Société

Un comité de pilotage stratégique pour mener la Réunion vers l'autonomie d'énergie

Pour la première fois, le comité de pilotage stratégique sur les énergies renouvelables s'est réuni cet après-midi à l'initiative de la Région. Autour de la table, tout ce que compte la Réunion en matière d'institutions publiques et privées, œuvrant sur la question des énergies vertes, était réuni.

Dans la droite ligne du Schéma régional climat, air énergie (SRCAE) - adopté en séance plénière le 7 novembre et validé d'un arrêté préfectoral le 18 décembre - ce comité a un double objectif, à savoir "travailler ensemble" et "parler et porter" d'une même voix la question des énergies renouvelables à la Réunion.

En ligne de mire, l'horizon 2030. Les acteurs publics et privés font le souhait de faire de notre île un exemple, tant au niveau national et international, en matière d'autonomie d'énergie.


Un comité de pilotage stratégique pour mener la Réunion vers l'autonomie d'énergie
"Nous sommes là pour poser les bases et les fondamentaux de ce comité (…). Il permet de réunir l'ensemble des acteurs publics, institutionnels et privés qui ont à connaitre et débattre sur les énergies renouvelables", explique en introduction le président de la Région, Didier Robert.

Si le projet Gerri a été abandonné, la Région garde en tête de faire de la Réunion une île 100% autonome en matière d'énergie. "Il s'agit de définir la politique en matière d'énergie renouvelable, de maitrise énergie (…) pour atteindre l'autonomie énergétique à l'horizon 2030", rappelle-t-il. Le brainstorming a été lancé en janvier 2013 sous l'égide de la Région, puis de la SPL Energie Réunion.

Un an après, un comité stratégique de pilotage autour de cette question est né.

Il s'agit d'une gouvernance à trois niveaux. Le comité de stratégie s'appuie sur un comité de coordination et d'animation - confié à la SPL Energies Réunion - autour desquels gravitent 7 comités opérationnels (Ingénierie financière, Energies renouvelables, Maitrise de l'énergie, Précarité énergétique, Climat/aménagement/transports, Innovations et formations, coopération internationale) avec, à leurs têtes, des opérateurs institutionnels, publics et privés. "L'objectif est double, travailler ensemble et porter, parler d'une même voix sur cette question", poursuit Didier Robert.

Dans le comité stratégique de pilotage énergétique (la gouvernance ndlr), on retrouve le Conseil régional, le conseil général, l'Etat, l'ADEME, le SIDELEC et EDF.

2020 : 50% d'énergies renouvelables

"C'est un vrai tournant dans la mise en œuvre de la politique énergétique régionale. Les acteurs attendent une feuille de route chiffrée avec des objectifs de résultat", souligne pour sa part le directeur régional de l'ADEME, Philippe Beutin. Entre le fournisseur électrique (EDF) et le gestionnaire du réseau (SIDELEC), les deux entités ne peuvent que "saluer" ce nouvel outil. "Le comité est moderne, unique et fabuleux car il s'agit d'un outil de convergence, de position, point de vue et de posture (…). Il va nous permettre d'agir plus et d'aller plus loin", précise le directeur régional d'EDF, Patrick Bressot.

Pour le Préfet de la Réunion, il s'agit de l'aboutissement d'un "travail conséquent" mené pendant l'année 2013. "Le mode de travail est prometteur, concret et à même de relever les défis à venir", explique Jean-Luc Marx. L'objectif est important: La consommation électrique à la Réunion a été multipliée par 16 pendant les 40 dernières années.

"Aujourd'hui nous consommons 35% d'énergies renouvelables", rappelle le Préfet de la Réunion. Si l'année 2030 est visée comme étant l'année du 100% d'énergies renouvelables, l'horizon 2020 doit être celui du cap des 50% de ces énergies. Et pour y arriver, cette nouvelle "gouvernance" veut s'appuyer sur les projets en gestation à la Réunion tels que l'énergie de la houle, la Step Marine, projet SWAC, de métallisation, les réseaux eau froide ou encore la valorisation des déchets. Tous ces projets seront suivis et appuyés au sein des comités pré-cités.

