Politique

▶️ Madagascar : Une élection présidentielle sous tension

Mercredi 7 Novembre 2018 - 09:28

Ce mercredi 7 novembre se tiendra le premier tour des élections présidentielles de la grande île. Le contexte est tendu, des violences ont éclaté durant la campagne, dont le financement est obscur. Nous avons rencontré la politologue Christiane Rafidinarivo, chercheuse au CEVIPOF Sciences-Po Paris et chercheuse-enseignante à l'université de La Réunion.


Pas moins de 36 candidats se présentent à cette présidentielle, dont 4 anciens chefs d'Etat, 3 anciens premiers ministres et 6 anciens ministres. 36 hommes en lice, dans un climat relativement apaisé par rapport aux dernières élections de 2013, dites "de sortie de crise". Elles mettaient fin aux 5 années de présidence d'Andry Rajoelina, arrivé au pouvoir par un coup d'état, remplaçant Marc Ravalomanana.

Fin 2013, afin de sortir de la grave crise politique que vivait Madagascar depuis 2009, les anciens présidents Andry Rajoelina, Didier Ratsiraki et Marc Ravalomanana n'avaient pas eu le droit de se présenter. Cette fois, tous se représentent, ainsi que le président sortant Hery Rajaonarimampianina, entré en fonction en janvier 2014.

L'élection présidentielle de ce jour est en quelque sorte un "plus" démocratique, les candidatures ayant été ouvertes. La compétition démocratique est-elle cependant loyale? Rien de moins sûr, aucun encadrement législatif du financement des campagnes électorales n'existant à Madagascar. "L'argent devient un enjeu très important, car le coût d'entrée dans la compétition est très élevé", explique Christiane Rafidinarivo. 

Andry Rajoelina a dépensé une fortune durant cette campagne, organisant des concerts gratuits de grandes stars malgaches jusque dans les zones les plus isolées de la grande île, avec une armada d'hélicoptères transportant matériel et personnel. Une véritable "marée orange", couleur de ralliement des partisans de l'ancien putchiste. Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina déploient eux aussi des moyens considérables, sans que les financements soient là non plus vérifiables. Madagascar est au coeur des enjeux géopolitiques du canal du Mozambique et ainsi de ses gaz et pétrole découverts en 2008, de plus, elle se situe sur la route de la soie.

Les candidats n'ayant jamais été au pouvoir sont quasi inaudibles, incapables de rivaliser avec les millions de dollars des anciens présidents, dont on ignore la provenance. Aucun financement de pays étrangers n'est officiel mais la loi l'autorise. Selon l'ONG Transparency International, une partie des fonds engagés dans la campagne proviendrait du trafic de bois de rose, très prisé en Chine. La rumeur malgache affirmait la semaine dernière que Rajoelina a interrompu quelques jours sa campagne, étant entendu à Paris dans le cadre de l'enquête du parquet de Paris sur le trafic de bois de rose, mais l'ancien putchiste a formellement démenti. 

Au lendemain du coup d'état de 2009, les aides financières internationales furent suspendues, seules les aides humanitaires étaient autorisées. Ces sanctions ont pris fin en 2016, durant la présidence de Rajaonarimampianina, qui a fait consensus. Madagascar dépend quasi entièrement des aides du FMI et autres organisations internationales. Mais cette manne financière, dans un pays classé 135ème sur 150 quant à la corruption par Transparency International, suscite la convoitise des puissants.

Madagascar est un des pays les plus pauvres du monde, malgré des ressources naturelles en pagaille, une grande partie de sa population souffre de malnutrition. Les Malgaches aspirent à une meilleure répartition des richesses, à la fin de la corruption, ainsi le mot d'ordre de nombreux candidats est-il "Madagascar aux Malgaches". En effet, les ressources minières et gazières sont exploitées par la Chine et les Etats-Unis, notamment. 

Les observateurs internationaux ont constaté des violences durant la campagne, la crainte de la population est que des émeutes ne se produisent à l'occasion de cette présidentielle, plongeant de nouveau le pays dans le chaos. 

Bérénice Alaterre
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1.Posté par jean-richard bennala@ le 07/11/2018 09:48

pauvre Madagascar je vous souhaite de belles choses vous avez tout pour réussir mais les véreux sont là avec la complicité des autres pays pour dépouiller cette richesse, vous étiez français avant mais c'était de l'exploitation et les meilleurs postes étaient pour missié venant de paris.

2.Posté par Georges 974 le 07/11/2018 09:57 (depuis mobile)

L'indépendance se résume à la misère ...?

3.Posté par Ravalobandena le 07/11/2018 10:53 (depuis mobile)

Mot d''ordre dignité et dignité. Que mada ne soit plus la catin du monde capitaliste. Il faut copier le modele nord coreen et zelandais.

4.Posté par La gitane le 07/11/2018 11:42 (depuis mobile)

L'espoir fait vivre les imbéciles 😲

5.Posté par Moi aussi je peux prendre un pseudo. Cordialement. A N. le 07/11/2018 11:51 (depuis mobile)

Sous couvert de chercheuse, cette dame montre le visage de tous ceux qui la ramènent regulierement ici, un fond anti-Rajoelina qu’il est de bon ton d''adopter. Ppus facile de s’opposer au chaud que de participer sur place au développement du pays.

6.Posté par klod le 07/11/2018 12:44

tsy kivy Madagasikara, l'ile rouge , ex grenier de l'Océan Indien . .

7.Posté par Hugh le 07/11/2018 18:04

Sous tension sous tension, c'est que du 127 volts hein !

8.Posté par Zahanatana le 08/11/2018 20:28

Il me semble que cette betsiléo ne connait rien à son pays!

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