Economie

Tourisme : A Paris, Yann de Prince dénonce ”un problème de gouvernance” à La Réunion


La Fédération des entreprises d’Outre-mer (FEDOM) a organisé jeudi 25 septembre un colloque à l’Assemblée Nationale, intitulé ”Tourisme Outre-mer : osons une nouvelle dynamique”. L’organisation patronale (qui représente quelque 110.000 entreprises) a réuni de nombreux chefs d’entreprises, élus, et personnalités (dont l’ancienne ministre des Outre-mers, Brigitte Girardin et la ministre actuelle, George Pau-Langevin). Un colloque dont l’ambition était d’apporter des solutions et des réflexions pour le développement de ce secteur prioritaire, mais en stagnation en Outre-mer.

Yann de Prince, qui était le seul intervenant réunionnais à ce colloque, a saisi l’occasion pour dresser un tableau très noir de la situation La Réunion. Une prise de parole qui n’est pas passée inaperçue, au point de provoquer une mise au point de la part de Patrick Serveaux, le président de l’IRT, présent dans la salle...

Le président du Médef Réunion a en effet pointé du doigt un ”problème de gouvernance”, qu’il a illustré en évoquant la gestion de la crise requin et d’un atout touristique indéniable : le Piton de la Fournaise. ”Le temps n’est plus au constat. Les chiffres nous les avons. Les remèdes, nous en connaissons une partie”, a-t-il expliqué en préambule, regrettant au passage l’absence des députés et sénateurs réunionnais à ce colloque.”Il faut que nos parlementaires soient notre relais et assument leurs responsabilités. Au moment où je vous parle, il y a des émeutes à La Réunion et il y a des gens qui sont désespérés de ne pas trouver de job”, a-t-il insisté.

Sur la crise requin, Yann de Prince n’y est pas allé par quatre chemins : ”Il y a des gens qui se font dévorer. Nous sommes la seule île au monde où si vous vous baignez dans la mer, vous courez le risque d’une contravention. Nous sommes en train de parler de développer le tourisme alors même qu’il est interdit de se baigner”, a-t-il déploré, invitant les pouvoirs publics à ”traiter les vrais problèmes au moment où ils surviennent et non pas trois en après”.

Un point de vue que s’est empressé de tempérer Patrick Serveaux, visiblement échaudé, qui a pris la parole à l’issue de la table ronde. ”Nous pratiquons à La Réunion un sport récurrent qui s’appelle l’auto-flagellation. La vérité c’est qu’à la Réunion, on peut se baigner ! En respectant certaines conditions, en allant dans le lagon”, a souligné le président de l’IRT, soucieux de préserver l’image de la destination.

Sur le volcan : "Le théâtre est fermé pendant les heures de représentation"

Pour étayer les problèmes de gouvernance que connaît La Réunion, Yann de Prince a aussi pris l’exemple du volcan, principale attraction touristique de l’île de La Réunion. Dans un style toujours aussi brut de décoffrage.

Si je vous racontais ici les problèmes que nous rencontrons pour installer des toilettes publiques au volcan, vous ririez tellement c’est ridicule ! Nos concurrents se gausseraient de nous voir si mauvais ! Cela fait six ans qu’on y arrive pas, a-t-il lancé. On a un volcan qui est quand même l’un des plus beaux du monde, mais dont on interdit l’accès quand il est en éruption. En gros, le théâtre est fermé pendant les heures de représentation. Tout ça au nom d’un principe de précaution, que je ne conteste pas. Mais il y a des excès. Dans un cas, on empêche de pêcher des poissons au détriment des vies humaines. Dans l’autre, on empêche l’accès au volcan qui est un attrait touristique incontestable”, a-t-il lancé.

Le président du Medef Réunion a plaidé pour la mise en place d’une gouvernance locale et a proposé des mesures pour développer le tourisme et l’attractivité de l’île. Développer la desserte aérienne, la capacité d’hébergement, la pérennisation de la Lodéom ou encore une baisse de la fiscalité sur l’impôt des sociétés font parties des solutions qui permettraient selon lui de "relancer l'attractivité du territoire".

En bref : Lors de ce colloque, qui a duré une matinée, les acteurs du tourisme en Outre-mer ont fait part de leur souhait au gouvernement que soit mieux prise en compte la diversité des différents territoires d’Outre-mer. ”La politique doit-elle être homogène alors que nos territoires sont extraordinairement hétérogènes ?”, a demandé Jean-Pierre Philibert, le président de la Fedom, interpellant George Pau-Langevin. La président de la Fedom a également  plaidé pour une ”simplification” des procédures dans un ”grand nombre de domaines”, et notamment en matière de politique des visas.

De son côté, la ministre des Outre-mers, qui a conclu le colloque, a rappelé que le CICE serait renforcé à 9% et qu’une réflexion était en cours sur la possibilité de mettre en place un taux ”super-renforcé” (à 12%) sur certains secteurs soumis à la concurrence, dont le tourisme. Une annonce qui n’a semble-t-il pas émerveillé les professionnels présents dans l’assistance...
Jeudi 25 Septembre 2014 - 18:49
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1.Posté par KLD le 25/09/2014 23:22
ah , ah , ah ........ ou ha , ha , ha ........

