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20 désamb: un hommage rendu à Delphine Hélod, une esclave affranchie

Vendredi 21 Décembre 2018

La veille de la fête de la Liberté du 20 désamb, Saint-Paul rend hommage aux ancêtres. La pierre tombale de l’esclave affranchie, née en 1809, vient d’être replacée dans l’allée centrale du cimetière marin de la ville ce mercredi 19 décembre 2018.

Cette pierre avait servi afin de créer la fausse tombe de La Buse. Ce mercredi, on ressentait l’émotion dans ce lieu hautement symbolique de la ville saint-pauloise, où familles, habitants du quartier, associations, historiens, chercheurs, élus, se trouvaient pour rendre hommage à Delphine Hélod.

«Une femme considérée comme infréquentable puisqu’elle était entrée dans la vie en tant qu’esclave , souligne l’historien Prosper Eve, président de l’association Histoire Océan Indien. 

Témoin de cet acte de réparation de mémoire, il rappelle que la tombe de Delphine Hélod était profanée deux fois au milieu du XXe siècle. Sa mort intervenait en 1836. 182 ans plus tard, un hommage se déroule, un jour avant la célébration des 170 ans de l’abolition de l’esclavage. Avec cette période de notre histoire enfin dévoilée.

Comme l’évoque Yoland Velleyen, premier adjoint de Saint-Paul en charge de la Culture: «Ce zarlor retrouvé doit pouvoir enrichir et façonner notre identité culturelle… Que ces découvertes mises en lumière aujourd’hui puissent donner l’envie de se les approprier afin de les transmettre aux générations futures qui à leur tour chercheront toujours à rétablir une vérité comme celle de Delphine Hélod.».

Dans sa volonté de défendre et de conserver le patrimoine réunionnais, la municipalité de Saint-Paul, consciente de son devoir de mémoire, met tout en œuvre pour: «Rappeler à chacun d’entre nous, comme les maîtres de cette esclave affranchie en son temps, que l’esclave est un être humain respectable car il a été un bâtisseur, un créateur et a même le mérite d’avoir participer à la construction de l’île dans la douleur», souligne Prosper Eve.

Une fois les hommages rendus, au son du kayamb, les participants à cette cérémonie retiraient ensemble le drap de la plaque funéraire de Delphine Hélod.… Un moment de transmission et de partage, véritable symbole de l’état d’esprit du 20 désamb  , organisé ce jeudi à Saint-Paul.

Comme vient l’illustrer la volonté de la municipalité d’associer étroitement l’Histoire à la Culture. En témoigne l’hommage à Delphine Hélod, esclave née le 7 août 1809. Cette initiative s’inscrit aussi dans le cadre du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

Esclave de la famille Mallac, Delphine Hélod était affranchie par l’arrêté du n°360 du gouverneur de La Réunion, Jacques-Philippe Cuvillier le 29 août 1835. Soit neuf mois avant son décès le 13 mai 1836 à l’âge de 27 ans. 

Les affranchies sans nom du milieu de l’année 1835 recevaient toutes des patronymes commençant par la lettre « H ».

Implantée dans le cimetière de la Caverne, sa tombe est la seule sépulture d’esclave affranchi qui nous soit parvenue. Au début des années 1970, la dalle de son sépulcre était retournée puis utilisée comme pierre tombale pour la construction fictive du tombeau du pirate, La Buse.

Sa face gravée porte cette inscription: « À la mémoire de Delphine Hélod née à Sainte-Marie le 7 août 1809, décédée à Saint-Paul le 13 mai 1836.» 

Le placement de cette dalle funèbre dans cette partie du cimetière constitue une œuvre mémorielle et de réparation, car la tombe de cette esclave affranchie, a été deux fois profanée au cours du XXème siècle.



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