L'art des jardins

Jeudi 31 Mai 2012

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L’art des jardins est une longue tradition réunionnaise ; il s’exprime près des modestes cases créoles de campagne comme autour des maisons de Maîtres au cœur de nos villes. Chacun a encore à l’esprit, s’il a le bénéfice de l’âge, les jardins créoles de la rue de Paris des années 1950-1970 hérités de la grande époque classique du milieu du 19ème siècle. Point n’est besoin de faire un grand effort de mémoire pour voir resurgir des enfants en fonte d’art tenant sans crainte dans leurs bras potelés des animaux, caïmans ou dragons déversant jour et nuit une eau cristalline dans les bassins… Alentour, au sein de parterres bordés de tuiles, s’épanouissaient suivant la saison, rosiers, gueules de loup, becs d’alouette ou pois de senteur. Tel était en particulier le cas à Saint-Denis de la maison Barre-Déramond qui fut aussi la demeure du poète Léon Dierx.


Voici l’affiche de l’opération internationale : « Rendez-vous aux jardins »
Voici l’affiche de l’opération internationale : « Rendez-vous aux jardins »
La maison, elle-même a été restaurée à l’époque de Mr Augeard, Architecte des Bâtiments de France, mais il faut reconnaître que peu d’attention a été accordée aux jardins. Récemment on s’est contenté d’enlever un banyan envahissant qui menaçait le mur de clôture ; on a repeint le mur et le guétali, mais le jardin fait pitié à voir ; les Putti font grise mine. Les massifs fleuris et les parterres dessinés ont fait place à un terrain pelé que le chiendent envahit à la saison des pluies. Il y aurait de quoi désespérer… Quelquefois, cependant, venue on ne sait d’où, s’élève une rumeur selon laquelle on voudrait rendre au jardin sa splendeur d’antan. Las, ces bruits n’ont jusqu’à ce jour jamais été suivis d’effet !
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Jeudi 31 Mai 2012 à 09:45 | Commentaires (0)

Promesses d'elus...

Lundi 26 Mars 2012

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Il y a quelque temps de cela un lecteur adressait à son journal favori une lettre dans laquelle il affirmait que des spéculateurs peu scrupuleux profitaient d’incendies — ô combien providentiels —pour construire des immeubles à la place des cases créoles brûlées.


De la vertu offensée de nos élus municipaux…

Ce furent alors les hauts cris dans le Landerneau municipal dionysien, des protestations indignées, l’occasion d’un véritable « entourage pintades » : René-Louis Pestel, l’inénarrable adjoint à la culture de la Mairie de Saint-Denis et son compère Jean-Pierre Espéret, adjoint à l’aménagement, forts de la collaboration de l’Architecte des Bâtiments de France se récrièrent et affirmèrent la main sur le cœur (nous citons): « Effectivement il y a 20 ans la ville rencontrait régulièrement ce genre de dérive où les anciennes cases créoles finissaient en cendres…Depuis 2004, la ville a eu une position très volontariste en matière de préservation du patrimoine architectural du centre-ville. »… Dieu soit loué!

Ils ajoutaient « La réglementation du Plan local d’urbanisme (PLU) a verrouillé cette dérive en imposant une reconstruction à l’identique des bâtiments répertoriés. En effet, non seulement la ville de Saint-Denis compte 47 bâtiments protégés au titre des bâtiments historiques mais une centaine de bâtiments supplémentaires font l’objet d’une attention particulière par la commune et le service du Patrimoine de l’architecture et de l’urbanisme. » Nous citons toujours : « La nouvelle municipalité a renforcé cette volonté de préserver le patrimoine architectural et urbain. »Voilà qui est admirable !
Une des maisons qui ont brûlé dans la rue Félix Guyon
Une des maisons qui ont brûlé dans la rue Félix Guyon
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Lundi 26 Mars 2012 à 08:49 | Commentaires (0)

Au 21 de la rue Monseigneur de Beaumont, à deux pas du carrefour avec la rue Juliette Dodu, s’élevait naguère la maison Constant, du nom d’une personnalité haute en couleur, très connue de la population dionysienne (1)…Cette maison et son jardin étaient un morceau de l’histoire de La Réunion et de l’art de vivre de notre île.


L'architecte des bâtiments de France a encore fait des  siennes...
Derrière le barreau commençait le jardin à la mode créole, où malgré l’allée centrale et les parterres chargés de contenir leur exubérance, fleurs, buissons et lianes avaient tendance à s’enrouler, s’emmêler, s’enchevêtrer.

