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▶️ Le secteur de l'économie sociale et solidaire en plein boom à La Réunion

Mercredi 17 Avril 2019 - 17:08

Quel est le poids de l'économie sociale et solidaire (ESS) à La Réunion en 2015 ? La réponse se trouve dans l'étude en trois volets réalisée en partenariat entre l'Insee, la Région Réunion et Nexa, présentée ce mercredi. Fin 2015, ce secteur employait 25 700 salariés à La Réunion, soit 21 800 emplois en équivalent temps plein (ETP).

Pour rappel, la sphère de l'économie sociale et solidaire regroupe des structures avec des critères définies par la loi. Pour en faire partie, le législateur impose trois exigences cumulatives : l'utilité sociale de la structure, une lucrativité encadrée par rapport à d'autres structures, et enfin posséder une gouvernance démocratique et participative

En 2015, environ 2 100 structures opèrent à La Réunion dans l'ESS. Elles sont constituées majoritairement d'associations (1 900), loin derrière les coopératives (160), le reste étant composé de mutuelles et de fondations. Seules deux entreprises dites "classiques" travaillent dans ce secteur dans le département.

Premier constat qui ressort de cette étude: il y a moins d'emplois dans l'ESS à La Réunion par rapport à la France hexagonale. En effet, parmi les Réunionnais âgés de 15 à 64 ans, seuls 4,6 % exercent dans la sphère de l’ESS. C’est moins que dans les régions métropolitaines (6% en moyenne) mais mieux que la Guyane (2,7%) et la Corse (4,1%). Une des raisons de cette implantation encore balbutiante est la structure sectorielle particulière de notre territoire.

Une croissance de l'ESS plus rapide qu'ailleurs

De plus, contrairement aux secteurs de l'éducation, de la banque-assurance et de la santé, les emplois dans l’action sociale et les "autres services" sont bien plus nombreux à La Réunion, pour répondre aux besoins d’une population en moyenne plus jeune et plus défavorisée qu’ailleurs. Avec 13 000 emplois, ils représentent 60 % de l’ESS, contre 49 % en province.

Le secteur de la santé est lui aussi moins développé dans l'économie sociale et solidaire réunionnaise, en lien avec une population plus jeune, nécessitant moins de soins de santé: les 75 ans et plus représentent 4 % de la population réunionnaise, contre 10 % en province. De même, les emplois dans la banque et l’assurance ne représentent que 8 % des emplois de l’ESS, contre 12 % aux Antilles ou en province.

Néanmoins, et malgré une présence moindre à La Réunion qu'ailleurs, la croissance de l'emploi dans l'ESS est plus rapide qu'ailleurs sur la période 2005/2015. Sur cette période, elle a gagné 6 800 emplois, soit une augmentation de 45%. Une croissance rendue possible par la création entre 2010 et 2015 de 80 établissements supplémentaires apparus en moyenne chaque année, entraînant la création de 650 emplois par an. "Dans le même temps, les établissements déjà existants créent également de l’emploi (110 emplois en moyenne chaque année), contrairement à ceux de province qui en perdent", explique l'Insee.

Par ailleurs, les structures de l’ESS sont moins pérennes à La Réunion qu’en province. Entre 2010 et 2015, pour 350 établissements qui entrent dans le périmètre de l’ESS chaque année en moyenne, 270 en sortent. Au final, seuls 57 % des établissements existants en 2010 sont toujours en activité en 2015, contre 66 % en province. Toutefois, ce n’est pas propre à l’économie sociale et solidaire : dans le reste de l’économie, les établissements réunionnais sont également moins pérennes que ceux de province (56 %).

L'action sociale et les autres services concentrent 60% des emplois de l'ESS de l'île

Sur ces dix années, ce sont les secteurs des "autres actions sociales sans hébergement" et "l'accueil des personnes en situation de handicap" qui ont le plus progressé, produisant respectivement 1 700 et 1 600 emplois supplémentaires. Leur développement fait écho aux difficultés persistantes que rencontrent les Réunionnais pour accéder à un emploi: seul un Réunionnais en âge de travailler sur deux occupe un emploi et dans le domaine du handicap, les emplois supplémentaires ont permis de résorber en partie seulement le déficit en structures d’accueil sur l’île. Fin 2015, le taux d’accueil pour adultes en situation de handicap est de 5,4 places pour 1 000 personnes dans cette situation contre 9 pour 1 000 en métropole.

Autre particularité de l'ESS réunionnaise: sa forte dépendance aux aides publiques et aux emplois aidés. En effet, fin 2015, 8 300 salariés de l’ESS sont en emploi aidé à La Réunion, soit 32 % des salariés de la sphère. C’est bien plus qu’en province ou aux Antilles (9 % et 16 % respectivement).

Comme expliqué par Juliana M'Doihoma, élue régionale en charge de l'Économie sociale et solidaire et de la cohésion territoriale, la collectivité régionale compte se baser sur les données collectées par l'Insee pour nourrir ses orientations politiques en matière d'économie sociale et solidaire. Elle a également annoncé la tenue d'ici le mois de juillet d'une conférence régionale des acteurs de l'ESS pour dit-elle, "déboucher sur un plan d'action concret sur le volet du financement de l'économie sociale et solidaire".

