L'Edito de Pierrot

▶️ [L'édito de Pierrot Dupuy] Chômage : et si Macron avait raison ?

Mardi 18 Septembre 2018 - 10:00



Lors des Journées du patrimoine le week-end dernier, dans les jardins de l'Élysée, Emmanuel Macron a dialogué avec un jeune qui essayait désespéramment de trouver un travail dans l’horticulture.
 
Selon le jeune homme, en dépit de nombreux CV envoyés, il serait toujours au chômage. Le président de la République lui a donc conseillé de changer de secteur et de postuler dans l'hôtellerie ou la restauration pour trouver rapidement un poste.
 
"Si vous êtes prêt et motivé, dans l'hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n'y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu'ils cherchent des gens. Pas un ! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve !".
 
Aussitôt, les réseaux sociaux et les partis politiques se sont enflammés. Si certains saluent le "franc-parler" et l'esprit de débrouillardise que préconise le président, d'autres, de loin les plus nombreux, critiquent le ton hautain du président et y voient une insulte envers les chômeurs qui peinent à retrouver du travail ou ne veulent pas changer de secteur ou n’acceptent pas de toucher moins que dans leur précédent emploi.
 
Et pourtant, Emmanuel Macron a-t-il tort ?
 
Si l’on veut bien ne pas s’arrêter sur la forme des propos, certes un peu directs et un brin provocateurs, le président de la République ne fait que dire des choses connues de tous.
 
Il y a un énorme paradoxe en France : Alors qu’officiellement, il y a un peu plus de 6 millions de Français au chômage, dans le même temps, il y a environ 300.000 emplois qui sont là, disponibles, et qui ne trouvent pas preneurs.
 
Dans quels secteurs ? Et bien, comme l’a dit Emmanuel Macron, dans le bâtiment, la construction, l’hôtellerie-restauration, le transport, l’industrie… On manque par exemple de plombiers, de bouchers, de carreleurs, et j’en passe.
 
Pour ceux qui écoutent les radios nationales comme moi, on entend presque tous les jours les témoignages de petits patrons ou d’artisans qui cherchent des employés et qui n’en trouvent pas.
 
On a tous encore en mémoire le cas de ce patron d’un restaurant à Guéret, en métropole, qui a été contraint de fermer son restaurant, car il ne trouvait pas de cuisiniers.
 
Enfin, ne pas trouver n’est pas le terme exact. Il y a bien des candidats qui se sont présentés, mais soit qui n’avaient pas le niveau, même s’ils avaient les diplômes, ce qui jette un doute sur la qualité des formations dispensées, soit qui ne voulaient pas travailler tard le soir ou le week-end, soit qui trouvaient que ce n’était pas assez bien payé…
 
Le drame, c’est que ces jeunes n’ont aucune idée de comment fonctionne une entreprise et quelles sont ses contraintes notamment en termes de rentabilité. On ne peut notamment pas dépenser plus qu’on ne gagne…
 
Et puis pourquoi accepter un boulot difficile quand il suffit de travailler quelques mois pour ensuite toucher les ASSEDIC ?
 
Mais surtout, le nombre de chômeurs aura du mal à diminuer tant que certaines boites de formation continueront à jeter tous les ans sur le marché du travail des milliers de jeunes qui ont suivi une filière pour devenir prof de sports ou journalistes, pour ne prendre que ces exemples, alors que ces filières sont bouchées et n’embauchent plus depuis longtemps…
Pierrot Dupuy
Lu 1102 fois



1.Posté par Marc le 18/09/2018 12:22

Cet éditorial est navrant de paternalisme et de déconnexion.

Premièrement, parce qu'il suppose que les secteurs qui embauchent embauchent tout ce qui passe. Ce n'est tout simplement pas vrai et l'éditorialiste le rappelle sans le faire exprès en soulignant le manque de formation des candidats. Plusieurs journaux ont tenté l'expérience ces derniers jours avec des faux CV pour se voir refuser des boulots de plonge. D'ailleurs, le jeune homme à qui Macron a sorti cette phrase a confié dans la presse ce matin avoir déjà fait ce genre de métiers et avoir du mal à être embauché même en cherchant là.

