Courrier des lecteurs

Tribune d’Anaïs Patel - Baisse de la dotation de contrats aidés : Propositions pour une meilleure gestion


Comme tous les Réunionnais, c’est avec stupéfaction que j’apprends que la rentrée scolaire est menacée du fait de la baisse de contrats aidés. En effet, nous nous demandons, comment est-il encore possible qu’au 21ème siècle, dans un département français, les emplois liés à la scolarisation de nos enfants ne soient pas des emplois pérennes pleinement intégrés au personnel municipal.
 
Certes, notre contexte social impose que nous ne supportions pas les coupes budgétaires à taux égal avec la Métropole mais cette crise, à quelques jours de la rentrée scolaire doit nous alerter que la nécessité de réfléchir à un nouveau modèle social et économique.
 
Pire, au delà des considérations purement budgétaires et des chiffres, nous oublions le plus important, l’Humain. En 2016, 24 000 contrats aidés ont été attribués aux collectivités et aux associations. Nous citons ces chiffres sans prendre en considération que cela concerne 24 000 Réunionnais dont 74% ne bénéficieront pas d’un emploi de longue durée. Sommes-nous réellement conscients de ce que nous faisons subir à ces personnes. Après une période de chômage de longue durée voire de très longue durée, nous donnons de l’espoir à ces personnes de pouvoir retrouver leur dignité grâce à ce précieux sésame : un travail. Mais une fois l’euphorie de la première année passée, les bénéficiaires, se retrouvent, dès le début de la seconde année dans l’angoisse de ne pas voir leur emploi renouvelé. Souvent, le couperet tombe: fin du contrat et retour dans les méandres du chômage et ce, malgré leurs efforts pour être à la hauteur du poste. Les conséquences de ce non-renouvellement sont lourdes du point de vue personnel évidemment mais également concernant le ressenti envers la classe politique. La plupart des personnes passées par le système des contrats aidés sont déçues des politiques, certaines se sentent même trahies, d’autres ressentent un véritable dégout. De leur côté, les politiques estiment avoir rempli leur devoir envers ces personnes en leur proposant ce contrat. Sauf que l’attente de ces personnes n’était pas d’avoir accès à un contrat mais de le garder. Leur attente légitime était l’insertion professionnelle. Il y a donc un véritable décalage entre l’attente de ces personnes et la réponse qui y est apportée. Notre système qui depuis plusieurs années est basé sur la gestion de la misère sociale par les contrats aidés est à bout de souffle. 
 
Nous le voyons, cette solution est inefficace pour lutter contre le chômage. La Ministre du Travail l’a rappelé « les contrats aidés sont extrêmement couteux pour la Nation, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage et ils ne sont pas un tremplin pour l’insertion professionnelle.». Nous invitons donc les élus à réfléchir à un nouveau modèle économique pour notre île et à s’unir pour porter ensemble l’idée d’une zone franche globale, d’une meilleure insertion régionale et d’une réforme de l’octroi de mer. Ces trois leviers sont importants pour sortir notre île du marasme dans lequel elle se trouve. 
 
Nous devons évidemment conserver cette solution des contrats aidés pour le milieu associatif qui est un levier social essentiel à notre département et qui a besoin de ces contrats pour continuer à aider la population. 
 
Un certain nombre de contrats aidés devra cependant continuer à être mis à disposition des collectivités mais de notre point de vue, plusieurs mesures devraient être prise en urgence par les collectivités :
 
- Sécuriser de manière pérenne les emplois dans les secteurs sensibles comme l’éducation, la protection de l’enfance, la lutte contre les maladies vectorielles, l’aide aux personnes âgées  etc…
 
- Confier la gestion des contrats aidés au Pôle Emploi afin d’éviter les risques liés au clientélisme. 
 
- Offrir un statut protecteur aux bénéficiaires de contrats aidés en demandant l’alignement du traitement des bénéficiaires de contrats aidés non-marchand sur ceux du secteur marchand. En effet, le bénéficiaire d’un contrat aidé en collectivité ne bénéficie d’aucune protection liée à son statut précaire. A la fin de son contrat, deux ans en général, la collectivité ne lui devra aucune indemnité de précarité comme c’est le cas lors d’un contrat à durée déterminée. Pourtant, lorsqu’une entreprise privée recrute une personne en contrat aidé sur une durée déterminée, l’indemnité de précarité sera due à la fin du contrat. Lorsque  l’entreprise privée choisit un contrat à durée indéterminée (aide plus avantageuse car plus longue sur le temps), le salarié bénéficiera de la protection du CDI et ne pourra pas être licencié à la fin de l’aide financière (en général 15 mois).
 
Cette baisse des contrats aidés doit être une opportunité pour nous les Réunionnais de proposer au nouveau Gouvernement le modèle que nous souhaitons pour les futures générations. Saisissons-là ! 
Jeudi 10 Août 2017 - 11:24
Anaïs Patel - LREM
Lu 526 fois




1.Posté par GIRONDIN le 10/08/2017 11:46

.... les emplois liés à la scolarisation de nos enfants ne soient pas des emplois pérennes.... ..

BRAVO MME !

2.Posté par J.J Hoarau le 10/08/2017 12:53 (depuis mobile)

C'est qui Anais Patel ? Députée ? Référente EM ? Ou mytho ????

3.Posté par JORI le 10/08/2017 13:17 (depuis mobile)

Les collectivités ne sont pas là pour palier le manque d'emplois dits marchands. Sinon êtes vous prête à ce que l'on multiplie par 10 vos impôts locaux et à faire payer tout le monde sans exception pour que les collectivités embauchent à tour de bras

4.Posté par JORI le 10/08/2017 13:21 (depuis mobile)

Je vais peut-être me répéter mais comment faisait on avant ces emplois aidés, avant le rsa, avant les allocations en tout genre ?.

