Société

Un article sur la discrimination positive des Ultramarins fait polémique

"La seule discrimination dont puissent aujourd'hui se plaindre les citoyens français d'outre-mer est une discrimination positive massive"... Un article paru dans un "Dictionnaire historique et critique du racisme", qui reprend à son compte une série de clichés sur les Ultramarins, fait polémique. La déléguée interministérielle à l'égalité des chances des Français d'outre-mer, Sophie Elizeon, l'a qualifié de "collection de poncifs et de stéréotypes".


Sophie Elizeon a qualifié cet article de "collection de poncifs et de stéréotypes"
Sophie Elizeon a qualifié cet article de "collection de poncifs et de stéréotypes"
Un article sur la discrimination positive outre-mer, écrit par Anne-Marie Le Pourhiet,  professeur de droit public à l'université  Rennes 1, et figurant dans le "Dictionnaire historique et critique du racisme" paru en mai 2013 aux Presses universitaires de France (PUF), fait polémique. Et pour cause, il fait la part belle à une série de clichés sur les Français d'outre-mer.

Pourquoi resurgit-il maintenant ? C'est la romancière et dramaturge guadeloupéenne Gerty Dambury, qui, à la lecture de cet article, l'a signalé à nos confrères d'Outre-mer 1ère, qui ont publié des extraits de cette publication.

L'auteur de cet article de quatre pages, consacré à l'Affirmative action (expression américaine traduite en France par « discrimination positive »), évoque ainsi une "discrimination positive massive" en faveur des Ultramarins : "La seule discrimination dont puissent aujourd'hui se plaindre les citoyens français d'outre-mer est une discrimination positive massive : majoration de salaires et de retraites, exonérations sociales et fiscales, subventions à perte de vue, primes de toutes sortes, y compris les voyages gratuits ou à prix réduit vers la métropole au nom de la "continuité territoriale".

"Enfin les français "issus de l'immigration", écrit-elle encore, "qu'elle provienne des anciennes colonies ou d'autres pays, ne peuvent se prévaloir d'aucune autre distinction que celle du temps nécessaire à tous les immigrés pour s'intégrer et remonter la pente de la pauvreté économique et du retard culturel qui les a poussés à quitter leur pays. Ce temps varie évidemment selon la capacité et la volonté d'intégration des populations et leur écart socio-culturel avec la société d'accueil".

Elle continue : "alors que la situation n'a rien à voir avec les Etats-Unis ou l'Afrique du Sud, il a fallu fabriquer de toutes pièces un prétexte selon lequel les populations "issues de l'immigration" seraient "au quotidien" victimes de discriminations".

"Une collection de poncifs et de stéréotypes"

La déléguée interministérielle à l'égalité des chances des Français d'outre-mer, Sophie Elizeon, a qualifié cet article de "collection de poncifs et de stéréotypes".

"Mme Anne-Marie Le Pourhiet semble avoir oublié le fondement du travail universitaire que constitue l’état de l’art", écrit Sophie Elizéon dans un communiqué. "Elle s'autorise à publier sous le seing de l'Université une collection de poncifs et de stéréotypes dont il n'est même pas nécessaire de lister les occurrences. Or, il est notoire que l'outrance n'ajoute aucune force à l'argumentation, et deux mensonges affirmés avec aplomb ne feront jamais une vérité."

"Je pourrais rappeler que la discrimination subie par les ultramarins a été sanctionnée par les juridictions compétentes à de nombreuses reprises, que ce soit dans l'accès au logement, aux services bancaires ou à l'évolution professionnelle . Je pourrais redire que la continuité territoriale s'applique sans doute à la Corse mais que les Calédoniens, Polynésiens, Réunionnais ou Miquelonnais payent leurs billets d'avion aux prix communément pratiqués, de comme vers l’hexagone. Ainsi, un étudiant calédonien paiera pour rentrer en vacances auprès de sa famille à peu près 3500 euros, quand un Rennais qui ferait ses études à Paris paiera 96 euros", rappelle la déléguée interministérielle.

"Je n'en ferai rien" conclut Sophie Elizéon. "Le mépris que doit susciter chez nos compatriotes, originaires des outre-mer ou non, ce pseudo-travail est de mon point de vue la meilleure réponse", écrit-elle. Cette dernière se réserve toutefois le droit d'interpeller  Pierre-André Taguieff (qui a dirigé ce "Dictionnaire historique et critique du racisme").
Samedi 8 Février 2014 - 14:57
G.K.
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1.Posté par noe le 08/02/2014 15:37
Bof ! c'est de la queue leu-leu qui n'impactera pas mon appétit ... je vais déguster un bon carri de tangue ce soir !

2.Posté par David Asmodee le 08/02/2014 15:41
"La seule discrimination dont puissent aujourd'hui se plaindre les citoyens français d'outre-mer est une discrimination positive massive : majoration de salaires et de retraites, exonérations sociales et fiscales, subventions à perte de vue, primes de toutes sortes, y compris les voyages gratuits ou à prix réduit vers la métropole au nom de la "continuité territoriale"


Elle confond juste "Français d'outre-mer" et "Fonctionnaires d'outre-mer". En utilisant la bonne expression, le texte est correct.

