Courrier des lecteurs

​Lettre ouverte à Monsieur BLANQUER

Mercredi 30 Mai 2018 - 11:19

Monsieur BLANQUER connaissez-vous vraiment les filières professionnelles et tout particulièrement les Bacs Pros ?

Nous pouvons en douter ! Avec vos études dans de prestigieux établissements parisiens, à Sciences Po, à l'Institut d'études politiques de Paris, à l'université Panthéon-Assas et puis aussi aux États-Unis, à Harvard (rien que ça !), que connaissez-vous du monde manuel et du tertiaire  ? L'expérience professionnelle est tout un mode de vie. Cela ne s'invente pas !  Notre bon vieux dicton : " C'est en forgeant qu'on deviens forgeron " nous l'enseigne avec justesse et sagesse depuis des générations ! Alors, soyons un peu sérieux et essayons de revenir aux réalités de ce monde ! 
 
Comment  réussir ?

Cette bataille de l'éducation, nous devons la réussir. Pour cela, force est de commencer par le commencement, donc par la base même de l'éducation de notre jeunesse. La base, c'est le primaire, qu'il nous faut absolument réussir ! Bien trop nombreux sont nos jeunes qui, à 16 ans, ne maîtrisent toujours pas ni le français, ni les maths ! Or, pour assurer la réussite, l'entrée vers le Bac Pro doit absolument se faire avec un minimum de connaissances. On ne peut rien construire sur des sables mouvants. On ne peut construire aucune éducation sur des bases incertaines et chancelantes. Cela est peut-être difficile à entendre mais il faudra pourtant l'accepter, le comprendre, et agir en conséquence.

Une des raisons de l'échec 

Nous avons, pour des raisons mal avouées, guidés nos jeunes vers les lycées professionnels, tout en dénigrant l'apprentissage, sous le manteau. Contrairement à ce que vous prétendez, il ne s'agit pas, pour la grande majorité de ces jeunes, «… une destinée choisie » mais un destin forcé et fermé. J'en veux pour preuve le rapport du Conseil d'évaluation des politiques scolaires qui, en 2016, a révélé que 7 mois après l'obtention de leur diplôme, 35 % des bacheliers professionnels n'ont toujours pas de travail. Alors, quel est le sens de ce postulat aussi ambitieux que délirant : 80% de notre jeunesse devra être titulaire d'un baccalauréat ? Voulons-nous juste des titres pompeux ou bien de précieuses valeurs ? Osons nous poser les bonnes questions : nos enseignants, dans le domaine professionnel, sont-ils a la pointe de l'évolution technologique ? Et, surtout, au-delà de cette question, est-ce que nous leur en donnons les moyens ? Le monde professionnel, aujourd'hui, évolue à grande vitesse. Pour créer une nouvelle section, il faut des années. Beaucoup d'années. Beaucoup trop ! Le temps que les nouvelles filières soient crées, que les jeunes soient formés, bien souvent leurs acquis ne correspondent déjà plus aux besoins des industries.

Des solutions, des propositions 

Nous devons garder nos lycées professionnels. Mais nous devons les améliorer et surtout réfléchir aux débouchés. Où trouverons-nous nos futurs employeurs ? Pourquoi, par exemple, ne pas s'inspirer de ce que font nos amis les Suisses en matière d'apprentissage ? Cela nous pourrait nous ouvrir des horizons nouveaux ! Oublions ce que nous avons connu il y a plus de 30 ans. Pourquoi ne pas envoyer les enseignants chez les artisans pour qu'ils s'impliquent avec les jeunes et les chefs d'entreprises ? Combien de précieuses connaissances techniques et de savoir-faire sont en train de tomber petit à petit dans l'oubli ? Les artisans, eux, malgré leur bonne volonté et la passion qui les animent, n'ont plus de temps à perdre à les expliquer à des jeunes qui ne se préoccupent désormais plus que de l'heure. Et dans les lycées, je doute que les moyens techniques et humains seront mis a la disposition des enseignants et des élèves… 

Un sacré chantier s'ouvre, pour éduquer les jeunes. Qui aura le courage et l'humilité de reconnaître ses failles et ses carences, que ce soit à l'éducation nationale ou chez les chefs d'entreprises ?

Ma position de professionnel

Deux ans pour apprendre un métier, c'est court ! Très court ! Avons-nous choisis la bonne méthode ? Je ne le pense pas ! N'aurait-il pas été plus judicieux de mettre nos emplois-avenir à la disposition de l'artisanat, avec comme objectif que le jeune employé ait la possibilité de se présenter à l'examen professionnel au bout de trois ans ? Ce n'est malheureusement pas le choix qui a été opéré. Notre société doit comprendre que si nous avons besoins d'intellectuels, nous avons tout autant besoin de manuels. Et chacun devrait être respecté socialement et dans sa rémunération. Il n'y a pas de sots métiers. Si nous intégrons et apprécions cette devise à sa juste valeur, nous aurons fais un grand pas.

 
Marc Marie un citoyen dans la réflexion
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