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Courrier des lecteurs

​Décrochage scolaire : Un énième plan au parfum d’effets d’annonces


- Publié le Vendredi 21 Novembre 2014 à 18:00 | Lu 640 fois

Najat Vallaud- Belkacem, ministre de l’éducation nationale, réussira t’elle là ou tous  ses prédécesseurs ont échoué ? Qu’il nous permis d’en douter tant  les recettes proposées  sont soumises  à un environnement budgétaire contraint et tant les actes posés sont contraires à une lutte effective contre le décrochage scolaire   

L'abandon scolaire est un facteur important d'exclusion sociale et professionnelle et la notion de décrochage  -ou de déscolarisation- n'est pas nouvelle:

Cela fait trente ans que, chaque année, environ 150000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Cette notion s'est imposée au cours des années 90 dans le langage de la recherche et des politiques publiques. Sur le terrain, des enseignants-es constatent que beaucoup de jeunes ne trouvent pas leur place dans l'école et en sortent, sans rien. L’institution définit  le décrochage scolaire comme « un processus qui conduit un jeune en formation initiale à se détacher du système de formation jusqu'à le quitter avant d'avoir obtenu un diplôme ».
Pour B. Geai,  c'est « le processus d'entrée en crise de la relation que les élèves entretiennent avec l'institution scolaire et la façon dont ils se trouvent exclus ou tentent eux-mêmes à échapper à l'obligation scolaire », le décrochage mettant en lumière « les souffrances des élèves en mal d'affiliation ».
Pour C. Blaya*, « le décrochage est le résultat de processus et du cumul de plusieurs facteurs, de ruptures d'ordre personnels, familiaux et scolaires ». Il peut aussi être « le résultat d'un écart trop grand entre les logiques scolaires et les logiques sociales dans les- quelles les élèves des milieux populaires évoluent ». Ce peut être aussi la conséquence d'une expérience  douloureuse dès le début de la scolarité, expérience marquée par des échecs répétés, des transitions délicates d'un cycle d'étude à un autre, d'une marginalisation de la part de pairs, d'un étiquetage par l'institution ...

La plupart des élèves à risque de décrochage ou décrocheurs sont peu engagés dans leurs activités scolaires et sont souvent en conflit avec un/des enseignants-es. Seulement, cette image d'un décrocheur/perturbateur n'est que la partie visible du phénomène. Bien des jeunes plus discrets, plus conformes à la norme en terme de comportement scolaire sont vulnérables et risquent de décrocher par ennui, manque d'attention, non désir d'apprendre. Alors, comment travailler avec ces «  empêcheurs d'enseigner en rond », avec ces enfants, ces adolescents ayant une pensée magique, un cerveau en « jachère »? L'aide spécifique à leur apporter doit d'abord être réalisée en classe: les questions du rapport au savoir et du rapport à la loi sont alors évidemment prégnantes. Le recours à la coopération, l'entraide mutuelle, l'inscription dans un projet d'école, d'établissement où la transversalité et le travail d'équipe priment sont essentiels. Comme il est aussi essentiel d'impliquer fortement les familles, le ou les parents avec des espaces de parole, des rencontres et des échanges propres à re-tisser du lien. Les interventions les plus positives sont celles multidimentionnelles qui prennent en compte les différents aspects de la vie du jeune et son environnement.

 Il s'agit d'enrichir ce que P. Bourdieu et C. Passeron appelaient le « capital culturel » de chacun-e. Les travaux, les pratiques de nombreux pédagogues/passeurs -favorisant un apprentissage émancipateur- sur les textes fondateurs, la mythologie, la philosophie, les arts ont démontré leur efficience.

L'articulation entre travail en groupe (classe et plus restreints) et travail individuel et duel est opérante. Les élèves décrocheurs sont souvent les reflets de la société; leur désaffiliation repose sur un faisceau d'éléments: malentendus socio-cognitifs, temporalités antagoniques entre sphères familiales et scolaires, identification au groupe de pairs, violence(s) institutionnelle(s). Elle s'inscrit, de surcroît, dans un contexte de démantèlement du service public d'éducation.

