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Société

đŸ“· Il y a 20 ans, deux cyclones extratropicaux dĂ©vastaient la France: Un pilote de La RĂ©union tĂ©moigne


Le 26 dĂ©cembre 1999, la tempĂȘte Lothar a dĂ©vastĂ© les forĂȘts de France, de Suisse, d’Allemagne et du Danemark. Cette tempĂȘte, d’une intensitĂ© sans prĂ©cĂ©dent, a gĂ©nĂ©rĂ© des vents allant jusqu’à 259 km/h en montagne. Les 27 et 28 dĂ©cembre, la tempĂȘte Martin passait sur le Sud-Ouest de la France, faisant plusieurs morts et dĂ©vastait sur son passage une grande partie de son massif forestier. Il s’agit de deux cyclones extratropicaux de type "bombe" extrĂȘmement puissants, ayant causĂ© des dĂ©gĂąts majeurs.

Par - Publié le Jeudi 26 Décembre 2019 à 09:35 | Lu 5011 fois

ForĂȘt des Landes  lors du premier survol de zone. CrĂ©dit Photo DR
ForĂȘt des Landes lors du premier survol de zone. CrĂ©dit Photo DR
Il y a 20 ans, Pierre.L, 32 ans, Ă©tait en poste sur la base AĂ©rienne 106 de Bordeaux MĂ©rignac (BA 106) et officiait en qualitĂ© de pilote d’hĂ©licoptĂšre. Il nous explique, Ă  travers ses souvenirs, comment il a vĂ©cu le passage express de la tempĂȘte Martin. Une tempĂȘte qui a durement touchĂ© le Sud-Ouest de la France, et plus prĂ©cisĂ©ment la forĂȘt de pins des Landes. 

En poste Ă  l’Escadron d’HĂ©licoptĂšres lĂ©ger de la BA 106, le Capitaine Pierre.L, pilote commandant de bord, Ă©tait Ă  ce moment-lĂ  en permission avec sa famille pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e, dans le sud de la France, Ă  Aix-en-Provence. Alors qu’une Ă©norme tempĂȘte est annoncĂ©e, il est rĂ©quisitionnĂ© le 26 dĂ©cembre 1999 et interrompt ses vacances dans le cadre du plan ORSEC afin de venir en aide Ă  la population. 

Une vingtaine de morts

En effet, le 27 et le 28 dĂ©cembre 1999, seulement un jour aprĂšs le passage de Lothar par le Nord, la tempĂȘte Martin s’abat sur le Sud-Ouest de la France jusque-lĂ  Ă©pargnĂ©. Des vents de 148 km/h sont enregistrĂ©s Ă  Bordeaux alors que le Cap Ferret enregistre des vents Ă  173 km/h et 198 km/h Ă  sur l’Île d’OlĂ©ron. Quatre dĂ©partements sont touchĂ©s, la Charente, la Charente Maritime, la Dordogne ainsi que la Gironde. Le bilan est sinistre, on dĂ©nombre 13 morts et 2 disparus en Charente Maritime, 6 morts en Charente, un mort dans les Landes, deux en Dordogne et deux en Gironde. 

Le Capitaine Pierre.L se souvient : "Les prĂ©visions mĂ©tĂ©o annoncĂ©es Ă©taient trĂšs dĂ©favorables mais pas au point d’engendrer une tempĂȘte comme on l’a connue. Les gens n’avaient pas pris la mesure de l’intensitĂ© du phĂ©nomĂšne. De mĂ©moire, c’était peut ĂȘtre la premiĂšre. La tempĂȘte impacte la Gironde le 27 dĂ©cembre, faisant d'Ă©normes dĂ©gĂąts, les rĂ©seaux de communication Ă©taient dĂ©truits, et en tant que chef d’escadrille j’ai Ă©tĂ© rappelĂ© pour ĂȘtre mis Ă  disposition du Post de Commandement OpĂ©rationnel (PCO) dans le cadre du dĂ©clenchement du Plan ORSEC (Organisation des Secours)." 