Ensuite parce qu'il suppose que les emplois sont interchangeables. Mais ce n'est pas vrai. Un exemple, le cas cité dans l'éditorial qui se serait passé à Guéret. Guéret, c'est le chef lieu de la Creuse. C'est une ville très rurale, d'environ 15.000 habitants, soit environ la taille de l'Etang-Salé (sauf que contrairement à l'Etang-Salé, c'est la plus grande ville de son département, donc impossible d'aller à l'équivalent de Saint-Leu ou du Tampon pour trouver des infrastructures et/ou une vie sociale). Il y pleut beaucoup et il y fait très chaud en été et très froid en hiver. Depuis les années 1980, la population diminue de manière très régulière car les gens... s'en vont. Ainsi, entre l'an 2000 et aujourd'hui, la population de la ville a diminué de presque un vingtième (et encore, les villes et villages de la Creuse ont une diminution moyenne plus importante, sans doute en partie parce qu'ils viennent à Guéret remplacer les partants). Cet exode est d'ailleurs un élément dans l'affaire des Réunionnais de la Creuse. Donc, alors que les natifs quittent Guéret pour s'installer ailleurs parce que la vie y est rude, on attendrait des chômeurs, souvent de jeunes citadins, qu'ils aillent s'y installer? On est sérieux?

Enfin, un passage quand même sur les conditions de travail dans la restauration. Il s'agit de boulots mal payés (au smic), pas toujours à temps complet, avec du travail le soir et le week end sans compensation, avec une très forte pénibilité, une très forte précarité (presque 9 embauches sur 10 en CDD) , énormément d'abus de la part des employeurs (très peu de syndicats de salariés, ça n'aide pas), des horaires absolument indécents, une quasi absence de progression salariale, beaucoup de stress ... Tu m'étonnes que ça ne fasse pas rêver...

2.Posté par SALIAT le 19/09/2018 08:09

Bonjour ,
en effet c'est une réalité quotidienne bien connue que Pierrot nous livre aujourd'hui. Beaucoup trop d'entreprises sont en recherche et personne pour répondre !!
Mais ou sont les chômeurs ??
Mais du côté des pauvres chercheurs d'emploi c'est pas mieux , car pour eux les lettres de motivation et les CV n'ont pas souvent de retour (positif ou négatif) alors que dans la plupart des candidatures c'est en directions d'une annonce bien réelle et en attente!!

Alors donc , question que beaucoup ce pose ; comment communiquer avec les entreprises qui recrutent? Mais dans un même temps ; le travail que je recherche est il toujours porteur!!

Car il faut être réaliste , certains emploi souffre d'un manque de popularité ou de besoins ...

3.Posté par DOGOUNET le 19/09/2018 08:18

C'est culturel avant tout. L'assistance chez nous l'emporte sur l'effort. Rappelez vous que récemment un certain Macron avait fait l'éloge de ce "peuple Lutherien".... Cela me rappelle un slogan semble t'il toujours d'actualité: Donn kréol travay ! Pas question d'en chercher (ça fatigue...) mais tout cuit dans le bec question juste après d'aller aux prud'hommes pour n'importe quelle raison et d'attendre les Assedics et autres revenus de...l'assistance.. Courage, employeurs...fuyez !

4.Posté par leonidas le 19/09/2018 08:24

Pour compléter ce que dit Marc, quelques données intéressantes, que Manu ne semble pas connaître:
- 1170 € net: c'est le salaire de base d'un serveur (source infos-salaires)
- 550 à 600 €: prix d'un loyer mensuel pour une chambre dans un arrdt populaire.
- 150 €: alimentation (calcul très juste!)
- 90 € transport (essence, ou cartes bus, métro)
- 40 € eau, gaz, électricité.
- 30 €, téléphone
- 30 € internet, télé
- 100 € impôts (revenu-TH)
- 40 € Assurances, frais bancaires
- 100 € Fringues, Loisirs: cinéma, sport, restau, cadeaux, anniv, coiffeur....

