Société

St-Denis: Les vestiges de l'ancienne prison Juliette Dodu mis à nu


St-Denis: Les vestiges de l'ancienne prison Juliette Dodu mis à nu
Depuis quelques semaines, la DAC OI (Direction des affaires culturelles de l'océan Indien), en partenariat avec l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventive), procède à la réalisation d'un diagnostic archéologique sur le site de l'ancienne prison Juliette Dodu. Au cours de ces recherches, des vestiges datant du XIXe ou XVIIIe siècle ont été découverts sous la cour de la prison. Des vestiges datant de l'ancienne prison Juliette Dodu.

"On a pu mettre à jour des murs de pierre plus anciens que l'actuel bâtiment", explique Edouard Jacquot, archéologue à la DAC OI. Dans la cour de la prison, de grandes tranchées ont été creusées et ont permis de mettre à jour une série de murs bien conservée. "Le but de ce diagnostic archéologique est de trouver les premières traces. La prison Juliette Dodu a toujours eu la même fonction depuis trois siècles", poursuit-il.

Des fouilles préventives qui devraient retarder la transformation de la prison

Cette découverte va permettre d'avoir une "connaissance" plus précise de l'histoire de la prison. "C'est très rare d'avoir un lieu d'une aussi grande emprise qui nous permet d'explorer les profondeurs du temps", précise Edouard Jacquot. "On se doutait que la prison avait une autre forme. L'idée est de savoir ce qui est conservé en dessous. Aujourd'hui on peut dire qu'il reste des vestiges de l'ancienne prison Juliette Dodu", ajoute Thomas Remon, archéologue à l'INRAP.

Avec cette découverte, le site de la prison Juliette Dodu va devoir passer par des fouilles préventives. D'ici à la fin de l'année, un appel à projet doit être lancé pour trouver une nouvelle "vocation" à la prison Juliette Dodu. "Dans le projet d'aménagement qui sera retenu, avant tout démarrage des travaux, le promoteur devra payer pour les fouilles préventives", explique Thomas Remon.

En général, il faut compter environ un an entre le diagnostic archéologique et le début des fouilles préventives. Le site de la prison Juliette Dodu n'est pas prêt de changer pour le moment…
Mardi 6 Août 2013 - 17:03
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1.Posté par Môvélang le 06/08/2013 18:28
ce serait chouette de trouver une pyramide avec ses pharaons esclavagistes momifiés avec tous les esseplications en ziéroglyphes kréol

2.Posté par seb le 06/08/2013 19:36
pourquoi ne pas en faire un musée pour en expliquer son histoire comme dans le font d'autre pays (ex/ prison de 3 rivieres quebec, Canada)
3 siecles d'histoire avec l'esclavage il dois y en avoir des documents qui relatent le passé de notre île

3.Posté par bizarre ca le 06/08/2013 19:44
Un VRAI musée serait une vrai bonne idée sur ceux qui un jour ou l'autre sont passés dans ce lieu (prisonniers ou autres).

4.Posté par Caton2 le 06/08/2013 20:13
Une petite idée de la vie dans la prison sous la monarchie de juillet:

"L’exiguïté des bâtiments conjuguée au laxisme et à l’inégalité du régime carcéral engendre dès lors d’inévitables désordres au sein des prisons de l’île Bourbon. Soulignons à cet effet que les évasions sont encore très fréquentes sous la monarchie de Juillet. La dimension réduite de la colonie offre pourtant peu de refuges sûrs pour l’évadé à l’exception des cirques escarpés de l’intérieur de l’île. Il n’est donc pas étonnant qu’en 1839 les trois détenus jugés pour évasion soient des esclaves éduqués sans doute secrètement sur les habitations à la culture du marronnage. Les reclus compensent néanmoins les rigueurs de l’incarcération par d’autres subterfuges. L’alcool, autorisé jusqu’en 1848, semble être consommé sans modération et entraîne l’ivrognerie des détenus libres ou esclaves. Les trafics en tout genre, et surtout de tabac, s’organisent parfois à la barbe des geôliers. La mixité de certains espaces carcéraux (cuisine, cours de promenade, infirmerie) et les affres de l’entassement encouragent des relations hétérosexuelles ou homosexuelles à peine cachées. Cette pagaille tropicale éveilla l’indignation des notables locaux. Écoutons à ce sujet le conseiller colonial Aristide Patu de Rosemont :
« Il est de notoriété publique qu’il se fait dans la geôle une grande consommation de vin et de rhum, qu’on y joue du violon et qu’on y danse. Cela devrait être sévèrement interdit, si l’on veut que la geôle réponde à sa véritable destination. Il ne faut point s’étonner si, avec le régime actuel, les noirs commettent des délits et des crimes pour rentrer à la geôle »

Les vols restent incontestablement au hit-parade de ce tohu-bohu carcéral. Il est vrai que les détenus, surtout les esclaves, sont particulièrement démunis. Des vêtements, de la nourriture, ou même de l’argent, qui circule librement, on vole tout ou presque dans les prisons de l’île Bourbon. En février 1842, un larcin de 18 000 francs est constaté à la « geôle » de Saint-Denis. La victime, sans doute issue du sérail, avait pourtant confié son argent au concierge au titre du dépôt théoriquement obligatoire lors de l’écrou. L’affaire prend de telles proportions qu’elle est même évoquée devant le conseil colonial103. Au passage, on fustige une fois encore l’impuissance et la malhonnêteté du personnel de surveillance tout en se résignant à l’inhérence du phénomène..."
(Source: http://criminocorpus.revues.org/1761#ftn102)

5.Posté par noe le 07/08/2013 09:57
ça va sûrement attirer les nostalgiques , les anciens pensionnaires de ce lieu hautement culturel !

On va le comparer aux prisons nazies....

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