Société

Un rassemblement citoyen ce samedi devant la préfecture contre "les projets inutiles"


Un rassemblement citoyen ce samedi devant la préfecture contre "les projets inutiles"
Un rassemblement citoyen se tiendra à 17 heures devant la préfecture de Saint-Denis ce samedi. L’objectif est "de dénoncer les grands projets inutiles et imposés en cours ou à venir". 

A l’instar de la mobilisation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes qui aura lieu également aujourd’hui à Nantes, les organisateurs souhaitent protester contre "le manque de considérations pour la planète et les humains, le manque d’information, de transparence, de concertation, d’alternatives, de recours suspensifs, le saucissonnage des procédures, les dérives vers les conflits d’intérêts, la manipulation, les mensonges".

Pour les organisateurs, La Réunion n’échappe pas à "ces projets inutiles". "La nouvelle route du littoral n’a pas dérogé à tous ces paramètres, il serait trop long de citer tous les problèmes et mises en danger de l’homme et de l’écosystème", indiquent-ils dans un communiqué. 

"Grâce aux subterfuges précités, nous ne serons peut-être pas très nombreux, ce samedi, à dénoncer ces ravages, mais nous espérons alerter nos concitoyens", explique Denise Delavanne, à l’initiative de cette mobilisation. 

Une motion (à retrouver ci-dessous) reprenant les propositions de la Plateforme des mouvements d’opposition aux Grands Projets Inutiles et Imposés, sera déposée en préfecture.  
 

"Le 27/02/2016 à ST Denis de La Réunion

A l’instar des mouvements d'opposition aux Grands Projets Inutiles Imposés, et devant les questions et problèmes posés par « La Nouvelle Route du Littoral », nous, citoyens et organisations de La Réunion, exigeons l’adoption des vingt mesures ci-dessous pour tout projet de grands travaux, afin de moderniser la « démocratie participative » : 


A) Défauts structurels des procédures actuelles du débat public et des enquêtes publiques

Proposition 1
Ne faire porter le premier temps de la concertation que sur l'expertise du besoin censé justifier le projet. Mettre en place des lieux de débat le plus en amont possible (par ex : prospective territoriale participative conférence annuelle avec les populations et leurs représentants dont les associations).

Proposition 2
Présenter plusieurs  solutions  crédibles  et  alternatives pour répondre au besoin s'il est avéré. Et admettre que des  solutions  peuvent  venir  des  citoyens.  Les  élus arguent souvent de leur légitimité élective pour réfuter le droit des citoyens à s'opposer à un projet en oubliant que dans une démocratie éclairée où les citoyens sont responsables et compétents le vote ne peut pas être un chèque  en  blanc  et  que  le  débat  est  à  faire  vivre pendant toute la durée des mandats électifs.

Proposition 3 :
Faire  cesser immédiatement  le  « saucissonnage »  des procédures, d’ailleurs  en  contradiction  avec  les directives européennes. Le projet doit être évalué dans son  ensemble et l'utilité  publique  ne  peut être prononcée avant.

Proposition 4 :
Intégrer l’analyse environnementale globale au moment de la comparaison entre les différentes solutions.

Proposition 5: 
Reprendre  les  procédures  de  concertation  en  cas  de modification  substantielle  du  projet  après  déclaration d'utilité publique.

Proposition 6:
Obliger  le  Préfet  à  respecter  les  avis  rendus  lors  des enquêtes  publiques  sous  réserve  que  celles-ci  soient améliorées comme nous le proposons.

Proposition 7 :
Permettre une réelle appropriation des dossiers par le public (accessibilité pour tous délais allongés, vulgarisation du dossier explications contradictoires et critiques...). Le dossier d’enquête publique devrait être accessible sur Internet au moins 4 mois avant le début de l’enquête.

Proposition 8 :
Obliger  par  voie  réglementaire  à  publier  une  liste minimale des documents devant figurer dans l’Enquête publique  notamment  tous  les  avis  rendus  lors  de l'instruction du dossier. 

