Politique

Victorin Lurel en visite à Logistisud : "Je suis un homme heureux"


Alex How-Choong accueille Victorin Lurel (© Sébastien Broquet)
Alex How-Choong accueille Victorin Lurel (© Sébastien Broquet)
Alex How-Choong accueille avec un large sourire le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, dont c’est la seconde visite officielle à La Réunion. Un sourire encore plus large illuminera son visage au moment du départ.

Quelques instants plus tôt, à 11h ce matin, le président et co-fondateur de Logistisud trépignait devant l’entrée du gigantesque bâtiment de Pierrefonds, un brin tendu en attendant le convoi des officiels. L’accueil enthousiaste du ministre à ce projet concrétisé de plate-forme logistique d’éclatement dans laquelle le guadeloupéen dit retrouver certaines préoccupations qui lui sont chères – et visant à lutter contre la vie chère - ont largement détendu le réunionnais.
 
Après avoir écouté attentivement la présentation de Logistisud par son président, le ministre quitte son siège et s’empare du micro : "Le gouvernement a fait adopter une loi portant régulation économique, que l’on appelle vulgairement "contre la vie chère". Et vous êtes l’un des maillons de cette régulation économique."

Face à lui, les députés socialistes Erika Bareigts (rapporteure PS du projet de loi en question), Monique Orphé, Patrick Lebreton et Jean-Jacques Vlody, et le sénateur-maire UMP de Saint-Pierre, Michel Fontaine. La loi contre la vie chère en Outre-mer a été adoptée par le Sénat le 26 septembre dernier, et le 10 octobre par l’Assemblée Nationale. 

Victorien Lurel et Monique Orphé, la belle entente (© Sébastien Broquet)
Victorien Lurel et Monique Orphé, la belle entente (© Sébastien Broquet)
-15° à l'intérieur

Erika Bareigts et sa collègue Monique Orphé, toutes deux frigorifiées malgré les doudounes prêtées par Logistisud, rient de l’accélération progressive de la visite au fur et à mesure du gel des oreilles des participants : -15° à l’intérieur, le choc thermique est sensible… 9500 m2 sur les 27 500 m2 bâtis sont dédiés au stockage du froid dans ces grands entrepôts destinés à faciliter et fluidifier les échanges de marchandises, périssables ou non.

Réceptionner, ventiler, entreposer et préparer : telles sont les missions de Logistisud selon le discours promotionnel. Et ainsi répondre à des attentes en terme de rapidité et de baisse des coûts pour les entrepreneurs et collectivités du sud de l’île.
 
Victorin Lurel, lui, s’est réjouit de ce qu’il a vu et entendu : "C’est bien mais cette affaire ne marchera que si on s’y met tous. Personne n’a évoqué l’une des faiblesses de la loi : telle qu’elle est, elle ne s’appliquera que dans les villes et les périphéries, là où se trouvent les grandes surfaces. Ca veut dire que l’effort de baisse de prix n’ira pas dans les campagnes. Et ceux que l’on appelle les petits commerçants, les commerces de proximité, doivent être approvisionnés à bon coût. Les plates-formes comme la vôtre peuvent les aider à diminuer ces coûts. Mais une plate-forme comme celle-là, pour intéresser les petits commerçants, devrait leur permettre d’être adhérents, d’être dans le capital. Qu’ils puissent passer des commandes groupées."

"C’est très bien, il faut des pionniers, Frigodom l’a fait en Guadeloupe, vous le faites ici. Vous m’étonnez ici à La Réunion : il y a aussi la coopérative fibre qui a presque la même idée. J’ai proposé une idée semblable pour l’artisanat. Je vous remercie d’illustrer par anticipation ce que la loi contre la vie chère veut. Je suis un homme heureux. Car à l’époque quand j’ai énoncé ça chez moi, on m’a dit ce n’était pas le rôle d’un élu de concurrencer le privé. Que ce n’était pas le rôle des chambres consulaires de tenter de regrouper l’offre. J’ai eu les mêmes problèmes avec cette loi sur la vie chère : ce ne serait pas le rôle des élus de tenter de fluidifier le fonctionnement des marchés économiques. J’ai pourtant passé des années à réfléchir à ça sans être chef d’entreprise."


Le ministre des Outre-mer et les députés PS réunionnais dans la même doudoune (© Sébastien Broquet)
Le ministre des Outre-mer et les députés PS réunionnais dans la même doudoune (© Sébastien Broquet)
Combler le manque de plate-forme

Logistisud est sorti de terre en 2009, en même temps que la route des Tamarins. Yves Jégo, alors secrétaire d’état à l’Outre-Mer, en avait posé la première pierre le 29 janvier 2009. L’idée mûrie depuis 2004 par les deux frères How-Choong, Gérald et Alex, anciens producteurs et distilleurs de vétiver à Petite-Île, reconvertis dans la gestion des déchets dans le Sud, était de combler le manque dans le grand sud de plate-forme de ce type, toutes installées au Port.

Avec l’arrivée de la route des Tamarins, la donne changeait : le port n’était plus qu’à 40 minutes, et l’emplacement choisi, adjacent à l’aéroport de Pierrefonds, proche des zones industrielles et commerciales de Saint-Pierre, s’est avéré stratégique et a permis de répondre à de nouvelles demandes des entreprises devant s’adapter à une mondialisation sans cesse accrue des échanges commerciaux.

Misant sur un équipement technologique et informatique pointu, mais aussi sur l’aspect développement durable, les deux frères ont vite conquis des parts de marché : près de quarante clients réguliers, dont le CHU de Saint-Pierre, des PME, des collectivités font appel à leurs services.

Côté écologique, quasi aucun papier n’est utilisé pour la gestion des stocks et les toits abritent une ferme photovoltaïque permettant de produire jusqu’à 1,3 megawatts, afin de fournir les besoins en électricité. Des fluides frigorigènes limitent l’émission de gaz à effet de serre. Autant d’atouts pour le développement du Grand Sud cher à une partie des politiques présents et aux deux frères How-Choong.
 
Mais les arguments en faveur du développement durable n’ont pas été entendus par tout le monde. En passant le portail de sortie, à l’issue de la visite, le sénateur-maire de Saint-Pierre Michel Fontaine (également président de la Civis, donc en charge de la gestion des déchets) jette ostensiblement par la fenêtre passager de sa berline son paquet vide de 25 cigarettes de marque Chesterfield Blue, qui vole sur quelques mètres au gré du vent, atterrissant aux pieds du gardien du parking : "Et c’est le maire qui fait ça, bonjour l’exemple."

Un petit geste qui met à terre bien des grands discours. Pour le développement durable, le travail d’éducation à effectuer est encore immense et commence par nos élites. 
Samedi 10 Novembre 2012 - 18:01
Sébastien Broquet
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1.Posté par vital le 10/11/2012 18:34
mr lurel est heureux , il y a de quoi , aucun parlementaire n'a osé contrarié son bonheur ne serait-ce - qu'en lui rappelant , qu'i y a quelques mois de cela de graves émeutes avaient serieusement mises à mal ce département ,c'était l'occasion pour l'interpeler pour qu'il révise sa copie avec ses seuls contrats d'avenir , ou son projet alambiqué contre la vie chére . rien de tout cela , c'est bien les electeurs se souviendront .
vital

2.Posté par noe2012 le 10/11/2012 19:13
On voit la sincérité dans tous les regards !
Du bonheur !
Ils vont bien dormir sur leurs 2 oreilles !

Que demande le bon peuple , si tout est bon !

« Aujourd’hui, j’ai permis au soleil de se lever plus tôt que moi. » [Georg Christoph Lichtenberg]

3.Posté par lamentable geste de maire le 10/11/2012 19:24
tous les vieux de st pierre savent que par son attitude et son comportement ce maire n'est pas au niveau de son défunt père infiniment plus respectable et respecté. l'argent et le pouvoir ne vont pas toujours avec les bonnes manières et le respect des autres. le developpement durable ce maire s'en fiche mais la fin approche

4.Posté par Jean Blond le 11/11/2012 07:03
Les 2 poupettesde Sin Dni sont venues faire leurs intéressantes à St Pierre. Sachez, erika et Orphé, que vous n'avez rien à faire dans le Sud. Vous ne nous représentez pas, loin de là et il n'est pas encore levé le jour ou des gens de votre espece representeront la population sudiste qui ne se reconnaitra jamais en vous ...Alors, allez faire vos pitreries ailleurs...et oubliez nous.Le Sud vous en sera reconnaissant, ce Sud dont les contribuables participent à payer vos indemnités non fiscalisées et qui rémunerent votre inutilité.
Dans les pays d'Afrique du Nord qui ont fait leur révolution, le peuple criait " dégage", ici on vous dit " traverse "

5.Posté par La révolution le 11/11/2012 07:41
Franchement ! Je ne vois pas en quoi Logistisud permet de développer l'économie réunionnaise, c'est du n'importe quoi ! J'en veux pour preuve les matériaux qui sont gardés par cet organisme, ils ne sont pas gratuits mais payants , à raison de 10 euros la palette, et selon la matière à garder. En conséquence, Logistisude n'est qu'un prestataire de service.

6.Posté par Le Prince le 13/11/2012 15:01
Quel personnage irrespectieux de l'environement le M. Sénateur, Maire et représentant des déchets dans le grand sud. Et personne n'en parle, ni la presse TV et des 2 gros journaux local. Merci toute même à Sébastien BROQUET, un journaliste qui n'est pas intoxiqué par le systéme. Pas d'autre réaction de nos lecteur ou des écolos local. Et bein, band z'élus i peux faire n'importe quoi et créoles i applaudissent. Trop forttt

7.Posté par STPIR le 13/11/2012 21:44
timond va lui tirer l'oreille et pour faire taire les aboyeurs va glisse un petit billet: faut maintenir le peuple dans la souffrance et l'ignorance , é le dgs va faire la pub pour demander aux cons Citoyens de faire le tri selectif et payer une puce pour evaluer les déchets et sanctionné le mauvais trieurs: sous traitant ramassage poubelles How Chong................ca veut tout dire. Les PV des mauvais trieurs faut les adresser au senatèr

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