Société

Un taux de plomb jusqu'à quatre fois plus élevé que la norme dans le compost

Haro sur le compost délivré par les sites de traitement des déchets verts des intercommunalités. Trois éléments-traces métalliques (chrome - nickel - plomb) y sont régulièrement relevés. Les plus grandes craintes sont liées à la forte présence de plomb, jusqu'à 4,5 fois supérieure au seuil autorisé.


Les déchets verts ramassés dans votre rue finissent dans un de ces centres de compostage
Les déchets verts ramassés dans votre rue finissent dans un de ces centres de compostage
Les intercommunalités de l'île doivent faire face à un phénomène incompris. Certaines, comme la CIVIS, ont décidé de mettre fin, tout simplement, à la distribution de compost issu de leur site de traitement des déchets verts.

La CIVIS a arrêté la distribution gratuite de son compost en direction des espaces verts des communes membres le 1er juillet 2013. Une décision extrême. Pareil pour la revente de cette matière pourtant précieuse aux agriculteurs, maraîchers et particuliers.

En cause, les taux d'éléments-traces métalliques relevés en bout de chaîne, qui ont de quoi surprendre. Sur le site de compostage de la Rivière Saint-Etienne, un taux de plomb compris entre 200 et 800 milligrammes par kilo de matière sèche a été relevé. Le seuil en vigueur est de 180 mg !

Le TCO et la CIVIS sont les deux intercommunalités à disposer d'analyses régulières quasi exhaustives confondant la présence de compost au plomb dans leurs andins. Cela ne veut pas dire que les autres sites de l'île ne sont pas concernés. Ces données alarmantes concerneraient moins la CIREST, la CINOR et la CASUD, mais uniquement parce qu'elles destinent l'essentiel de leurs déchets verts au broyage, sans que des analyses ne soient effectuées. Les données sont manquantes mais le phénomène a toutes les chances de toucher tout le département.

"Le dépassement des taux de plomb est d'origine humaine"

Une réunion s'est tenue jeudi dernier entre les services de la DEAL et les responsables Environnement des EPCI. Y a été décidé le lancement d'études sur les fonds (sols) géochimiques des zones urbaines d'ici la fin de l'année. Elles devraient permettre d'évaluer, pour ces traces métalliques, l'apport naturel du sol. En cause : le ramassage au grappin des camions dédiés aux déchets verts en porte à porte. C'est en grattant le sol que les camions récupèrent indirectement du chrome et du nickel naturellement présent dans le sol. Ces valeurs locales ont toujours dépassé le seuil autorisé mais l'arrêté ministériel en vigueur ne prend en compte que les indices terreux présents sur le sol hexagonal. Les responsables de sites de compostage de la Réunion attendent, depuis fin 2012, la publication d'un arrêté ministériel prenant en compte la spécificité géochimique du territoire réunionnais.

Enorme remise en question du ramassage en porte à porte des déchets verts
Enorme remise en question du ramassage en porte à porte des déchets verts
Néanmoins, si la teneur en nickel et en chrome fait partie du décor, celle du plomb demeure une énigme. "On sait qu'une infime partie du plomb arrive au niveau de la terre elle-même", mais cela n'explique pas ce dépassement démultiplié en cours de traitement. En comparaison, le broyat brut atteint un taux maximal de plomb compris entre 20 et 30 mg, donc bien en-dessous de la limite autorisée. Le process d'affinage des déchets en compost fait donc bondir ce taux pour une raison inexpliquée. "On s'est orienté vers une origine multiple mais le dépassement du taux de plomb est d'origine humaine", ne peut que constater la responsable Environnement de la CIVIS, Isabelle Guillaume.

Les spécialistes mettent en doute le processus d'affinage des déchets verts sur les plateformes de traitement. Une contamination par la peinture des machines de criblage est évoquée, mais sans fondement scientifique pour le moment. Les EPCI mettent tout en oeuvre pour isoler l'apparition des pics de plomb dans la chaîne de traitement. "On essaye d'isoler les fines, c'est-à-dire les matières terreuses", explique Isabelle Guillaume. Mais pas de solution technique probante pour l'instant.

Le BRGM va intervenir

La seule étude grandeur nature et récente de l'effet du plomb sur la santé à la Réunion a eu lieu à l'Oasis, au Port. Un cas qui a été débattu la semaine dernière lors de cette réunion en préfecture. Les recherches sur les végétaux présents ayant été soumis à des taux élevés de plomb ont montré "une concentration importante dans les légumes-racines plus que dans les légumes-feuilles", explique la directrice Environnement de la CIVIS.