Un territoire exemple sur la question de l'énergie des mers, de l'air, de l'eau et du soleil

"Nous voulons faire de la Réunion un territoire d'excellence des énergies renouvelables (…). Le siècle derrière nous, était le siècle des énergies fossiles avec une extrême dépendance pour les territoires comme les nôtres (la facture énergétique annuelle s'élève à plusieurs centaines de millions d'euros), Le siècle qui s'ouvre est celui de cette nouvelle révolution énergétique (…). Nous pouvons être un territoire exemple sur la question de l'énergie des mers, de l'air, de l'eau et du soleil", explique Didier Robert.

L'ensemble des comités prendra en compte tous les pans liés aux énergies renouvelables, et la population réunionnaise, étant au coeur des dispositifs, n'est pas oubliée car elle est la principale consommatrice d'énergies. "Nous sommes également dans une logique de proximité et la population doit se sentir concernée", précise le président de Région.

Avec le SRCAE et les comités de pilotage, la Réunion veut se placer comme territoire d'excellence au niveau national et international sur la question des énergies renouvelables.
Mardi 21 Janvier 2014 - 16:42
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1.Posté par JORI le 21/01/2014 17:58
"(la facture énergétique annuelle s'élève à plusieurs centaines de millions d'euros)", et à combien s'élèvera la facture des énergies renouvelables car ce qui intéresse le réunionnais ce n'est pas tant comment est produite l'énergie consommée mais pour quel coût. Si la contre partie de cette énergie renouvelable qu'est le coût n'est pas atteint cette opération sera un échec, car qui pourra se la payer??.

2.Posté par Logique le 21/01/2014 19:18
Je suppose que la "métallisation" est de la "méthanisation", non?

A part ce détail, seulement 6 ans pour passer de 35% à 50% d'énergie renouvelable, c'est pour le moins ambitieux, sauf si tous les dossiers concernés sont prêts, financés, autorisés, etc.

Si ce comité de pilotage est vraiment composé des gens qui ont le pouvoir de débloquer les projets en train de prendre la poussière et le découragement, alors bravo !

3.Posté par Réunionnaise curieuse le 21/01/2014 20:50
Et le charbon combien de siècles encore va-t-on en importer pour le brûler à la Réunion ???

4.Posté par didier le 22/01/2014 08:57
Et pas un mot (de zinfos également) sur la destruction du prototype énergie de la houle CETO par le cyclone? Pourtant la Région avait grassement investi dans ce projet (autour de 500 000€) et il est parti en petit morceaux sur la côte de Saint Pierre et au fond de l'eau il y a 15 jours. Projet mené par EDF et DCNS, des gros qui ont les moyens mais qui ont "oublié" de rentrer le proto flottant au port avant le cyclone. Dommage!

5.Posté par polo974 le 23/01/2014 10:10
""" "Aujourd'hui nous consommons 35% d'énergies renouvelables", rappelle le Préfet de la Réunion. """
Oh, c'est vilain de mentir, M. le préfet...
Il ne faut pas confondre électricité (et chauffe eau solaire) avec énergies (dont gas-oil, kérosène, essence)...
De plus sur ces 35%, il y a l'hydro qui est en place depuis les années 1980-1990, depuis, à part les chauffe-eau solaire et quelques petits % en photo et éolien, on n'a guère progressé (pour ne pas dire régressé).

Donc d'un coté, on veut ouvrir une NRL donc développer la circulation automobile, et de l'autre on voudrait atteindre l'autonomie énergétique (va falloir mettre des voitures à pédale en circulation)...

D'autre part, il faudrait réduire le gabarit délirant des voitures, et interdire les clims dans les endroits non isolé thermiquement.

Enfin, si on veut donner du vrai boulot à tous les réunionnai(se)s, il faudrait développer l'industrie, qui n'est pas sans consommer de l’énergie...

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