Société

▶️ Micro-réseau à Roche Plate: Un projet expérimental vers l'autonomie électrique à Mafate

Lundi 21 Octobre 2019 - 18:13

"Les panneaux solaires captent l'énergie solaire et la transforment en intensité, en électrons et produisent de l'électricité qui part directement alimenter les appareils des familles. Et le surplus d'électricité produite est stocké dans des batteries pour être restitué la nuit ou les jours de mauvais temps", explique dans un premier temps Nicolas Verdier, chargé de mission au Sidélec. 

Ce genre de panneaux solaires a été déjà installé à titre individuel dans les endroits les plus isolés de Mafate, comme à Marla en 2018. Ici, l'installation d'un micro-réseau, qui permet d'alimenter plusieurs structures, a pu être réalisée. Ce projet expérimental permet donc d'alimenter trois maisons, dont un gîte. Il a coûté 120 000 euros. Au total c'est une enveloppe de 20 millions d'euros qui est consacrée pour le développement de l'électricité autonome pour les 316 Mafatais, "mais l'enjeu en vaut la chandelle", souligne Maurice Gironcel, Président du Sidélec. 

Robert Yoland fait partie de l'une des trois familles bénéficiaires de ce micro-réseau. Il confie : "ça change beaucoup pour nous, (...) avant on n'avait pas frigidaire, congélateur...". Il pense que c'est une bonne chose et que ça va pouvoir l'aider dans l'ouverture de son gîte d'ici quelques mois.

Ce micro-réseau dispose de 48 batteries, de 1300 ampères-heures chacune, ainsi que 7 kWc panneaux photovoltaïques, "ce qui permet une autonomie de 5 jours sans soleil", ajoute Nicolas Verdier. Mais en cas de black-out, ou en cas de gros travaux personnels, une prise a été mise en place, afin que les familles puissent utiliser leur groupe électrogène malgré tout. 

Ce projet a pour but de montrer l'intérêt de cette électricité solaire et d'inciter les citoyens à gérer eux-mêmes leur consommation. Il est encore en expérimentation, c'est donc le Sidélec qui gère encore l'exploitation. Mais comme tout réseau électrique de l'île, EDF reprendra l'exploitation d'ici 2 ou 3 ans et les Mafatais auront ainsi des factures d'électricité, comme les Réunionnais des bas. Le but, même si c'est un véritable challenge, est que les Mafatais aient accès au même service public que les autres citoyens. 

Ce projet a été réalisé en partenariat avec l'Université de La Réunion, le laboratoire piment. Une station météo a été installée, pour mesurer exactement l'ensoleillement, la pluie, le vent... "On a instrumenté les appareils électriques des familles pour pouvoir modéliser et bien observer comment fonctionne du rayon du soleil jusqu'aux appareils, comment se comporte l'énergie pour pouvoir bien confirmer le modèle avant de le déployer à large échelle dans le cirque de Mafate et plus tard sur l'ensemble du réseau réunionnais", explique Nicolas Verdier. 
 


Un second projet est en cours à La Nouvelle, mais où cette fois-ci le micro-réseau concerne notamment une école et des établissements de l'ONF. L'expérimentation n'est pas la même, "ici on va analyser, instrumenter, étudier le fonctionnement d'une chaîne de stockage d'hydrogène, (...) qui pourrait voir le jour à moyen - long terme à La Réunion pour permettre une réelle transition énergétique" , poursuit le chargé de mission au Sidélec. 

L'objectif est de passer dans un réelle phase opérationnelle, "2020 doit être une période charnière, où on va réellement passer à une autre dimension", déclare Nicolas Verdier. Des travaux sont en cours chez 15 familles et le Sidélec espère pouvoir apporter l'électricité d'ici Noël dans une majorité de ces familles. 

Au-delà de répondre à un besoin des habitants de Mafate, c'est également un combat pour la défense du climat. Développer l'énergie solaire est important aussi bien pour les Mafatais directement, que pour les randonneurs peï ou les touristes. "Faire en sorte que La Réunion en 2030 soit autonome en matière d'énergie électrique", confie Maurice Gironcel, qui espère que La Réunion devienne une île verte. 

À terme également, le Sidélec souhaiterait passer au lithium, une énergie certes plus coûteuse mais moins volumineuse. Un local d'une même superficie permettrait d'alimenter une dizaine de familles, où seulement trois familles sont alimentées avec des batteries en plomb acide. Ces dernières sont également plus difficiles à recycler. 

La famille de Robert Yoland
La famille de Robert Yoland
Charline Bakowski
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1.Posté par zoreilles sensibles le 21/10/2019 18:41

Ça c'est un bon point: les groupes électrogène sont une nuisance sonore qui perdurent les lieux une fois que les hélicos laissent entendre "le calme", et c'est quasi continuel.

On pourra donc espérer refaire l'expérience à Mafate de se trouver dans un lieu sans bruits de moteurs, si on gère aussi les rotations d'hélico par des horaires pour pas que ça dure quasi toute la journée...

63000 euros par foyer n'est pas énorme pour mettre fin à une grosse nuisance acoustique (de proximité en village): isoler une maison par rapport aux nuisances sonores coûte en effet bien plus, et ça ne rend pas le bienfait d'un peu de calme dans le jardin pour admirer les lieux...

