Société

Trois ans après avoir été battue, Agnès trouve le courage de témoigner

Agnès Lougnon a été sauvagement agressée en novembre 2012. Jugeant la justice trop clémente à l'égard de son agresseur, la sexagénaire a décidé de briser la loi du silence sur cet épisode douloureux.


Agnès, 68 ans, se dit désormais "reconstruite"
Agnès, 68 ans, se dit désormais "reconstruite"
"Si on avait organisé un concours de monstre, je pense que j’aurais gagné". C’est avec humour qu’Agnès Lougnon décrit l’état de son visage après avoir été passée à tabac, il y a trois ans.

Car en novembre 2012, c’est par un autre type de monstre qu’elle avait été sauvagement agressée, la rendant méconnaissable tant son visage et son corps étaient tuméfiés. Désormais remise de ses émotions, et "totalement reconstruite", selon ses mots, la femme de 68 ans souhaite mettre en lumière son histoire.

Ce n’est ni par son mari ni par son ex-conjoint qu’Agnès a été violentée, mais par un homme qu’elle hébergeait pour lui venir en aide. "Je tiens une agence immobilière, c’était un locataire que je connaissais bien. Lorsqu’il s’est retrouvé sans travail, je lui ai proposé de venir quelques temps chez moi, en échange d’une contribution aux charges". Mais l’homme de 45 ans ne parvient pas à retrouver de travail et ne la paie plus. La note s’allonge. "Je lui ai fait comprendre qu’il fallait qu’il se bouge", rapporte-t-elle.

"Il avait probablement bu et consommé du zamal"

Ce jour de novembre 2012, sans qu’une quelconque dispute ait laissé présager une telle montée de colère, les choses dérapent. "Il a grimpé les escaliers 4 à 4 et m’a rejointe à l’étage. Il a attrapé les câbles de téléphone et les a serrés autour de mon cou. Ensuite il est redescendu avant de revenir avec un couteau de cuisine, me menaçant d’extirper mon cœur et de me jeter à la mer. Il me passe enfin à tabac sur le lit", se souvient la victime.  
 
Après ce déchaînement de haine, il part de la maison, avant de revenir avec un plateau repas et une fleur. Dans le même temps il coupe les téléphones et l’empêche de sortir. "J’étais complètement sonnée. Il avait probablement bu et consommé du zamal, je ne l’avais jamais vu comme ça". Elle rapporte tout de même avoir déjà été violentée une première fois dans la voiture, quelques temps auparavant. Un dérapage qui aurait dû servir de sonnette d'alarme, se rend-elle compte après coup. 

Trois jours de calvaire
 
Ses amis et son fils s’étonnent du silence de cette femme connue pour être dynamique. Ils entrent en contact avec celui qu’elle héberge, qui leur explique qu’elle ne se sent pas bien, suite au décès d’un de ses amis, et qu’il s’occupe d’elle. Se rendant compte que la situation est tout de même anormale,  le fils d'Agnès se rend au commissariat pour faire part de ses doutes. Particulièrement inquiet, il part également frapper à la porte de sa mère, où il la découvre particulièrement amochée par les coups.

Devant son agresseur, Agnès explique à son fils être tombée dans les escaliers et avoir fini sa course sur la machine à laver. Une histoire qui ne convainc fort heureusement pas son fils, qui revient avec les policiers le lendemain, pour procéder à l’interpellation de l’agresseur. Au total, le calvaire aura duré trois jours. "Il se confondait parfois en excuses, il comprenait qu’il avait dérapé et tentait de minimiser la situation", se remémore la victime.

"Il va recommencer !"

Pour avoir violenté Agnès, le prévenu a été condamné à lui verser 1000 euros de dommages et intérêts. Il lui incombe également de rembourser un montant de 14 000 euros, une somme correspondant à l’ensemble des frais avancés pendant cette cohabitation qui a duré un an. Mais à ce jour, Agnès n’en a toujours pas vu la couleur. "J’ai demandé une exécution de peine, et je viens tout juste d’adresser un courrier au procureur. Je veux que les choses bougent", explique-t-elle.

La sexagénaire s’insurge d’ailleurs de cette peine jugée trop clémente. "Il aurait dû faire trois mois ferme. Et être obligé de porter le bracelet électronique à sa sortie, mais aussi être astreint à une obligation de soins. Il va recommencer ! Pas avec moi, mais avec une autre !" Agnès le confie, alors que rien n’a bougé en trois ans, elle en veut beaucoup à la Justice. Déterminée à faire avancer son propre combat, elle souhaite également appeler les femmes à ne pas se laisser terroriser : "Il faut aller à la gendarmerie"

Près de 5 plaintes par jour

Bien qu’elle ait écopé de "seulement" 8 jours d’ITT, le traumatisme psychologique est resté présent plus de deux ans. Un mal de tête l’a également poursuivi pendant près d’un an, et les bleus sont restés visibles de nombreux mois. La démarche qu’elle entreprend aujourd’hui représente pour elle un véritable "soulagement". Comme une manière de reprendre le dessus sur une situation qu’elle a été contrainte de subir.

Malheureusement, son histoire n’a rien d’exceptionnel, comme en ont encore témoigné les récents faits divers. A La Réunion, on dénombre près de 5 plaintes par jour pour des violences faites aux femmes. Depuis l’agression d’Agnès, ce serait ainsi près de 6.000 plaintes qui auraient été déposées. Sans compter toutes celles qui n’osent pas faire la démarche et souffrent en silence.

Agnès, le visage tuméfié, après son agression de novembre 2012
Agnès, le visage tuméfié, après son agression de novembre 2012

Les bras de la sexagénaire étaient recouverts de bleus
Les bras de la sexagénaire étaient recouverts de bleus

Agnès a eu des maux de tête pendant un an
Agnès a eu des maux de tête pendant un an
Mercredi 24 Février 2016 - 17:50
marine.abat@zinfos974.com
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1.Posté par Dura lex sed lex le 24/02/2016 18:25 (depuis mobile)
Life is hard..

2.Posté par Juliette Caranta-Pavard le 24/02/2016 18:45

3.Posté par Juliette Caranta-Pavard le 24/02/2016 18:46

4.Posté par Choupette le 24/02/2016 19:07
Une photo de la demi-portion qui frappe les femmes n'aurait pas été superflue.

Il s'en sort avec une petite tape sur les doigts si on lit bien la sentence ... . Pas étonnant que les plaintes s'accumulent sur les bureaux quelque part.

"Il avait probablement bu et consommé du zamal". Oui et ?

On dirait une excuse alors que c'est une circonstance aggravante.

Petit conseil : ne jamais affronter un homme de face.

5.Posté par pos le 24/02/2016 19:16 (depuis mobile)
Vous avez du courage madame, chapeau ,il faudrait que toutes ces femmes battus sorte du silence et mettre ces bureaux en prison comme ça ils subiront aussi

6.Posté par Tanguy le 24/02/2016 19:21
cet abruti d'agresseur mérite le même châtiment ,.....

7.Posté par reveillez vous le 24/02/2016 19:34
juste condamnes a payer.....sérieusement c ca la justice ???

et comme il travaille pas et n a rien...ben voila...il a au final que dalle.....donc c normal .....

heureusement que c pas dans un autre pays....

8.Posté par Fidol Castre le 24/02/2016 19:43
Alcoolique, zamalien ,assisté... l'électeur qui vote bien, qui glisse le bon bulletin, qui fait son "devoir de citoyen" comme il faut. Un républicain modèle quoi. Pourquoi faudrait-il le brutaliser ?

9.Posté par MBJC le 24/02/2016 19:57
Frapper, blesser, humilier, handicaper et la justice punit comme elle a punit cet enfant de sal... : prison avec sursis et 15000 euros d'amende qu'il ne paiera jamais et ce sera encore nous qui devront le faire de part nos impôts... Par contre brûler des arbres, une forêt même si c'est impardonable et mérite une sévère santion, sans meutres, ni violence, c'est un crîme et en bout de course : 12 ans FERME... Cherchez l'erreur...

10.Posté par Thierry le 24/02/2016 20:53
Ce n'est ni le soleil ni la lumière qui illumine son visage ... c'est juste son sourire ... force de vivre.

11.Posté par kld le 24/02/2016 21:17
femme courageuse , femme dobout .

12.Posté par Belle justice le 25/02/2016 00:42
La justice française, et réunionnaise, forte avec les faibles et faible avec les forts et je ne parle pas des copinages avec certains politiques locaux...

13.Posté par babar run le 25/02/2016 03:16
c'est le juge qui ne l'a pas condamné qui devrait avoir le même châtiment.....

14.Posté par SEVERIN le 25/02/2016 08:14
Yes KLD voila l'égalité réelle / C'est une femme forte,une femme fier,une femme qui na pas peur de ses responsabilités,une femme jusqu'au bout des seins.Une femme qu'on aimerait avoir près de chez soi rien que pour son sourire gracieuse.Sauf / NASSIMAH DINDAR,SAMIA BADAT,EL KONNERIE, ERIKA BAREIGT in yab des Yvelines

15.Posté par Sonmama le 25/02/2016 16:07 (depuis mobile)
Les reunionnais sont formidables bravo a cette formidable paresse lâcheté et conerie ambiante bravo mi m aou

16.Posté par Pascal Maillot du Rassemblement Bleu Marine le 25/02/2016 19:35
Cette France là me fait horreur! Vivement un vrai changement, une vraie justice, suis sous le choc, comme souvent!
Madame, les patriotes sont avec vous!! Courage!!

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