Proposition 9: 
Déconnecter financement des études environnementales  et  donneur  d'ordre.  Confier  la supervision  de  l'expertise  environnementale  à  des scientifiques indépendants avec un accès pour le public au dossier et à toutes les pièces.

Proposition 10 : 
Pour  les  projets  nécessitant  une  déclaration  d’utilité publique (DUP) rendre systématiquement suspensifs les recours  juridiques  contre  les  divers  arrêtés.  Cela implique  que  les  travaux  ne  puissent  pas  démarrer durant les deux premiers mois suivants la DUP afin de permettre de déposer un recours avant travaux. Afin de clarifier  la  légalité  d’un  projet  dans  des  délais raisonnables,  la  procédure  doit  imposer  un  jugement dans  un  délai  d’un  an  maximum  après  le  dépôt  du recours.


Proposition 11: 
Mettre  en  place  un  registre  des  projets  réalisés  et  en cours. Dresser un bilan de leur conformité par rapport aux  lois  fondamentales  (Eau, Transition  énergétique transport,  planification...)  comparer  l'évaluation  socio-économique  attendue  et  les  résultats  réels  (coûts finaux conséquences sur l'emploi). Ce travail doit être conduit  de  manière  contradictoire  et  en  impliquant la société civile.


B) Pratiques et habitudes inacceptables des porteurs/acteurs des projets

Proposition 12 : 
Lutter  réellement  contre  tout  conflit  d'intérêts  les déclarer  s'ils  sont  impossibles  à  éviter  (problème de l'expertise).  Garantir un fonctionnement contradictoire des études et expertises pour limiter l’effet de conflit d’intérêts larvé ou inconnu ou en cours d’établissement.

Proposition 13 : 
Permettre  l'accès  à  tous  les  documents  comme  le prévoit la convention d'Aarhus... et surtout l'idée même de démocratie. 

Proposition 14 : 
Sanctionner  les  manipulations  et mensonges,  en engageant  la  responsabilité  personnelle  des  différents acteurs.

Proposition 15 : 
Permettre l'égalité des financements pour les expertises contradictoires.

Proposition 16 : 
Organiser  la  participation  des  citoyens  aux  démarches d’expertise. (Rédaction du cahier des charges suivi de l'étude) .

Proposition 17 : 
Demander  aux  Assemblées  d’élus  de ne  pas  se prononcer avant d'avoir entendu de manière formelle, solennelle  et  sérieuse  les  différents  points  de  vue. Permettre  aux  habitants  collectifs  associations  d’être entendus par tous les élus, dans les Assemblées, entre le moment de la première information et leur vote.

Proposition 18 :
Faire  en  sorte  que  le  vote  éclairé  soit  une  réelle obligation notamment sur les montages financiers et leurs conséquences,   par des  présentations   diverses   et contradictoires.
 
Proposition 19 :  
Interdire l'utilisation de l'argent public pour des actions de  communication  institutionnelle  qui  promeuvent  les projets auprès du grand public et s'apparentent le plus souvent  plutôt  à  du  lobbying...  ou  affecter  les  mêmes montants à l’ensemble des mouvements d’opposition. Interdire strictement toutes promesses d’accompagnement  financier  lors  de  l’exposition  de grands  projets  aux  collectivités,  afin  de  ne  pas interférer dans le jugement et la prise de décision finale des élus locaux.

Proposition 20 : 
Publier enfin les décrets d'application de la convention d'Aarhus. Et faire vivre son esprit !"
 
Samedi 27 Février 2016 - 10:44
Lu 2254 fois




1.Posté par Eno2016 le 27/02/2016 10:58
On voit que certains n'ont vraiment rien à faire le samedi ...
Manifester devant la préfecture pour des conneries .... c'est un comble !

2.Posté par Amasutum le 27/02/2016 11:52
Dans 20, 30 ans, les personnes qui écrivent cette motion, auront bien utilisé et usé cette nouvelle route du littoral...

3.Posté par Pfff le 27/02/2016 12:16
Vous pensez que certains chantiers sont inutiles pour la Réunion...

Et l'avenir, vous y pensez ??

