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Société

▶️"Aidez-nous, s’il vous plaît" Les Sri-Lankais témoignent


Arrivés mardi matin à La Réunion, les 72 Sri-Lankais ont entamé la longue procédure de demande d’asile. Placés en zone d’attente, sous surveillance policière dans un hôtel de Saint-Denis, quatre d’entre eux nous racontent les difficultés dans leur pays, et expliquent comment ils ont tout quitté dans l’espoir d’une vie meilleure.

Par - Publié le Jeudi 7 Février 2019 à 17:17 | Lu 9927 fois

"Pas un seul appel… J’ai une femme, une petite fille et un très petit garçon, et je n’ai pas pu les appeler une seule fois depuis notre arrivée…"  L’homme fond en larmes. Entre deux sanglots, il explique dans un anglais approximatif qu’il ne cesse de penser à sa famille, restée au Sri Lanka. Il n’avait pas le choix : la traversée de 24 jours en plein océan est bien trop dangereuse, selon lui.
 
Celui qui parle le mieux anglais a lui aussi laissé sa femme et son bébé à l’autre bout du monde : "J’espère qu’ils pourront me rejoindre, j’ai beaucoup de chance d’être là!"
 
Et s’ils s’estiment chanceux, c’est parce que dans leur pays d’origine, ces hommes issus de la minorité tamoule sont toujours victimes de persécutions : "La guerre civile est finie, mais les tortures continuent," raconte celui qui semble être le plus âgé des quatre.
 
L’un d’eux nous montre une impressionnante cicatrice qui lui traverse le cou : "Ils nous tirent dessus, ils nous attaquent au couteau parce que nous sommes tamouls" . À la question : "qui vous a fait ces blessures ?", ils répondent ensemble : des soldats cingalais.
 
Des témoignages qui rejoignent les constatations d’Amnesty International : bien que la guerre civile ait pris fin en 2009, aujourd’hui toute personne soupçonnée d’avoir soutenu les rebelles tamouls pendant le conflit est arbitrairement arrêtée et torturée. De nombreux cas de viols et tortures sur des femmes tamoules ont également été rapportés à l’ONG par des médecins. Selon Amnesty, la minorité tamoule est encore dominée par la majorité cingalaise bouddhiste, qui les maintient dans la peur constante d’intimidations et de menaces.
 
"La violence est cachée, ça ne se passe pas en plein jour. Ils viennent la nuit, nous ne sommes pas en sécurité", ajoute celui qui parle le mieux l’anglais.
 
Malgré son emploi de chauffeur au Sri Lanka, cet homme ne parvient pas à subvenir aux besoins de sa famille. Car à l’enfer des persécutions s’ajoute une situation économique très difficile dans le pays : "Un jour j’ai un repas, le suivant je ne mange pas. Je ne sais jamais. Cest très difficile. 1 kg de riz, c’est 100 roupies, 1 kg de sucre coûte près de 130 roupies, et moi je gagne entre 300 et 400 roupies. Ce n’est pas suffisant".
 
Comment envisager un avenir pour soi ou sa famille dans un tel contexte ? Face à une situation impossible, ces hommes ont tout vendu et tout abandonné dans l’espoir de pouvoir vivre en paix, à l’autre bout du monde.
 
Une traversée qu’il leur a été proposée par des hommes, venus à leur rencontre dans la ville de Trincomalee. Pour un peu plus d’un million de roupies, soit près de 5.000 euros, ils leur garantissent une place sur un bateau de pêche, direction l’île de La Réunion. Selon leur récit, six hommes se relayaient aux commandes du bateau, jour et nuit, pendant 24 jours sans escales. Mais l’agent qui a récolté l’argent lui, n’était pas à bord.
 
"On est parti de nuit, on ne savait pas où on était. On s’est allongé dans la coque du bateau pour ne pas être vus."
 
Mais l’objectif final de ces voyageurs hors du commun n’est pas La Réunion. Les quatre hommes que nous avons rencontrés affirment vouloir se rendre en France métropolitaine, où certains ont d’ailleurs de la famille.
 
"Je suis quelqu’un qui travaille dur, je ne veux pas retourner au Sri Lanka. S’il vous plaît, aidez-nous !" supplie l’un d’eux, les larmes aux yeux.

Par crainte de représailles sur leurs familles au Sri Lanka, les visages des demandeurs d'asile ont été floutés pour garantir leur anonymat. 



Charlotte Molina
Poseuse de questions qui fâchent, j’aimerais pouvoir arrêter la musique qui joue constamment dans... En savoir plus sur cet auteur

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11.Posté par Horreur le 07/02/2019 20:15 (depuis mobile)

Ici vous n'aurez pas d'aide imaginez que même le français n'est pas le bienvenu....ici on a aucune empathie ni pitié

10.Posté par Christi le 07/02/2019 20:11 (depuis mobile)

Arrêté de ous prendre pour des cons , venez dans la rue bois de nèfles et vous verrez di ils sont triste avec leurs smarphone dernier cri , et tous joyeux en regardant passer les gens dans la rue . Ils ont fait 24 jours et pas un seul fatigué

9.Posté par le planteur le 07/02/2019 20:06 (depuis mobile)

Je gagne 300/400 roupie mais je arrive a économiser 1 000 000 000 de roupies bizarre

8.Posté par Amiral la Po le 07/02/2019 19:51

Que du cinéma!!
Mi sa plérer aussi...
Alors a koz bannna la pa traverse la mer et chapp en Inde..
L'inde la plus grande démocratie au monde..Pays de liberté et d'espaces...
Lé juste à côté!
Ben en Inde na point aides sociales gratos comme en France..
Comment ruiner la France...

7.Posté par Ti Tangue zilé zone le 07/02/2019 19:43 (depuis mobile)

OUI IL FAUT LES AIDER ce sont des travailleurs...les nôtres ? Soit ils se trouvent à Dominjo , ou fume zamal et y asper boudin cuit dans ventre cochon ..sans oublier la consommation du charrette ek RSA remettre 80 dans le bateau et fout à la mer

6.Posté par Question le 07/02/2019 19:26

Si ce ne sont pas de simples réfugiés économiques et qu'ils sont réellement persécutés dans leur pays, comment peuvent-ils laisser femme et enfants sans leur protection derrière eux??? C'est totalement ignoble!!!

5.Posté par Zendet le 07/02/2019 19:17 (depuis mobile)

Paroles ! Paroles ! Paroles ! Que ne dirait-on pas pour avoir une place dans son l'Eldorado des GJ ?

4.Posté par Joseph le 07/02/2019 19:09

Ouais, ouais, et la marmotte emballe le chocolat !

Et pourquoi la France, parce que c'est un pays ou les esclaves sont ceux qui triment pour payer tous les acquis sociaux de ceux qui en profitent ?

3.Posté par ali le kafhir le 07/02/2019 19:05

la France a un devoir de les aider ainsi que l'ancienne puissance coloniale d'ailleurs,
mais qu'ils soient un peu plus honnêtes sur leur conditions de traversée et son financement.

car derrière ce trafic d'être humain se cache parfois d'autres trafics.

2.Posté par le calif le 07/02/2019 16:01

Sympa d’abandonner leurs femmes et enfants. Ils ont compris la combine. Un trafic bien rôdé.

1.Posté par La gitane le 07/02/2019 18:53 (depuis mobile)

fallait s'arrêter aux Maldives ou aux Seychelles...pourquoi la Réunion ?

réponse : €€

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