Usines sucrières de Bras PanonAu XVIIIe siècle, la Famille Panon obtient la concession de la rivière du Mât à la Rivière des Roches. Espace rural dès son origine, Bras Panon compte grand nombre de belles propriétés Éden, Mon Refuge, Bellevue, La Caroline, Mon Désir, Ma Pensée. Bien rapidement elles fournissent les quatre usines de Libéria de la famille Panon, de l'Union, la plus importante fondée par Adrien Bellier, de Verrières au lieu-dit Paniandy et d'Adam de Villiers, à la rivière du Mât. Beaucoup d'entre elles sont tombées en ruines, d'autres ont disparu, il n'en reste que le nom.
Le domaine de Libéria
La famille Panon propriétaire de Libéria, habite le domaine depuis le XVIIIe siècle. Deux siècles plus tard le café est supplanté par la canne à sucre. Libéria est aussi une conserverie de banane, Gaston Hoareau en fait une exploitation de bois. Le développement la culture de la canne provoque l'ouverture d'une usine sucrière au milieu du XIXe siècle. Son premier propriétaire est Martin Lamothe, le député socialiste Charles Dureau de Vaulcomte rachète la propriété à Martin Flacourt en 1896. Henri Morange, maire de Bras Panon de 1925 à 1942, remet la production et l'exploitation de la canne à l’honneur.
En 1930, Libéria est acquise par Martin Rivière qui y développe aussi la vanille. La propriété est abandonnée dans les années 1970. Avant qu'elle ne soit vendue à la Safer, la société Rivière du Mât la loue pendant 20 ans. Il ne reste plus comme témoignage de ce passé productif, que la grande maison de bois paisible posée à flanc de colline dominant les champs de cannes à sucre et la rivière en contrebas… Un petit pont, puis une allée de cocotiers nous y conduisent. Un large escalier en pierre de taille de basalte grimpe vers une terrasse dallée, qui précède la varangue de la maison. Cette varangue ouverte cerne la maison sur trois côtés. Les carreaux de faïences d’origine y sont encore. La maison de bois et de tôle appartient désormais à un particulier.
Usine de l'Union sur le domaine du Refuge
Dès l'acquisition de la propriété sucrière du Refuge par Adrien BELLIER, ce gros propriétaire fonde et dirige l’usine de l’Union qui est vite considérée comme une importante industrie sucrière. Le Refuge voit se succéder ses principaux propriétaires Adrien Bellier, Henri Morange, Martin Rivière, la société Rivière du Mât et Quartier Français. Elle fonctionne à l’énergie hydraulique, approvisionnée par l’eau de la rivière du Mât canalisée. Mais une violente crue de la Rivière du Mât rompt l’alimentation du canal, l’usine de l’Union arrête ses activités en 1911.
La maison créole détruite par le cyclone Jenny en 1962, était de dimension moyenne, à mi-chemin entre les grosses maisons de maîtres et celles des directeurs de culture. Quelques soubassements subsistent ainsi qu’un escalier d’une quinzaine de marches et la voute d’un entrepôt de café. Les grands entrepôts, l’atelier, l’abreuvoir, l’écurie et la dépendance de la maison d’habitation sont encore reconnaissables. Cependant l’argamasse utilisée à l’époque pour le séchage du café est délabrée. La balance de cannes d’autrefois résiste encore. Au fond de la cour, se présentent des cabanons, des logements pour les employés et d'autres constructions en pierre de taille.
Au XXe siècle, Henri Morange fait du Refuge un lieu d’élevage de chevaux, de moutons et de mulets.
Paniandy
La grande propriété sucrière de Paniandy porte le nom de son premier acquéreur. Dans les années 1850, cette immense habitation, appartient à M. Veyrieres, maître de l’usine sucrière. A la fin du XIXe siècle, Louis de Million, conseiller municipal, le succède. Trente ans plus tard, Octave Nillameyom, conseiller général et directeur de l’usine Rivière du Mât, le remplace. En 1912, la famille Paniandy fait bâtir une maison de maître, un temple et une fosse pour la marche sur le feu pour les engagés tamouls qui habitent les camps au pied du rempart. Le « baro », des murs d’enceinte et quelques dépendances ont résisté à l’épreuve du temps. Depuis la RN2, les vestiges du Domaine de Paniandy appelé aussi "Millemogom" sont visibles.
Usine de Rivière du Mât
Appartenant à Adam de Villiers, l’usine sucrière de la Rivière du Mât a été pendant longtemps une des plus belles de l’île. Une distillerie la complète fin du XIXe siècle. Moulin hydraulique et à vapeur, l’usine s’approvisionne en eau par captages et canaux dans la rivière. Un grave incendie la ravage en septembre 1908. Cette usine sucrière présente une particularité. Construite au fond d’une vallée, sur la rive droite de la Rivière, son approvisionnement en cannes se fait grâce aux câbles tendus entre les plantations situées en amont de chaque côté de la rivière. En 1917,elle est rachetée par Ivrin et Philidor Payet, en 1931, elle est dirigée par Dupuis, Chatel et Mourouvin. Mais face à la concurrence, trop petite elle arrête de fonctionner en 1963.
Ses machines sont installées à Quartier Français qui augmente considérablement sa production sucrière. La Distillerie de la Rivière du Mât récupérée aussi par Quartier Français est transférée à Beaufonds depuis quelques années. Seule la balance est conservée.
Les Camps Cerceau et Jacquot servent d’hébergement aux immigrés, esclaves puis engagés essentiellement tamouls, arrivés dans l'île suite aux grands besoins de main-d’œuvre. les larges plaines de Bras-Panon continuent à produire un fort tonnage de canne à sucre à la Réunion. Une route des hauts relie les domaines de Refuge et de la Caroline, puis elle longe les hauteurs de Libéria, arrive sur la propriété de l'Eden et enfin débouche à la Plaine des Lianes.Dans les Bas, l'ancienne route nationale passe de Rivière du Mât, à Paniandy, à Libéria et à Rivière des Roches via le village de Bras Panon. -LAVAUX (Catherine), La Réunion, Du battant des lames au sommet des Montagnes. Ed.Cormorans -Le Patrimoine Des Communes De La Réunion.Auteur:Collectif- Editeur : Flohic- Collection:Le Patrimoine Des Communes De France- 2000 Samedi 1 Août 2009 - 08:01
Sabine Thirel
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