Votre mouvement est inutile et dans les années futures, vous vous en souviendrez !!
Pensez-vous que les gens qui travaillent toute la semaine, n'ont que ça à faire ... de leur samedi après-midi, pour un rassemblement plus qu'inutile !!!

4.Posté par Sans importance le 27/02/2016 14:36
Vu le temps, ça tombera à l'eau !

5.Posté par pos le 27/02/2016 18:06 (depuis mobile)
Me delavanne vous allez parler des grands projets ex. la route du littoral à la base c était le projet de verges le tracé était la donc toute les parties à base était d accord demander aux familles qui ont perdu un proche sur le littoral

6.Posté par pos le 27/02/2016 18:15 (depuis mobile)
Suite ,me delavanne demander votre soutien aux familles qui ont perdu un proche sur cette route je crois qu'ils seront contre ,une nouvelle route sécurisée je crois qu ils diront enfin li y aurait plus de d'éboulis sur notre tête

7.Posté par Pierre Balcon le 27/02/2016 18:23
En voilà de parfaits keynésiens qui pensent qu'il vaut mieux financer des emplois aidés , recruter des fonctionnaires , indemniser les chômeurs , inciter les gens à rester chez eux , à la campagne si possible et entrer comme ils disent en "décroissance" ( sauf pour leurs propres salaires évidemment ) et reporter les projets d'investissement à plus tard , au moment où les taux d'emprunts seront au plus haut , comme le prix des matières premières ou celui de l'énergie.
Par deux fois les électeurs ont choisi l'équipe qui soutenait la NRL mais ça ne suffit pas à ces démocrates qui ont inventé le droit pour une minorité d'agités à s'opposer à toutes les procédures .
Les mêmes étaient contre :
- l'endiguement des ravines ;
- le creusement du nouveau port de la Point des galets;
- le basculement de l'eau d'Est en Ouest;
- la centrale thermique de la Possession;
- la route des Tamarins;
- l'allongement de la piste de Gillot ;
- et même le tram train qui allait dégrader le Chemin des Anglais et faire s'effondre la falaise de la rivière St Denis ;
- la maison des civilisations ;
C'est de ceux là que meurt la gauche . Autrefois on les classait à l'extrême droite mais ils ont investi l'espace laissé libre par ceux qui croyaient encore au progrès
Mais qu'a t on fait au Bon Dieu pour générer ces zozos ?

8.Posté par Pat le 27/02/2016 22:11 (depuis mobile)
Je suggère que ceux et celles qui sont contre la Nrl, une fois ce chantier terminé, continue à prendre l ancienne route du littoral avec péage comme quoi leur argent servira à entretenir cette route. Et pour les autres la nouvelle route du littoral.

9.Posté par Pro No Stick le 28/02/2016 07:31 (depuis mobile)
Un fonctionnaire retraité qui peste contre l approche keynésienne...à mourir de rire..

10.Posté par dègue le 28/02/2016 09:15
la réunion, le nombril du monde !
Où comment tomber ds ts les pièges à c..

11.Posté par République le 28/02/2016 10:30
Les minorités sont indispensables au bon fonctionnement de la majorité dans une démocratie ; et une minorité a même vocation à devenir majorité. Et la loi doit garantir ce fonctionnement, par le droit des uns et des autres, et le respect des conditions dans lesquelles s'exerce le suffrage universel. Ce système est loin d'être parfait, mais c'est le moins mauvais, pour paraphraser Winston Churchill. Il y a donc ici des propositions intéressantes pour que les citoyens puissent peser sur les décisions importantes, dans les procédures, les évaluations, la communication sur les dossiers et notamment sur les expertises préalables dans le montage des projets. Mais il n'est pas possible de laisser une minorité s'opposer éternellement à un projet adopté par une majorité, y compris en jouant la montre par des recours juridiques suspensifs. Une chose est de monter aujourd'hui que tout est politique, et que tout doit être justifié, y compris dans les choix qui apparaissent comme essentiellement d'ordre technique, ou administratif ; autre chose est de chercher le débat permanent pour pourrir la situation et bloquer les institutions.

12.Posté par Pierre Balcon le 28/02/2016 10:50
à post 9.
Ironie ! toujours ironie ! C'était évidemment du second degré . Je pointais les contradictions de ces gens de gauche qui , en bon keynesiens ,devraient , au contraire de ce qu'ils font , soutenir
l'intervention massive de la commande publique .
Mais la pertinence de l'intervention des fiances publiques à contre cycle est c'est vrai en ce moment très contestée . Je donne ci après à ce propos l'analyse de l'économiste A Désert :
"..Bientôt, il faudra réviser l’ensemble des manuels économiques, tout simplement parce que les théories héritées du passé ont pris un sérieux coup de vieux. Le monde a beaucoup changé en l’espace de quelques décennies, et nos systèmes économiques par la complexification de leurs organisations, ont fait naître en eux-mêmes des propriétés dites émergentes. Les nouveaux comportements qui en résultent vont mettre en défaut certaines théories économiques et bousculer tout un ensemble de causalités qui nous paraissaient si évidentes.

Auto-organisation et propriétés émergentes

Ce nouveau monde se caractérise par de nombreuses relations, économiques, financières, politiques, géopolitiques, structurelles, donc des interdépendances, qui ont progressivement été mises en place aussi bien entre pays qu’entre zones géographiques ou entre zones monétaires. Les flux de capitaux s’intensifient et se diversifient, les couplages et les rapports de force se réorganisent, les organes de régulation ont gagné en prérogatives et en force d’intervention (notamment les banques centrales). Tout ceci rend la compréhension du monde économique plus difficile et sa régulation plus délicate (pas de régulateur mondial), au vu de comportements répondant à de nouvelles logiques qu’on n’a jamais vues dans le passé.

La globalisation, le monde vu dans sa totalité, évoque le concept de l’holisme, un mode de pensée qui appréhende un système comme un « tout », ses propriétés ne pouvant être déduites à partir de ses seuls sous-systèmes ou éléments. Le « tout » est plus que la somme des parties, nous renvoyant au principe selon lequel les systèmes se dotent de nouvelles propriétés dites émergentes à partir d’un certain seuil critique de complexité. Par exemple, la construction européenne s’est faite par une multiplication des liens entre des éléments nommés « pays », générant des accords, des traités, de nouvelles structures et institutions pour piloter l’ensemble. Parallèlement apparaissaient de nouvelles propriétés, comme la libre circulation des capitaux, des personnes, des biens et des services et bien sûr la monnaie unique (la propriété émergente tient dans le mot « unique »). L’Euro n’a de sens qu’à travers le « tout », d’où une Banque Centrale Européenne indépendante qui dépasse le cadre national. Seulement voilà, quand une nouvelle propriété apparaît au niveau du « tout », les éléments pris séparément perdent eux-mêmes des propriétés qu’ils avaient en propre. Les états de la zone euro ont perdu la prérogative de l’émission monétaire, la fixation des taux directeurs, la mise en place de certaines normes.

Quand un système est imparfait, victime d’un vice de construction, une propriété émergente peut rendre l’ensemble inefficace et instable, ce qu’on a vu avec le problème grec et la crise des dettes souveraines. La construction d’un ensemble complexe se fait par une succession d’échecs et de réussites, par l’apprentissage, comme dans les processus naturels ; L’Europe s’est construite par à coups avec difficulté, jusqu’à ce que les crises multiples récentes entravent ce processus, laissant entrevoir au mieux une phase de pause, au pire un début de déconstruction (crise Euro qui pourrait renaître, migrants, Brexit, Grexit, indépendance régionale). Mais si un ensemble complexe comme l’Europe se déconstruit ou se désorganise trop vite, les propriétés émergentes auront tendance à disparaissent, au plus grand bonheur de ceux qui veulent en finir avec l’Euro.

Tout ceci pour appuyer l’idée que les théories anciennes n’ayant pas intégré les notions de complexité et de propriétés émergentes, ne peuvent plus être de véritables références.

Les théoriciens du passé ignoraient la vision globale

Les grandes théories économiques des siècles passés, ou dérivées (classique, néoclassique, keynésienne, etc.), bâties dans des environnements qui n’ont plus rien à voir avec le monde actuel et sur lesquelles beaucoup de politiciens et économistes se reposent encore, n’ont jamais pu être amendées par leurs auteurs afin de tenir compte de nouveaux contextes, notamment la mondialisation, les changements de nos modèles sociaux, la multiplication des réseaux et des flux en tout genre, l’accélération du temps économique (versus inertie du temps politique), les interdépendances, les nouvelles technologies, la finitude du monde (à l’époque tout paraissait sans limite avec si peu de monde sur la planète) etc.

Rappelons que l’école classique regroupe des économistes du 18ème et du 19ème siècle dont parmi les plus célèbres Adam Smith, David Ricardo, Jean-Baptiste Say. Le Keynésianisme date du début du 20ème siècle. La plupart des auteurs n’ont pas connu les grandes théories du 20ème siècle que sont « la théorie de l’information », « la théorie des systèmes », « la cybernétique », ou « approche systémique » qui s’appuie sur les 3 premières. Or, ces théories ont joué un rôle fondamental dans la compréhension des mondes complexes, de leurs comportements ou dynamiques, des méthodes de régulations. C’est peut-être pour cette raison, que l’on ne comprend plus grand-chose à ce qui se passe actuellement, nos crises, nos krachs, nos déséquilibres, nos emballements financiers, les causalités inversées. Il manque une strate à nos modèles et automatismes de pensée, celle de la complexité qui vient troubler des règles du jeu que l’on croyait immuables.

Les banques centrales ont tout bousculé

Les banques centrales, par leurs politiques non conventionnelles portent une responsabilité importante dans les chamboulements économiques bien visibles depuis la crise des dettes souveraines. Le monde bousculé, renversé, fait que ce que l’on croyait vrai hier, peut s’avérer faux aujourd’hui, et ce que l’on croit vrai aujourd’hui pourrait s’avérer faux demain. Elles ont cru et croient encore que le monde est symétrique en faisant passer les taux d’intérêts en territoire négatif, signifiant qu’il y a plus de certitudes dans le futur que dans le présent. C’est là une erreur conceptuelle majeure, sans que les états ne s’en émeuvent vraiment. Inquiétant ! Une politique efficace de régulation doit se traduire par des convergences vers des points d’équilibre. Or, on constate le contraire, l’échec d’une politique érigée en dogmes, chaque nouvelle crise étant plus grave que la précédente. Les politiques monétaires entachées de ces vices conceptuels, à la base d’une ingénierie délirante, n’auront d’autres conséquences que de provoquer des divergences par rapport à une marche normale de l’économie, donc des instabilités génératrices de nouvelles crises. En voulant retourner les lignes de force qui animent une économie, on s’expose au retour fracassant des vérités et des prix justes.

Les nouvelles causalités

Voici quelques relations de causalité ou corrélations qui sont remises en cause ou inversées, bousculant nos schémas appris, auxquelles viennent s’ajouter des modifications comportementales, des aberrations dans les processus décisionnels.

Relation croissance / inflation.
Désormais on observe que l’on peut avoir de la croissance sans inflation. Cela s’est rarement vu dans le passé.
Relation risque dettes souveraines / taux intérêt.
Logiquement, plus un emprunteur est à risque plus le coût de ses emprunts nouveaux doit augmenter (c’est le coût du risque). Aujourd’hui on observe la relation inversée, les états empruntant à des coûts toujours plus faibles. Pire encore, ils peuvent gagner de l’argent en s’endettant dans un contexte où les dettes explosent, augmentant théoriquement les risques de défaut.
Taux intérêts négatifs.
Les investisseurs sont prêts à payer pour prêter. C’est « du jamais vu » dans l'histoire. Inutile de dire que cette situation est complètement aberrante. Pour l’anecdote, si demain votre banquier rémunère votre compte négativement, vous aurez tout intérêt à disposer de la même somme d’argent en billets, en supposant que vous les mettiez en totale sécurité ! Ce serait la ruée vers la monnaie fiduciaire ! Malheureusement les banques centrales vont jouer encore et encore de cet outil de la destruction pour ruiner les épargnants et peut-être précipiter les économies dans le chaos.
Injection massive de liquidités / inflation.
Les politiques accommodantes des banques centrales, basées sur des injections massives de liquidités ne provoquent pas d'inflation (tout du moins jusqu’à ce jour), contrariant les attentes et les logiques monétaires (au désespoir de la BCE !). L’inflation aux Etats-Unis et en Europe reste très basse malgré les Quantitative Easing et les facilités de crédits. En zone Euro, on s’inquiète encore de la déflation en dépit d’un gonflement significatif du bilan de la BCE et de la baisse de l’euro qui devrait générer une inflation importée.
Inversion des politiques monétaires.
Les politiques monétaires sont devenues pro-cycliques alors qu’elles étaient tout logiquement contra-cycliques. La FED monte les taux quand c'est trop tard, quand l'économie semble ralentir sur une fin de cycle. Les Etats-Unis ont connu une croissance ininterrompue depuis 2009, ouvrant de larges espaces pour resserrer une politique monétaire ultra-accommodante, et la FED n’en a pas profité. Aujourd’hui, elle est prise à son propre piège, tout comme la BCE.
Relation devise / exportations.
Le monde mondialisé a fortement érodé la relation « dévaluation de la monnaie / augmentation des exportations ». Les importations ont tendance à augmenter au même rythme que les exportations quand la monnaie baisse, du fait que les entreprises exportatrices utilisent beaucoup de sous-produits en provenance du monde entier. Dans le passé, la baisse d’une monnaie entrainait un retour à l’équilibre de la balance commerciale, un objectif plus difficile à réaliser de nos jours.
Relation taux d'intérêt / volume des crédits.
Les taux bas ne relancent pas vraiment le crédit comme la logique nous l'enseigne. La BCE rémunère négativement les liquidités bancaires déposées chez elle pour forcer les banques à prêter (une autre aberration jamais vue). Aucun livre économique n'enseigne cela !
Relation rendement du capital / consommation.
Dans un schéma classique, une baisse des revenus du capital incite les gens à consommer davantage (pourquoi conserver une épargne qui ne rapporte pas grand chose, voire se déprécie avec l’inflation ?). Aujourd'hui le schéma s’'inverse. Les ménages ont tendance à épargner davantage, étant inquiets des rendements dérisoires, du contexte économique et social dégradé, tout cela accompagné d’une perte de confiance en une monnaie qui se déprécie.
Relation politique budgétaire / croissance PIB.
Les déficits publics ne contribuent plus vraiment à la croissance. Le multiplicateur budgétaire de la France est largement passé en dessous de 1 (1 euro injecté pour 0.2 à 0.3 euro de PIB supplémentaire ; avant il était plus proche de 1). Dans beaucoup de domaines, on se retrouve victime de la loi des rendements décroissants.
Une bourse inquiète quand le pétrole baisse !
Jusqu’à présent les bourses étaient plutôt satisfaites de la baisse du prix du pétrole car en redonnant du pouvoir d'achat, il y avait un effet positif sur la croissance. Les Etats-Unis anciennement importateurs sont devenus de gros producteurs et exportateurs. Cela change tout !
Plus localement, on peut pour la France citer la relation « emplois aidés / chômage ». Les emplois aidés perdent au fil du temps leur efficacité. Il n’y a jamais eu autant d’emplois de cette nature, avec un chômage qui continue à progresser. Peut-être sommes-nous là encore victimes de cette fameuse loi des rendements décroissants.

Conclusion

Les approches utilisées par nos dirigeants pour comprendre la dynamique des systèmes économiques n’ont pas beaucoup évolué, restant plutôt dans une veine classique, réductionniste, conduisant souvent à des décisions inappropriées. On a vu que la complexité contribuait à d’autres logiques, à d’autres comportements, au flou des causalités.On a vu que la complexité contribuait à d’autres logiques, à d’autres comportements, au flou des causalités, qui affaiblissent la pertinence de certaines théories économiques ..".

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales