Economie

Une régulation des prix des letchis bien difficile à appliquer

A l’approche des fêtes, les étals de letchis fleurissent de plus en plus. Les consommateurs connaissent-ils vraiment les rouages et les processus liés à la vente de ce fruit?


Une régulation des prix des letchis bien difficile  à appliquer
Marjean Camalon est propriétaire d’un verger de letchis à Saint-Anne.
Chaque année, sa production varie entre 120 et 180 tonnes. "Pour cette année, la production sera excellente mais n’aura encore surproduction". Chaque année, à l’échelle du département, ce sont près de 40 % des fruits qui pourrissent, soit près de 3.000 tonnes.
Pourquoi? Marjean Camalon écoule ses produits sur le marché local cette année alors qu’avant, ses letchis se retrouvaient avec le Label Rouge sur les étals de Métropole.
Pour ce producteur les prix du fret sont bien trop élevés. Lorsque ses produits arrivent à Paris, ce sont les letchis malgaches qui sont, comble de l’ironie, bien plus vendus parce que moins chers et étiquettés Réunion. Difficilement compréhensible, surtout quand on sait que les avions arrivent pleins à craquer en fret et qu’ils repartent bien souvent à mi-charge.
Le Saint-Annois souligne aussi qu’il n’y a aucune régulation des prix à la Réunion! "Chak moun que nana letchis dan zot cour i vende sa partout et à nimporte kel prix!!! C’est zot qui fixent le prix en fin d’compte et pas nou! Nou la demande la chamb d’agriculture de donne à nou un coup de main mais bana la pa fé rien juska zordi là dessus".
En théorie, c’est au préfet de fixer, par arrêté préfectoral, les prix. Mais en pratique, c'est de la concurrence déloyale: "De moun i conné pa que quand zot i manz letchis, nana toute un travail de fond su un l'année". En janvier, c’est le taillage des pieds, suivi de l’apport en engrais, puis un éclaircissage des arbres est réalisé en avril. Entretiens, floraison, nouaison (passage de la fleur au fruit) et enfin surveillance climatique en relation avec l’irrigation, tout ça a un prix.
Prenons les sacs de vacoas. Ce producteur en commande 2.000 chaque année au prix unitaire de 5 €. Faites le calcul…
"Normalemen un kilo letchis i peu pa être vendu en dessou de 1,50 €, lé pa possible!".

Difficile donc de combattre seul. Aujourd’hui, on demande aux producteurs de letchis de bouger, de vendre à l’étranger, mais comment faire?
C’est à tout un chacun de réfléchir aux conséquences de ses achats auprès des petits producteurs qui cassent les prix. Mais, dans un contexte marqué par la question de la baisse du pouvoir d’achat, difficile d’éviter les petits tréteaux installés un peu partout….
Mardi 2 Décembre 2008 - 11:20
Ludovic Robert
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1.Posté par Trouillomètre au maximum le 02/12/2008 15:11
C'est un peu pareil dans toutes les professions : les casseurs de prix qui ne travaillent pas dans les règles de l'art (qui font parfois du grand n'importe quoi) portent un tort considérable aux gens plus compétents et plus honnêtes.
Que font les pouvoirs publics à l'encontre de ceux qui enfreignent la loi : RIEN.
L'explication ? : Raie-publique ba-na-nière gérée par des TDC.

2.Posté par traine savate le 02/12/2008 16:40
il faut savoir ce que l'on veut et arrêter de pleurnicher tout le temps en demandant à l'Etat de traiter les problèmes qui ne relèvent que des régles élémentaires de l'économie.
ou il faut accepter les régles de la libre concurrence et les prix sont fixés par la loi de l'offre et de la demande avec pour les années où la production est abondante un prix plus bas,( à 1.50€, cela fait quand même 10 ancien ff le kilo !!!)
Ou le dirigisme d' ETAT et l'on sait comment cela c'est terminé dans les pays du bloc de l'EST.....c'est une minorité qui a su en profiter......il suffit de regarder les nouveaux riches de ces pays .
Début novembre le kilo était à 10 euros et personne ne s'en plaignait coté producteurs....
pour info le kilo de letchis vendus dans une ville du sud de la France est actuellement à 21 euros le kilo.......pas étonnant que ce soient ceux de Madagascar qui se vendent.......dans la même échoppe l'ananas Victoria labellisé est à 9 euros.......quel français moyen peut s'offrir ce luxe quand l'ananas de Cote d'ivoire plus gros est vendu entre 1.50 et 2 euros !!!

3.Posté par nicolas de launay de la perriere le 02/12/2008 20:35
boyer j'attends ton commentaire...! doit on réguler ? doit on laisser "le marché" régulé le prix de la demande à l'offre..ou l'inverse..? le calcul économique du producteur a t il un sens ?

4.Posté par Boris le 02/12/2008 23:04
Jamais contents les patrons-propriétaires
Se font un max de liquide juste avant les fêtes mais .. jamais assez.
Recréez une filière export, bougez-vous. Si les élus ne vous plaisent pas, renversez-les. Occupez la chambre de commerce (aeroport).
Déversez les invendus devant les administrations concernées. Mettez-vous en coll'air ...

Il y a forcément quelque chose à faire avec un fruit d'une telle qualité. Faites des conserves, des jus, des tartes .. ;- )

Le bon prix pour nous c'est 0.80 euro
Avec les feuilles c'est déjà beaucoup ; ))

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