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Vérités et contre-vérités du Grand Raid



L'édition 2012 se termine endeuillée. La cause n'est pas liée à l'organisation qui, depuis 20 ans est rodée à la logistique et la mise en sécurité de nos compétiteurs, mais liée à un malheureux coup du sort. Paix à son âme.

Que toutes les condoléances des amoureux du Grand Raid et de la Réunion accompagnent la famille de ce tristement disparu emporté par sa passion. Cet accident à part, quel bilan pour ce 20è anniversaire ? Hormis la version officielle qui sera transmise par le comité organisateur, peut-on donner son avis sur cette énième édition et tenter quelques vérités et contre-vérités ?

Commençons par la difficulté du parcours qui avait été annoncée et la casse constatée en terme d'abandons était par conséquent prévisible. Pourtant chaque année, des flots de critiques ou de conseils bien avisés, selon l'avantage que l'on veut donner à ses propos, sont exprimés par les coureurs, ceux-là même qui mettent à rude épreuve leur capacité physique et mentale afin que les organisateurs puissent fixer au plus juste les limites acceptables de l'épreuve ou apporter les mesures correctives qui s'imposent. Le coureur doit être au centre des préoccupations dans un objectif perpétuel d'amélioration.

L'année 2011 avait été un record en terme d'abandons et le Président de l'association avait juré la main sur le coeur que le tracé ne serait pas augmenté en 2012... Que nenni, le parcours est passé de 163 à 170 kms officiellement. Officieusement, le compteur de plusieurs coureurs ainsi que celui de Kilian Jornet affichaient 177 kms. Après avoir fait mine « d'avoir entendu » les requêtes des coureurs, il finira par reconnaître que le tracé en 2011 entre Bébourg et Bélouve etait quelque peu boueux et que le détour vers Hell Bourg hasardeux. Dans le même temps, son homme de main et directeur de course déclarait sans rechigner dans la presse qu'il ne regrettait rien, qu'il assumait entièrement ce choix de tracé et qu'il le referait s'il fallait le refaire !

Disculpé, Robert Chicaud peut continuer sa communication à grand spectacle comme s'il était dans le prétoire. Car déformation professionnelle oblige, cet homme ne supporte pas la contradiction et considère comme adversaire celui qui objectera ses propos. A son corps défendant, beaucoup de raideurs reconnaissent pourtant le travail de qualité qu'il effectue depuis des années grâce à l'investissement de toute une équipe de bénévoles. C'est également un « avocat » passionné du Grand Raid face aux détracteurs de tout poil. Mais la réflexion ne peut se résumer à une simple conception binaire : pour ou contre ? Il y a pourtant matière à graduer le débat et faire la part des choses entre la com' de spectacle en dénigrant systématiquement les contradicteurs et l'intérêt d'être à l'écoute des coureurs. Alors pourquoi une telle obstination ? Il y a 10 ans, le Grand Raid qui faisait moins de 130 kms connaissait un taux d'abandons de moins de 25%. Ce pourcentage n'a cessé d'augmenter au fil des années avec le kilométrage. 44% l'année dernière, sûrement plus de 50% lorsque la course sera terminée dimanche soir. « Ne pas casser du coureur » répétait, droit dans ses bottes, Robert Chicaud. La faute à rechercher du côté des coureurs, qui n'étaient pas suffisamment préparés, limite inconscients et irresponsables !

Dans les faits, cela concerne plus de 1300 personnes qui se sont entraînées pour la plupart en longueur d'année et ont fait d'énormes sacrifices, sans compter tous ceux qui se sont entraînés pour rien après avoir été éliminés par tirage au sort. « Une course ouverte à tous et aux randonneurs ». On est loin de ce slogan qui était cher au Président Charon des premiers Grands Raids, seul soi dit en passant à oser égratigner le Grand Raid mais de manière constructive. Il est tout bonnement impossible de rallier aujourd'hui l'arrivée sans se faire éliminer par les temps de passage obligatoires pour un simple randonneur, ce qui était encore l'usage lorsque la distance de l'épreuve était encore inférieure à 150 kms, c'est à dire il y a 3 ans. La vérité c'est le rapprochement implicite avec l'UTMB depuis 2010. Le Directeur de course vous dira le contraire sauf qu'il ne jure que par cette course qu'il compare avec le Grand Raid pour tenter de justifier le tracé de Bébourg-Bélouve de l'année dernière en argumentant qu'il fallait moins de 10% de route pour entrer dans le club très fermé des ultras.

La météo a été capricieuse certes, mais il s'agit d'un aléa à intégrer malgré tout dans la gestion et le temps de course. Par anticipation de cet aléa il n'est donc pas utile de rajouter de la difficulté en terme de distance supplémentaire. Une fois de plus, le Directeur de course, qui use semble t-il de pouvoir ehorbitant dans cette organisation, a cru bon de rallonger le départ le long de la route nationale et de proposer un détour dans Mafate tout en nous précisant pour se légitimer que nos ancêtres marrons avaient crapahuté par là. Cette honteuse et maladroite comparaison témoigne une fois de plus le mépris à l'égard de nos coureurs obligés de plier l'échine tels des esclaves devant leur maître qui leur dicte le chemin à suivre.

Quel résultat ? En terme de chrono et de record, c'est réussi : 26h30, le plus mauvais temps de l'histoire du Grand Raid, qui plus est réalisé par « la » star internationale de l'ultra. Si Kilian Jornet n'avait pas été là, vu l'arrivée du 2è à 3H du matin, pas sûr que la presse écrite aurait eu le temps le d'imprimer sa Une du lendemain avec le nom du vainqueur ! Gageons que les deux quotidiens partenaires auront sûrement leur mot à dire. « La course la plus dure au monde » affirmait en boucle la chaîne événementielle de l'épreuve. Voilà encore la preuve d'un objectif inavoué de rendre la course plus difficile au détriment des compétiteurs. Après 20 ans d'existence et des années de passion le Grand Raid gagnerait à présent en raison, si toutefois les organisateurs fassent montre de clairvoyance et d'humilité. Vive le Grand Raid.

Jacques, Grand Raideur et observateur « raisonné » depuis 20 ans.

Lundi 22 Octobre 2012 - 17:39
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1.Posté par Kibrul le 22/10/2012 18:25 | Alerter
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Zot lé jamais content! La koi ou nena pour critik lorganisation? Si ou voi y plai pa ou fai pas si ou le pa capab laisse les autres fai. Ah mounoir lé dificil ek boug com ou oté

2.Posté par Tiki le 23/10/2012 05:19 | Alerter
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Il a le droit de s exprimer
Et toi tu sais ce que tu as ecris

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