Elle confirme la "présence de métaux lourds dans certains de ces andins de compost". En ce moment même, 1.500 tonnes de compost attendent qu'une décision soit prise pour leur élimination. "On ne pourra pas le distribuer aux agriculteurs ni aux particuliers", assure un responsable Environnement. Les autres tas de compost qui comportent du nickel à des taux plus élevés que la norme sont malgré tout distribués, "car le nickel est naturellement présent dans le sol volcanique de la Réunion", précise-t-il. Courant septembre, le TCO doit lancer une série de 250 sondages de terre effectués par le BRGM. Avant les réponses des géologues, les pistes restent ouvertes. "A priori, ce plomb est plus contenu dans la terre que dans le déchet vert lui-même. Mais ça reste un grand point d'interrogation car il n'y a naturellement pas de plomb dans le sol réunionnais, si ce n'est sous la forme d'infimes traces", relève ce responsable Environnement. La piste du manque de civisme des citoyens qui mélangent déchets verts et autres encombrants s'avère, aussi, peu concluante. "Il y a des problèmes de batteries par certains endroits, mais pas au point d'expliquer ces taux si élevés", ajoute la Direction de l'Environnement.

Que faire du compost non distribuable ?

Pour valoriser son compost, le TCO a fait le choix, il y a environ deux ans, de mettre à disposition de ses habitants venant déposer leurs encombrants en déchèteries, son compost en libre accès. Le TCO se veut rassurant : "le compost distribué dans les centres n'est pas celui contenant du plomb", tient-il à rassurer. "Dans nos centres, nous ne l'avons pas proposé, faute de place", indique quant à elle la responsable de la CIVIS.

En 2012, le site de la Rivière Saint-Etienne a accueilli 30.000 tonnes de déchets verts dont la plus grande quantité arrive en période cyclonique. De cette matière brute, 8.400 tonnes ont finalement été réduites à l'état de compost, valorisable dans les champs notamment. Depuis l'arrêt de leur distribution ce 1er juillet, l'intercommunalité doit faire face à une conséquence collatérale. "Le compost est pour le moment stocké sur notre site de la Rivière Saint-Etienne. Va se poser la question du stockage et de ce qu'on va en faire", relève à juste titre Isabelle Guillaume.

"Notre site d'exploitation du Port est déjà assez tendu depuis la fermeture du site provisoire de Cambaie-Bas. Saint-Leu ne traite que le broyat. Envoyer ces andins contaminés au plomb vers les décharges ne résoudrait pas le problème car elles sont déjà saturées", affirme la direction du TCO. Le mystère sur l'origine de ce plomb reste, lui, entier.

Le compost ou le broyat est revendu aux agriculteurs comme ici dans un champ de cannes de l'Ouest. Des andins non analysés ont-ils pu finir dans les cultures ?
Le compost ou le broyat est revendu aux agriculteurs comme ici dans un champ de cannes de l'Ouest. Des andins non analysés ont-ils pu finir dans les cultures ?
Mardi 30 Juillet 2013 - 16:33
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par darky le 30/07/2013 17:17
après le chlore aux antilles, le plomb déconne aussi à la Réunion ?

2.Posté par Princesse Fraise de Bandcochon le 30/07/2013 18:04
Août 2012 : Bandcochon alertait de la découverte de 574 batteries abandonnées dans l'île.
Juillet 2013 : Bandcochon a répertorié 2072 batteries abandonnées dans l'île et malheureusement ce n'est pas fini....

Nous sommes tous responsables
http://www.bandcochon.re/site_media/uploads/affiches/batterieexplosee.jpg
http://www.bandcochon.re/site_media/uploads/affiches/batterie.jpg
http://www.bandcochon.re/site_media/uploads/affiches/mortels.jpg
http://www.bandcochon.re/site_media/uploads/affiches/bananebatterie.jpg

3.Posté par Grain2Sel le 30/07/2013 18:32
Le plomb a deux conséquences sur l'être humain :
1) il favorise la réduction de l'intelligence humaine
2) il augmente l'agressivité.

A terme il ne restera plus que des hommes et femmes politiques s'exprimant devant une foule imbécile et meurtrière. Les autres seront partis (Verges aura à ce moment là SA République Populaire qu'il désirait tant )

Fuyez pauvres fous !

4.Posté par Fantomas le 30/07/2013 16:33
Un seul dénominateur commun a toute l ile c est le carburant de mauvaise qualité la deal le sait parfaitement mais protégé les empoisonneurs

5.Posté par Kaiinoa@yahoo.fr le 30/07/2013 20:48
Vite, Vite, qu'on appelle "C chapé, dd et les autres...." Il faut laisser le PLOMB retourner à son origine, c'est à dire le sol là ou l'on l'a extrait, laissons le vivre il nous est indispensable, que l'homme n'aille pas à l'encontre de dame nature!

Association Pour la Défense des Minerais!

6.Posté par créole ignorant le 31/07/2013 10:34
@ 2.Posté par Princesse Fraise de Bandcochon

Mais que font tous les inutiles pseudos scientifiques fonx qui depuis des décennies touchent la sur-rémunération en nous donnant des leçons d'écologie sous la casquette d'EELV ???

7.Posté par polo974 le 31/07/2013 11:03
soit 4,5 fois 180mg = 0,81g par kg de matière sèche.
810g par tonne ! ! !

donc dans 1kg de compost sec, il y aurait un petit cube de 4mm de coté de plomb ! ! !

ou bien, il y en a qui jettent des batteries de bagnoles dans les composteurs,
ou bien le site de compostage était un champ de tir auparavant...

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