Quand vous arrivez Ă  Bordeaux, qu’est-ce qui vous marque ? 

"J’arrive le 28 Ă  l’aĂ©roport de MĂ©rignac et la premiĂšre chose qui me choque, c’est que toutes les vitres des voitures stationnĂ©es dans le parking de l’aĂ©roport sont brisĂ©es, comme vandalisĂ©es, sauf que c’était le vent et la projection des graviers par le vent qui avait tout dĂ©truit. À cet instant, je comprends le caractĂšre exceptionnel du phĂ©nomĂšne. Je prends mon vĂ©hicule pour me rendre Ă  mon domicile sur le Bassin d’Arcachon, et lĂ , c’est un spectacle de dĂ©solation. Il y a des arbres de partout, des lignes tĂ©lĂ©phoniques abattues. La circulation Ă©tait assurĂ©e sur les grosses artĂšres, mais les rĂ©seaux secondaires Ă©taient difficilement praticables, c’était dĂ©sastreux." 

Vous ĂȘtes rĂ©quisitionnĂ©, quelles sont alors vos premiĂšres missions ? 

"Dans le cadre du plan ORSEC, nous devions porter secours aux populations. Nous avions pour mission de faire des survols de reconnaissance pour voir oĂč Ă©taient les gros dĂ©gĂąts afin de pouvoir dĂ©ployer efficacement les Ă©quipes au sol chargĂ©es de venir en aide Ă  la population, restaurer les rĂ©seaux Ă©lectriques, routiers, voir les zones inondĂ©es et pratiquer l’évacuation, si besoin, des rescapĂ©s sur les toits de maison."

Quelle est votre premiÚre réaction lors du tout premier survol des zones sinistrées ?

"De mĂ©moire, je suis parti du cĂŽtĂ© de Mont de Marsan oĂč nous avons survolĂ© la forĂȘt des Landes. C’était catastrophique, pratiquement tous les arbres Ă©taient au sol. Il y avait eu des couloirs de vent qui avaient complĂštement dĂ©vastĂ© et ravagĂ© la forĂȘt Landaise. C’était un spectacle hallucinant. Il y avait aussi de nombreuses inondations, notamment dans les Charentes. En une demi journĂ©e, ça a Ă©tĂ© apocalyptique."

Quelles sont les difficultĂ©s particuliĂšres que vous rencontrez ? 

"Les communications ! Car Ă  cette Ă©poque, il n’y avait pas beaucoup de portables. Le peu de relais qui existaient n’avaient pas rĂ©sistĂ© Ă  la violence des vents. De ce fait, il Ă©tait indispensable de mettre en place des moyens aĂ©riens pour aider rapidement et participer aux secours. Il fallait impĂ©rativement faire du repĂ©rage pour porter assistance aux personnes Ă  secourir." 

Vous ĂȘtes affectĂ© Ă  La RĂ©union en 2004 sur la Base AĂ©rienne 181 en tant que pilote d’hĂ©licoptĂšre, vous souvenez vous de votre premier cyclone ?

"Je me souviens bien du cyclone GamĂšde en 2007, j’ai Ă©tĂ© marquĂ© par les pluies torrentielles. Ce sont surtout les pluies qui m’ont impressionnĂ©." 

Pouvez vous faire une comparaison entre les deux phĂ©nomĂšnes que vous avez connus ? 

"Lors de tels phĂ©nomĂšnes, tout le monde est confinĂ© chez soi, il n’est pas possible de faire voler un hĂ©licoptĂšre avec des vents de 200 km/h. C’est ensuite que nous avons eu beaucoup d’interventions. AprĂšs GamĂšde, il y avait beaucoup d’inondations, de radiers submergĂ©s. Les ravines avaient dĂ©bordĂ© et il y a avait Ă©normĂ©ment de coulĂ©es de boue. C’était vraiment pas joli. La vĂ©gĂ©tation Ă©tait moins atteinte qu’en mĂ©tropole mais les inondations Ă©taient plus nombreuses Ă  La RĂ©union. La grande diffĂ©rence, c’est qu’à La RĂ©union ça ne stagne pas, c’est pentu et ça permet aux eaux de dĂ©gouliner par les ravines vers la mer. En mĂ©tropole, c’est tout plat, on pouvait voir l’eau stagner avec notamment des troupeaux de vaches qui s’étaient noyĂ©es."

