nulle place/Où la main ne passe et repasse », disait le poète. Eh bien ! pour Marinette, quand elle arrive, les grains de poussière tremblent et entament leur confiteor : aucun ne va résister à son acharnement. Autant dire qu’après son balai, la case est plus nickel qu’un bloc opératoire !

Ce dimanche, à Takamaka, M. Atchicanon, adjoint de Jean-Claude Fruteau, avait effectué le déplacement. Il l’a avoué très simplement : « 50 années de service et la médaille grand-or, c’est la première fois que je vois ça ! »

Entourée de toute sa famille et de ses employeurs (ses amis, plutôt), saluée par un discours émouvant de Nicole Hugot, discours qui a tiré des larmes à plus d’un, Marinette a accepté tous ces hommages et cette avalasse d’amour avec sa gentillesse habituelle.

J’ai eu une nénène comme toi, Marinette. Elle s’appelait Ida et était au service de ma mamie Francia, depuis ses 14 ans je crois. Les coups de fouette qu’elle m’a administrés ont grandement aidé à faire de moi l’homme que je suis.
Je comprends donc combien tous t’aiment. Tu le vaux bien.
Jules Bénard
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1.Posté par Aymar le 03/09/2019 18:06

FELICITATIONS!

2.Posté par Portoise le 03/09/2019 19:01 (depuis mobile)

Bravo Marinette. Donc rdv avec l association des médaillés en octobre au tourne broche.

3.Posté par Bleu outre mer le 03/09/2019 19:08

Bravo Madame......

4.Posté par Prof prof le 03/09/2019 22:15 (depuis mobile)

"Nenene" payées 30 francs anciens par mois !esclaves des années 50 ! corvéables nuits et jours! seule une promenade le dimanche après midi était autorisée !honte à cette triste époque !

5.Posté par Fanak le 04/09/2019 04:16 (depuis mobile)

Y a t'il pas eu convertion entre temp des fois li faut juste 2 anset un bon lavage de cerveaux

6.Posté par André le 04/09/2019 05:16 (depuis mobile)

Post 4. Esclaves dites-vous? Notre mère était « nénène »chez les H...... nous n’étions pas riches mais vivions convenablement. Comme leurs enfants nous avions droit aux mêmes jeux éducatifs aux livres ..,,,,Et il lui restait du temps pour nous .

7.Posté par Grangaga le 04/09/2019 12:26

Et si nou fé in….." Grenèl' "...…..
Po ke tou lé bénéficyièrr' dé ……" 75% de prim' de la vi sèrr' "...…
Y anboss'...…" zot' "......bonn'...……
Konm' de ….."sou-antandi", y devrè ètt'...……..
Sinon........nou fé koupp' lo l'arzan !!!!!!!!

Anfin, bravo Madanm' èk' son anplwayièrr'.......

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