Société

2017, l'année de "confirmation de l'apparition de drogues de synthèse" à La Réunion

Jeudi 29 Mars 2018 - 23:27

La Douane de La Réunion a présenté ce jeudi au Port son tableau de bord de l’année écoulée. Une année marquée par la "montée en puissance de drogues dures" acheminées par voie postale et par fret express.


C'est aussi l'année de la "confirmation de l'apparition de drogues de synthèse""leur diversité" et leur "plus grande dangerosité" qui interpelle. 1,4 kg de cocaïne a été saisie en 2017 et 6 kg d’ecstasy qui, pour cette dernière, "est en augmentation régulière et en quasi doublement d'une année sur l'autre", précise Patrice Vernet, directeur régional des Douanes. Plus "classique", 11.000 cachets d’Artane font évidemment partie des trouvailles des 200 agents des douanes exerçant sur le territoire. 

Au rayon des produits de contrebande, près de 500 kg de tabac ont été découverts tout au long de l’année, l’écrasante majorité planquée dans des conteneurs, le reste étant essentiellement acheminé par des passagers aériens (60 kg).

382.000 articles de contrefaçon ont été saisis, des résultats deux fois plus importants qu’en 2016 en raison de l’effet "hub de transbordement", apporte comme précision Patrice Vernet. En clair, une part de ces produits contrefaits ne faisaient que transiter par le Port Réunion, sans être destinés au marché local. Les jouets, jeux et articles de sport, trustent la place du plus gros volume des saisies (186.000 articles), suivis - plus inquiétant encore - des produits de soins corporels (150.000 exemplaires), puis des appareils électroniques et informatiques (18.000). Au rayon mode, les chaussures (3550) et les vêtements (2500 articles) occupent toujours une place de choix.

L’octroi de mer génère 424 millions d’euros

Des contrôles fiscaux ont aussi débouché sur le redressement de 9,3 millions d’euros de droits et taxes (+ 80 % par rapport à 2017), et 21 constatations portant sur des capitaux non déclarés au passage de la frontière, pour un montant de plus de 400 000 €.

A côté de la lutte contre les trafics, la deuxième grande mission de la douane, moins connue du grand public, est celle de perception des droits et des taxes qui irriguent les collectivités. 

1,2 milliard d’euros ont ainsi été collectés en 2017 sur les droits et taxes de marchandises. Les collectivités locales étranglées par la baisse de la dotation globale de l’Etat seront ravies d’apprendre que cette perception est en hausse de 4,5% par rapport à 2016. Et les recettes justement dédiées aux collectivités territoriales augmentent elles aussi de 7%. 

Au total, 424 millions d’euros ont été perçus au titre de l’octroi de mer, 221 millions de taxe carburants, 234 millions de droit sur les produits du tabac, 27 de droits de port, 3 de "taxes passagers", et 2 millions de droits sur les rhums et spiritueux. 

En marge de la présentation du bilan 2017 et de remise des médailles d'honneur qui s’en est suivie, la CGTR a souhaité marquer l'événement par une pointe d'inquiétude vis-à-vis de son ministère de tutelle:

Ludovic Guichard (CGTR Douanes) : "Aujourd’hui, vous avez eu la présentation du bilan 2017, résultats en termes de lutte contre la fraude, de redressement et de perception etc. Simplement, il faut rappeler que ces chiffres là sont le résultat d’action des agents des douanes, et avant tout de fonctionnaires d’Etat. On fait partie d’une administration régalienne, qui a plusieurs missions. On souhaite bien montrer que ces bons résultats sont obtenus par des agents des douanes, par de l’humain, alors que les effectifs sont de plus en plus restreints. En ce moment, l’effectif stagne mais les trafics augmentent. Au niveau portuaire et aéroportuaire on a une augmentation du frêt et des passagers.  Il y a une menace réelle à partir du moment où on réduit les budgets au niveau national de certains ministères, on va précariser l’emploi, on va donner des missions au privé en délégation pour éviter que ça soit fait par le public. Le message que l’on souhaite donc faire passer c’est qu’on est tous concernés en tant que citoyen, parce qu’on est tous usager des services publics, pour finalement comprendre que si on touche aux services publics, on pénalise l’intérêt général."

La ventilation de l'octroi de mer en 2017 : 
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par alcide le 30/03/2018 07:59

Les choses ne sont pas prêtes à changer pour l'emploi, tant que les collectivités se contenteront des rentes constituées de taxes aux importations...C'est un système pervers qui n'incite pas développer l'économie locale...

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