SI
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1.Posté par é lu tourne en ron le 17/04/2019 17:44

Fin 2015!

soit 1198 jours

et à la region et à nexia, ils touchent leur salaire depuis 2015???????????????????


déboucher sur un plan d'action concret -------------------------------------ALLELUIA

2.Posté par é lu tourne en ron le 17/04/2019 17:46

Fin 2015!

soit 1198 jours

et à la region et à nexia, ils touchent leur salaire depuis 2015???????????????????


déboucher sur un plan d'action concret -------------------------------------ALLELUIA

3.Posté par Lakouène le 18/04/2019 08:29

Voilà encore un secteur qui n'est plus à l'abri des politiques et autres administrations peu soucieux de l'intérêt d'avoir sur un territoire comme la Réunion et plus qu'ailleurs, des structures qui prônent solidarité et responsabilité. Bien au contraire !

L'économie sociale et solidaire est régulièrement détournée de ses propres valeurs et objectifs depuis une vingtaine d'années et de manière visible, pour servir les intérêts de copinage et autres réseaux familiaux.

Certains dirigeants se payent des salaires équivalents voire plus importants que ceux de hauts cadres de l'administration ou du privé, des bureaux de ministres, des billets d'avions et autres avantages...tout ceci, sans aucun scrupule et surtout sans aucun contrôle !

Le public concerné par les emplois aidés ne manquent pas à la Réunion et c'est une aubaine pour ces structures de l'ESS qui tirent l'essentiel de "leurs revenus" sur le dos de ces pauvres gens qui n'ont pas d'autres solutions que d'accepter ce type d'emploi, en l'absence d'emploi pérenne.

En effet, très peu de contrats sont pérennisés ceci au profit d'un roulement permanent de ressources humaines disponibles 1400000 chômeurs dont nombreux sont sans qualification et cela le jeu de ces structures qui se donnent bonne conscience.

Heureusement qu'il existe encore de vraies structures d'ESS, elles sont dans les quartiers, souvent petites et fragilisées par des jeux d'acteurs maniant pression et politique.

Elles ont malgré tout le mérite de proposer des activités et de monter des projets solidaires avec la population, avec une volonté de responsabilisation de leurs adhérents… elles ne sont pas reconnues car moins bien structurées administrativement que les grosses structures qui avalent le maximum d'aides et de subventions diverses.

Si l'ESS est en vogue, surtout en raison de cette situation exceptionnelle presque créée ou alimentée par nos décideurs, ses valeurs sont de plus en plus bafouées au profit d'une démarche basée sur la rentabilité financière et économique qui profite à un essentiellement aux dirigeants.
Les aspects humains et solidaires ne font plus partie du cœur de toute approche !

Il y de l'ordre à mettre dans ce domaine et comme dans d'autres domaines, à apporter de la transparence !

4.Posté par IKKI le 18/04/2019 12:26 (depuis mobile)

Le gérant de l'ESS est le ministère de la transition écologique. Vous les appelez, ils ignorent ce qu'est l'ESS. Voilà tout est dit. De la fumisterie.

5.Posté par Targie le 18/04/2019 14:50 (depuis mobile)

Post 3, merci pour cet article CLAIR et VÉRIDIQUE, en matière " d''ordre" en cette période de Pâques qui témoigne du TRIOMPHE de la VIE sur la mort le mot qui me vient est RÉDEMPTION !!!

6.Posté par pakoisa le 18/04/2019 17:40

ben vi zot klandestin 'migran' i arriv' la mêm !! alor prépar' zot port'moné !!..

7.Posté par Laurent le 18/04/2019 20:39 (depuis mobile)

Assez juste sur certains points du post 3. L''ess a surtout pour fonction dans les mairies et les groupements de communes de permettre d''avoir un directeur qui sert à rien et du financement hasardeux d''associations soumises à la cause, politique

8.Posté par Vive la misère ! le 19/04/2019 07:29

Vive la misère !

9.Posté par Bruno le 19/04/2019 12:08

Bj je suis acteur de l'ESS974 et quand je lis ces commentaires TOUS NÉGATIFS, je suis content d'agir au lieu de causer seulement.
Voici une nouvelle économie où on travaille durement et joyeusement pour des objectifs sociaux pour les plus exclus, solidaires ensemble et pour les autres, avec des actions environnementales et une activité économique et marchande pour de l'expérience professionnelles et un travail durable.
On est libre, indépendant de tout lobby politique ou autres et on n'a pas attendu les aides pour se lancer avec un salaire au SMIC depuis 3 ans (je suis dirigeant) : l'ESS est dans la loi depuis juillet 2014 et les collectivités soutiennent maintenant.
Alors, chers amis qui voyaient le verre à moitié vide, allez donner un coup de main à l'association de votre choix, et utilisez votre énergie pour transformer votre aigreur en espoir.
Il parait que les réunionnais sont solidaires, prouvons-le !
Bonne fête de Pâques
Bruno

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