5.Posté par Oh le 10/08/2017 13:38

Madame Patel n'a plus le droit de s'exprimer au nom de LREM, suite aux législatives les candidats redeviennent de simples militants et doivent s'exprimer en leur nom propre, merci aux journalistes de ne pas se laisser avoir!

6.Posté par lollll le 10/08/2017 13:51

Madame, dans votre lettre il y a beaucoup de bonnes intentions et un bon diagnostic: les ti contrats ne luttent pas contre le chômage. Cependant, vous oubliez LA chose la plus importante pour nos élus locaux: les contrats aidés ne servent qu'à acheter des voix et à maintenir leur clients, oups pardon leurs administrés dans un état de dépendance vis à vis du roitelet au pouvoir.

7.Posté par MICHOU le 10/08/2017 22:14

Ce matin, un auditeur de Freedom proposait que les emplois concernant l'accompagnement mobile des enfants soient inclus dans les appels d'offres des transports scolaires, ce qui permettrait de dégager les mairies de ce problème et permettrait aux bénéficiaires des contrats, des recrutements plus clairs.
Malheureusement tout ce qui devait être provisoire devient chaque fois la règle. C'est tellement plus commode d'utiliser les stagiaires, précaires, bénévoles....
Il n'y a jamais de budget pour embaucher, mais toujours pour des déjeuners, pots en tous genres, remboursés à coups de notes de frais.

8.Posté par Pfffff!!!!!! le 11/08/2017 06:50

Que les intentions sont bonnes! Ce fut un temps où ces mêmes contrats aidés ne vous gênez pas tant.... le temps où vous jouiez de votre influence.....pour maman, les ami ( e)s....L'enfer est pavé de bonnes intentions....

9.Posté par La raison le 11/08/2017 10:27

MMe Patel, on voit que vous n'avez jamais travailler dans une mairie. Vous êtes à côté la plaque et ce que vous écrivez n'est pas nouveaux. Avec la baisse des dotations de l'état aux collectivités locales, ou voulez qu'il aille cherchez des financements pour pérennisés ses postes? Augmenter les impôts? Surtout qu'actuellement, on a une population les entraine râle la corde pour vivre. Les discours qui disent que les élus font de l'électorat avec ses contrats aidé, mais ou est le problème? N'est-ce un chômeur, un père de famille, une mère ou un jeune qui en bénéficie? A-t-on penser que c'est un être humain qui est dans le besoin, et que cela le permet peut-être un courte période de relevé la tète? Moi, c'est l'incompétence des différents gouvernent dans la gestion budgétaires, et surtout d'une véritable méconnaissance de chaque territoire qu'aujourd'hui on est dans une situation économique lamentable .Nos élus locaux , qui ont siégé dans la haute sphère à différents niveaux on contribué. Des dispositifs il en existe beaucoup, mais il existe beaucoup aussi de frein. Des contraintes lourdes, pour accédé à des formations ( passer des textes à niveaux scolaires élevé et souvent cela n'entre pas dans le cadre du métier), créer une entreprise (apporter le soutien des financements, on sait parfaitement quand on est un chômeur on est bien seul), si je vous fais la liste des contraintes elle est bien longue.
La vrai question, est que l'état veut VRAIMENT aider les Français à sortir dans cette galère;

10.Posté par Ma sonnerie le 11/08/2017 11:23 (depuis mobile)

9.
Utilisation des sommes payées aux titulaires de la fonction territoriale au titre de la sur rémunération au profit du financement de la pérennisation des emplois..et identification des missions où les contrats aidés peuvent être affectés..

11.Posté par zentac le 11/08/2017 12:55

il est passionnant, passionné le débat. Madame patel n'a jamais connu une situation de chômage dans lequel elle peut être amené a faire et attendre un contrat aidé. Peut on parler de ce qu'on ne connait pas?? les grands écrit thèse comme cette lettre apporte quoi?? et pensé qu'il y a qu'a tiré sur les titulaires et la
surémunération c'est toujours vouloir monté les uns contre les autres. Les titulaires ne sont t'il pas des consommateur comme les autres ? ne permette t'il pas un équilibre économique, social ?
pourquoi pas tiré sur le président la CCIR qui s'ait fait augmenté son indemnité et des élus de SAint Paul ou des CAC 40??

12.Posté par Volaille le 11/08/2017 16:10 (depuis mobile)

MME PATEL SI VOUS ETIEZ MAIRE VOUS AURAITS FAIT LA MEME CHOSE....C LEURS VIVIERS ELECTORALE AVANT C ETAIT LA MORUE PUIS LA BOUGIE APRES C DES BONS D ESSENCE MAINTENANT C LES BILLETS D AVION ET LES PETITS CONTRATS VOILA COMMENT ON GAGNE LES ELECTIO

13.Posté par Marc le 11/08/2017 23:33

Le principe même des contrats aidés c'est que les gens sont censés tourner dessus. Il s'agit de mettre un terme au chômage de longue durée en réintroduisant les gens sur le marché du travail pendant quelques temps. En effet, pour un employeur un chômeur de longue durée n'est pas très tentant: ils n'ont pas travaillé dans une équipe et avec une hiérarchie depuis longtemps, certains sont désocialisés, ils n'ont plus l'habitude de respecter des horaires de travail (ou du moins c'est l'impression des employeurs)... Donc que la plupart des contrats ne soient pas pérennisés c'est normal, voulu et sain. Le problème c'est le parcours de retour vers l'emploi derrière avec des moyens insuffisants notamment pour les missions locales. Par ailleurs, inefficacité ou non dans la lutte contre le chômage, il n'en reste pas moins que les mairies réunionnaises n'ont pas les effectifs de personnels nécessaires pour la rentrée.

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