Sur la droite on accédait à la terrasse que d’aucuns appellent le guétali ; en d’autres temps on s’y installait le soir pour prendre le frais, observer le spectacle de la rue, échanger salutations et nouvelles avec les passants.

Implantée au centre du jardin, comme il sied en général aux cases créoles qui respectent leur rang, s’ouvrait une maison datant du début du XIXème siècle, avec sa varangue pour accueillir le visiteur et un rez-de-chaussée bâti en pierres de taille (comme on savait le faire autrefois) ; l’étage de bois recouvert de tôle (2) avait fini par souffrir un peu des intempéries ; l’ensemble tenait bon malgré tout ; il pouvait être restauré…

Côté cour, comme pour toute case créole digne de ce nom, des arbres abritaient la maison des ardeurs du soleil d’été et apportaient leur contribution à l’alimentation familiale : letchi, manguier en plein rapport, avocatier, cerisiers à côte qui grimpaient haut pour avoir leur content de lumière et, n’ayons garde de l’oublier, le pied de mouroung qui donnait ses brèdes-médaille pour le bouillon, ses « bâtons » pour le cari, sans compter ses multiples propriétés médicinales.
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Vendredi 2 Mars 2012 à 08:43 | Commentaires (0)

La décision vient de tomber en ce qui concerne l’immeuble qui devait s’ériger sur l’emplacement de la maison de Palmas au 157 de la rue Juliette Dodu : le permis de construire accordé par la mairie de Saint-Denis a été purement et simplement annulé par le Tribunal Administratif et la commune condamnée financièrement.


Affaire De Palmas : Le permis de construire est annulé
Les raisons de cette annulation : Le Tribunal donne comme cause d’annulation le fait que la construction de 16 logements et d’une villa ne respecte pas les conditions de salubrité publique, car les eaux usées de cet ensemble se seraient déversées dans un réseau d’assainissement déjà très engorgé à Saint-Denis.

Le Tribunal fait également valoir que le Plan Local d’Urbanisme n’a pas été respecté : en effet dans ce quartier (Zone U.C.) les bâtiments devant comporter un rez-de-chaussée + deux étages + combles doivent être construits en limite de propriété sans ouverture ou alors à quatre mètres de ladite limite. Or, avec l’accord des Services de l’Urbanisme de Saint-Denis, le promoteur se permettait de construire une partie de l’édifice à 1m90 de distance, car tel était son bon plaisir…

Ce jugement oblige le promoteur à revoir ses plans et à faire une nouvelle demande de permis de construire en repartant de zéro.
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Lundi 6 Février 2012 à 08:16 | Commentaires (0)

Aux Archives Départementales, à Saint-Denis, vient de s’ouvrir une exposition consacrée au fonds photographique que Jean Colbe a réalisé à La Réunion de 1950 à 1970 : il faut séance tenante y courir, s’y précipiter, accompagné de toute la famille, enfants, petits enfants, amis, de tous ceux qui n’ont pas connu cette époque de notre histoire. Les jeunes découvriront la vie de leurs aînés et les anciens auront la joie d’être utiles en partageant leur savoir, leur vécu. Ils montreront aux générations suivantes ce qu’était notre île en ce temps-là et leur feront toucher du doigt les transformations qu’elle a subies au cours de ces deux décennies.


Car courant d’air (Coll. Y. Patel)
Car courant d’air (Coll. Y. Patel)
Nostalgie quand tu nous tiens…

Car c’est une époque où bien des choses bougent dans le paysage, dans le mode de vie, dans « la forme des villes qui change bien plus vite hélas que le coeur des mortels », comme l’avait si bien dit Baudelaire. Pour les anciens, ils verront redéfiler une bonne partie de leur vie : voilà comment c’était à l’époque !… Tiens un car courant-d’air !… On s’y entassait en toute proximité sur des bancs rudement capitonnés ; des barres de fer fixées sur la gauche retenaient les voyageurs de la chute ; sur la galerie s’accumulaient toutes sortes de marchandises et d’objets hétéroclites, meubles, pneus, paniers des petits marchands de légumes et de volaille piaillante, et quand la pluie se mettait à tomber, on déroulait depuis le toit un épais rideau vert qui en moins de deux minutes faisait régner à l’intérieur une semi-obscurité et une atmosphère moite à couper au couteau , mais qui s’en serait plaint ?

