Faits-divers

Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion

Retour sur une semaine de violences urbaines à la Réunion. Un conflit qui couvait et a débuté mardi dernier, après le blocage pendant deux jours de la SRPP. Des émeutes qui ont concerné plusieurs communes de l'île jusqu'à ce soir. Retour sur cette semaine sociale agitée dans notre île.


Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion
Lundi 20 février

Les transporteurs passent à l'action et installent des barrages filtrants aux quatre coins de l'île. Des barrages filtrants rapidement levés pour être déplacés vers la SRPP. Objectif affiché par les transporteurs, ne pas pénaliser la population, mais bloquer l'économie de l'île. Conséquence, aucun camion de carburant ne peut sortir ou rentrer.

"A 10h15, toutes les rues menant vers la société ont été prises d'assaut. Les camions barrent la route depuis, narguant un barrage de gendarmes mobiles posté juste devant le dernière rue menant vers la SRPP. Le leader du mouvement, Jean-Bernard Caroupaye, est présent sur place. Sa requête est simple: "Nous demandons à la SRPP de nous rendre ce qu'elle nous vole".

"Le blocage de la société réunionnaise des produits pétroliers se poursuit. Les manoeuvres matinales ont cependant laissé place à un sitting bon enfant. Au compte goutte, d'autres camionneurs arrivent sur site peu à peu. On pouvait entendre dans les rangs des transporteurs une immense satisfaction d'avoir pu déjouer la vigilance des forces de l'ordre"

Mardi 21 février

La situation se tend aux abords de la SRPP : "Quatre camions remplis de gendarmes équipés de leurs équipements de protection sont sur le point d'intervenir pour déloger les camionneurs qui bloquent l'entrée de la SRPP." En signe de protestation, Jean-Bernard Caroupaye et ses hommes laissent leur camion sur place et partent à quelques 200 mètres de là, vers le silo de Holcim. "Puis, tout à coup, devant Thomas Campeaux, le sous-préfet de Saint-Paul, Jean-Bernard Caroupaye, le président de la FNTR (Fédération Nationale des Transporteurs Routiers), s'est allongé par terre et sur le dos au milieu du carrefour en criant: "Venez nous abattre alors !". Le sous-préfet de Saint-Paul lui a alors demandé d'arrêter son "cinéma".

"Arrivé quelques minutes plus tôt sur les lieux, Thierry Robert, le maire de Saint-Leu, qui a annoncé hier qu'il allait porter plainte contre la SRPP, a tenu un discours face aux manifestants, à la presse et aux gendarmes en demandant que "le monopole de la SRPP soit cassé... pour en finir avec le temps de la colonie". Alors que les gendarmes se parent un peu plus loin de leur bouclier anti projectile, Thierry Robert et Jean-Bernard Caroupaye sont allés discuter avec les représentants du Préfet. "Allons discuter tout de suite. Mais je vous préviens, la Réunion va s'enflammer, ce sera le Préfet le seul responsable", a lancé le maire de Saint-Leu."

Après de longues heures d'attentes et de discussions, le préfet de la Réunion, Michel Lalande, se rend au Port pour discuter avec les transporteurs. Une négociation qui va durer plusieurs heures pour s'achever à 20 heures.

"Jean-Bernard Caroupaye, le président de la FNTR, est retourné devant la SRPP afin de livrer les grandes lignes de sa réunion privée avec le Préfet, Michel Lalande, qui aura duré plus de trois heures. Face à plusieurs centaines de personnes, il a ainsi fait part de la proposition du Préfet d'organiser une réunion ce vendredi à 15h, autour des prix des carburants, en présence de tous les acteurs concernés. Les manifestants sur place regrettent qu'il faille attendre la fin de la semaine... Jean-Bernard Caroupaye a annoncé la levée des barrages à la SRPP, au Port. Les manifestants insatisfaits, refusent de lever le barrage, la situation reste conflictuelle..."

Après cette annonce, les premiers débordements vont éclater au Port et les affrontements entre manifestants et force de l'ordre vont se propager un peu partout à la Réunion...

A 23 heures, les forces de l'ordre et les délinquants s'opposent à Saint-Denis, le Chaudron et le Port s'embrasent. "Des délinquants n'ont eu de cesse de leur donner du fil à retordre en vandalisant, cassant, incendiant et pillant. Un déchaînement de violence qui n'a pas de fondement puisque ces actes sont à dissocier totalement des manifestations contre la vie chère les jours précédents. Du côté du Port aussi, des dégradations sont à déplorer. Hormis quelques jets de galets et poubelles incendiées, un camion situé dans la cour de la société Le Capricorne, importateur de riz, a été incendié dans la nuit.", en tout vingt tonnes riz partent en fumée au cours de cette première nuit d'émeutes.

Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion

Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion

© Stéphane Bommert, "bon pour publication"
© Stéphane Bommert, "bon pour publication"
Mercredi 22 février

Les habitants des communes de Saint-Denis et du Port de la Réunion se réveillent avec la tête des mauvais jours. Le Chaudron a été particulièrement touché par les émeutes, le mobilier urbain dégradé et des commerces vandalisés et pillés. "Les services techniques, de nettoyage et la police municipale sont sur place à la mairie annexe pour une réunion de crise afin d'évaluer les dégâts et la situation générale, avant une rencontre avec les riverains."

Au Port, La Soboriz-Capricorne se remet tout doucement des événements de la nuit. Malgré le décor d'un camion incendié dans la cour de l'entrepôt et la présence des pompiers, les employés de la société continuent de travailler comme d'habitude, ou presque.

Le soir, les violences urbaines reprennent et touchent de nouvelles communes à la Réunion. "L'arrière du case du Chaudron est en feu. Une épaisse fumée est visible dans les quartiers environnants de Saint-Denis. Plusieurs voitures sont incendiées. Au Port, des feux de poubelles et de voitures sont aussi observés du côté de la gare routière. A Saint-Benoît, un barrage a été érigé au niveau du rond-point de Bras Canot. Galets et branchages jonchent le sol."

Jeudi 23 février

Une nouvelle fois, les appels au calme n'ont pas été entendus et les violences urbaines ont été particulièrement marquées au Chaudron et au Port. "Malgré les appels au calme de la population, les violences ont de nouveau frappé plusieurs communes de la Réunion. A Saint-Denis, dans le quartier du Chaudron, ainsi qu'au Port et à Saint-Benoît, aucun blessé grave n'est à déplorer, mais encore ce matin, ce sont des images de désolation que les riverains et les services de nettoyage vont découvrir. Toute la nuit, avec des périodes parfois plus tendues que d'autres, les provocations et affrontements avec les forces de l'ordre n'ont cessé. Incendies de mobilier urbain et de voitures, voiries dégradées et bouchées, magasins vandalisés et pillés… Les émeutiers ont causé beaucoup de dégâts."

Au Port, une concession automobile a été la cible des casseurs : "Il est 21h30 quand des individus commencent à arracher une portion de grillage de la concession Peugeot de la Rivière des Galets. Les deux vigiles tenteront de défendre tant bien que mal la centaine de véhicules du site."

Après cette nouvelle nuit de violence au Chaudron, le maire de Saint-Denis, Gilbert Annette, se rend à la rencontre de la population. Il est accueilli violemment par certains habitants. Une réunion improvisée se tient au CCAS (Centre communal d'actions sociales) afin d'entendre les doléances des Chaudronnais mais elle se termine dans la confusion générale.

Le soir même, la tension est de nouveau "palpable" dans plusieurs quartiers de l'île. "Saint-Benoît, Salazie, Saint-André, Sainte-Suzanne, Sainte-Marie, Saint-Denis, Le Port, l'Etang-Salé, Saint-Louis et Saint-Pierre. Toutes ces villes sont actuellement concernées par des violences urbaines, de plus ou moins grande ampleur. Poubelles incendiées, voitures brûlées, barrages, mobiliers urbains détériorés... Ici et là, sur toute l'île, des émeutiers se déchaînent."

"Le sud de l'île s'est a son tour embrasé, en commençant par Saint-Louis où les violences ont débuté à proximité de la gare routière. Les forces de l'ordre ont eu beaucoup de difficultés à repousser les émeutiers afin que les pompiers puissent accéder aux premiers feux de voitures."

Vendredi 24 février

Une nouvelle fois le réveil est très difficile pour les habitants des quartiers concernés par les violences urbaines, mais également pour certains commerçants qui ont vu leur commerce vandalisé. "La chaussée au Chaudron est encore une fois jonchée de débris et les feux tricolores à nouveau saccagés.".

Mais ce vendredi, une table ronde décisive à la préfecture est organisée pour régler le problème des carburants. Mais cette réunion, en début d'après-midi a mal débuté. Les acteurs de la lutte contre la vie chère n'étaient pas invités. Le premier refoulé devant les grilles, se nomme Thierry Robert, maire de Saint-Leu. Il faudra la pression des manifestants et la demande des transporteurs pour que le maire de Saint-Leu et Jean-Hugues Ratenon puissent participer à la table ronde. "Devant la pression, Benoit Hubert, directeur de cabinet du préfet, accepte de laisser rentrer les trois hommes avant un dernier ralé-poussé devant les grilles. Il est 15h20, la table ronde peut débuter. Tout le monde est là, collectivité, Etat, Observatoire des prix, pétroliers, représentant de la population et transporteurs. Une tables ronde jugée "cruciale" et qui pourrait durer plusieurs heures."

Après plus de cinq heures de discussions et d'avancées à la préfecture de la Réunion sur la vie chère et le prix des carburants, les acteurs autour de la table ronde ont pu se mettre d'accord sur différentes mesures à savoir, une baisse de 8 centimes des prix sur tous les carburants et la volonté de baisser ou geler le prix d'une quarantaine de produits de première nécessité à partir du 1er mars.

