Faits-divers

Talon, tuée par un requin : L'émouvant témoignage de sa mère

La mère de Talon Bishop adresse une "lettre ouverte au préfet et à tous les habitants de La Réunion". Danielle Austin rend hommage à sa fille, décédée suite à une attaque de requin, le 14 février à l'Etang-Salé et partage sa "peine encore immense" et sa "colère "intacte".


"Ma fille, Talon, 22 ans, est morte en février des suites d'une attaque de requin à l'Etang-Salé. La Réunion est régulièrement secouée par ce type de drames avec à la clé un traitement médiatique qui peut être à échelle variable. Aujourd'hui ma peine est encore immense, et ma colère intacte. Je veux la partager.

Qui était Talon Bishop ?

Née le 2 septembre 1992 à la clinique d'Auchel dans le Pas-de-Calais, Talon est arrivée dans ce monde en urgence, après seulement sept mois et demi de grossesse. Je venais de lui offrir une nouvelle vie, à elle et son frère Reiss, sept ans, loin des quartiers mal famés du sud de Londres où j'avais grandi. Ce jour-là, je coulais d'ailleurs une dalle dans l'ancien corps de ferme que je rénovais, pour le transformer en lieu de vacances destiné aux enfants en difficulté des banlieues européennes. Je me suis toujours battue pour élever mes enfants, près de la nature et en toute sécurité.

Talon et moi étions inséparables, mais sa belle enfance au sein de la magnifique propriété et entreprise familiale le Gite de Fléchin était partiellement gâchée par un père irresponsable et surtout absent. Talon n'a eu de contact qu'à deux reprises avec lui, à huit ans, en lui rendant visite à Londres, visite lors de laquelle il jeta ses chaussures préférées à la poubelle, et en recevant un appel de sa part le jour de son seizième anniversaire, alors qu'il ne savait pas quel âge elle avait...

Quittant un système scolaire qui ne lui convenait pas avant le bac, elle a cherché et trouvé sa propre voie, à force de caractère et d'indépendance, en réussissant le concours de moniteur-éducateur à l'IRTS de Lille, après une sélection rigoureuse où seules 8 personnes sur 40 étaient retenues. Restée volontairement en métropole, alors que sa famille était partie s'installer à La Réunion, elle a su surmonter l'éloignement et les difficultés, trouver les financements toute seule afin de réussir sa formation. Diplômée en juin 2014, elle est déçue de voir qu'elle n'a aucun droit à l'aide financière de l'Etat pour la soutenir pendant sa recherche de travail. Elle disait ne pas comprendre comment les jeunes de moins de 25 ans pouvaient s'en sortir, sans accompagnement dans cette transition vers la vie professionnelle. Elle décide alors d'orienter sa recherche vers La Réunion, afin de rejoindre sa famille qui lui manquait tant.

Ravie de s'être rapprochée de moi et de sa sœur, elle est confrontée à la difficulté du marché de l'emploi à La Réunion, mais tombe sous le charme de l'île, qu'elle adore pour sa mixité notamment. Pour la première fois de sa vie, on ne fait pas attention à sa couleur de peau ! Quelques jours avant l'accident, je lui avais demandé de considérer la possibilité d'un retour en métropole, car je m'inquiétais pour son avenir. Elle m'a dit "Maman, je suis prête à tout pour rester ici, même changer de métier et reprendre une formation en pâtisserie".

Le jour de l'accident, elle était avec son copain et un groupe de personnes, jeunes et moins jeunes. Une copine décide de les amener à l'Étang-Salé, n'ayant pas le permis, Talon suit le mouvement, sans que personne parmi les plus âgés notamment ne réfléchisse plus avant. Pourquoi ? Une fois installés sous le pont Mulla, les deux amoureux ont décidé d'aller tremper leurs pieds dans l'eau sans que personne ne cherche à les en dissuader. Pourquoi ?
Son compagnon revient sur la plage pour chercher quelque chose. Talon était seule dans l'eau quand l'attaque s'est produite, elle avait de l'eau jusqu'à la taille. Qui aurait pu croire qu'une telle chose puisse arriver dans un mètre cinquante d'eau ?

