Faits-divers

Un expert valide la mise en danger des passagers d’Air Austral entre 2007 et 2011


La compagnie aérienne Air Austral a mis en danger la vie des passagers et de ses équipages entre 2007 et 2011, sous la présidence de Gérard Ethève. C’est ce que qui ressort d’un rapport d’expertise qu’a pu se procurer le Journal de l’Ile.
 
François Grangier, commandant de bord, instructeur, examinateur en vol et expert enquêtes-accident, vient corroborer les alertes remontées dès 2012 par le pilote de ligne David Rocher qui officiait chez Air Austral. Ce dernier avait déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui le 28 décembre 2009. Mais le 21 juillet 2010, le procureur de la République de Saint-Denis classait la plainte sans suite. C’est donc une seconde plainte avec constitution de partie civile qui est aujourd’hui instruite.
 
L’expert a été mandaté par un juge d’instruction dans le cadre de cette plainte. Son rapport a été remis en janvier dernier. Ses conclusions font froid dans le dos et viennent appuyer les multiples alertes émises par le pilote David Rocher ces dernières années, avant que ce dernier ne soit licencié par l'ancienne direction de la compagnie.
 
Quatre événements ont retenu l’attention de l’expert. Le 24 février 2007 tout d'abord, le vol UU 975 doit quitter Gillot pour Paris CDG. La fenêtre de décollage est serrée, Gamède étant en approche de La Réunion. Le 24 au matin, le département passe en alerte 2. Le cyclone doit passer au plus près dans la nuit du 24 au 25. L'avion se présente sur la piste de décollage dans des conditions dantesques (voir les récits du pilote ici) à 19h10, alors que La Réunion doit entrer en alerte 3 moins de deux heures plus tard. David Rocher relatera plus tard : "les conditions météorologiques à l'heure programmée du vol étaient connues depuis deux jours. Tous les vols de La Réunion vers Paris des compagnies concurrentes avaient été reportés".
 
L'avis de cette prise de risques inutile est partagé par François Grangier. Le 24 à midi, l’avion se trouvait pourtant à Mayotte à l’abri du cyclone mais ordre avait été donné pour qu’il assure malgré tout la liaison vers La Réunion.
 
En 2011, c’est encore un cyclone, mais cette fois dans le Pacifique qui met en alerte les pilotes. Après avoir analysé l’ensemble des données de vol et des réserves de l’équipage, l’expert aéronautique retient également que des pressions exercées sur ces derniers ont fini par prendre le pas sur les mesures de sécurité. Dans les deux cas, la finalité économique a eu raison des choix du commandant de bord. Une barrière qui ne doit jamais être franchie selon le rapport d’expertise cité par le JIR. Pour sa défense, la direction de la compagnie avait estimé utile de rappeler, à l'époque de la médiatisation de ces événements, que ces décisions de décollage avaient été prises avec l’aval de la Direction générale de l'aviation civile.
 
D’autres incidents qui auraient dû clouer les avions au sol émaillent d'autres vols de la compagnie sur la période. C’est le cas, en novembre 2010, d’un ATR72 qui aura malgré tout pu faire six rotations avec un siège "équipage" hors service. L’incident, qui peut paraître anecdotique, est pris très au sérieux par l’expertise. "Voler sans siège de structure arrière était de nature à mettre en danger les passagers", en conclut François Grangier.
 
En septembre 2011 enfin, un véhicule heurte un avion de la compagnie garé sur le tarmac. Il touche le fuselage sur une zone pressurisée. L’avion décolle tout de même et sera finalement inspecté par les agents de maintenance d’Air France à Paris. Prévenu par ces derniers, le constructeur Boeing exigera que l’avion soit immobilisé immédiatement, le temps que les réparations soient effectuées.
 
L’enquête, toujours en cours d’instruction, doit notamment s’appuyer sur ce rapport pour donner une suite  favorable ou pas à la plainte du pilote alerteur.
 
Vendredi 3 Avril 2015 - 06:34
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1.Posté par Air Austral = more secure ? le 03/04/2015 08:45
Rien de bien nouveau dans ces incidents déjà anciens, à présent. L'histoire du siège, oui, bon, bof.

Par contre, le décollage par temps cyclonique (Gamède), ou le vol sur le Pacifique si les conditions de vol ne sont pas sûres, ou le vol après un choc du fuselage "sur une zone pressurisée", ça c'est pas bien du tout. Dangereux.

De telles pratiques: à bannir en effet, car on ne joue pas avec la sécurité et la vie des gens ...

J'imagine (voir autre article de zinfos sur les 2 décollages du vol vers Mada) que désormais, la page de l'insécurité est tournée chez AA (ou UU pour le puriste de service)?

Merci à ceux-celles qui en savent davantage sur le sujet de m'éclairer, moi qui utilise Air Austral de temps en temps.

2.Posté par ticanaird le 03/04/2015 09:06
mascarade a tout point de vue a la reun,ça va rassurer nos amis touristes,n'est pas les gueux?

3.Posté par Ladi Lafé le 03/04/2015 09:23
http://www.zinfos974.com/Incident-technique-sur-le-vol-Air-Austral-pour-Nosy-Be-le-Boeing-737-fait-deux-fois-demi-tour_a83484.html#last_comment

4.Posté par Choupette le 03/04/2015 12:36
Un grand merci à ce pilote !

5.Posté par GIRONDIN le 03/04/2015 14:07 (depuis mobile)
MARIE JOSEPH, les passagers ont eu de la chance.
Maintenant je sais sur quel critère le remplacent de Mr Etheve a été embauché!!!!

6.Posté par Mermoz le 03/04/2015 14:29
C'est quoi cette histoire de fous typiquement réunionnaise? Si le commandant de bord des vols en question a pris la décision de décoller, c'est qu'il estimait que les conditions de sécurité étaient assurées, puisque c'est lui qui décide en dernier recours. Monsieur Rocher, qui a porté plainte contre x, aurait dû porter plainte contre lui-même, s'il s'avère qu'il était un de ces commandants de bord!

7.Posté par Zeb BULO le 03/04/2015 15:29
Un Carton rouge pour la Direction des Ops. d'Air Austral de 2007 à 2011 d'avoir privilégié plutôt l'aspect financier de la chose que l'aspect sécurité de la chose.

Un Carton rouge aussi à ces équipages 777 d'Air Austral de 2007 à 2011 d'avoir privilégié la sauvegarde de leurs contrats de travail plutôt que la sauvegarde des machines, des équipages et des passagers.

Je rigole quand je lis qu'Air Austral avait l'aval de la DRAC pour que le 777 décolle par temps cyclonique. Je serai curieux de savoir si un journaliste ou voire la compagnie pourrait produire la note de service de la DRAC qui aurait autorisé le décollage pendant pareilles conditions MTO.

Ethève et DRAC = bonnet blanc, blanc bonnet

Nous serions aux USA, je puis vous garantir que le M. Ethève serait déjà devant les tribunaux.

Alors, j'espère que ce manager de mes deuzes, sacrément facho dans l'esprit, faisant fi des règles de la sécurité en vol, ne trouvera pas ou plus l'occasion de créer sa compagnie régionale à Pierrefonds. Compagnie que les contribuables ne souhaiteraient probablement pas financer avec l'apport de fonds de la Civis, Casud, etc.

Messieurs les pilotes 777 de 2007 à 2011, vous avez sacrément manqué d'esprit de corps pour faire front au dictat du despote Gérard Éthève. Vous n'êtes jamais pas chez les "ventrus" (ou chez les "lourds").

8.Posté par noe le 03/04/2015 17:21
Un expert "gros" doigts sûrement bien payé pour faire de "bons" rapports à décharge ....
Lamentable !

9.Posté par Jules le 03/04/2015 17:24 (depuis mobile)
Rèzment le lavion la pas splozé ouiiiiiiiiiii

10.Posté par GIRONDIN le 03/04/2015 18:06 (depuis mobile)
@7 Zeb BULO

Mon pilote d'avion préféré, carton rouge à toi pour tes acronymes!!! Laughing out loud

11.Posté par TAMPONNAIS le 03/04/2015 18:32
Le commandant de bord est seul maître de son appareil. En decollant dans des conditions dangereuses il met ses passagers en danger. C'est lui et lui seul qui doit être poursuivi. Il a beau jeu de dénoncer les prétendues pressions exercées par sa hiérarchie, c'est lâché.
Notons tout de même que ce rapport paraît quelques jours
avant le rendu public du rapport de la crc.... Gros doigt Didi !

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