2.Posté par Pascale le 21/10/2019 20:47

@zoreilles sensibles: 63000 euros pour vous c'est pas énorme???? Et ben dis donc ya des gens supers riches sur ile de mafi*ux! Il me faudra des années et des années pour avoir cette somme... non jamais je ne pourrais avoir autant d'argent!
après si vous êtes zoreil super riche fonctionnaire super rémunéré catégorie A++++ je comprends que vous perdiez un peu le sens des réalités!!!! :)

3.Posté par Yab le 22/10/2019 01:19 (depuis mobile)

Oté zoreilles sans cibles, c''est pas plutôt 63000 € par personne ?amortissement en combien de décennies, pour ma part je trouve que ça fait un peu beaucoup

4.Posté par zoreilles sensibles le 22/10/2019 02:05

@2 Quand les nuisances sonores posent des problèmes de santé, qu'il faut s'en protéger, ça fait partie des fortunes non déclarées que coûtent en "réparation" la dépréciation des lieux causée par les concerts d'hélicoptères, teuf toute la nuit ou autres nuisances de grande ampleur (au quotidien plusieures heures par jour), surtout dans les lieux isolés qui passent d'un calme légendaire à une ambiance digne d'un aéroport à cause du tourisme aérien et du tourisme de bringue... Officiellement (en 2015) l'ADEM a chiffré à 53 milliards d'euros par an les pertes occasionnées pour la France par les nuisances sonores: ça fait à peu près 2500 euros/an par foyer... en moyenne, et sur une génération ça fait 70.000 euros.

http://www.bruit.fr/cout-social-du-bruit-en-france-57-milliards-deuros.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Effets_du_bruit_sur_la_sant%C3%A9
https://journals.openedition.org/developpementdurable/2775

Le coût sur l'immobilier

Les logements exposés au bruit perdent de la valeur car ils sont moins attractifs. Ainsi, la perte de valeur immobilière induite par le bruit des transports a permis "d'avancer une estimation grossière de près de 7,1 milliards d'euros de décote annuelle sur le parc immobilier résidentiel en France."


Cilaos fait partie des lieux dépréciés par le bruit 50 hélicoptères quotidiens de 6h du matin à 13h, des chiens en cage, des sonos, quand ce n'est pas le voisinage immédiat de la route.. En tel cas, Il faut isoler la maison à grands frais ou la revendre en perdant beaucoup, le cadre a perdu de son attrait: si on chiffre les frais sont énormes...
À Mafate, échapper au bruit des moteurs de voiture est un attrait, virer les groupes électrogène qui équivalent à une voiture garée dans la cour pendant des heures sera un progrès... Mais il faudra un jour contrôler les nuisances des hélicoptères qui déprécient les lieux, à Mafate et ailleurs.

5.Posté par Zigzag le 22/10/2019 04:51 (depuis mobile)

Autonomie ? Ou de nouveaux clients qui vont payer l''électricité fourni par le soleil...pourquoi ne pas lancer une campagne pour équiper les toitures Fès maisons de ces mêmes panneaux solaires ?l''écologie c''est aussi émanciper l''humain

6.Posté par ben voyons le 22/10/2019 05:53

post 1: depuis longtemps , les maisons de Mafate sont équipées de panneaux solaires de première génération qui fonctionnent encore ( moins performants que ceux qu'installent des mafatais , à leurs frais actuellement) les groupes électrogènes fonctionnent surtout lors de travaux car justement ces panneaux anciens ne permettaient pas grand chose.
On a oublié de dire que petit à petit , les mafatais ( qui avaient été équipés gratuitement par la région il y a une vingtaine d'années) paieront des abonnements et leur consommation car c'est aussi de cela qu'il s'agit

7.Posté par Antiflic le 22/10/2019 06:58

C'est encore le contribuable qui finance ces fantaisies

8.Posté par DOGOUNET le 22/10/2019 11:09

AMIZ-KOUYON ! 40 ans d'expérimentations à Mafate, lo kar mond La REYON !

9.Posté par shim le 22/10/2019 11:09

@antiflic : quelle fantaisie ? celle de garantir la distribution en électricité de citoyens isolés ? pour info, comme c'est marqué dans l'article, encore faut-il le lire, c'est expérimental, avec tout de même un bon taux de réussite prévisionnel, donc dans l'optique que le réseau soit par la suite développé avec ces nouvelles techniques de stockages qui auront fait leurs preuves, ou pas!

C'est tout de même mieux que de continuer à cramer du pétrole pour s'éclairer non ?

10.Posté par zoreilles sensibles le 22/10/2019 11:55

Pour tout ce qui est thermique il ne faut pas passer par l'électricité.

Le plus stupide est le groupe électrogène pour alimenter un four: on voit ça à Mafate!
Groupe électrogène vers électricité = 80% de pertes: il faut au moins 4 fois plus de carburant, et en prime le bruit.

- Le rendement des panneaux solaire n'est pas énorme non plus, disons 20%, en pratique moins: pour chauffer l'eau les panneaux thermiques restent imbattables.

- le rendement des panneaux photovoltaïque baisse avec la température: si on combinait ces panneaux avec des panneaux thermiques réchauffant de l'eau en raffraichissant les panneaux voltaïque, on approcherait le rendement maximal: 20% de rendement photovoltaïque, plus les "pertes thermiques" utilisée pour l'eau chaude, mais cela, en réseau est moins évident à mettre en oeuvre!
La solution locale (combinaison de panneaux thermique + photovoltaïque sur la même surface) serait plus rentable (le panneau photovoltaïque étant aussi en même temps le panneau thermique du chauffe eau, qui exploite les "déchets thermique" de refroidissement du panneau photovoltaïque)

Mais économie et "économie" sont contradictoires: souvent, ce qui fait marcher "l'économie" c'est le gaspillage organisé de l'argent public, non pas d'énergie directement et localement car on optimise quand même certaines choses, mais ce qu'on optimise, c'est la dépense de plus possible d'argent, donc d'énergie de travail humain en différé, donc d'énergie qu'on demande à la planète et au pétrole remplaçant d'esclaves (et c'est la nature qui en chie...).

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