Et tout ça, pour de dures conditions de travail, avec des horaires à faire pâlir un fonctionnaire...

Manu, c'est ingérable! Donc soit on augmente les salaires, soit on prend du migrant..

5.Posté par LéonardeVincui le 19/09/2018 10:30

Faux débats,c un président déconnecté de la réalité comme tous les ex-présidents depuis le roi soleil Mitterrand.
par contre ce qu'il sait faire de mieux depuis qu'il est président,c de créer sans cesse des nouveaux impôts. Au lieu de s'attaquer a ces réformes concernant la diminution des dépenses publique.la diminution du nombres de députées / sénateurs,restrictions du parc automobile,annulation des privilèges de nos élus qui ont les moyens de louer leurs appartements,les billets d'avions / TGV gratuits en première classe,ligne téléphonique gratuit etc etc etc.
Les vrais réformes se trouvent dans les mains de nos sales parasites politiques charognards qui vivent un peu trop au-dessus de leurs moyens.Qui s'attribuent,profitent un peu trop des privilèges qu'offrent nos postes a responsabilités a l'abri des lois de nos institutions qui sont devenus archaïque,dépassé avec le temps.Exemple une dépense inutile du chef de l'état une piscine a 400 000€ le premier ministre se déplace avec deux hélicoptères a 150 000€ et ce genre de frivolité c une actualité constante.
Les vrais réformes c aussi les charges exorbitantes des entrepreneurs/chefs d'entreprises: professions libérales qui donnent a l'état 60 a 70% de leurs recettes en impôts.
CONCLUSION / FAUT SAVOIR FAIRE LA PART DES CHOSES,LE POLITIQUE EST UN PROFITEUR COMME LE RAT,VOLEUSE COMME LA PIE,RAPACE COMME LE VAUTOUR.Ils ont choisit ce métier,parce-qu'ils peuvent se remplir les poches plus vite que leurs ombres.Retraites dorés seulement après 5 ans d'activités,juste le temps d'en mettre pleins les fesses aux cons de contribuables que nous sommes. In yab des Yvelines

6.Posté par jean claude le 19/09/2018 11:10

post 4 votre table est harchi faux

7.Posté par Léonardevincui le 19/09/2018 11:28

T'inquiète post4,cette espèce de rat d'égout de Manu a vite fait le choix de prendre du Migrant a bas salaire comme tous les partis charognards politiques de sa sale espèce. In yab des Yvelines

8.Posté par Marc le 19/09/2018 11:51

4. Petite précision sur votre calcul: un forfait Navigo annuel, c'est 65 euros et 20 centimes dont l'employeur a légalement l'obligation de prendre en charge la moitié. C'est du même ordre dans les autres grandes métropoles françaises. Donc on est plus proche des 32 euros par mois pour les transports dans les grandes villes.

9.Posté par Jean Rigole le 19/09/2018 12:08

En tout cas, depuis lundi la circulation est très difficile avec tous ces chômeurs qui traversent la rue pour trouver du boulot...

10.Posté par Jp POPAUL54 le 19/09/2018 15:14

Et même si en traversant la rue, les fameux 300.000 emplois disponibles étaient honorés...
le taux de chômage baisserait de 0.2 % soit 8.7 au lieu de 8.9 %.
Pour un ancien banquier, l'objectif serait quand même de faire bien mieux que le taux du livret A !!!!

Ce que les jeunes souhaitent ...c'est l'autoroute de l'embauche et non la ruelle du quartier.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 17 Octobre 2018 - 09:01 Remaniement : Tout ça pour ça…