Quel est, selon vous, le phénomÚne le plus impressionnant ?

"Il est important de situer les choses dans le contexte de l’époque. Nous sommes en 1999 et les gens n’étaient pas prĂ©parĂ©s Ă  de tels phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques en mĂ©tropole. À La RĂ©union, les gens sont prĂ©parĂ©s, les infrastructures sont dimensionnĂ©es, les moyens dĂ©ployĂ©s restent cohĂ©rents avec la mesure des tempĂȘtes et des cyclones que l’on peut avoir sur l’üle, sans pour autant ĂȘtre Ă  l’abri de violents cyclones. La RĂ©union est bien adaptĂ©e alors qu’en mĂ©tropole, il n’y a pas de systĂšme de prĂ©vention avec des stades d’alerte, nous n’avons pas l’habitude d’ĂȘtre confinĂ©s chez nous, pas d’interdiction de sortie dĂ©cidĂ©e par le prĂ©fet. Ici, ce sont vraiment des cyclones, alors que lĂ -bas ces phĂ©nomĂšnes restent ponctuels, mais tout aussi violents. À mon sens la mĂ©tropole reste moins bien prĂ©parĂ©e que La RĂ©union. En 1999, ce type d’évĂ©nement mĂ©tĂ©orologique Ă©tait exceptionnel et inĂ©dit, c’est dans ce contexte, qu’à mon sens, c’est la tempĂȘte Martin qui m’a le plus marquĂ©." 

ForĂȘt des Landes  lors du premier survol de zone. CrĂ©dit Photo DR
ForĂȘt des Landes lors du premier survol de zone. CrĂ©dit Photo DR

DĂ©gĂąts Ă  AngoulĂȘme, prĂ©fecture de la Charente, au matin du 28 dĂ©cembre 1999
DĂ©gĂąts Ă  AngoulĂȘme, prĂ©fecture de la Charente, au matin du 28 dĂ©cembre 1999

Pylon électrique arraché sur la commune de Javerlhac-et-la-Chapelle-Saint-Robert
Pylon électrique arraché sur la commune de Javerlhac-et-la-Chapelle-Saint-Robert

Peupliers au bord du Bandiat Ă  Javerlhac-et-la-Chapelle-Saint-Robert
Peupliers au bord du Bandiat Ă  Javerlhac-et-la-Chapelle-Saint-Robert


Regis Labrousse
Faits-diversier Passionné par tout ce qui vole, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer une longue... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par kersauson de (P.) le 26/12/2019 09:59

... (modéré)
ce ne sont PAS des cyclones !!!!

2.Posté par Marie le 26/12/2019 10:05

Rien Ă  cirer parlons ds cyclones comme yacynthe.

3.Posté par zendete le 26/12/2019 12:05

j y Ă©tais..mais les MĂ©tropolitains n Ă©taient pas prĂȘts...
Tropicaux c est Tropical...
Europe c est EUROPE
C est comme on parle de cAnicule... Ici i fait chaud on crie pas!

4.Posté par Zarin le 26/12/2019 12:50

Arme climatique ?

5.Posté par A MARIE... le 26/12/2019 16:18

En gros Marie, tu ne t'intéresses qu'à ton ßle ? Pauvre étroitesse d'esprit qui ne fait pas vraiment honneur au joli prénom que tu portes et qui convient si peu à la bassesse de ton propos.