2.Posté par Alex le 26/09/2014 00:10
Si les divergences se font sentir au sommet de l'état ... il y a de l'eau dans le gaz.

3.Posté par Jean michel ford le 26/09/2014 02:29 (depuis mobile)
Ben le CICE n est pas adapté au collectivités non DOM, donc ça fait déjà plein de mécontents pour cette raison. Et puis c'est une usine à gaz, et puis c 'est encore une nouvelle réforme là où tout le monde aurait besoin de stabilité...

4.Posté par Toto le 26/09/2014 07:22
Déjà qu'il est nul comme patron... Alors le reste...

5.Posté par Nohant le 26/09/2014 09:55
Et comme d'habitude rien sur le prix des billets d'avions ?

Il y a au minimum 400€ de taxes sur un billet Paris Réunion, à quoi ça sert de parler de développer le nombre de desserte ou la capacité hôtelière si les billets d'avion restent inabordables ? À quoi ça sert aux réunionnais d'avoir financé une compagnie aérienne régionale ? (à part offrir des voyages gratuits en business class à la nomenklatura s'entend)

Un touriste qui n'a pas d'attache familiale à La Réunion a vite fait ses comptes, entre un billet d'avion cher, un coût de la vie locale qui l'est tout autant et une île pas spécialement réputée pour ses services on trouve mieux pour moins cher.

6.Posté par justedubonsens le 26/09/2014 10:44
Il n'est pas question ici de commenter les propos de Yann Leprince, mais il est vrai qu'il y a de quoi s'interroger sur le bon sens des mesures en faveur du développement du tourisme. Si on ne peut guère empêcher les requins de venir croquer les baigneurs dans la mer, on peut favoriser l'attractivité de nos sites intérieurs. Mais encore faudrait-il ne pas fermer tous les sentiers ou presque pour la moindre peccadille. C'est justement l'absence de fréquentation et de passages qui rend ces chemins impraticables avec le temps. La végétation pousse très rapidement et si elle fait le bonheur des responsables du Parc Régional, elle prive les randonneurs du plaisir de parcourir nos centaines de sentiers plus beaux les uns que les autres. Ces sentiers existaient bien avant nous et La Réunion n'en est pas morte. Alors favorisons la fréquentation et encourageons les randonneurs amoureux de notre île à entretenir ces sentiers. Informons les pratiquants peu aguerris sur la dangerosité ou l'importance des difficultés à emprunter tel ou tel itinéraire. Ensuite il appartient à chacun de prendre ses responsabilités. Sensibilisons les tenanciers de gîtes à modérer leurs tarifs - un gratin chouchou avec un morceau de carri à 20 € est excessif surtout si on retrouve le même plat tous les jours en parcourant l'île. Un peu d'originalité et de raison encouragera le touriste à venir nous visiter !

7.Posté par mOsieur pOlitique pdp le 26/09/2014 11:06
on a compris...sat pas content d or..sa ve dir sa en gros!! on dirai ke le créol a assez de vivre av des flagellés.. HUMOUR!!! ok,je sors

8.Posté par thierry3468 le 26/09/2014 11:47
De Prince .....Il a réussi à vendre son entreprise à l'agonie sans en avertir ses salariés (certains l'ont appris par la presse) et il se permet de faire la morale aux autres .
Pauvre guignol qui devrait balayer devant sa porte avant de l'ouvrir.

9.Posté par bravo monsieur le prince le 26/09/2014 12:03
actuellement , l'umih, la fédération des gites, l'uhr se gavent de petits fours et copines à Paris.
pour quel résultat ? des hébergements vident toute l'année, un tourisme en chute libre , en contre partie d'aide régionale pour la construction d'hôtels inutiles, vantés par les pros de la defisc.

Réunion ma belle ile, tu touches le fond et l'argent public endort les véreux professionnels du tourisme.

où est mon cerveau ?

10.Posté par mOsieur pOlitique pdp le 26/09/2014 12:57
Laisse a zot, chacun zot tour pou appréci ti four...
Apprécie a li, apprécié la viie, apprécie chaque instant, apprécie chaque moment..

11.Posté par KLD le 26/09/2014 15:37
C'est un fait du prince ?

12.Posté par question bête le 27/09/2014 13:57
quelle est la position du petit prince sur la cession de mobius, et des conséquences sur l'emploi local ..?

13.Posté par nicolas de launay de la perriere le 27/09/2014 14:00
pour ce qui est de l'interdiction de l'enclos en période d'éruption, c'est une mesure de sécurité publique.

faut arrêter de dire n'importe quoi ..mais le medef est spécialiste en déclarations frôlant la connerie.

si la Réunion a un problème de gouvernance, le medef 974 a un problème de crédibilité ..

14.Posté par nicolas de launay de la perriere le 28/09/2014 12:06
l'actualité, décidément, fait passer certains pour des illuminés..

http://www.lepoint.fr/monde/eruption-du-mont-ontake-plus-de-30-randonneurs-retrouves-morts-28-09-2014-1867330_24.php

15.Posté par polo974 le 30/09/2014 12:53
c'est un moyen de lutter contre le chômage...

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