Faits-divers

Une heure de trop ?

Le réveillon de la Saint-Sylvestre a été endeuillé par la disparition d'un jeune homme de 22 ans aux Avirons. Alors qu'il s'apprêtait à aller poursuivre son réveillon avec des amis, Alexandre Mazeau s'effondre en raison d'un malaise cardiaque et décède malgré les premiers soins d'un pompier. Le Smur n'arrivera qu'une heure plus tard.


Une heure de trop ?
Une année après avoir subi une intervention chirurgicale lourde au coeur, un jeune réunionnais âgé de 22 ans a été victime d'une crise cardiaque hier, au petit matin.

Aux côtés de sa famille avant le drame, Alexandre Mazeau avait décidé de poursuivre son réveillon du nouvel an en présence d'amis. Mais son coeur ne résiste pas et flanche alors que le jeune homme quitte la demeure familiale, chemin Pavé aux Avirons. Nous sommes aux alentours de 2 heures du matin.

Plus tard, des membres de la famille quittent à leur tour le domicile et remarquent la présence du jeune Alexandre allongé sur la voie publique. Un massage cardiaque est rapidement effectué sur la victime par un sapeur-pompier présent sur place avant l'arrivée de la brigade des Avirons quelques minutes plus tard.
Pendant, ce temps, l'équipe de garde du Smur se trouve dans l'Ouest pour une autre intervention. Résultat, ils arrivent une heure plus tard et ne peuvent que constater le décès d'Alexandre qui gît au sol.

L'incompréhension demeure. Comment se fait-il qu'un soir de Saint-Sylvestre, le personnel du Smur ne soit pas en quantité suffisante ? C'est cette question que la famille du jeune homme de 22 ans a dû se poser alors que la nouvelle année ne fait que commencer.

Hier, on pouvait entendre les nombreux témoignages en direction de la famille du défunt sur les ondes de plusieurs radios locales.
Samedi 2 Janvier 2010 - 09:45
Ludovic Robert
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1.Posté par ass.momonpapalela@ool.fr le 02/01/2010 12:36
pas assez de personnels, restrictions budgétaires et voilà..... Toutes nos condoléances à la famille.
Le smur ne peut pas malheureusement faire avec les moyens qu'il n'a pas !

et s'il n'y avait que celà : savez vous, par exemple, qu'il n'y a pas d'urgences directes en psychiatrie et que les malades transitent et encombrent d'abord les urgences, avant que d'être orientés à l'EPSMR....quant il y a de la place......

2.Posté par euh comment dire le 02/01/2010 15:32
peut-être aussi que les moyens étaient concentrés prés des fêtards qui ravageaient le lagon ??

3.Posté par L.F. le 03/01/2010 10:13
Oui et pendant ce temps on va gaspiller dans du champagne et autres voyages pour voir sa famille et ses maitresses en métropole... plus d'argent? Mon oeil!

4.Posté par nounne974 le 03/01/2010 11:00
Vu le lourd passé médical de ce pauvre garçon, je ne suis pas sûre que l'arrivée plus rapide des secours aurait permis d'éviter une telle issue. Quel drame pour sa famille ...
S'il est normal que ses proches s'interrogent, il ne me paraît pas sain pour autant de lancer une vaine polémique dans les média. L'urgence est extrêmement difficile à gérer, en partie par la faute des patients eux-mêmes qui encombrent souvent par facilité un service dont le nom est pourtant clair. Les urgences ne sont pas là pour soigner les ongles incarnés et pourtant ...
Certes les moyens à la Réunion sont notoirement insuffisants, mais je ne suis pas certaine que les doubler ou les tripler suffirait à éviter ce type de drame. Et que font les médecins de ville les soirs de fête ? Ne serait-il pas plus efficace d'imposer une vraie garde sur la commune pour limiter les délai de déplacement? Encaisser les consultations les jours ouvrables, c'est bien. Offrir une sécurité accrue à la population en dehors de ces heures ce serait encore mieux. Il me semble qu'en choisissant ce métier, ils ont aussi prêté un serment : celui de venir en aide aux autres ...