Un peu plus loin l’on aperçoit le petit train débarquant au Barachois et qui fait halte avant de se diriger vers la gare en empruntant l’actuelle rue de Nice (N’était-ce pas alors la rue de l’embarcadère ?) Il était précédé d’un employé muni d’une clochette qu’il faisait tinter pour prévenir les passants inattentifs…Et puis voici encore un marchand (souvent d’ailleurs c’étaient des femmes d’origine indienne venues de la Rivière des Pluies ou de Sainte-Marie) dans sa carriole aux roues surdimensionnées, tirée par « son » bourrique, transportant des bidons de lait. Aux ménagères qui accouraient on versait dans les casseroles le lait au moyen d’une moque soudée sur un long manche de tôle et regardez-là !… Une case en paille de cannes avec peu d’ouvertures, tassée sur le sol pour offrir le moins de résistance possible aux rafales des coups-de-vent, comme on appelait alors les cyclones. Des traverses de choka (Parfois des troncs de bananiers à cheval sur le toit), tentaient de retenir, mais en vain, la case qui s’envolait comme fétu de paille.

Et les souvenirs affluent à la mémoire des anciens : ce bâtiment, n’est-ce pas la poste de Sainte-Clotilde? Mais bien sûr, et puis voilà Madame Gardénia (2), la postière au caractère à-pic et à la langue affûtée… et là c’est la Boulangerie Sorbe…Devant la photo trois visiteuses d’âge raisonnable, qui apparemment connaissent un rayon en la matière, discutent avec nostalgie du petit pain joliment moulé, de sa mie si fine, du léger goût de sel et de beurre, ou ne serait-ce pas plutôt de sa levure spéciale ? Ah ce petit pain Sorbe !…Que voulez-vous ? C’est notre madeleine de Proust à nous ! (3
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Samedi 7 Janvier 2012 à 16:51 | Commentaires (1)

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1868, c’en est fini de la prospérité de l’époque du gouverneur Hubert-Delisle : La Réunion est au cœur de la crise. Crise économique d’abord car les prix du sucre baissent en même temps que la production s’effondre, affectée par trois cyclones et par le borer, parasite de la canne qui fait des ravages...


Evenements sanglant à Saint-Denis en 1868
La crise tous azimuts

...Crise sociale : les affranchis de 1848 qui se sont installés à la lisière des villes sont touchés les premiers par le chômage et la misère, mais la classe moyenne s’appauvrit également.

Dans le domaine politique la tension est sensible : le manque de démocratie que l’on a supporté en période de prospérité, devient un joug pesant ; il faut savoir en effet qu’avec l’Empire le suffrage universel a été supprimé, que maires, adjoints, conseils municipaux sont nommés par le gouverneur. Le Conseil général, dont les pouvoirs sont bien maigres, est nommé, moitié par le gouverneur, moitié par les conseils municipaux, qui eux-mêmes etc… La Réunion n’a plus de représentation au niveau national… Bref, il n’y a pas de soupape de sûreté, pas de possibilité d’expression démocratique de la volonté populaire. Seule la presse montre une certaine diversité et la polémique fait rage entre « La Malle », journal catholique et conservateur, « Le Moniteur » journal libéral et « Le Journal du commerce », anticlérical, qui dénonce l’alliance entre l’Eglise et l’Etat.
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Mercredi 18 Mai 2011 à 14:05 | Commentaires (0)

Naufrage au coeur de la ville

Vendredi 15 Avril 2011

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En pleine ville de Saint-Denis, échouée sur une hauteur, une belle nef se déglingue, se démantibule, s’apprête à partir sur le côté de tantôt (1)… Le beau bâtiment d’autrefois gît dans un espace envahi de verdure ; sur sa poupe et sur ses flancs sa peinture, beige et ocre du temps de sa splendeur, grisaille et s’effrite…La superstructure toute envahie de carias a déjà été abattue…La carcasse, elle-même, ne tient plus que grâce à de puissants étais de bois fixés à l’intérieur comme à l’extérieur… L’effondrement est pour bientôt !….Cette ruine, c’est tout ce qui subsiste aujourd’hui de la Chapelle Saint-Thomas des Indiens, à l’angle de la rue Monseigneur de Beaumont et de la rue Montreuil.


Naufrage au coeur de la ville
Jadis pourtant son intérêt architectural et historique était tel que l’on a trouvé bon, dès octobre 1998, de l’inscrire à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Dans une notice de présentation l’A.B.F. D’Oriola ne mentionnait-il pas, après avoir décrit le bâtiment, que « Saint-Thomas des Indiens est un petit édifice qui participe pleinement à la structure urbaine de la ville ancienne de Saint-Denis » ?

