Faits-divers

Voyou? Salaud? Machiste? Manipulateur? Laissé-pour-compte en tout cas!

Correctionnelle Sud – Jeudi 7 avril 2016


Voyou? Salaud? Machiste? Manipulateur? Laissé-pour-compte en tout cas!
Appelons-le Willy. Il est né en 1997 et si son casier judiciaire ne comporte qu’une mention devant le tribunal des mineurs, il risque de s’alourdir. Certains, il est vrai, ont plus mal débuté dans la vie mais le cas de Willy ne prête pas à sourire non plus.

Aux trois-quarts SDF

Si on ne sait où est le père, la mère, elle, a su faire en sorte que les frères et sœurs de Willy avancent dans la vie et aient du travail. Sauf lui. Parce que notre garçon a manifestement un retard psychologique, cela se voit et s’entend dans ses propos décousus.

Il fréquente l’école jusqu’en classe de 5è. De 11 à 16 ans, il est placé en familles d’accueil, on ne sait pourquoi mais cela semble bien se passer. Sans formation, sans emploi, Willy travaille occasionnellement à la coupe des cannes.

Ses frères et sœurs se désintéressent totalement de lui. Sa maman est la seule chez qui il trouve occasionnellement un hébergement. Autant dire qu’il est à moitié (ou aux trois-quarts) SDF.

Si elle avait su…

Willy n’est pas violent, ne boit pas, sinon in’ ti coup d’sec temps en temps, pas de quoi fouetter un chat. Il n’est pas accro aux médocs ni à la salade cinq-étoiles. Pourquoi a-t-il fallu alors que ce matin, il se retrouvât traîné à la barre du tribunal, par les policiers, menotté dans le dos ? Avec près de 10 accusations sur ses endosses…

Parce qu’un jour de décembre 2015, une jeune femme au cœur généreux, le voyant dormir sous la pluie, l’a accueilli chez elle. Lui a offert le gîte et le couvert. Bref… cette âme noble, appelons-la Grâce ("amazing grâce" ?), n’a écouté que sa bonne nature en mettant à l’abri ce SDF mouillé comme un chat sous l’orage. Si elle avait su…

Dans l’esprit déboussolé, chaviré, incapable d’additionner 2+2, cela a fait  "tilt". "Elle m’accueille, elle me nourrit, elle m’habille… elle m’aime !"

Le harcèlement vire au cauchemar

A partir de cet instant, la sympathie, la compréhension de la jeune femme se heurtent à un mur d’incompréhensibilité.

"Elle sort ? Elle va en voir un autre !"
"Elle refuse de me dire où elle est allée ? Elle m’a trompé !"

Manifestement, dans cet esprit sans repaire affectif, si elle l’a accueilli, c’est qu’elle s’est donnée à lui. Or, dans tous les témoignages recueillis par les gendarmes, comme dans toutes les dépositions faites par la jeune femme, il n’y a jamais rien eu de seulement troublant entre les deux. C’est lui, et lui seul, qui s’est fait un cinéma.

Voyant la situation se détériorer très vite, elle le renvoie chez sa maman. Ce qui ne va rien améliorer, bien au contraire.

Commence alors un harcèlement qui va vite virer au cauchemar pour la généreuse jeune femme. Coups de téléphone pluri-quotidiens, menaces, intrusions de force chez elle, bris de matériels divers, vols, coups et blessures…

"Ma bagnole, mon chien, ma maison… ma femme !"

Le jour où elle appelle la maréchaussée, une fois de plus, (mars 2016), il est enfermé dans la salle-de-bains de la demoiselle, hurle, s’époumone : Il lui fera passer le goût du pain si elle ose se plaindre !

Une première fois, la Justice lui intime de ne plus s’approcher de sa victime. Il jure que oui et recommence quelque trois jours plus tard, ce qui lui valait de comparaître ce matin.

Willy a eu du mal à se faire comprendre à la barre. Mélangeant tout et le contraire, s’embrouillant dans ses mots, contredisant ses propres aveux devant les enquêteurs… on sent tout de suite que ce gars-là n’est pas maître de ses pensées. Les certificats médicaux prouvant que la jeune femme a été frappée ? "Elle a beaucoup inventé"…

Il ressort en fin de compte qu’il a dû se faire tout un cinéma lorsque la brave jeune femme a voulu secourir un SDF trempé comme une soupe, un soir d’été tropical. Il a cru, dans son esprit à jamais immature, qu’elle s’offrait à lui. Et donc qu’il en était le propriétaire… 

Comme encore trop de machistes disent "ma femme" comme ils disent "ma maison, ma bagnole, mon chien" !
Sauf que dans son pauvre esprit, le maelström fut tout de suite ravageur.

Retour chez maman ?

Totalement incapable de séparer la réalité du mal-perçu, il s’est enfoncé dans un monde rêvé… mais rêvé par lui seul. D’où les reproches, les disputes, les insultes, les coups.

Le substitut n’a eu aucun mal à enfoncer le clou, insistant sur la dangerosité du prévenu qui n’avait rien compris à un premier avertissement judiciaire : "Elle a eu quasiment pitié de ce SDF et lui… ?"

Cela semblait vraiment mal barré pour Me Brigitte Hoareau, commise d’office mais montée au créneau comme Rantanplan défendant son plat de lentilles.
L’avocate n’a pas nié que son protégé eût "une personnalité inquiétante". Mais a souligné aussi qu’il y a un gros souci concernant les experts psychiatriques. Experts dont pas un n’a voulu recevoir son client (voir ci-après). L’avocate a insisté sur "la relation déséquilibrée entre une femme et cet homme qui n’a rien compris !"

Un homme totalement rejeté par sa famille, sauf sa maman. Chez laquelle il va bien devoir rentrer. Car le tribunal a prononcé une mesure rare, la contrainte pénale. Une mesure instituée par Christiane Taubira avant de fuir en catastrophe de son ministère.

En clair : Willy écope de 2  ans de "contrainte pénale" et ne retournera pas en prison. En revanche, il devra s’astreindre à toute une série de contrôles : soins psychologiques, interdiction de fréquenter les lieux proches de sa victime, ne jamais porter une arme… Faute de quoi, il ira 6 mois à Domenjod ! Plus 200 euros d’amendes diverses et 600 de dommages-intérêts à sa victime.

"Mi veux cause èk mon momon"

S’exprimant en dernier, Willy a juste dit :
"Mi veux cause èk mon momon…  Moin la été tabassé en taule… Mi crois moin la compris… La geôle, ça lé dur…"

Comme souvent, en début d’audience, je prenais ce pauvre type pour un rebut d’humanité. Et quand les débats avançaient, mon esprit se faisait… de plus en plus embrouillé.

Me Brigitte Hoareau a sans nul doute tiré son épingle du jeu, elle qui en début d’audience, commise d’office, ne connaissait rien à ce dossier. Saluons sa compétence.

Mais le Willy, lui… ?
Il a eu du mal en taule, ce petit mec. Il est reparti libre, certes. Mais pour combien de temps ?

P.S. : Willy aurait dû bénéficier d’une expertise psychiatrique. Mais les experts auprès des tribunaux sont payés parfois plus d’un an après leur intervention. Il en va de même pour les Conseillers prudhommaux, pas payés depuis mars 2015. Quand l’Etat abandonne ses pouvoirs régaliens, c’est le justiciable qui casque. Quand il peut. Willy y est pour sa gueule !
Jeudi 7 Avril 2016 - 16:25
Jules Bénard
Lu 2965 fois




1.Posté par Eno2016 le 07/04/2016 16:30
Les cogneurs-violenteurs , machos-tabasseurs-cogneurs et violeurs sont de retour !
La justice semble trop clémente envers cette population machiste !

2.Posté par Les conseillers Prudhommaux pas payés depuis mars 2015 ??? le 07/04/2016 17:25
Pourquoi n'attaquent-ils pas l'Etat-patron aux Prud'hommes ?

3.Posté par Nono le 07/04/2016 17:33
Ses frères et sœurs se désintéressent totalement de lui.

Mes félicitations aux sus-nommés.

4.Posté par Henry le 07/04/2016 18:22
Ne jugez pas ses proches, ne le connaissant pas, c'est peut être une plaie à vivre, et son comportement avec cette pauvre dame ne penche pas en sa faveur!
Madame, créole y dit : Nourrit pas chien maigre !

5.Posté par Thierry le 07/04/2016 19:36
@ HenrY, ... pourtant créole lontan, si navé in chien devant sa porte té i donne a li toujours in res" manZé... souvent i resté inn' tache la graisse ousate le chien té i manZe !

6.Posté par Caffreman le 07/04/2016 19:52
@ Post 3 : Nono vous avez raison , souvent c`est la famille qui vous abandonne.

@ Post 4 : Henry priez que jamais vous n`ayez à subir un tel cas dans votre famille , la meilleur façon de guérir ce mal c`est de ne pas laisser tombez la personne justement, mais ça serait trop difficile à vous expliquer puisque seul un psy pourrais le faire.

7.Posté par polo974 le 09/04/2016 13:03
""" ... la jeune femme se heurtent à un mur d’incompréhensibilité. """

et pourquoi pas un mur d'incompréhensitude, tant qu'on y est ? ? ?

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