Faits-divers

​Ces Vieux incorrigibles : "Je t’aime… pas du tout". - "Moi aussi et prends ça dans la gu… en attendant !"

Mardi 5 Juin 2018 - 15:00

​Ces Vieux incorrigibles : "Je t’aime… pas du tout".  - "Moi aussi et prends ça dans la gu… en attendant !"
Jean-Claude, 67 ans, l’air d’un bon pépé (on est loin du compte comme vous le verrez), nous vient de Charleville-Mézières (Ardennes). Mais même s’il ne pipe pas un traître mot de créole, s’il n’a aucun ami ici, il est chez nous depuis si longtemps et apprécie tant les bons produits d’ici (comme ceux griffés "Isautier"  par exemple), qu’on peut le qualifier de plus-que-Zoréole.

Elle, son ex, un peu plus jeune, coquette, complet jean et permanente astiquée de frais. Ils ont l’air doux comme ça. Mais lorsqu’ils se lancent des regards, mieux vaut se mettre à couvert, histoire d’éviter les balles perdues.

Des éclairs de 50 milliards de volts s’échangent entre ces deux-là. Mais ce qu’il y a de plus pénible, c’est de constater que deux êtres qui se sont aimés, profondément aimés, sont devenus les pires ennemis du monde. La haine transpire entre ces deux-là. C’est à qui va tirer le premier. À balles réelles.

Je rigole parce que la dérision et l’humour sont ce qui nous sauve le mieux de la désespérance, mais…

Chacun de son côté et charrette au milieu !

Autant dire, ce matin, toute la salle de correctionnelle de Saint-Pierre, le président Ellul, la procureur Simbille et les spectateurs, se pinçaient les lèvres pour s’empêcher d’exploser. De rire. 

Il faut dire qu’ils y ont mis une sacrée bonne volonté, nos papys flingueurs !

Depuis qu’ils sont rentrés dans cette ile "bénie des dieux", disent nos poètes, voici… un sacré bail, ils se sont installés sur le terrain de madame, au Tampon. Mais c’est lui qui a entièrement casqué la remise en état de la ruine tenant lieu de maison.

Suite à quoi ils ont pris le temps d’apprécier la vie et toutes les bonnes choses qu’elle offre aux vermisseaux que nous sommes. C’est alors que les choses ont commencé à se gâter pour de bon, s’apercevant d’un seul coup d’un seul qu’ils ne se supportaient plus. Ils y ont mis le temps mais ils y sont arrivés. "Maintenant qu’on est tous les deux", chante Sardou. Bouffre !…

Ils se sont donc mis à vivre chacun de leur côté dans la case ; elle, sortant avec ses copines, ses nièces, ses cousines ; lui, restant plutôt cloîtré avec pour seule compagne sa tendre et douce charrette.

Tous les soirs pétés comme des ballons de hand trop gonflés… tous les deux.

Oté camarades ! Engueuler l’autre n’a jamais été le meilleur moyen de le faire revenir à de meilleurs sentiments. Si je vous le dis… mais bon, passons !

Picrate à 40 degrés étant mauvais conseilleur, ils ont pris la douce habitude de s’envoyer des reproches, des engueulades, des insultes puis des injures à la tronche. Jusqu’à ce qu’un soir…

"Elle a dû picoler avant, monsieur le président !"

Le 10 février dernier, il est à cuver peinardement dans sa chambre. Qu’il a pris soin de fermer à clef, sait-on jamais ! Elle, est sortie batifoler avec ses nièces (ou ses cousines, ses copines, on finit par ne plus très bien savoir).

Elle rentre dans un état proche du "koça-mi-fé-là-moin ?" Désireuse d’évacuer son trop-plein de vitalité, elle choisit bonhomme comme poubelle et tente de forcer la porte de sa chambre. Zèf ! 

Elle s’en va donc quérir, comme entrée en matière, un seau plein de flotte. Puis elle démolit la chambre de pépé à coups de pioche (elle l’admet en ricanant à la barre), ce qui ne le réveille pas. Ce que voyant, elle s’approche du lit et lui déverse le tout sur le corps.
Là il se réveille.

"Attends ! Mi arviens mwin là". Et, armée du seau de combat, manifeste son désir de refaire provision de flotte à la cuisine.
Peu désireux de s’en prendre une seconde pour pas un rond, pas plus que de dormir dans un lit détrempé, il saute à bas d’icelui, saisit sa chérie par les cheveux et la fait chuter.

C’est ce qui lui valait d’être à la barre ce matin. Parce que comme le dit le président Ellul, "ça n’est pas une raison !"

ll a le bon goût d’admettre "qu’il y a du vrai".

Pressée de questions, la tigresse admet qu’elle l’a quelque peu "baigné akoz son bouche té sale à force jure à mwin ! Mwin la dis à lu, ça ; mais i fé semblant lu rappelle pas".

Assis sur son banc, il rigole ouvertement et assène à mi-voix :

"Elle ne sait plus ce qu’elle dit. L’a dû picoler in’ ti charrette avant de venir…"
C’est beau, l’amour. Ça vous tord les tripes ; ça arrache des larmes, y’a pas à dire !

"Et c’est qui, le con qui… ?" (sic !)

On a eu droit à tout, tout. Morceaux choisis…
Elle : "Monsieur le président, il m’a traitée de tous les noms lorsque que suis rentrée".
Lui : "Il n’y avait même pas de café !"
Elle : "Il n’y avait pas beaucoup d’eau dans le seau. Je ne l’ai pas trop mouillé".
Lui : "Il y a eu coupure de courant dans le cyclone. Le café était impossible à faire".
Elle : "J’ai toujours mal aux cheveux".
Lui : "Elle a toujours mal aux cheveux à force de picoler".
Elle : "Il reste toujours enfermé dans sa chambre".
Lui : "Et où voulez-vous que j’aille ?"
Elle : "Je le trimballe partout en voiture. J’ai pitié de lui ; il ne connaît pas un seul mot de notre langue".
Lui : "Mais elle accepte mon pognon".
Elle : "Ce n’est pas vrai. Il ne verse jamais la pension".
Lui (se tournant vers elle) : "Et qui c’est, le con qui paie les taxes de propriété et d’habitation?"
Elle : "Heueueueu…"
Lui, réjoui, triomphant : "Ah ! vous voyez bien".
Elle : "Le mois dernier, lu la donne à mwin rien qu’ deux kilos d’riz et cinq litres vinaig’ blanc".
Le président : "Pour quoi faire, le vinaigre ?"
Elle : "Parce que c’est ça qui tue les tiques de mon chien".

Plusieurs fois, alors qu’elle n’a plus la parole, la dame maugrée à très haute voix, ce qui contraint le président de lui intimer le silence.

"Mes affaires alors ?"

Le président Ellul, homme réservé s’il en fût, n’a pu s’empêcher de renâcler contre la Sécu. Il appert qu’en de multiples occasions, cette Sécurité sociale que le monde entier nous envie, a été avertie qu’il se passait des choses pas très nette par chez eux. Jamais une réponse, jamais un froncement de sourcils. Ce qui a fait dire au président :

"On nous parle du trou de la Sécu…"

Je vous laisse le soin de conclure.

C’est alors qu’on en apprend une bien bonne, laquelle va un peu faire basculer le cours de l’audience.

Le 15 mai dernier, elle serait venue avec son fils, issu d’une ancienne union et, à deux, auraient défoncé la porte de pépé chagrin, affichant leur intention de lui faire un mauvais sort. Cela n’est pas allé plus loin, pour des raisons, paraît-il, titrant quelque 49 degrés. Il a déposé plainte, preuve fournie à l’audience par Me Sylvie Cheung Ah Seung, avocate de pépé.

Ce qui signifie a contrario que pépé n’était pas seul à se débattre contre ses démons et leur furieuse succédanée.

La substitute Simbille a posé "LA" question que toute la salle avait aux lèvres :

"Pourquoi vivre ensemble quand on n’en est pas capable ?"

Je vais essayer de vous répondre, madame Simbille : "Akoz koça de moune va dire ?" Le paraître, voilà le hic ! 

La substitute a aussi dit :

"Ils s’injurient copieusement et mutuellement. Il est manifeste que c’est madame qui a lancé les hostilités avec son seau d’eau. Il y eut les coups de pioche dans la porte. Il faut tenir compte du contexte. Cet homme n’a aucune raison de l’avoir attrapée par les cheveux. Les violence physiques sont inadmissibles.  Ceci dit, les coups de pioche etc. Je demanderais juste une amende de 300 euros".

Me Éric n’a eu qu’à accélérer dans la même pente.

Pépé en a pris juste pour 500 euros d’amende avec sursis ; plus 150 euros de dommages-et-intérêts à sa chère et tendre furie.
"Avez-vous quelque chose à ajouter ? 

- Oui. Est-ce que je peux récupérer mes affaires ?"


Ben s’il vient sans arbalète et qu’elle l’attend sans seau d’eau, ça peut se combiner. Mais je suggère qu’un avocat et deux ou trois flics karatékas soient là aussi.
Jules Bénard
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1.Posté par Juliette CARANTA-PAVARD le 05/06/2018 15:21

*Quel est l'intérêt de cet interminable et stupide zambrocal ???

2.Posté par 51889 le 05/06/2018 15:45

Juliette, vous êtes manifestement en cessation d'intelligence. Passez votre chemin...

Vous qui renâclez dans chacun de vos posts contre l'humanité toute entière et sa périphérie immédiate, que n'êtes vous capable de voir dans le récit que fait Jules des petites et grandes misères que le tribunal correctionnel met à nu, l'ombre des turpitudes que vous nous servez post après post?

Et pour rester dans votre état d'esprit: quel est l'intérêt de vos sempiternelles jérémiades pour le commun des zinfonautes?

3.Posté par Dremly le 05/06/2018 16:03

Aucun intérêt absolument aucun
Histoire banale et inutile

4.Posté par Jules Bénard le 05/06/2018 16:32

A posté 1, "la" Juliette de mes plombs :

Si vous n'aimez pas ça, please, n'en dégoûtez pas les autres !

Vous n'aimez personne, d'ailleurs. Okay ?

Alors, cessez de vous ridiculiser ainsi.

Si vous avez VRAIMENT quelque chose à dire, ... faites un brouillon d'abord. Okay .?

5.Posté par Bibi la Bicrave le 05/06/2018 16:39

@Jules Bénard.

Vous devriez compiler vos comptes rendus d'audience dans un bouquin. Dans le genre "instantanés" de la société réunionnaise des années 2000, on ne fait pas mieux !

6.Posté par pipo le 05/06/2018 18:32

En résumer ils font pitié ces deux là!

7.Posté par Marie le 05/06/2018 18:39

on est pas obligée non plus d'approuver tout ce que vous écrivez M.Benard!

8.Posté par KoKodir le 05/06/2018 23:07

Monsieur Bénard doit écrire si souvent sur des ivrognes qu'il doit inventer une expression "pété comme un...." différente à chaque article, histoire de varier le menu.

9.Posté par Rhum Quina le 07/06/2018 20:17

@ Jules Bénard

Personnellement, je me suis fait mon film en collant une image à chacun des acteurs et ma foi, j'ai bien rigolé. Si ton principal objectif était de nous faire rire, tu as atteins son but ! ? Au final, le plaisir est là, n'est-ce pas l'essentiel ?

Par Toutatis ! Pépé Jean-Claude a une descente que j'aimerais pas remonter à vélo.!

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