Santé

Une première journée du handicap psychique pour partager le "trop grand pouvoir du médecin"

Accompagner le handicap psychique à la Réunion. Tel est l'intérêt de la journée d'échanges qui aura lieu ce mercredi à Saint-Paul entre les acteurs concernés. Méconnu, le handicap psychique est très souvent rangé dans la catégorie des maladies mentales. C'est pour informer les familles, souvent dépassées, et les professionnels, peut-être pas au fait de l'évolution législative récente, que cette journée de débats aura lieu. Une première à la Réunion.


Une première journée du handicap psychique pour partager le "trop grand pouvoir du médecin"

Mercredi prochain se tiendra au village corail de Saint-Gilles la première journée d'échanges entre les acteurs de la prise en charge du handicap psychique. Cette journée de rencontres vient de l'initiative conjointe de l'Etablissement public de santé mentale (EPSMR), des associations d'usagers (GEM), des associations des familles et proches des usagers (ARFAMPH) ainsi que des directeurs d'établissement médico-sociaux réunis au sein de leur association (ADC-EHESP).

Le défi de cette journée sera clairement de "décloisonner les secteurs du sanitaire, du social et du médico-social", avance le Dr Bernard Durand, président de la Fédération d'aide à la santé mentale Croix Marine, avant d'ajouter : "En France, on a trop tendance à raisonner en terme de spécialisations. Notre but sera de créer des liens entre ces différents secteurs".

Patients, proches et professionnels forment le cœur du dispositif

Un souhait rendu nécessaire par la loi du 23 juillet 2009 "Hôpital, patients, santé, territoires", qui préconise la mise en place des coopérations entre établissements de santé et les autres acteurs. Une coordination et un décloisonnement qui devrait permettre de tendre vers une évaluation des trois entités concernées : le patient, l'entourage et les professionnels.

Le handicap psychique subit un déficit d'informations. Il est la conséquence de maladies chroniques de types psychoses schizophréniques ou maniaco-dépressives, survenues au cours de l'existence, souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Un handicap qui nécessite une médication à vie car il évolue fréquemment en crises ou en passages à l'acte dramatiques.

La reconnaissance du handicap d'origine psychique est récente


Le handicap psychique a ainsi besoin de cet éclaircissement car il est souvent confondu avec la déficience innée que constitue le handicap intellectuel. De fait, ces deux versants ont souvent été qualifiés, à tort, de handicap mental.

Ce premier débat dans l'île autour de toutes les personnes concernées s'inscrit résolument dans un contexte juridique en mouvement. La loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées a permis la reconnaissance du handicap d'origine psychique. Or, la reconnaissance de "handicap d'origine psychique" est récente et "pas toujours bien connue des professionnels eux-mêmes", constate Murielle Moniez, présidente de l'association réunionnaise des familles et amis des malades handicapés psychiques (ARFAMHP).

Cette journée, si elle se veut avant tout centrée sur le monde de l'expertise médicale n'en demeure pas moins une formidable fenêtre d'expression pour les représentants des patients.

Le psychiatre a un grand pouvoir


"L'usager handicapé n'a pas souvent la parole", réplique sans détour Harry Juan, le président du Groupe d'entraide mutuelle (GEM). "Les malades, et avec eux leurs entourages, sont souvent confrontés au mur de l'expertise médicale. Le psychiatre a un grand pouvoir. Le diagnostic médical est souvent vécu comme une fin en soi. Il ne peut être remis en cause. Le but de notre organisme est de faire prendre conscience que la psychiatrie ne peut pas tout faire car les familles se posent beaucoup de questions, sur le traitement, l'accueil en hôpital etc... nous, on essaye de répondre à cette attente".

Une rencontre que le comité de pilotage de cette manifestation espère transformer au-delà de ce mercredi via la mise en place prochaine de modules de formations initiales et continues ciblées vers les professionnels en charge du handicap d'origine psychique.

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Les professionnels des champs sanitaire, médico-social, social, accompagnant les personnes souffrant de troubles psychiques et les associations représentant les personnes et leurs familles sont conviés à une journée de conférences et de rencontres le mercredi 8 novembre au village corail de Saint-Gilles à partir de 8h.
Lundi 6 Décembre 2010 - 17:02
Ludovic Grondin
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1.Posté par noe974 le 06/12/2010 19:16
Donnez aux médecins des pouvoirs aussi large est une faute grave du législateur !

Parce qu'on a fait quelques années d'étude après son bac , on a le pouvoir de donner des Congés de maladie (souvent de complaisance avec sa carte verte) , de dire qu'on est atteint de "folie" ... et plein d'autres choses !!!!

C'est très grave !!!

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