Société

Une thèse pour comprendre l'invasion de l'ajonc d'Europe à La Réunion

L'ajonc d'Europe est devenue l'ennemi numéro 1 du massif du Maïdo et dans une moindre mesure du volcan. Appréciée des pique-niqueurs du fait de sa belle couronne épineuse jaune, l'espèce florale est une peste redoutable dont l'implantation est irréversible, au grand dam des espèces indigènes et endémiques de La Réunion qu'elle empêche de pousser.

Doctorante en biologie/sociologie à l'Université de Rennes et à l'agro-campus de Rennes, Nathalie Udo étudie la plante depuis deux ans. A moitié parcours de sa thèse, elle nous livre les aspects méconnus de l'ajonc d'Europe.


La thèse de Nathalie Udo doit permettre d'appréhender le caractère invasif de l'ajonc dans les hauts de la Réunion
La thèse de Nathalie Udo doit permettre d'appréhender le caractère invasif de l'ajonc dans les hauts de la Réunion
Zinfos : Quel est l'intitulé de vos travaux de thèse ?

Nathalie Udo :
"Quels sont les facteurs naturels et humains qui conduisent au statut invasif de l'ajonc d'Europe à la Réunion ?" C'est une thèse interdisciplinaire qui se consacre essentiellement sur l'aspect de la germination de cette plante.

Comment a-t-elle pu arriver à La Réunion ?
L'ajonc serait arrivée à La Réunion entre 1820 et 1825 au jardin de naturalisation de Saint-Denis qui était à ce moment-là dirigé par Nicolas Bréon, botaniste et conservateur.

Une introduction pour un usage ornemental ?
Il a été introduit pour un usage économique - c'est mon hypothèse en tout cas - lié à l'agriculture. Il n'est pas annoncé à l'époque comme une plante ornementale ou médicinale mais bien économique.

Mais dans quel domaine ?
Il faut savoir qu'en Bretagne, il était utilisé en auxiliaire agricole de fourrage pour les bovins. Il était utilisé aussi comme clôture, comme combustible, comme litière  ou comme plante tinctoriale (préparation de teintures). Il est appelé la luzerne des pauvres en Bretagne au 19e et début du 20e siècle. Aujourd'hui, il n'est plus du tout utilisé.

Avec sa belle couronne jaune, l'ajonc est pourtant chatoyante à première vue
Avec sa belle couronne jaune, l'ajonc est pourtant chatoyante à première vue

S'il n'est plus utilisé, pose-t-il un problème invasif comme ici ?
En Bretagne, il n'est pas considéré comme une espèce exotique envahissante mais plus comme une espèce indigène patrimoniale. C'est une plante emblématique et symbole de la Bretagne, de la terre.

Son broyage en fourrage pourrait-il être reproduit ici ?
C'est difficile car quand il y a une valorisation économique d'une espèce exotique envahissante comme le goyavier ici ou l'eucalyptus en Nouvelle-Calédonie, ça amène souvent à des conflits d'intérêts, donc ce n'est pas forcément une solution. Et même si ça peut permettre une gestion partielle de l'espèce, ça peut aussi favoriser s dispersion.

Où retrouve-t-on cette plante ?
Dans le monde, elle a été introduite sur tous les continents. Elle est présente dans plusieurs pays : la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Tasmanie, le Japon, le Sri Lanka, l'Inde, l'Equateur, la Bolivie, le Brésil, l'Argentine, le Chili, toute l'Europe atlantique allant de l'Espagne, au Portugal en passant par les Canaries ou les Açores.
Jeudi 8 Mai 2014 - 08:20
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par noe le 08/05/2014 09:20
Très bonne étude de la flore , vraiment utile pour la Réunion !
Félicitation !

2.Posté par mwinmidike le 08/05/2014 09:54 (depuis mobile)
À quand une thèse sur l'invasion des serpents, iguanes et autres NAC ?
Profitez-en, les principaux responsables sont encore vivants ...

3.Posté par bois ozoux le 08/05/2014 10:02
et pour les iguanes et autres NAC inutiles on attend quoi pour les interdire?

- Parc national qui encule les mouches avec les sophora du bois Ozoux
-ONF qui encule les mouches avec les sophora du bois Ozoux
- Prefecture

responsables et coupables

4.Posté par Môvélang le 08/05/2014 10:34
au lieu de mettre les délinquants choyés à Domenjod pour les arracher, on demande une thèse!

moi, ma thèse, il suffit d'arracher et ré-arracher, il finira bien par disparaître, pourquoi des espèces ont disparue, ? certainement pas avec l'aide d'une thèse!

5.Posté par titingue le 08/05/2014 10:59
Oui mais comment l'éradiquer , faut voir avec les gens qui sont embêtes avec cette plante envahissante.Pour m'être pencher sur la question depuis plusieurs années.Une seule chose peut l’éradiquer naturellement !!!!!!

6.Posté par zerbe le 08/05/2014 11:51
autre espèce envahissante(très) la... noé






lol

7.Posté par Thierry le 08/05/2014 12:17
Avec ça, je n'en sais pas plus que je ne la savais déjà ... c'était ma thèse ... A chaque fois, l'importation de ces pestes passe par la science, pardon, des spécialistes à l'égo surdimensionné, le temps de leur passage pour laisser leur empreinte ... dernier en date, entre autre, la mouche bleue ...

Nous avons aussi les voyageurs ... ti plante là lé jolie... mi veut à li dans mon jardin ... exit les NAC...

Le reste appartient à la vie ... le plus fort gagne toujours ... tant pis pour les faibles... Moralité, la vie se gagne ...

8.Posté par Valls le 08/05/2014 12:31
Genial! Une these qui va nous aprendre que les especes pyrophiles s' eclatent sur une ile volcanique...

Contrairement a ce qu'affirme cette thesarde, l'exploitation economique EST la meilleure solution, la seule qui permettent une regulation de l'espece sans avoir systematiquement recour a nos impots!

L'orsqu'une activité economique transforme une espece envahissante en une ressource, cette espece est alors exploitée, donc ramassée... il devient alors necessaire de la preserver a minima, comme le goyavier..
Il ne peut y avoir de conflit d'interet qu'avec les associations et structures qui vivent des aides de l'Etat pour arracher ces plants... ou defendre une certaine vision de la protection de l'environnement: la mise sous cloche...ou avec une thesard en socio qui reve de continuer a glander toute sa vie avec un poste au parc national de la Reunion...
La"sanctuarisation" d'un environnement deja dégradé par l'homme est une aberration: bloquer l'intervention humaine sur un environnement en voie de degradation est le meilleur moyen que cette degradation se poursuive! Ce qui a ete case doit etre reparer et pour cela il faut pouvoir y acceder...

9.Posté par kersauson de (P.) le 08/05/2014 14:06
en Bretagne cette plante est tres utile aussi
pour faire elixir contre les rhumatismes, sciatiques

il suffit de savoir le faire !
donc TRES UTILE !

cette jeunette de REnnes , 2ème capitale de la Bretagne devrait le savoir !

10.Posté par Ah oui bien sur ! le 08/05/2014 18:29
Ah oui, je ne veux pas être désagréable mais alors nous dire qu'une fleur venant d'europe vient d'europe, c'est à se piquer le cul avec les ronces !

11.Posté par Zoé le 08/05/2014 21:21
Vive les études ;-) Bonne continuation

12.Posté par MJ le 23/06/2014 23:37
Il aurait fallut que le journaliste pose une question sur les impacts de cette plante, cela aurait évité des commentaires médisants de personnes ne voyant pas l’intérêt d'une telle étude.
-Une plante envahissante peut avoir des impacts négatifs importants sur le fonctionnement des écosystèmes, par ex : menacer ou faire disparaitre des espèces indigènes ou endémiques rares de l'île, et ainsi menacer les autres espèces qui dépendent de ces plantes rares (ex: les oiseaux) -> réactions en cascades ...
-Malheureusement pour certaines plantes envahissantes il ne suffit pas d'arracher, car même si vous parvenez à tout arracher en une seule fois ( et selon l'aire de répartition et la difficulté d'accès des sites, cal peut s'avérer difficile), il reste dans le sol les graines, qui peuvent germer plusieurs années après... D'où l’intérêt d'une étude permettant de savoir ce qui favorise l'implantation de cette plante, mieux connaitre permettra de mieux lutter...
-Lorsqu'une espèce envahissante devient une ressource, elle est exploitée, plantée et cultivée ... à basse altitude. Peu d'entreprises verraient l’intérêt économique d'aller récolter une plante en altitude, voir dans des lieux difficiles d'accès alors qu'il suffit de la planter dans un champ pour qu'elle pousse... La solution proposée devient alors problème: le champs devient source de dispersion des graines...
Et enfin, si c'était financièrement intéressant d'être étudiant en thèse, croyez moi il y en aurait beaucoup plus que ça... Ce qui le sont, le sont par passion...
Pour finir je souhaite bonne chance et bon courage à cette étudiante dont la thèse est très intéressante !

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