Dans la même commune…
-
Une journée festive pour les familles des enfants déficients sensoriels au CREPS de Saint-Paul
-
Arcadie: La guerre au Mali est-elle une guerre juste?
-
Atelier metiss: Arts plastiques et écriture créative pour les jeunes
-
Portes ouvertes: journée nationale de l'attelage de loisir à l'Ile aux poneys
-
Le programme du congrès tamoul-dravidien
Eh ! Ca marche, la culture. Mieux que ce que l’on pourrait croire. Voici dix jours, l’ARAL (académie réunionnaise des arts et lettres) organisait un périple entre le Cimetière marin et Saint-Gilles-les-Hauts. Nous étions une quinzaine à honorer les mémoires de Leconte-de-Lisle et Eugène Dayot. Se cultiver en se distrayant, rien de tel. Cela s’est su et cette fois-ci, pour une virée culturelle dans les hauts de la même commune, nous nous sommes retrouvés plus de quarante !
Le propos de ce genre de manifestation est simple : découvrir (ou redécouvrir) la culture au sol et celle des esprits. Il est logique alors de rendre hommage aux travailleurs de la terre en même temps qu’à nos poètes et romanciers. Rien d’étonnant alors à ce que cela attire du monde puisque cette sorte de périple n’existe nulle part ailleurs dans l’île !
Cela a commencé par une sorte de pow-wow, tous en cercle devant la chapelle de Petite-France. Ce site est le lieu de naissance des éditions Azalées dont le grand manitou, Christian Vittori, président de l’ARAL, a distribué aux participants des ouvrages du Vieux Tangue sur le géranium. Histoire de se sentir bien, chacun se présente en une sorte de petit concours d’humour, pour dire les choses simplement. On n’a pas fait tourner le calumet de la paix… parce qu’il n’y avait aucune guerre au programme.
Direction ensuite vers la case de M. Legros, fabricant de calumets. Si chacun savait ce qu’était le calumet, beaucoup n’avaient jamais assisté à son tressage. Histoire aussi d’apprendre que ce noble matériau a beaucoup été utilisé il n’y a guère dans nos constructions créoles. Ils ne sont plus très nombreux à pratiquer cet art mais leur savoir-faire est intact. Et admirable.
Votre serviteur s’est ensuite payé un gros coup de nostalgie un peu plus haut, chez l’ami Ernest Bègue. Si quelqu’un répond à la définition du passionné, c’est lui ! Ce fils d’agriculteur, « cuiteur » de géranium, est né à La Sakay où le signataire de cette lettre a sévi en qualité d’enseignant. Le temps d’évoquer quelques souvenirs communs et des visages pittoresques, et voici notre homme à l’œuvre devant son alambic. Avec force gestes, le verbe haut et chaleureux, il nous explique par le menu tout ce qui concerne le géranium, ses joies et ses peines dans cette culture qui ne nourrit plus guère son home, mais qu’il n’abandonnerait pour rien au monde ! Parce que cela aussi fait partie de notre patrimoine. Chez lui, le visiteur est à l’aise « car ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… » et avec le sourire.
Ernest nous invite à goûter à son hydrolat de géranium et c’est un autre ravissement. C'est, paraît-il, souverain contre nombre de menus inconvénients. La halte devait durer une demi-heure ; nous y sommes restés plus d’une heure.
Ne méprisons quand même pas les solides nourritures terrestres. Plus haut, nous avons fait une petite halte roborative chez Doudou, un solide gaillard qui sait ce que cuisiner veut dire. Qui plus est, il chante le blues comme pas deux. Sa jovialité a été un atout supplémentaire de cette journée vraiment pas comme les autres. Ajoutons-y le concert improvisé par Roger Serre et Philippe Eugène et vous admettrez que la culture n’est vraiment pas le domaine ennuyeux que certains se complaisent trop facilement à décrire.
La tournée s’est poursuivie à la Maison du géranium du sympathique couple Magdeleine, véritable musée d’une culture que l’on a un peu trop vite qualifiée de disparue. Quand on a affaire à de tels passionnés, on se dit que la plante des hauts est loin de n’être qu’un aimable souvenir pour nostalgiques indécrottables.
Quelques auteurs en ont profité pour présenter leurs dernières œuvres, une bonne occasion pour se donner rendez-vous pour le prochain opus.
Jules Bénard
Le propos de ce genre de manifestation est simple : découvrir (ou redécouvrir) la culture au sol et celle des esprits. Il est logique alors de rendre hommage aux travailleurs de la terre en même temps qu’à nos poètes et romanciers. Rien d’étonnant alors à ce que cela attire du monde puisque cette sorte de périple n’existe nulle part ailleurs dans l’île !
Cela a commencé par une sorte de pow-wow, tous en cercle devant la chapelle de Petite-France. Ce site est le lieu de naissance des éditions Azalées dont le grand manitou, Christian Vittori, président de l’ARAL, a distribué aux participants des ouvrages du Vieux Tangue sur le géranium. Histoire de se sentir bien, chacun se présente en une sorte de petit concours d’humour, pour dire les choses simplement. On n’a pas fait tourner le calumet de la paix… parce qu’il n’y avait aucune guerre au programme.
Direction ensuite vers la case de M. Legros, fabricant de calumets. Si chacun savait ce qu’était le calumet, beaucoup n’avaient jamais assisté à son tressage. Histoire aussi d’apprendre que ce noble matériau a beaucoup été utilisé il n’y a guère dans nos constructions créoles. Ils ne sont plus très nombreux à pratiquer cet art mais leur savoir-faire est intact. Et admirable.
Votre serviteur s’est ensuite payé un gros coup de nostalgie un peu plus haut, chez l’ami Ernest Bègue. Si quelqu’un répond à la définition du passionné, c’est lui ! Ce fils d’agriculteur, « cuiteur » de géranium, est né à La Sakay où le signataire de cette lettre a sévi en qualité d’enseignant. Le temps d’évoquer quelques souvenirs communs et des visages pittoresques, et voici notre homme à l’œuvre devant son alambic. Avec force gestes, le verbe haut et chaleureux, il nous explique par le menu tout ce qui concerne le géranium, ses joies et ses peines dans cette culture qui ne nourrit plus guère son home, mais qu’il n’abandonnerait pour rien au monde ! Parce que cela aussi fait partie de notre patrimoine. Chez lui, le visiteur est à l’aise « car ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… » et avec le sourire.
Ernest nous invite à goûter à son hydrolat de géranium et c’est un autre ravissement. C'est, paraît-il, souverain contre nombre de menus inconvénients. La halte devait durer une demi-heure ; nous y sommes restés plus d’une heure.
Ne méprisons quand même pas les solides nourritures terrestres. Plus haut, nous avons fait une petite halte roborative chez Doudou, un solide gaillard qui sait ce que cuisiner veut dire. Qui plus est, il chante le blues comme pas deux. Sa jovialité a été un atout supplémentaire de cette journée vraiment pas comme les autres. Ajoutons-y le concert improvisé par Roger Serre et Philippe Eugène et vous admettrez que la culture n’est vraiment pas le domaine ennuyeux que certains se complaisent trop facilement à décrire.
La tournée s’est poursuivie à la Maison du géranium du sympathique couple Magdeleine, véritable musée d’une culture que l’on a un peu trop vite qualifiée de disparue. Quand on a affaire à de tels passionnés, on se dit que la plante des hauts est loin de n’être qu’un aimable souvenir pour nostalgiques indécrottables.
Quelques auteurs en ont profité pour présenter leurs dernières œuvres, une bonne occasion pour se donner rendez-vous pour le prochain opus.
Jules Bénard
