Cela pouvait laisser supposer que les services de l’Architecture et l’Architecte des Bâtiments de France, Jonquères d’Oriola allaient faire en sorte que le site et le bâtiment soient protégés et qu’une restauration en bonne et due forme, en partie financée par l’état, soit mise en œuvre. Or que c’est-il passé depuis douze ans ? Bien peu de choses … Certes chaque nouvelle journée du patrimoine était l’occasion d’un branle-bas médiatique : on s’intéressait alors au bâtiment et à son histoire, on déplorait vivement que rien ne fût fait, on laissait espérer une action rapide et déterminée et, une fois la journée du patrimoine passée, le soufflé retombait, l’inertie reprenait le dessus, l’oubli se faisait encore plus pesant qu’auparavant.

Pour quelle raison laisse t-on ce bâtiment tomber en ruines ?

L’Etat a-t-il d’autres priorités ? Sans doute ! Ainsi, pour la Cathédrale et pour l’église de la Délivrance des travaux de restauration ont été réalisés ou sont en cours. Mais il est vrai qu’elles appartiennent à l’Etat pour la première et à la Commune de Saint-Denis pour l’autre, alors que Saint-Thomas n’est que propriété du Diocèse.

Est-ce uniquement une question d’argent ? Si tel était le cas, ne peut-on imaginer faire appel à d’autres contributeurs ? Car l’intérêt du projet dépasse assurément celui du seul Diocèse.
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Vendredi 15 Avril 2011 à 14:41 | Commentaires (0)

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D’aucuns nous accusent d’être des passéistes, des rétrogrades, des égoïstes arc-boutés sur leurs privilèges, nous qui voulons défendre le patrimoine architectural réunionnais ? C’est assurément une manière un peu simpliste sinon caricaturale de voir les choses, car pour nous, défendre le patrimoine, c’est prendre le parti de ce qui fait la beauté, l’originalité de nos villes et qui est bien menacé ; nous voulons par exemple dans la zone patrimoniale de Saint-Denis, œuvrer à la restauration d’un « quartier créole » comme on parle du « Carré français » de la Nouvelle-Orléans. Nous pourrions pour cela nous inspirer de ce que des villes et villages du monde entier, en France, en Allemagne, en Italie ont su faire ; nous pourrions restaurer nos cases créoles avec leurs varangues, leurs barreaux, leurs jardins, leurs guétalis, leurs fontaines ? Ne serait-ce pas là une belle contribution au patrimoine de l’humanité ?


Défendre le passé ou préparer l'avenir?
Défendre notre patrimoine, c’est aussi, bien sûr, un moyen de connaître notre histoire et ceux qui nous ont précédés : la case créole, par exemple, révèle bien des choses sur les relations sociales, sur un certain art de vivre, sur la capacité de s’adapter au climat, sur le sens esthétique de ceux qui avaient les moyens d’en faire construire une, mais la case créole est aussi la preuve vivante du génie de nos artisans, de nos charpentiers, bardeautiers, tailleurs de pierre. L’architecture créole est le patrimoine commun de tous les Réunionnais.

(Il est à ce sujet une idée propagée par certains, qui nous paraît complètement stupide en ce 21ème siècle, qui tenterait de dresser les uns contre les autres le peuple et les nantis, les « gros-blancs » contre les « ti-métis » et vice-versa . Que répondre à ceux-là ? D’abord que les cases créoles appartiennent aujourd’hui à des gens qui sont loin d’être des nantis du sucre et de l’import-export et les « grands blancs » qui les possèdent ont souvent toutes les couleurs de notre arc-en-ciel créole. En outre, lorsqu’un promoteur fait table rase d’une maison créole, il a encore plus vite fait de renverser à coup de bulldozer les longères (1) en moellons qui abritaient la vie de tout un peuple modeste. Bref c’est l’histoire de tous les Réunionnais qui disparaît.
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Mercredi 9 Février 2011 à 10:50 | Commentaires (0)

Nos lecteurs savent que Louis Henri Hubert-Delisle, né à Saint-Benoît le 1er Janvier 1811, a été gouverneur de notre île de 1852 à 1858. Dans ce laps de temps relativement court il a transformé le visage de La Réunion; il a travaillé avec passion pour son île natale, a oeuvré pour développer le pays dans tous les domaines. Pendant son séjour d’importantes infrastructures seront créées : route de ceinture par le volcan, route des Plaines, route des Hauts qui porte son nom. Il est à l’origine d’institutions telles le Muséum d’histoire naturelle, la léproserie de la Montagne, la Chambre d’agriculture, la Caisse d’Epargne et de Prévoyance etc…C’est un bâtisseur exceptionnel de notre patrimoine.


Il y a deux cents ans naissait à Saint-Benoît Louis Henri Hubert-Delisle…
Dpr974 a appris que dans le Bordelais et plus précisément à Saint-André de Cubzac, la ville dont il fut le maire et où vivent encore ses descendants directs des commémo- rations pour ce bicentenaire sont d’ores et déjà programmées, conférences sur sa vie et ses réalisations au niveau national (printemps 2011), exposition sur sa famille et ses réalisations locales au château de Bouilh (été 2011), sorties sur des aspects de sa vie organisées par la municipalité et ses descendants etc…

Et que se passera-t-il à La Réunion ? Les Réunionnais auraient ils la mémoire courte ? Certainement pas ! Seraient-ils des ingrats ? Nous nous refusons à le croire ! Nous prendrons contact avec les collectivités concernées et au premier chef avec la Commune où il est né et vous tiendrons au courant des initiatives qui seront prises pour commémorer le souvenir d’un homme dont l’action à La Réunion fut exemplaire.

1) On trouvera sur notre blog un article intitulé « Hubert Delisle : Un bâtisseur de notre patrimoine »

Un site vient également d’être créé où l’on trouvera des informations complémentaires :

Bicentenaire de la naissance de Louis Henri Hubert-Delisle

Cliquez ici pour accéder à notre site DPR 974
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Mercredi 2 Février 2011 à 09:55 | Commentaires (0)

Trottoirs longtemps

Mercredi 26 Janvier 2011

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Le texte ci-dessous est dû à la plume d’un de nos lecteurs G. Lebreton, amoureux de sa ville de Saint-Denis et de son histoire.
Il plaide ici pour la restauration de la rue Poivre, derrière le Jardin de l’Etat et de ses trottoirs en galets qui font son originalité. Nombreuses étaient autrefois les rues de Saint-Denis qui présentaient ces caractéristiques. La rue Poivre a jusqu’à présent échappé aux effaceurs de l’histoire ; elle mériterait d’être sauvegardée. ( dpr974).


Trottoirs longtemps
Dans un poème intitulé « Rue Malartic« , Jean-Claude Legros fait état de trottoirs « en galets » :

Sa la rue Malartic

La pas la rue le flic

Sa la rue lé en terre

Na nid de poule na zornière

Trottoir lé en galet

Sa la rue Madoré (1)



De nos jours dans la rue Malartic proprement dite il n’y a plus de trottoirs « en galets ». En fait les derniers vestiges de trottoirs en galets se trouvent juste à côté, tout au long de la rue Poivre, des deux côtés de la chaussée, dans la portion comprise entre la rue de la Source et la rue Malartic, c’est-à-dire la voie qui borde le mur arrière du Jardin de l’Etat (récemment refait et repeint).

Dans les années 50, les rues qui se situaient entre le Jardin de l’Etat et les premières pentes du Brûlé étaient encore en terre : quartier de la Source, de l’Assomption, rue du Ruisseau des Noirs, boutique « Etoile des Neiges » (à l’angle de la rue Decaen), toute cette zone constituait encore la périphérie de St-Denis. Le centre ville bitumé s’arrêtait à la rue Dauphine (actuellement rue du Général de Gaulle) et au Rond Point du Jardin de l’Etat (qui n’aurait jamais dû changer de nom).

Ces rues en terre étaient donc bordées de chaque côté par un caniveau, qui collectait les eaux des habitations et les évacuait jusqu’à la mer par un réseau de canaux qui quadrillaient la ville. Ces caniveaux « coulaient » tout au long de l’année : les enfants y faisaient naviguer des petits bateaux en papier. C’était souvent le repaire des crapauds, qui donnaient la sérénade tous les soirs. Et sur ces caniveaux, des petits ponts dénommés ponceaux, permettaient l’accès des piétons et des voitures au traditionnel barreau. C’était la civilisation du ponceau, du barreau, de la varangue et de la terrasse (rebaptisée guétali quelques années plus tard).
Robert Gauvin
Rédigé par Robert Gauvin le Mercredi 26 Janvier 2011 à 11:09 | Commentaires (2)
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Profil
Robert Gauvin
Robert Gauvin
A passé son enfance et sa jeunesse dans un petit village des hauts de Saint-Denis, où, à l’époque, tout le monde parlait créole et la plupart du temps seulement créole… Après un cursus classique au lycée Leconte de Lisle (français, latin, anglais, allemand) il se décide pour des études de langue et littérature allemandes à Aix-en-Provence, Tübingen et Bâle, ce qui l’amène à l’agrégation d’allemand et à une carrière de professeur de langue étrangère dans son pays natal. Sa curiosité et son goût pour les langues du Monde sont toujours allés de pair avec le combat pour la défense et l’illustration de la langue créole réunionnaise.


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