Courrier des lecteurs

​L’avenir d’une illusion

Lundi 30 Octobre 2017 - 10:32

Bon ! je démarre mon petit billet en anglais pour me préserver d’ au moins la moitié des commentaires désagréables qu’il va susciter 
“When something happens that we find difficult to accept, then we will make up a logical reason why it has happened”.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

En gros et en travers : lorsqu’un individu est confronté à une situation à laquelle il peine à faire face, pour préserver l’intégrité de son « moi », il va s’attacher à mobiliser des mécanismes de défense et d’ajustement, que l’on appelle en patagon les « copings », à ne pas confondre avec les «copains» qu’on sollicite aussi parfois en la  circonstance.

Je vous fais grâce des débats entre spécialistes pour distinguer « mécanismes de défense » et « copings » : la position classique consiste à opposer les mécanismes de défense qui relèveraient de comportements inconscients, involontaires, relativement rigides, orientés vers les conflits internes, et les processus de « coping », qui seraient eux, au contraire, à considérer comme conscients, volontaires, flexibles et orientés vers l’adaptation positive à la réalité externe. 

N’entrons donc pas dans cette polémique, qui en l’espèce est sans importance.

Les spécialistes dénombrent au moins 29 mécanismes de défense ! 

Tout le monde connaît le refoulement, le déni, la sublimation, l’activisme ..etc.

Parmi ces mécanismes de défense, il y en a un, - le plus efficace sans doute parce que le plus immédiat  et donc le plus couramment sollicité -,  la « rationalisation ».

Il faut évidemment être prudent pour passer d’une analyse qui vaut pour les individus à celle qui s’applique aux groupes d’individus et à la société toute entière, à ce que Freud appelle « l’âme collective ».

Mais soyons téméraires et osons étendre la portée de ce concept dont beaucoup de sociologues ont non seulement confirmé la pertinence au niveau collectif mais ont même mis en évidence le caractère adaptatif général.

L’observation intuitive de la vie sociale et politique vient d’ailleurs confirmer la pertinence de cette approche .

Et c’est là où je voulais en venir.

Donc on voudrait nous persuader, par des arguments apparemment rationnels , que si jusqu’à présent tous les plans de développement ont foiré à La Réunion  et dans les Dom, c’était tout simplement parce  que le cadre institutionnel dans lequel devaient s’ inscrire nos projets et actions  manquait  de souplesse et venait  en permanence  contrarier notre  volonté. 

Est en cause le fameux alinéa 5 de l’article 73 de notre Constitution qui, à l’initiative  de Virapoullé , est venu briser nos ardeurs  réformatrices.

Est-on si sûrs que , livrés   à nos seules  désirs,  nous aurions voulu et pu  concevoir un  nouveau modèle de développement  , se  substituant à l’éternel scénario du rattrapage ou de la  convergence, à  bout de souffle,  nous  dit-on  ?

Les autres Dom qui échappent à cette restriction constitutionnelle nous ont montré  depuis plus de  15 ans que liberté ne rime pas toujours avec audace.

Et nous qu’avons-nous réellement à proposer  comme adaptations législatives ou réglementaires en dehors des broutilles dont on pensait que la loi  « Egalité  réelle »  avait  fait le tour .

J’entends  certains  nous dire  qu’il faudrait  nous doter  de plus grandes  capacités de pêche  ,  d’autres  qu’il faudrait développer   la  coopération régionale, d’autres encore,  les plus nombreux, qu’il est impératif  d’assurer  la  continuité  territoriale.

Honnêtement qu’est ce qui nous a empêchés  d’aller de l’avant  sur  tous ces thèmes  et sur beaucoup d’autres. Est  ce l’Etat ? Est ce  l’Europe ? 

Je crains  que la réponse ne soit cruelle.

Sous leur  apparente  logique « rationnelle »  , toutes  les justifications  à  notre inertie ne seraient- elles pas au fond l’aveu  de  la fragilité de notre « moi collectif » et de notre résistance à  concevoir un ré  agencement radical  de  notre manière  de penser et de  vivre. 

Parce que  pour cette œuvre modeste de réajustement cognitif pas besoin, vous l’admettrez,  de revoir la Constitution.

Au fond l’ouvrage sociologique majeur de Freud ne serait-il pas « l’avenir d’une illusion ».
Pierre BALCON
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1.Posté par GIRONDIN le 30/10/2017 10:44

175 000 000€ de billet pour bat carré mi appel ça de l'audace !

Et un beau projet de développement !

2.Posté par Elle le 30/10/2017 11:17 (depuis mobile)

Pas besoin de supprimer l''amendement vira pour racketter le contribuable ! La preuve : la nrl, les bons pop et batkaré, les bons généreux sous diverses formes aux copains. Et puis, on adapte quand même les lois, barrages de routes corporatistes autor

3.Posté par Elle le 30/10/2017 11:21 (depuis mobile)

Barrages de routes corporatistes autorisés disais je, sur les axes principaux, du moment que ça ne gêne pas !
La meilleure défense est l'attaque et toutenpognon l'a bien assimilé...

4.Posté par JORI le 30/10/2017 11:47

1.Posté par GIRONDIN le 30/10/2017 10:44
+1

5.Posté par klod le 30/10/2017 19:20

peut etre , peut etre sieur balcon ............... en attendant la réunion se distingue bétement à mon sens ......via le vira ..seul contre tous les autres dom de la tom , via les suiveurs de la run, content d'eux ! .

mais bon , à part le coup pas nou .............. rien de transcendant chez le vira !

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