6.Posté par néné le 26/12/2019 17:46

@ Marie
hyacinthe n'a pas été le plus gros cyclone bien moins que firingua en force de vents
mais ila été destructeur car pendant 15 jours il a tourner autour de la reunion et s'est rapproché en 3 fois de l'le ill y a eu enormement de pluie le sol était détrempée il y a eu des glissements de terrain occasionnant 24 morts
des cyclones il y en a Ă  la reunion mais dans le reste du monde aussi
,on peut l'appeler cyclone,tempete ou typhons quand ça souffle )150,200,ou 250 les dégats sont important

7.Posté par PIERROT 974 le 26/12/2019 17:51

Bonjour,

Zendete "Ici i fait chaud on crie pas !"

Certes. Mais connaissez-vous des périodes de 40° le jour qui durent avec une hygrométrie trÚs faible ?
Quand j'habitais encore en métro et que mon beau-pÚre réunionnais venait me voir, rien qu'à 30° il étouffait (air trop sec).

Je vous sens vaguement indĂ©pendantiste dans vos rĂ©flexions... Le malheur frappe partout et tous les Français, MĂ©tros et Ultramarins doivent ĂȘtre solidaires quand la mĂ©tĂ©o tourne au dĂ©sastre.

Cordialement,
Pierre

8.Posté par wil le 26/12/2019 19:50 (depuis mobile)

Un cyclone extratropical, parfois nommé cyclone des latitudes moyennes, est un systÚme météorologique de basse pression, d'échelle synoptique, qui se forme entre la ligne des tropiques et le cercle polaire. Il est associé à des fronts, soit des zones

9.Posté par DIDIER NAZE le 26/12/2019 21:15

OH MARIE....SI TU SAVAIS !....APPAREMMENT TU NE LE SAVAIS PAS...😉.....EUH MAIS LE PRÉNOM YACYNTHE....NE S ÉCRIT PAS COMME ÇA !....MAIS ÇA S ORTHOGRAPHIE COMME ÇA : HYACINTHE !....OUAH J AI DIS....S ORTHOGRAPHIÉ !....EUH CHOUPETTE ÇA SE DIT ÇA !!?😅😄😃.....MARIE, MAÎTRESSE CHOUPETTE....VA TE FAIRE RECOPIER. ...100 FOIS LE PRÉNOM HYACINTHE !!....BON SINON, EFFECTIVEMENT EN JANVIER 1980....JE N OUBLIERAIS....JAMAIS. ....LA RÉUNION A CONNU UNE SITUATION MÉTÉOROLOGIQUE TOUT À FAIT EXCEPTIONNELLE ! QUASIMENT PENDANT 15 JOURS NOTRE ILE RESTERA SOUS L EMPRISE DES MASSES PLUVIEUSES. ...TRÈS TRÈS ACTIVES !...SA TRAJECTOIRE A ÉTÉ TRÈS COMPLIQUÉE. ....ET À L ÉPOQUE LES MÉTÉOROLOGUES. .....ONT ÉTÉ SURPRIS.....DEVANT UN TEL PHÉNOMÈNE !😕😩. DE MÉMOIRE ....D ADOLESCENT. ....IL Y A EU 3 PASSAGES....JE NE RENTRERAIS PAS DANS LES DÉTAILS. ....JE ME SOUVIENS D AVOIR ÉTÉ COINCÉ. ...SUR LA PLAINE DES CAFRES....

10.Posté par Pamphétaire le 27/12/2019 10:46

L'aviez-vous su ou en avez-vous eu connaissance ?

De cet Ă©vĂšnement, vous ne vous rappelez sĂ»rement pas grand-chose, tant il est passĂ© inaperçu dans le paysage mĂ©diatique, « noyĂ© » au mĂȘme moment par « la tempĂȘte du siĂšcle » de l’hiver 1999. Et pourtant de mĂ©moire d’agent d’EDF, Ă  Blaye, cette nuit-lĂ  en France, on n’est jamais passĂ© aussi prĂšs de la catastrophe ultime quand il s’agit de risque nuclĂ©aire : celle de la fusion d’un rĂ©acteur. /...

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