Il faut réfléchir à la finalité du collège pour tous, considérer l'égale dignité des trois voies (générale, technologique et professionnelle) afin que la massification scolaire au  lycée ne soit plus ségrégative.

La sortie prématurée du système scolaire - ou décrochage scolaire - concerne le plus souvent les élèves du collège, voire du lycée. Or, de nombreux chercheurs soulignent que « […] les dossiers scolaires des élèves sortis du système sans qualification donnaient à voir de grandes difficultés sur le plan des apprentissages bien avant des signes de rupture de la relation pédagogique » 

L’analyse du processus complexe qu’est le décrochage doit se faire en amont du collège : ce que l’on nomme le passage « primaire-collège » constitue un des éléments déclencheurs d’une difficulté larvée. Bien souvent, l’analyse à posteriori du parcours scolaire de décrocheurs montre que leur scolarité au primaire s’est faite sans heurt apparent, qu’ils en ont un assez bon souvenir. Ces élèves peuvent avoir l’illusion de ne pas trop mal s’en sortir. Lorsqu’ils arrivent au collège, ils sont mis face à leur difficulté d’apprentissage, sans avoir la possibilité de compromis et d’adaptation. D’où la mise en place de postures de repli ou de résistance.

Il faut du temps, de la culture commune pour qu'une orientation ne devienne pas une orientation par défaut, souvent désastreuse.

Nous devons poser  la question de l’évaluation et de la généralisation des expériences déjà menées, évaluer l’impact des « commissions de liai­son », réfléchir collectivement à comment améliorer la coordi­nation et les échanges pédagogiques entre ensei­gnants-es du 1er et du 2nd degré. Nous devons con­ti­nuer à revendiquer des formations initiale et continue ambitieuses où enseignants-es des 1er et 2nd degré, enseignants-es spé­cialisés-es (la question du maintien et de l’extension - y compris dans le secondaire - des Rased est plus que d’ac­tualité) se retrouveraient régulièrement pour débattre des contenus, stratégies, pos­tures pédagogiques à mettre en œuvre.

La question de la continuité pédagogique est essentielle si l’on veut lutter contre les difficultés, la désaf­filiation, le désengagement, le désamour scolaire. La CGTR Éduc’Action en fera l’un des thèmes de sa ré­flexion cette année.

La France -et d'abord ses élus-es- répète depuis trente ans que la lutte contre les inégalités devant le savoir et la culture est une priorité. Réforme après réforme, elle échoue. Le risque de décrochage scolaire concerne aujourd'hui  8 à 15% d'une génération au collège. L'Ecole peut-elle tout résoudre? La réponse est non. La réussite scolaire dépend à la fois de politiques publiques en éducation mais aussi de politiques sociales profondes. La réduction des inégalités sociales est un levier puissant dans la lutte contre les inégalités scolaires. Le décrochage, processus polymorphe et complexe, n'appelle donc pas de réponses simples.

Dans tous les cas, pour la CGTR Educ'Action, la lutte contre l'absentéisme, le décrochage, la marginalisation scolaire et sociale est une priorité mais les réponses apportées par le gouvernement: dislocation des Rased, externalisation des difficultés scolaires, disparition annoncée des Segpa, création d'un palier d'orientation en fin de 5ème, réhabilitation du DIMA**, redéfinition des missions des COPsy, dévalorisation de la voie professionnelle, sont inacceptables.

La lutte contre le décrochage scolaire ne doit pas être un simple slogan du Ministre. Cela doit s’accompagner de décisions concrètes. Cela passe notamment, répétons le, par le rétablissement des RASED, le maintien des SEGPA, la réaffirmation d’une vraie voie professionnelle permettant d’obtenir un bac professionnel en 4 ans
 
LA CGTR EDUC'ACTION




1.Posté par noe le 22/11/2014 06:10

C'est l'ennui à écouter les bobards , les conneries racontés par les professeurs en longueur de journée avec des cris , des chuts ... qui est la cause première du décrochage des enfants et cela commence dès les CM1 et même avant !
Malgré les Rased , les PPRE , les accompagnement éducatifs , les remises à niveau , les soutiens , les psy ...les réunions ...quand ça décroche , ça décroche !


Comment motiver des enfants quand l'adulte n'est même pas motivé pour faire son boulot ?

2.Posté par nrj le 22/11/2014 07:15

Le décrochage interroge le système éducatif dans son ensemble. L’enquête PISA 201210 met en évidence dans notre pays un nouvel accroissement des écarts de réussite entre les élèves en fonction de leur catégorie sociale.
Le terme « décrochage scolaire» traduit également une prise de conscience de la
responsabilité du système éducatif... Il interroge la conception de la formation des enseignants. Il représente l’aspect visible, extrême de l’échec scolaire et une réalité inacceptable du système scolaire.
Il faut que les rôles et responsabilités de chacun soient identifiés de manière suffisamment explicite pour permettre de les considérer comme constitutifs d’une politique à la hauteur des enjeux. ... Il faut faire émerger la nécessité d’alliances entre acteurs à trois niveaux : entre le jeune, la famille et l’école... Seul rien ne marchera .
Nous verrons ce que propose notre jolie ministre .

3.Posté par EXCLAVE le 22/11/2014 10:07

C DANS LES CITÉS DIT BANLIEUX OU NA PLIS'S ECHEC SCOLAIRE , ALORS KISA L'OTÉR . POUR LES MÉDIAS ANCÊTRAL , VEUILLEZ RÉPONDRE SI ZOT NA POINT LA HONTE SVP .
MIS A PART ZINFOS974, SIGNÉ ,

ZINFOS974ZISTOIRÉUNIONFRANÇEINTER

4.Posté par A mon avis le 22/11/2014 16:26

@ 1 noé : quand vous dites : "Comment motiver des enfants quand l'adulte n'est même pas motivé pour faire son boulot ?"
On sent dans votre comentaire le triste aveu du vécu personnel !

5.Posté par L'Ardéchoise le 23/11/2014 01:27

A 4 : peu importe le ressenti de noe, c'est comme ça et pas autrement !

6.Posté par A mon avis le 23/11/2014 13:23

@ 5 : "c'est comme ça et pas autrement ! " dites-vous :
triste opinion des enseignants si vous les voyez aussi, à l'image de noé, "pas motivés pour faire le boulot" !

7.Posté par noe2 le 23/11/2014 15:17

Petit conseil :
Pour aider efficacement vos élèves, vous ne devez pas travailler seul. Vous êtes entouré d’une équipe éducative formée de professionnels sur qui vous pouvez compter. C’est ainsi que vous parviendrez à répondre aux difficultés spécifiques des élèves.
Pour s’adresser à la bonne personne au bon moment, il est nécessaire de connaître la mission et le rôle de chacun dans l’établissement ....
Beaucoup de profs s'accrochent à parler grammaire , vocabulaire ... division , la Guerre 14-18 et autres "bobards" que les élèves ne comprennent pas et qui ne les intéressent pas du tout ...par manque de savoir-faire (formations mal faites ou je m'en foutisme) ... et voilà le décrochage !!!!!

8.Posté par noe2 le 23/11/2014 15:20

Je crois que pour vraiment mettre les profs au boulot , il faut supprimer la "sécurité" d'emploi et les évaluer vraiment tous les 5 ans ... et s'ils ne fournissent pas un bon rendement (trop d'échecs) on les radie des cadres et les remplacer par d'autres ! type de contrat à durée déterminée ....
Là ils bosseront vraiment et non pas attendre l'heure de la sortie !

9.Posté par A mon avis le 23/11/2014 17:24

@ 7 et 8 : vous parlez comme un DRH de supermarché !
Il faut espérer que vous n'êtes pas enseignant ni personnel d'encadrement !

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