Talon a certes fait une erreur ce jour-là, mais elle n'a surtout pas eu de chance et elle l'a tragiquement payé de sa vie. Sous la forme d'un requin de 3m50, la nature a violemment repris ses droits, et l'homme n'est rien face à cette force.

Tout le monde a sa part de responsabilité, il est trop facile de blâmer les victimes car elles n'auraient pas dû être là. Talon n'était pas surfeuse, ni zorey, ni célèbre. Elle était face à l'océan, un élément imprévisible sur une île qu'elle ne connaissait pas. Quand on est jeune, que l'on n'a pas forcément la notion du danger de mort, on n'est pas conscient, on pense vivre pour l'éternité. Une fois sur cette plage de plusieurs kilomètres de sable noir, il n'y a rien pour couper l'envie d'aller rejoindre cet océan envoûtant. Le tout petit panneau de mise en garde (50cm) indique l'importance que l'Etat donne à ce problème. Se décharger de cette façon est inhumain !

Pourquoi ce cri de colère ?

Parce que Talon Bishop n'était pas seulement la quatorzième victime d'une attaque de requin à La Réunion. Elle était un être humain avec une personnalité, une histoire et elle ne méritait pas ce qui lui est arrivé. Une magnifique, courageuse, intelligente jeune femme de 22 ans qui était un peu perdue et tellement inquiète de ce que l'avenir lui réservait qu'elle a oublié quelques instants que la nature est plus forte que tout. Ma fille adorée a perdu la vie d'une façon horrible et inimaginable, mais malgré toute ma peine, je ne peux pas en vouloir aux requins.

En revanche je suis outrée par la suite des événements.

Le soir de l'accident, j'avais rendez-vous avec des amis dans le centre-ville de Saint-Pierre à 20 heures. Dès leur arrivée, mon téléphone s'est mis à sonner. Choquée d'entendre la voix d'un gendarme, j'apprends que ma fille a été victime d'une attaque de requin et que je dois me rendre au CHU de Saint-Pierre. J'avais eu un dernier message de Talon à 17h41 et je ne savais même pas qu'elle allait à la plage.

J'arrive avec mes amis, sous le choc, et donne le nom de ma fille à l'accueil. L'hôpital nous fait attendre à l'extérieur, alors que nous sommes convaincus qu'il s'agit d'une simple blessure à la jambe. Je fais venir mon compagnon et notre fille.

On nous demande ensuite de rencontrer un psychologue, complètement dépassé et incompétent face à la situation. Je lui suggère d'aller parler aux personnes qui étaient présentes lors de l'attaque car elles devaient également être traumatisées. Plus d'une heure plus tard, nous voyons arriver un chirurgien et son assistant qui, après nous avoir amenés dans une pièce minuscule, nous annonce brutalement le décès de Talon, en présence de notre fille cadette de dix ans...

Le choc et le traumatisme sont amplifiés par le peu de tact et le manque l'humanité de l'équipe hospitalière. J'aurais voulu annoncer cette terrible nouvelle dans le calme à ma deuxième fille, mais à la place, elle gardera pour le reste de sa vie le souvenir de ses deux parents hurlant de douleur pendant ce qui semblait une éternité.

Immédiatement et sans explications supplémentaires d'un point de vue médical, on nous amène à la morgue, à l'opposé du centre hospitalier. Sans aucun autre suivi psychologique ni médical pour surmonter la charge émotionnelle. Dévastés, nous sommes renvoyés chez nous après avoir passé plusieurs heures auprès du corps sans vie de la belle Talon. Une fois rentrés chez nous, l'hôpital n'a par contre pas manqué de nous appeler pour nous demander la donation des rétines de notre fille. Je me suis effondrée.

Le lendemain, mon compagnon s'est occupé de toutes les démarches administratives, aller à la gendarmerie et contacter le centre funéraire. Puis mon fils arrive de métropole. Il faut faire vite donc nous allons voir les pompes funèbres les plus proches, à la Ravine des Cabris, où une dame sans aucune compassion nous demande si nous pouvons payer en espèces. L'endroit est glauque, poussiéreux, les murs sont garnis de fausses fleurs sales.

