Société

15h40, l’heure à laquelle les femmes arrêtent d’être payées chaque jour

Jeudi 9 Mars 2017 - 10:25

15h40, l’heure à laquelle les femmes arrêtent d’être payées chaque jour
À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes,  les syndicalistes du FSU, de Solidaires et ATTAC ont tenu une conférence pour rappeler la problématique de l’accès à l’emploi pour les femmes et appeler les femmes à arrêter de travailler à 15h40. La raison ? Les femmes sont payées 26% de moins que les hommes, ce qui équivaut à des journées de travail qui prennent fin à 15h40. Le principe est le même que la grève nationale qui s’est tenue en octobre dernier en Islande, où les femmes avaient quitté leurs postes à 14h38.
 
Si La Réunion connaît moins d’écart entre les salaires que la métropole, les Réunionnaises sont plus susceptibles d’être au chômage, de travailler à temps partiel, d’être en congés parental d’avoir des postes féminisés mais moins valorisés et moins de chance d’accéder aux postes de cadre et de voir leur carrière évoluer, même dans la fonction publique. Marie-Hélène Dor,  secrétaire départementale FSU Réunion, rappelle les données de l’Insee : l’écart est moindre à La Réunion car les salaires bas sont plus fréquents, pour les hommes et les femmes.
 
"Dans l’éducation on voit bien qu’il y a "un" recteur, "un" secrétaire général, "un" DRH et une majorité de chefs d’établissements masculins, affirme-t-elle. Et tout cela malgré le fait que les filles réussissent mieux que les garçons à l’école". "Elles ont moins confiance en elle après le bac", explique Chloé Bourmaud, secrétaire académique du Snes-Up. Elle ajoute qu’à l’Université de La Réunion, sur 94 professeurs, seules 16 sont des femmes. "Elles ne font pas le pas pour passer le maître de conférence à professeur même si elles ont les qualifications". En recherche, 2/3 des chercheurs et enseignants-chercheurs seraient des hommes. "Ils sont en général recrutés à 32 ans et c’est un âge où les femmes ne peuvent souvent pas s’investir autant professionnellement", explique-t-elle.

"C’est criminel en termes de droits humains"
 
Dans le secteur hospitalier, les mêmes problématiques. Des services seraient même entièrement réservés aux hommes, comme le SMUR ou les brancardiers. L’encadrement serait également réservé aux hommes et les femmes seraient les premières à voir le temps partiel imposé.
 
Pour Pascal Valiamin, délégué régional de Solidaires Réunion, "c’est néanmoins encourageant de voir que l’on retrouve cette problématique de plus en plus dans le débat public même s’il y a beaucoup de travail à faire". Un long combat pour les organisations syndicales également.
 
Didier Bourse, président d’ATTAC, porte un regard plus global sur le sort des femmes au travail : "Le problème est la mondialisation libérale. Son objectif est la baisse des coûts salariaux et ce sont nécessairement les salaires des femmes les plus touchés. Elles sont sacrifiées pour le marché libéral". Il ajoute que "59% des entreprises de plus de 50 salariés ne respectent pas la loi, mais seulement 0,1% ont été sanctionnées. C’est criminel en termes de droits humains".
 
Lu 2014 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >