"Rétablissons humblement la vérité sur la gestion de l’incendie du Maïdo.
Des sapeurs pompiers professionnels en nombre très insuffisant
Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Réunion compte un effectif théorique de 762 sapeurs pompiers professionnels d’après le site pompierama.
Pour une bonne gestion théorique du temps de travail et du temps de repos obligatoire des personnels, le mardi 25 octobre 2011, le SDIS974 était obligé de diviser ce chiffre de 762 par deux : 381 sapeurs pompiers professionnels pouvant travailler sur 24 heures et 381 sapeurs pompiers professionnels en repos compensatoire, de sécurité calculé suivant un temps égal travaillé, soit 24 heures de repos pour 24 heures de travail.
Sur ces 381 sapeurs pompiers professionnels pouvant travailler, le SDIS974 était obligé, pour respecter une bonne gestion de son personnel et surtout, une bonne application du document réglementaire du SDACR de la Réunion (Schéma Départemental d'Analyse et de Couverture des Risques) de laisser un Potentiel Opérationnel Journalier d'environ 252 sapeurs pompiers professionnels, répartis dans les 28 casernes réunionnaises pour assurer les interventions quotidiennes telles que les feux divers, les secours à victimes etc ... .
Par conséquent, il restait 129 sapeurs pompiers professionnels pouvant travailler sur ces feux de forets à la disposition du SDIS974 pour un cycle de 24 heures. Maintenant, vous enlevez tous les personnels service hors rang (SHR travaillant dans les services, les ateliers etc …) + les arrêts de maladie et de travail + les agents en vacances + les officiers inférieurs et supérieurs. On enlève encore 1/4 à ce chiffre de 129 sapeurs pompiers professionnels. Il restait donc 97 sapeurs pompiers professionnels pouvant travailler sur ces feux de forêts pour une durée de 24 heures à la disposition du SDIS974 (97 sapeurs pompiers professionnels pouvant tenir une lance à incendie dans les mains). "Je n’ai encore jamais vu en plus de 20 années de professionnalisme en métropole, un officier sapeur pompier tenir une lance à incendie".
Sur ces 97 sapeurs pompiers professionnels restant, pouvant être engagés sur les feux de forêts, vous avez des sous officiers chef d'agrès camion-citerne feux de forêts (CCF) devant obligatoirement posséder au minimum les formations FDF1 et FDF2, des conducteurs camion-citerne feux de forêts (CCF) devant obligatoirement posséder les formations FDF1 et COD2, des binômes d'attaque constitués de personnels devant obligatoirement posséder au minimum la formation FDF1. Vous pouvez encore soustraire ¼, à ce chiffre de 97 sapeurs pompiers professionnels pour les personnels ne pouvant pas être engagés faute de formation FDF1, FDF2, COD2. Vous finissez avec un nombre de 73 sapeurs pompiers professionnels compétents (sous-officiers, conducteurs, binômes d'attaque constitués par binôme d'un chef BAT + un équipier BAT) pouvant être réellement engagé sur ces feux de forets, en toute sécurité.
Ce qui nous amenait le mardi 25 octobre 2011, à avoir théoriquement sur les lieux de ces feux de forets, d'après l'armement type en personnel d'un camion-citerne feux de forêts (CCF), 4 Groupes Intervention Feux de Forets ou 16 + 2 camion-citerne feux de forets (CCF) d’une capacité de 2.000L à 8.000L selon les types de véhicule, avec 18 conducteurs camion-citerne feux de forets (CCF), 18 chefs d'agrès feux de forets et 36 binômes d'attaque engageables. Sur les 36 binômes d'attaque, il n'y a que le chef BAT pour tenir une lance à incendie, l'équipier BAT s'occupe de l'établissement des tuyaux et d'aider son chef BAT à progresser.
Je ne compte pas les VLHR de commandement constitués chacun d’un chef de groupe (Officier FDF3) et d’un conducteur (FDF2) pour le commandement d’un seul Groupe Intervention Feux de Forets constitué de 4 camions-citernes feux de forets (CCF) + 1 véhicule de liaison hors-route (VLHR).
Donc le mardi 25 octobre 2011, le mercredi 26 octobre 2011, le jeudi 27 octobre 2011 et le vendredi 28 octobre 2011, le SDIS974 ne pouvait avoir au maximum que 18 lances à incendie en manœuvre pour combattre ces feux de forets sur un cycle de 24 heures.
Je peux vous assurer qu’avec une vingtaine d’années d’expérience professionnelle et plusieurs campagnes de renfort feux de forêts dans le sud de la France et en Corse dont celle de 2003, qu'au bout de 4 heures de combat avec une lance à incendie dans les mains, une progression très difficile sur un terrain très accidenté et dans des fumées épaisses sans appareil respiratoire isolant, vous êtes extrêmement fatigués et vous devenez très dangereux pour vous-même.
Ce qui forcément, nous amène à penser que sur un cycle de 24 heures non stop, sur un cycle temps de travail égal au temps de repos soit 4 heures / 4 heures, seulement 9 lances à incendie étaient simultanément efficaces sur les 18 lances à incendie théoriquement établies. Je ne prends pas en compte le temps d’indisponibilité des camions-citernes pour remplissage de leurs citernes comprises entre 2.000 L et 8.000 L d’eau, suivant les types de véhicule.
Ce calcul démontre que mathématiquement, le SDIS974 est en manque cruel de personnels sapeurs pompiers professionnels pour répondre à ce type de feux de forêts et à toute crise majeure pouvant frapper la Réunion. Le SDIS974 est dangereusement et indéniablement en sous-effectif.
Ce calcul des effectifs théoriques avec une probabilité d’erreur très faible, démontre aisément que la direction du SDIS974 a dû être contrainte, pour se protéger des sabres coupeurs de tête si enquête administrative ou ministérielle, de cacher la vérité de la situation aux élus de la Réunion et surtout à la population réunionnaise sur les moyens engagés durant les quatre premiers jours cruciaux de l’incendie, le mardi 25 octobre, le mercredi 26 octobre, le jeudi 27 octobre et le vendredi 28 octobre.
Ce calcul démontre que les effectifs engagés durant les quatre premiers jours de l’incendie étaient, en toute connaissance de l’état major du SDIS974, malheureusement incapable de stopper la progression, la propagation de l’incendie du Maïdo, dès le départ du premier feu. Un feu de forêts se tape dès sa naissance, d’où l’importance des vigies dans les tours de guet et des rondes par des écogardes, par un nombre conséquent de personnels sapeur pompier engagés simultanément, suivant un plan tactique cohérent vis-à-vis du nombre de personnels à l’attaque, pouvant le circonscrire, le maitriser, l’éteindre avant qu’il ne courre sur des milliers d’hectares comme il l’a fait.
L’état major du SDIS974 a du réagir dès le premier jour ou le deuxième jour, le mardi 25 octobre 2011 ou le mercredi 26 octobre 2011, en alertant monsieur le Préfet Lalande de leur faible probabilité à pouvoir empêcher sa très large propagation sur des milliers d’hectares, connaissant la sécheresse généralisée de la végétation basse et haute, les bulletins prévisionnels météo sur plusieurs jours prévoyant des vents moyennement forts sur les hauteurs de l’ile, la difficulté de progression sur un terrain montagneux et très difficile d’accès, la difficulté d’établir des kilomètres de tuyaux avec des pertes de charge énormes compte tenu des dénivelés positifs du terrain, le nombre scandaleux de personnels sapeurs pompiers professionnels à leur disposition, pouvant être engagés efficacement durant les premiers jours cruciaux pour avoir l’espoir de circonscrire ces feux avec succès.
C’était une mission considérée comme impossible dès le premier jour de l’incendie.
La problématique spécifique des sapeurs pompiers volontaires
Le SDIS de la Réunion compte environ 560 sapeurs pompiers volontaires d’après le site pompierama.
Durant ces quatre premiers jours cruciaux, le SDIS974 ne pouvait pas engager ses sapeurs pompiers volontaires puisqu’ils étaient durant la semaine, à la disposition de leurs employeurs respectifs. De plus, ils ne pouvaient pas être engagés la nuit compte tenu de la nouvelle directive Européenne sur le temps de repos obligatoire de 11 heures entre la fin de leur journée de travail normale et le début de leur prise de garde sapeur pompier volontaire. De plus, physiquement, c'est fortement déconseillé pour leur sécurité personnelle.
Il n’existe aucune convention entre les employeurs Réunionnais des sapeurs pompiers volontaires Réunionnais et le service départemental d’incendie et de secours de la Réunion dans le cas d’une réquisition en cas de crise majeure de cet effectif pompier volontaire au profit du SDIS974.
Ces personnels sapeurs pompiers volontaires n’ont pu être engagés légalement que seulement à partir du samedi matin 29 octobre 2011 et jusqu’au dimanche 30 octobre 2011 dans la soirée.
Des hélicoptères bombardiers d'eau qui ne peuvent travailler que la journée
Les hélicoptères bombardier d’eau étaient efficaces le jour mais totalement absents la nuit. Le feu, aidé par un vent asséchant et persistant, reparcourait la nuit son terrain perdu la journée tout en dévorant des centaines d’hectares supplémentaires. De ce fait, cela annulait l’efficacité du travail de jour, effectué la veille par ces hélicoptères.
Des renforts métropolitains arrivés trop tard
Les 60 "spécialistes feux de forets" arrivés en renfort, le jeudi 27 octobre 2011, n'étaient pas des portes lance incendie !!!.
Il était déjà trop tard lorsque les premiers renforts de la métropole sont arrivés le dimanche 30 octobre 2011. Point final.
Conclusion
Tous les membres de la Commission Administrative du Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Réunion et l'ensemble de la direction du SDIS de la Réunion étaient parfaitement informés de l’énorme sous-effectif de sapeurs pompiers professionnels opérationnels à leur disposition pour gérer une crise majeure + d'après les informations zinfos974, un membre du Cabinet de Claude Guéant qui s'est opposé vertement au Préfet pour refuser l'envoi des avions à la Réunion, en s'appuyant sur l'avis de prétendus experts de la Sécurité civile + madame la Ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard en vacances dans son ile natale, la Guadeloupe, n'ayant pas pris la mesure de ce qui se passait.
Habitants et habitantes de la Réunion, ne soyez pas étonné des 3.000 hectares de forêt primaire brûlés dans les hauts de l’ile de la Réunion, classée patrimoine mondial".
Un pompier professionnel opérationnel laissé inactif par le SDIS974 dans l’attente de son recrutement, assis sur son canapé, à la Réunion















