Faits-divers

Vol, violences, menaces de mort en récidive, je l’ferai plus, promis !


Jérémy Faivre, 24 ans, comparaissant entre deux gendarmes, est un vieux cheval de retour. Son CV est impressionnant : vols divers, recels, violences avec armes, violences en réunion, coups de couteau, extorsions diverses avec violences concomitantes. Condamnations à plusieurs peines de prison ferme malgré son jeune âge, avec la circonstance aggravante que constitue la récidive légale.

Cette fois, sur son terrain de chasse favori, le front-de-mer de Saint-Pierre, il a agressé un homme pour lui voler son scooter. Pour mieux assurer son coup, il a sollicité l’aide de deux jeunes mineurs déjà condamnés pour cette affaire.

L’homme reçoit une volée de coups, dont plusieurs asséné avec son propre casque. Puis les mineurs s’enfuient avec l’engin tandis que Jérémy menace le malheureux de le jeter dans le bassin de radoub s’il n’est pas content.

Deux jours plus tard, deux des pieds nickelés emboutissent un véhicule de police au guidon du scooter volé. On n’est pas plus bête. Durant son interrogatoire par les policiers, Jérémy reconnaît tous les faits qu’on lui reproche. Mais voici qu’à la barre, il nie tout ou presque.

"Moin la pas vole scooter, moin. Koça ma fé èk in scooter ?... Moin la pas menace boug’ là, moin, afèr ? Moin lé plus fort que lu !"

Un goût de gros malaise

Cette affaire aurait été d’une banalité crasse sans un détail d’importance. Et là, je vais donner un avis très personnel.

A la barre, Jérémy a dit : "J’espère que c’est la dernière fois que vous me voyez devant vous… j’espère !" Il a aussi dit qu’il était en contact avec une association connue pour son efficacité, le CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale) de la rue Caumont à Saint-Pierre. Il aurait sollicité l’aide de M. Lavergne (le directeur du CHRS) pour obtenir un hébergement et une formation en agriculture. Mais voilà… il a été le seul à le dire car comparaissant sans avocat, lequel aurait pu insister sur ce fait qui démontre, sans trop s’avancer, que ce délinquant chevronné a peut-être compris qu’il était temps d’arrêter les conneries. Pourquoi pas !

Or, il se trouve que je connais bien les gens du CHRS et leur efficacité. J’ai moi-même bénéficié de leur soutien à une époque récente de ma vie et ai pu bénéficier d’un logement deux ans durant, alors que j’errais SDF, de centres d’hébergement en chambres chez des potes.

J’ai côtoyé certains délinquants du CHRS, en formation sur les terres de Montvert, qui logeaient comme moi aux Araucarias du Tampon. J’ai pu constater que parmi eux, grâce à ce système original, il y avait peu de récidives !

Un avocat en eût sans doute fait le point central de sa défense. Plutôt que ce jeune le bredouille vaguement à l’audience, à voix basse. "Je n’ai pas joué avec les bonnes cartes jusqu’ici et je rêve d’une vie normale", a dit Jérémy avant de s’entendre condamner à 8 mois ferme de plus.

Malaise, vous avez dit malaise ? Comme c’est troublant.

Jeudi 12 Février 2015 - 14:31
Jules Bénard
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