Faits-divers

▶️ Affaire Derma nüde : Des "fautes fondées", délibéré le 25 octobre

Jeudi 30 Août 2018 - 15:32

Brûlures au visage, infections cutanées, plaies… Ce jeudi, Muriel Hoarau, gérante des instituts de beauté Derma nüde et Celestétic répondait devant le tribunal de St-Pierre d’exercice illégal de la profession de médecin et de complicité de blessures volontaires.  

Quatre de ces anciennes clientes ont porté plainte après avoir subi des prestations d’amincissement par le froid, "cryolipolyse" ou de soin du visage avec des micro aiguilles, " microneeling" ratées. Les victimes sont encore très marquées psychologiquement et physiquement, brûlées au 2nd degré avec 4 à 5 jours ITT. Toutes décrivent des douleurs insupportables durant et après les séances. "Mon visage avait tellement changé que mon fils ne me reconnaissait plus", a témoigné l’une d’entre-elle, employée dans un hôtel, aujourd’hui incapable de reprendre le travail.

Dans le cadre de l’enquête, des appareils des deux centres de St-Pierre et St-Paul de la société Dépil & Co ont été saisis et Muriel Hoarau placée en garde à vue en février dernier. 

Les centres ont depuis fermé leurs portes, la société aussi touchée par des difficultés financières laissant de nombreuses clientes désespérées qui avaient commencé à payer.


La gérante comparaissait à la barre également en qualité de personne morale. A ses côtés, Victor Baranés, âgé d'une soixantaine d'années, poursuivi pour complicité d’exercice illégal de la profession de médecin à St-Pierre, St-Paul, Cannes et Nice. Le chirurgien généraliste qui n’est plus en exercice depuis 2013, moment où il décide de se consacrer exclusivement au microneedling, a ainsi formé Muriel Hoarau et vendu le matériel nécessaire à la technique. Il est reproché au docteur Baranès le suivi par mail qu’il opérait pour deux des victimes. Le sexagénaire a également prescrit des médicaments pour une cliente qui n’a par contre pas porté plainte.

Outre les quatre victimes, l’ARS, le Conseil départemental de l’ordre des médecins de La Réunion et des Alpes Maritimes et le syndicat des chirurgiens plasticiens se sont constitués parties civiles.

Des aiguilles non stérilisées, trempées dans de la biseptine

Ce jeudi après-midi, le procureur a estimé que les "fautes étaient fondées" : des actes constitués comme actes médicaux et mal réalisés de surcroit, avec l'utilisation d'aiguilles non stérilisées, trempées dans de la biseptine ou encore  des manquements dans la procédure des questionnaires de santé à remplir au préalable de tout programme. 

Le procureur a requis 20 000 euros d'amende dont 15 000 avec sursis et 5 années d'interdiction d'exercer la profession d'esthéticienne contre Muriel Hoarau, 50 000 euros de sursis pour son entreprise. Pour Vic Banarès, le procureur a requis 30 000 euros dont 10 000 euros de sursis et 5 ans d'interdiction d'exercer dans le domaine médical et dans le domaine de la formation. 

Muriel Hoarau a refusé de s'exprimer. Le délibéré sera rendu le 25 octobre dans cette affaire où il a été beaucoup question de déterminer si le microneedling et la cryolipolyse entraient dans le cadre d'un acte médical. La décision du tribunal qui fera jurisprudence est donc très attendue. 
 

Prisca Bigot sur place
A.D-P.B
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1.Posté par Citoyen le 31/08/2018 12:47

Foutez moi ca a la geôle! Si un des clients avait le VIH ou autres, ca aurait été pour meurtre qu'elle serait passé!

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