5.Posté par Tilou le 03/01/2010 16:33
A titre individuel, ce qui s'est passé est dommageable et inacceptable: perdre brutalement un jeune de 22 ans pour qui le système de santé avait mis en œuvre de gros moyens pour tenter de lui proposer une vie plus stabilisée sur le plan de la santé est un drame.
Il faut remarquer , comme cela a été rapporté , qu'une fois l'alerte donnée des moyens de secours adaptés ont été envoyés sur place: équipage secouriste dans l'ambulance des sapeurs pompiers de la commune et un médecin urgentiste des sapeurs pompiers; une réanimation cardiopulmonaire médicalisée a été réalisée pendant plusieurs dizaines de minutes. Malheureusement, le cœur du jeune n'a pas réagit et il a fallu conclure au décès de la victime.
Les moyens du SMUR, c'est vrai se sont présentés sur place plus d'une heure après l'alerte, soit après le décès de la victime; Dans ce cas précis, il n'y a pas eu manque de moyens médicalisés (puisqu'il y avait ceux des sapeurs pompiers sur place). Le décès n'est donc pas directement lié à un manque de moyens médicaux comme certains semblent penser. Dans l'absolu, on pourrait même dire que, comme des moyens médicaux étaient déjà sur place, le SMUR aurait été plus utile si besoin ailleurs (plutôt que de venir et repartir dans les minutes suivantes sans rien faire puisque tout ce qui semblait devoir être fait dans de pareilles circonstances l'avait été fait dans des délais raisonnables). La problématique des difficultés d'avoir des médecins de garde est incontestable mais là encore, la prise en charge d'une réanimation cardiopulmonaire médicalisée nécessite des moyens et des stratégies qui ne sont pas le plus souvent dans les pratiques habituelles des médecins de garde. La création d'une spécialisation en médecine d'urgence est certainement une preuve à cela.

Le problème me semble ailleurs: notre système de prise en charge des urgences hospitalières pait aujourd'hui le prix "de l'organisation de sa désorganisation" depuis plusieurs années. Les urgences hospitalières qui devaient être le recours pour des patients présentant des situations de détresse physique sont redevenues tout au long de ces vingt dernières années ce qu'était l'hôpital "longtemps": le dernier refuge, "l'asile" où tout se côtoie: la détresse physique (rare), la détresse psychologique et surtout la détresse sociale et les non détresses (qu'on appelle souvent la bobologie ou les maladies du quotidien).
En terme de couverture SMUR la Réunion est aussi bien dotée que la plupart des départements de métropole (5 équipes pour 800000 habitants). Savez-vous combien de fois le SMUR sort aujourd'hui pour une vraie détresse physique? moins d'une fois sur 4 (15% dans d'autres rapports). Eh oui même les SMUR sont engagés aujourd'hui pour tout autre chose que la raison de sa mise en place; Faute à qui? au système, aux médecins, au public de plus en plus demandeur au prix d'empêcher la prise en charge des vraies urgences lorsqu'elles surviennent...Et en plus, la France a la chance ne l'oublions pas d'avoir des secours de proximité dotés depuis quelques années de moyens performants grâce aux secouristes et au personnel médical sapeurs pompiers, d'ailleurs apparemment engagés rapidement sur le drame évoqué.
Arrêtons d'un côté de dire que la santé coûte cher lorsqu'il faut payer des cotisations de plus en plus élevées et de l'autre de réclamer encore plus de moyens plutôt que d' accepter que le système créé redevienne raisonnable et donc efficace... et cela ne pourra se faire sans une prise de conscience collective.


6.Posté par thibaud le 03/01/2010 17:20

Merci à TILOU pour son analyse éclairante !

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