"Toutes les annonces, ainsi que celle d'une baisse de 8 centimes sur le carburant, ont été huées et sifflées par ces personnes. Des appel à la démission du préfet, Michel Lalande, sont entendus ici et là, d'autres préconisent un durcissement du mouvement. Les esprits sont échauffés, c'est la cohue générale."

La pression est une nouvelle fois constatée dans les différents quartiers de la Réunion, le Sud de l'île, notamment Saint-Pierre, va être particulièrement touché par les violences urbaines.

Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion

Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion

Samedi 25 février

Hier en début de soirée, les acteurs de la table ronde en préfecture se sont mis d'accord sur différentes mesures, notamment la baisse de 8 centimes sur le prix des carburants et la baisse ou le gel des prix sur 40 produits de première nécessité. Des annonces faites qui n'ont visiblement pas calmé les esprits. Devant la préfecture, la prise de parole de Jean-Hugues Ratenon, pour annoncer les avancées, est accueillie par les sifflets et les huées de la part des manifestants. La colère et la tension sont palpables.

Une heure plus tard, les violences urbaines ont commencé dans beaucoup de villes de la Réunion. A Saint-Denis, la nuit a été plus calme, mais les affrontements entre manifestants et force de l'ordre ont duré une bonne partie de la nuit. Au Port, les violences ont été moins marquées. Quelques feux de poubelles et des barrages ont été constatés dans le quartier Rico Carpaye. Dans l'Est, la soirée a également était plus tranquille pour les habitants de Saint-Benoit et Saint-André.

Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion

Mais les violences urbaines ont été très marquées dans le Sud de l'île. A Saint-Louis, les manifestants s'en sont pris au supermarché Leclerc. Les quartiers du Gol et de la Palissade ont été le théâtre de violences. C'est à Saint-Pierre que les dégâts sont les plus importants. Des groupes de casseurs ont joué à cache-cache avec les policiers. Dans la rue de Cayenne, de nombreux magasins ont été vandalisés, pillés et incendiés. Plusieurs véhicules ont été incendiés. Dans le courant de la nuit, les forces de l'ordre ont procédé à plusieurs interpellations.

De nouveau des appels au calme de la part de Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, ou encore Jean-Hugues Ratenon, président de l'ARCP, sont lancés en ce samedi.

A Saint-Pierre, le maire prend un arrêté pour fermer tous les lieux de vies nocturnes à partir de 21 heures. La capitale du Sud est désertée. "La nuit a été relativement calme sur le front des violences urbaines à la Réunion. Les quartiers du Port et du Chaudron à Saint-Denis ont retrouvé un semblant de calme après quatre nuits d'émeutes. Il faut dire que les forces de l'ordre quadrillaient le terrain (...) Cette cinquième nuit a été relativement calme dans les différentes communes de l'île et seul le Sud, Saint-Louis et le Tampon, a connu quelques échauffourées."
Vie Chère et Carburant : Retour sur une semaine de haute tension à la Réunion
Dimanche 26 Février 2012 - 07:18
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1.Posté par president de l assocition des pme saint andre le 26/02/2012 10:19
merci a la police de saint andre la brsu la bac la la poctection civile bravo tres bon travail en collabaration avec les commercants

2.Posté par president de l assocition des pme saint andre le 26/02/2012 10:21
merci au force de police de st andré

3.Posté par Kaf le 26/02/2012 10:33
Nous tien bo nous largue pas !!!!!!!!!!!!!

4.Posté par jean jouhis le 26/02/2012 12:07
pour info
l euro remonte
donc le baril ns coute moins cher
si on appliquait le bon calcul
on paierait 10 15 cents de moins que maintenant
la srpp et la region ns en donnent 8
ils vt s en mettre plein les fouilles
ENCORE

5.Posté par zoreil reunioné le 26/02/2012 14:47
APPEL A LA SAGESSE DE TOUT LE MONDE
LA VIOLENCE ET LES CASSES NE RESOUDRONT RIEN BIEN AU CONTRAIRE
VOUS LES JEUNES VENEZ PARLER DANS LES GROUPES PASSIFIQUES
ON VEUT VOUS ENTENDRE DITES NOUS CE QUE VOUS VOULEZ ET PROPOSEZ DES IDEES
TOUS ENSEMBLE ON PEUT ESSAYER DE TROUVER DES DEBUTS DE SOLUTIONS
CRITIQUER ET CASSER N APPORTE QUE DE LA HAINE ET DU RESSENTIMENT
MI DI A ZOT ARRETE GACHE TOUT VIENS KOZE ENSEMB NOUS

6.Posté par Surcouf le 26/02/2012 17:35
Merci de bien vouloir me dire où est le Conseil Economique et Social de la Réunion, à quoi il sert en ce moment et quelles sont ses prises de position sur le problème de la vie chère. Personnellement, j'ai entendu de la part de son président J.Raymond MONDON et de ses membres rien qu'un silence assourdissant.

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