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Faits-divers

​Johnny avait raison : "Les coups, quand ils vous arrivent, oui ça fait mal !"


Cinq enfants ensemble, seize années de vie commune mais seize années de galères sans fin, d’insultes, de coups, de tentatives de meurtre… et plus sans affinités.

Correctionnelle Champ fleuri - mardi 18 août 2020

Par - Publié le Mercredi 19 Août 2020 à 23:52

G.M., 35 ans, comparaissait hier pour violences habituelles sur conjoint, sur enfants, y compris sur les deux petits derniers, 2 et 3 ans ; toujours en état d’ivresse, avec les tentatives d’étranglement et les injures.

« Ça, monsieur, c’était La Réunion d’avant ! »

Il n’en mène pas large à la barre, du haut de son mètre soixante-cinq, pas plus épais qu’une saucisse maigre ; mais sa désinvolture non-affectée dit assez qu’il s’en balance.

G.M. a donné des coups de poings, des coups de pieds (à la nuque), a tiré les cheveux de sa compagne, lui a donné des claques, a tenté de l’étrangler, et pour faire bon poids, l’a insultée gravement : « Ferme out’ guèle, allez fé bourre à ou, espèce pitain ! »

Ces mauvais traitements se sont aussi abattus sur les épaules de ses propres enfants, y compris les bébés.

Aujourd’hui, ils sont séparés ; G.M. est retourné vivre chez ses parents en attendant l’attribution d’un LTS éventuel. Il prétend tout et n’importe quoi pour sa défense, et d’abord qu’il a lui-même été enfant battu dans les débuts de son parcours terrestre.

Ce à quoi le président Molié lui rétorque : « Ça, monsieur, c’était La Réunion d’avant ; on reproduisait ce qu’on avait subi, coups divers, injures, etc. » Le président aurait pu ajouter « coups d’blouk ceinturon », agréable coutume fort heureusement passée de mode.

Perso, mes frangins et moi ne savons pas ce que voulaient dire « violences paternelles », papa ti-Jules n’ayant jamais levé la main sur nous. Mais nous avions des copains d’école primaire arrivant le matin, le visage marqué, oeil au beurre noir, courbaturés à force de coups de pieds aux côtes, les larmes aux paupières tout au long de la journée. On en avait tous le coeur gros…

Le président Molié, sans aménité pour une fois, a expliqué à l’accusé que depuis, la législation a grandement évolué et que les violences sur enfants sont fortement réprimées ».

« Il cherchait des prétextes »

Selon les témoignages des voisins, qui n’ont pas été eux-mêmes témoins directs, les bruits de disputes étaient fréquents. Surtout lorsqu’il rentrait beurré grave. Ce qui lui arrivait plus souvent qu’à son tour.

Pour sa défense, G.M. parle de « quelques bières de temps en temps , de râlés poussés quand mwin la boire », ce que confirment certains à mots couverts : « quand la pas boir, c’est pas in mauvais moune, ça ».

Sauf qu’il faut un peu plus que quelques bières pour taper femme et mômes jusqu’à ce que l’abrutissement éthylique ne le fasse s’écrouler comme un baba-chiffon sur sa couche.

Avec un remarquable souci d’éclaircissement, le président tente de faire dire à l’accusé ce qu’il entend par « râlés poussés »… alors qu’il le sait parfaitement. Bredouillements de G.M., réponses confuses. Jusqu’à ce que le président lui explique que « les râlés poussés évoqués sont des violences comme les autres ».

Mais comment fait cet homme, qui n’a pas de travail bien défini (« in’ ti travail au noir tazantan », pour se payer à boire autant ? Quand il touche sa paie de la main à la main, telle semble être la bonne explication. Du côté des enfants, le son de cloche est différent. 

« La violence a toujours existé, depuis le début. Chaque semaine. Il cherchait des prétextes pour nous disputer et nous taper ».

Des ITT de 15 jours pour les enfants !

On a du mal à imaginer le calvaire de cette famille. Les enfants et leur mère, souffrant de stress post-traumatique grave, portent tous les stigmates de l’épuisement moral et physique, surpoids, manque de sommeil. Ce qui est parfaitement compréhensible, les enfants ayant avoué aux enquêteurs que tous les soirs, ils ne s’endormaient qu’après lui, restant éveillés tard afin de protéger leur maman de l’irascibilité de leur géniteur.

Quand on sait que les enfants ne témoignent que très rarement contre leur père, même très violent, on frémit à l’idée de ce qu’il leur a fait endurer. Certains ont eu des ITT de 10 à 15 jours !!!!!

On est bien éloigné des « bêtises qu’ils faisaient, comme tous les enfants, j’étais obligé de les gronder ! » Gronder à coups de pieds dans les côtes, c’est nouveau, ça vient de sortir.

Comment explique-t-il son addiction, c’est simple : pas de boulot, le loyer à payer, les soucis d’argent, le tout-venant en somme. Sauf que tous les indigents ne sont pas des brutes familiales.

A sa décharge, le prévenu se fait suivre pour son addiction, répond régulièrement aux obligations de son contrôle judiciaire et a subi une formation avec emploi à la clef dans les espaces verts.

La Procureur y est allée à la MG42 et suggéré une peine qui ne soit pas inférieure à 18 mois de prison, obligation d’indemniser ses victimes et interdiction d’approcher son ex.

Pour son avocat, les termes des enfants ont été déformés, grossis par les enquêteurs. Ce sont les gendarmes qui vont être contents de l’apprendre.

Et 18 mois, 18 !


(P.S. : Certains vont encore me reprocher d’avoir traité ce drame avec légèreté. Je sais… Cette histoire m’a foutu un bourdon terrible et c’est l’ironie qui permet d’en sortir. Je vous présente mes plus plates excuses si je vous ai déplu !)


Jules Bénard
Le plus ancien de l’équipe ; la mémoire de Zinfos. Jules Bénard, globe-trotter et touche-à-tout... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Veritas le 20/08/2020 01:00

C'est triste pour cette victime mais la réunion i aime bad boy i aime bande gars la chiache et quand zot i tombe sur quelqu'un de bien et bien les pas bon. Après passé la 30 ene veut casé avec un homme posé mais personne veut pas sa, perso fo être malade

2.Posté par Lamisere le 20/08/2020 07:14

Eh zot fé pitié!bin oui zote fé pitié largement employé pour les autres finalement s'adapte très très bien pou zote même
Bin

3.Posté par TICOQ le 20/08/2020 08:36

Johnny était un visionnaire. Ah que oui !

4.Posté par Enirsem le 20/08/2020 16:22

Cette vermine s'en tire bien comparé à ces enfants et leur mère qui garderont des traces psychologiques à vie ....

5.Posté par Thierrymassicot le 20/08/2020 19:02

Merci, j'ai enfin compris pourquoi, vous traitez régulièrement ce genre de drames avec une ironie que j'ai toujours trouvé déplacée. Ce ton était finalement le palliatif, le côté résilient pour supporter l'horreur.
Je me demande quand s'il ne faut pas être "blindé" je ne dis pas inhumain pour être fait-diversier.

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