3.Posté par Kriss le 08/02/2014 16:00
La discrimination "positive" est aujourd'hui largement remise en cause dans les pays qui l'ont mis en place; Etats-unis, Canada...et pour cause : rien ne remplacera les facteurs purement sociaux de toute différence entre ceux qui "ont"(capital culturel, économique, réseau...etc) et ceux qui "n'ont pas". Tout politique fondée sur je ne sais quelle appartenance raciale ou d'origine n'est que démagogie inefficace...et n'entraine qu'inégalité, ressentiment et in fine Haine de l'autre...

4.Posté par Titi or not Titi le 08/02/2014 16:22
@2

C'est vrai , le texte est plus compréhensible !!

5.Posté par bob volter le 08/02/2014 16:41
Pas faux...et certains en veulent toujours plus !

6.Posté par Zozossi le 08/02/2014 16:43
La discrimination positive -ce racisme honteux qui ne dit pas son nom- existe-t-elle, oui ou non?

Anne-Marie Le Pourhiet a-t-elle raison de citer les "majorations de salaires et de retraites, exonérations sociales et fiscales, subventions à perte de vue, primes de toutes sortes" dont on bénéficie en outre-mer, oui ou non?

Voilà des questions que les Dambury, Elizéon et compagnie ne se posent même pas: il s'agit pour eux de "dénoncer", de "condamner" en attendant de demander l'interdiction et -pourquoi pas- la mise au pilon d'un livre qui leur déplaît! Toujours le même terrorisme intellectuel de ceux qui sont incapables d'argumenter.

A.-M. Le Pourhiet a raison de citer ces scandaleux propos du président du groupe l’Oréal : "Lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chance d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche".

Que les Dambury-Elizéon répondent à cela plutôt que de vouloir brûler les livres!

7.Posté par Tanbi le 08/02/2014 17:22
2-
Les majorations concernent également pratiquement tout le secteur libéral.

Ensuite, affirmer que "les exonérations sociales et fiscales, subventions à perte de vue, primes de toutes sortes, y compris les voyages gratuits ou à prix réduit" ne profitent qu'aux fonctionnaires, c'est un peu du m'importe quoi ...

8.Posté par Et les autres , alors le 08/02/2014 17:29
Cette universitaire sous le joug de Pierre-André Taguieff, personnage que l'on ne présente plus (sa raison doit par nature l'emporter contre tous, sur tout et tout le temps), en présentant les discriminations positives dont jouissent l'outre-mer n'a rien écrit qui ne relève du secret défense. L’état français (quel que soit le parti au pouvoir) a décidé depuis la départementalisation d'hisser ses DOM-TOM au même niveau que la métropole. Là est la générosité de notre pays qui n'a pas suivi la perfide albion qui s'est délestée de ses territoires après en avoir extrait la substantifique moelle pendant des siècles, tout en exigeant un partenariat commercial exclusif via le Commonwealth, pas folle la guêpe). Cette brillante universitaire doit sûrement être au fait que l'UE fait de même avec les pays européens les moins développés, cela s'appelle la solidarité. L'Europe et la France prouvent ainsi que la "santé commune" qui n'a été qu'un leurre pour la Grande-Bretagne, est une réelle préoccupation. Donc il n'y a rien de choquant à prime-abord. Maintenant si derrière un travail universitaire se dissimule une idéologie zemourienne, c'est un autre débat. Est-ce une énième stigmatisation déguisée des "Danseuses de France" ? Si cette chercheure est vraiment préoccupée par l'outre-mer, je l'invite à le parcourir, à y vivre, à y travailler réellement (à éviter St-Gilles et La Montagne trop de biais potentiels) plutôt qu'à travers les empilements de rapports remplis des sempiternelles inepties plus en lien avec l'émotion que la raison. A propos, vu l'attachement louable et républicain de cette brillante universitaire à la bonne utilisation des deniers publics, j'attends avec impatience son tome 2 sur la Corse, son tome 3 sur la Bretagne et ainsi de suite. Bien cordialement.

9.Posté par Michel Gangaye le 08/02/2014 17:37 (depuis mobile)
Il n'est pas souvent facile d'accepter les critiques et de regarder la vérité en face. C'est sûr que les élus ultramarins conditionnent les gens dans la victimisation.

10.Posté par david Vincent le 08/02/2014 22:18
Ce torchon n'est qu'un ramassis d'élucubrations ...car si tous les ultra-marins bénéficiaient de " majoration de salaires et de retraites, exonérations sociales et fiscales, subventions à perte de vue, primes de toutes sortes, y compris les voyages gratuits ou à prix réduit vers la métropole au nom de la "continuité territoriale ...", en effet ce serait de la discrimination positive , et ce n'est sûrement pas le cas .

11.Posté par mandela kreol le 09/02/2014 19:22
Fais sek na po fé.

12.Posté par Amen le 09/02/2014 21:23
Le problème de la victimisation c'est surtout la déresponsabilisation. en clair, dans l'Outre-Mer, le chômage, l'attente de l'Etat providence pourtant en France un des meilleurs d'Europe et du monde, le moindre problème au quotidien : trop chaud, trop froid, trop tôt ou trop tard, qui explique l'échec scolaire tout cela largement relayée par une classe politique démagogique et clientéliste, en clair, donc, tout cela c'est pas ma faute, c'est la faute des autres. Avec des mentalités pareilles, on n'est pas sorti de l'auberge !!!!

13.Posté par Chabada le 09/02/2014 22:47
Et pour la discrimination des zoreils ici on s'adresse à quel bureau ? :)

14.Posté par Brougnole..... le 10/02/2014 01:26
@13

A n'importe quel bureau de l'Etat car tous les directeurs sont zoreils......

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