Pas de choix, pas de condoléances, mais par contre une surfacturation de plus de 300 euros. On profite pour gagner, voler même, sur la mort.

Où est l'humanité dans tout ça ?

Je suis en colère contre l'Homme et ce système qui nous déshumanise !

Quels enseignements tirer de ce drame ?

Avant tout, je veux que personne ne parle en mon nom ni en celui de Talon. Nous aimons cette île, bien qu'installés depuis quelques années seulement. C'est un endroit unique au monde, d'une beauté exceptionnelle, mais la nature est aussi pleine de dangers. Faire face et prévoir ces dangers et s'adapter à la nature qui nous entoure plutôt que de vouloir la contrôler est impératif. Les océans sont dans cet état-là à cause de l'Homme et du manque de respect qu'il a pour son environnement naturel. Tuer tous les requins n'est pas la solution ni notre façon de concevoir la vie.

Il faut d'abord s'interroger sur les pratiques de pêche. La pêche intensive effectuée au large par de nombreuses entreprises, françaises et autres, hors de notre vue pour que l'on ne se pose pas de questions, déséquilibre la chaîne alimentaire. Donc la nourriture des requins, baleines, dauphins, qui deviennent à leur tour des victimes collatérales de cette pêche dévastatrice pour l'écosystème océanique. Les pêcheurs locaux qui posent des drumlines près des zones de baignade, augmentent la possibilité que les requins se rapprochent de ces sources de nourriture devenues régulières.

Par ailleurs de nombreuses personnes, organisations et entreprises déversent leurs ordures quotidiennement dans la nature, les eaux usées rejetées dans la mer, notamment en période de cyclone, et plus globalement tous ceux qui considèrent l'océan comme un garde-manger et une poubelle.

De manière générale, les politiques et pratiques mises en place avec la récurrence des attaques de requins le sont sans concertation avec des experts rompus à ces problématiques dans d'autres endroits du globe. Je suis favorable à la préservation de la Réserve marine. Mais le manque de capacité à proposer des solutions concrètes, depuis la sensibilisation au risque dès l'école (on le fait bien pour la route) jusqu'à la mise en place de vrais moyens humains, est révélatrice d'un échec à protéger durablement nos plages. Il faut protéger la population et les touristes, les protéger parfois d'eux-mêmes. La banalisation du problème fait croire aux gens, surtout aux jeunes, que rien ne peut leur arriver.

J'aurais préféré que ma fille prenne une amende de 500 euros car elle est allée dans l'eau dans une zone de baignade interdite. Il est vrai que nous ne pouvons pas protéger toutes les côtes de La Réunion, mais on peut créer des zones sécurisées pour les baigneurs et mettre en place une vraie surveillance des plages, ce qui pourrait en outre créer de l'emploi. Quant au surf à La Réunion, il semblerait que l'activité soit devenue trop dangereuse pour être pratiquée en ce moment. On ne dompte pas un océan entier comme ça ! Après réflexion, je suis contre la pêche intensive de toutes les espèces, requins inclus.

Je suis contre le fait que ce problème devienne politique et racial, que les organisations se battent entre elles plutôt que de trouver des solutions ensemble.

Je suis opposée à ce que des dizaines de millions d'euros soient consacrés inefficacement à cette crise, alors que La Réunion a d'autres problèmes aussi importants à gérer : violences intra-familiales, drogue, chômage, alcoolisme, suicide ou désespoir, fléaux auxquels beaucoup de Réunionnais doivent faire face quotidiennement. Les jeunes en détresse, sans avenir ni perspectives, me touchent beaucoup plus que le fait que l'on ne puisse plus surfer à La Réunion.

L'importance de l'amour, le respect d'autrui et de l'environnement sont des choses que j'ai inculquées à mes enfants dès leur plus jeune âge. Je déplore que notre système n'en fasse pas autant. Nous sommes une famille métisse, je suis créole anglaise, mon compagnon est franco-vietnamien, j'ai des enfants noir et blanc et j'ai trouvé mon paradis. Je n'ai pas envie de le voir détruit par la politique, le profit et l'inaction. l faut travailler tous ensemble pour préserver ce cadeau que la nature nous a donné, l'île de La Réunion.

Repose en paix ma fille, avec notre amour éternel. "
Mercredi 29 Avril 2015 - 16:02
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1.Posté par non le 29/04/2015 17:28
beau cri du coeur, respect madame !

2.Posté par tanguy47 le 29/04/2015 17:31
je suis très sensible à ce message et je souhaite beaucoup de courage à cette maman qui j'espère connaît le bonheur et l'amour auprès des êtres qui lui sont chers.

3.Posté par Thierry MASSICOT le 29/04/2015 17:37
Une mère dévastée de chagrin d'une dignité exceptionnelle, une lettre émouvante, pleine d'intelligente. Un exemple pour tous.

4.Posté par français réunionais depuis 10ans pfffff....... le 29/04/2015 17:39
En même temps le prix est chers payé pour une place au soleil.......

5.Posté par 974 le 29/04/2015 17:49
Juste du coeur et de la raison,pour moi c'est un exemple de pureté et de vertus, loins des tapages des derniers temps.....respect

6.Posté par Lucye raye le 29/04/2015 17:54 (depuis mobile)
Les cris des mots..pour essayer de guérir les maux ...Vous avez dit ce que beaucoup de personnes pensent tout bas... et je vous réitère mon soutien pour faire votre deuil qui sera long très long......une poétesse réunionnaise. ..Lucye Raye

7.Posté par Choupette le 29/04/2015 18:54
" ... une amende de 500 euros ... dans une zone de baignade interdite" la voilà la solution.

Au retour de son stage ici à La Réunion, ma fille m'a rapporté qu'elle était allée se baigner et qu'elle a été entraînée par le courant. Ceux (un maître-nageur entre autres) qui étaient là lui ont dit de ne pas lutter, mais de se laisser aller.

Rétrospectivement, j'ai froid dans le dos. Mais moi j'ai pu lui dire le désespoir dans lequel j'aurais été si ... .

Je vous souhaite tout le courage du monde.

8.Posté par vince le 29/04/2015 19:01
voila un texte tres touchant de cette mére en deuil !!!
elle a subit la pire chose qu'une maman peut subir et elle est contre cette "péche vengeance" qui est lancée par des illuminés
vous avez mon respect le plus sincères madame !!
courage!!

9.Posté par KLD le 29/04/2015 19:31
beau courriers , soutien à la raison et l'humanité qui ressort de ce drame .

10.Posté par Français le 29/04/2015 19:48
Lettre pleine de bon sens. SI tout le monde prenait ses responsabilités, ce genre de drame ne se reproduirait plus.

11.Posté par une maman Réunionnaise compatissante le 29/04/2015 19:57
Nos élu-e-s créoles qui prétendent connaître leur Péï ,...

devraient s'inspirer de ces propos d'une très grande dignité tenus par une maman étrangère venue chercher le paradis dans notre île et qui découvert l'enfer !!!

Que Dieu vous vienne en aide et permette à votre fille Talon de reposer en paix +

12.Posté par Non mais je rêve !?! le 29/04/2015 20:01
Les parents d'Elio devraient lire cette lettre...

13.Posté par Gai rire le 29/04/2015 20:02
Magnifique . Quelle honte ce que vous décrivez sans cris justement..Tout est dit, avec classe .Respect .

14.Posté par tradition le 29/04/2015 20:22
bienvenu a la réunion madame....

15.Posté par A m"diter le 29/04/2015 20:48
J'étais parcouru de frisson en lisant cette lettre. Emouvante, sensible et si juste. Puissent toutes les personnes prendre du recul et réfléchir davantage à l'avenir de la planète et la préservation de la nature.
RESPECT Madame!

16.Posté par paille en queue le 29/04/2015 21:05 (depuis mobile)
Lettre très touchante! Tout mes respect Madame, vous êtes d''une grande sagesse et très courageuse !

17.Posté par R I P O S T E le 29/04/2015 21:46
Votre douleur est présente !

RIPOSTE ne croit pas au préfet , de passage pour 3 années

18.Posté par vincentlamontagne le 29/04/2015 21:54
Belle leçon de courage et de dignité dont devraient s'inspirer nos élus technocrates.

19.Posté par Francois FASQUEL le 29/04/2015 22:01
Message très émouvant. Je vous souhaite plein de courage et à toute votre famille. Je suis bien d'accord avec ces idées. Vous êtes plein d'humanité. Tous ensemble devont trouver les solutions pour que de tels drames n'arrivent plus. La forte anthropisation du littoral et ses conséquences ; les DCP proches des côtes et la pêche intensive sont des pistes à prendre en compte pour trouver un juste équilibre. Courage madame.

20.Posté par Bienvenue le 29/04/2015 22:03
Chapeau bas madame pour votre analyse sur la situation actuelle sachant le mal qui a touché votre famille. Je salue votre courage qui devrait inspirer bien des Réunionnais.

21.Posté par Fabiho le 29/04/2015 22:14
Madame, je m'incline devant le souvenir de votre fille Talon et votre peine. J'espère que votre lettre, si juste, fera réfléchir ceux qui ont manqué de compassion à votre égard, car rien ne vous a été épargné. Puissiez-vous avoir la force de continuer et de parler ainsi ! La Réunion a besoin de personnes comme vous. Respect.

22.Posté par L'Ardéchoise le 29/04/2015 23:15
Belle, très belle lettre, et de beaux commentaires (enfin presque...)

Votre dignité pourrait servir de leçon à tous ceux qui n'en ont pas sur ce site.

Je partage votre tristesse, sincèrement.

23.Posté par Titi or not Titi le 30/04/2015 00:40

Lettre trés touchante, émouvante !!

24.Posté par tintin le 30/04/2015 01:30
tres toucher par se texte respect madame!!

25.Posté par BECBEC le 30/04/2015 01:43
Madame,

Vous êtes chez vous à la Reunion et merci pour cet instant d'amour, de dignité. Vous êtes une belle personne. Votre fille est dans un monde meilleur. Croyez et un jour vous la reverrez.

26.Posté par Math le 30/04/2015 03:07
"Les jeunes en détresse, sans avenir ni perspectives, me touchent beaucoup plus que le fait que l'on ne puisse plus surfer à La Réunion."

Lettre très émouvante, je rebondis sur cette phrase particulièrement qui soulève un gros problème: la corruption des politiques locaux qui sont là depuis des d'année et qui ne font RIEN, ils ne s'occupent PAS des réels problèmes sociaux et environnementaux de l'île.
Il faut revoir profondément notre système sociétal à la Réunion il faut le réadapter à l'échelle de l'île! aux racines multiculturelle des réunionnais!

imaginez la réunion dans 20 ans: des hôtels hors de prix et des villas privées sur toute la côte ouest, des plages polluées, une faune et flore marine détruite, des requins et autres gros poissons encore plus prés du rivage, des réunionnais désespérés d'attendre du travail, un traffic de zamal encore plus élevé pour essayer de s'évader de son quotidien, ... ça fait rêver

A quand de vraies actions concrètes, citoyennes et engagées ?

27.Posté par Karine le 30/04/2015 06:01 (depuis mobile)
sincères condoléances pour votre fille! Quel beau témoignage! Malgré votre peine immense, vous ètes contre la pêche des requins! Je suis tout à fait d''accord avec vous! On doit trouver des solutions et non créer des tensions! Courage!

28.Posté par pdg974 le 30/04/2015 07:21
Je pense que melle TALON n'est pas morte en vain .
On m'a dit une fois qu'un "vrai" homme ne pleure pas que c'est un"coq" mais je peux vous assurer Madame que j'ai bien versé une larme en vous lisant
Bon courage et que Dieu bénisse vous et votre famille

29.Posté par noe le 30/04/2015 08:05
Très digne de la part de cette maman !
Perdre son enfant dans des conditions tragique , horrible ...le cœur saigne !
Tout doit être fait pour que ces tueries cessent !
On doit pouvoir aller dans la mer sans problèmes !

30.Posté par couillonisse le 30/04/2015 08:33
Certains doivent se trouver bien bêtes en lisant cette lettre.... Même zinfos974.....

31.Posté par Cheyne Horan le 30/04/2015 09:17
Un grand respect pour votre dignité , je vous souhaite beaucoup de courage face à cette injustice de la vie .

32.Posté par Métisse974 le 30/04/2015 09:32
Madame j'admire votre courage, votre dignité et votre sagesse. Il est dommage que pas tous les parents de victimes partagent votre point de vue plein de bon sens!

33.Posté par A la maman de Talon le 30/04/2015 09:36
Madame,
Veuillez lire mon article ci-joint avec les photos de la plage de L'Etang-Salé.
Merci de me contacter en me laissant votre num de phone ou GSM
reagissons974@yahoo.fr
Armand Gunet

34.Posté par li le 30/04/2015 10:39 (depuis mobile)
Ce que vous avez ecrit demontre que vous avez tout intégré tout imprégné, de l ile et de ses habitants. Vous êtes Reunionnaise, Madame! Et indeniablement parent. C est vous qui auriez du etre recu par ministre et consors.
A Talon .

35.Posté par AIXELA le 30/04/2015 10:47
très beau commentaire malgrés votre grande souffrance

36.Posté par zetoy le 30/04/2015 13:45
Magnifique hommage .
Nous sommes avec vous .Repose en paix Talon

37.Posté par Levant SOLEIL le 30/04/2015 14:45
Madame Austin vous m'inspirez le plus grand respect....... L'union fait en effet la force mais les politiques font tout pour que les différents acteurs de cette "crise requins" s'opposent entre eux et ainsi ils appliquent le "diviser pour mieux régner" ...... Votre objectivité face à la situation des jeunes réunionnais en parallèle du soucis des "surfeurs" j'y adhère 1000 % et j'aimerais lire la réaction d'un surfeur devant votre phrase si pleine de bon sens malgré votre douleur immense..... Et oui je comprends aussi à 1000% ce que vous voulez dire quand vous évoquez la jeunesse et l'insouciance de Talon (car certains commentaires ici ou ailleurs semblaient avoir oublié ce qu'est "l'insouciance de la jeunesse" ) Moi à 20 ans , amoureuse, heureuse, je n'aurais pas hésité non plus à aller jusqu'à la taille dans l'eau .... Avant de conclure j'espère que le chirurgien de l'hopital dont vous parlez a lu cette lettre, et se fait tout petit dans son coin.......J'espère aussi que Mr le préfet vous répondra point par point..... MERCI DE NOUS AVOIR PERMIS DE VOUS LIRE

38.Posté par patou elessa le 30/04/2015 17:55 (depuis mobile)
Il est extrêmement difficile de voir une femme,une mere en deuil plaider pour l objet de Sa douleur,par ces lignes on peut comprendre à quel point votre fille etait exceptionnelle,rien ne peut là remplacer,mes sinceres condoleances mme

39.Posté par patou elessa le 30/04/2015 17:55 (depuis mobile)
Il est extrêmement difficile de voir une femme,une mere en deuil plaider pour l objet de Sa douleur,par ces lignes on peut comprendre à quel point votre fille etait exceptionnelle,rien ne peut là remplacer,mes sinceres condoleances mme

40.Posté par dokha le 30/04/2015 19:26
mes sincères condoléances. vous êtes une Maman exceptionnelle et une citoyenne du monde fabuleuse. Le Ciel a gagné une nouvelle étoile ...

41.Posté par Mabé le 30/04/2015 23:06
Chère Madame, recevez mes sincères condoléances. Merci pour vos mots qui reflètent de profondes réalités. En retour, puisque Talon aimait tant notre île, recevez ce poème en sa mémoire.
Mon île.
Les dieux t’ont façonné dans un saphir, posé sur l’océan,
Plein au sud des mers d’argent et des continents dormants,
Loin des mains souillées et d’hommes impudents.
Mon île.
Qui préservera ton jardin d’enfant, ta partition de chants,
Où se jouent la symphonie d’hommes et de femmes cléments,
Le concert d’une faune exotique, extraordinaire, non violente,
L’opéra d’une flore luxuriante, aux parfums enivrants ?
Mon île.
A ciel ouvert, tes trois cœurs se battent en corps à corps,
Cirques d’où partent tes artères, pitons et remparts,
Cilaos, Mafate, Salazie où nos marrons étaient fuyards.
Le sommet de ta tête est fécond de quelques belles idées
Contrastées du blanc neige au noir basalte cristallisé,
Mais sur ton piton on y grimpe pour décrasser l’esprit, les sens,
Mais aussi admirer le magnifique théâtre où règne le silence.
Ta bouche est une fournaise, pire que celle de tes enfants.
Elle hurle et vomit des blessures qui durent et qui te hantent,
Te livrant fréquemment à des spectacles grandioses et vivants,
Ta manière de montrer aux humains leur appétit arrogant.
Ta peau est une mosaïque, petit chef-d’œuvre de créativité,
Où malbars, créoles, chinois, zarabes, zoreils font communauté
Du vivre ensemble dans le creuset d’une si fragile paix
A cause de corrompus, de crise ou pire du chômage explosé.
Dans le creux de tes mains s’agitent des êtres en liesse,
Qui gracieusement profitent et jouissent de tes richesses,
En fructifiant tes plantes endémiques et variées,
Ananas, letchis, longaniers, avocatiers et manguiers,
La canne, pour son sucre et son rhum vieux millésimé,
Et l’orchidée pour son exquise gousse de pépites vanillées.
Ton esprit se disperse en nombreux points cardinaux,
Où se sont croisés quelques apôtres et saints capitaux,
Tel que Pierre, Paul, Philippe ou Denis, qui, passés le mot,
Ont élevé une seule chair, une seule âme au bord de tes eaux.
Tes filles sont les fleurs du mal de nos pensées,
Belles et racées comme des hibiscus safranés,
Que l’on désire et cueille un matin de rosée,
Après que les papillons se sont envolés,
Pour en faire toute une vie un éternel bouquet.
Légion de pro ou amateurs s’adonnent aux sports ou détentes
Dans un cadre resté sauvage, voire pire, de modernité décadente,
Randonnées, canyoning, surf, course pédestre, parapente,
Plage, cascade, pique-nique ou simplement farniente,
Même si tes routes par la vitesse, les accidents, offensent.
Mon île.
Terre, air, mer et feu, tu es parfaite.
Dans la masse d’un bijou taillé,
Dans la ronde des gens bigarrés,
Dans la braise d’un maloya endiablé,
Dans le séga de tes hanches enflammées,
Dans ton jardin ensorcelé ou tes eaux protégées,
Sous tes cieux ensoleillés ou autour d’une table épicée,
Qui ne voudrait prendre couche à tes cotés, avec ou sans félicité ?
Ne devrions nous pas, ainsi, tous ensemble construire ton destin ?
Comment reconsidérer la connaissance, prendre le bon train ?
La hausse de nos appétits fous et des activités presque inhumaines
N’accroissent-ils pas les impacts qui nuisent fatalement à tes reins ?
Mon île,
Tu accueilles sans fleurs et bras ouverts, l’étranger,
Mais ta coutume veut qu’il dépose ses préjugés,
Ses acquis et ses penchants sur ses propres terres,
Car ta nature tolère la simplicité et aussi la misère,
Non le mépris au sujet de tes croyances austères.
Tu es le reflet de ta propre histoire d’antan,
Souriant, amants, danseurs et bons vivants.
Et si certains trouvent à redire de ton existence,
Qu’on te traite, c’est assez courant, de fainéant,
Bon à rien ou assisté, qu’ils regardent donc béant
La noirceur de leur subtil personnage provocant
Egale à celle de ceux là-même qui t’y a mis dedans.
Mon île,
Aucune des âmes passées ou présentes sur ton navire fringant
N’a oublié les fonds de cale, l’esclavage, l’enrichissement,
Ni le pouvoir de l’homme colonisateur à l’épiderme blanc.
Cimendef, Enchaing, Furcy sont et resteront tes guides
Autant qu’un Schoelcher, qu'un de Gaulle ou d’un Gandhi.
Mon île,
Tu enchantes le Monde par tant de couleurs,
Tu ravis par ta grâce, ta beauté et tes hauteurs,
Intense par tes passions et tes violentes ardeurs,
Qui font encore de toi l'unique et véritable joyau des mers.
O mon île,
Que j’aime ton nom, Réunion.

© Mabé – 23 avril 2015

42.Posté par 975 le 01/05/2015 10:24
Merci mabé......

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