Société

Souffrance au travail: Comment la détecter et comment s'en sortir ?

Depuis quelques jours, avec le drame de l'ONF, le suicide d'un salarié de Pro-Pneus, ou un rapport sur les conditions de travail à Air Austral, le mal-être au travail est au cœur de l'actualité.

Pierre Mercader, adjoint au directeur du Pôle travail de la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIECCTE), a accepté de répondre à nos questions sur la problématique de la souffrance au travail.


Photo d'illustration
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Zinfos974 : Y-a-t-il plus de souffrance au travail à la Réunion que dans les autres départements ?

Pierre Mercader : Nous ne disposons pas de statistiques précises. Il est très difficile de déterminer si un arrêt maladie est dû aux conditions de travail du salarié. On sait qu'une partie résulte de souffrance au travail. On sait que ça existe mais on ne peut pas le quantifier.

Les conditions de travail se sont-elles améliorées ou dégradées ces dernières années ?

Le ministère du Travail ou la Sécurité sociale, dans leurs rapports, s'accordent à dire que les conditions physiques du travail se sont améliorées. Les expositions au bruit ou à la chaleur, par exemple, sont en net progrès. Par contre les conditions de travail liées à l'organisation et au management entraînent une pression de plus en plus importante.

Quels sont les indices précurseurs du mal-être au travail ?

Du point de vue de l'entreprise, des éléments objectifs comme le taux d'absentéisme ou la baisse de productivité peuvent être des signaux d'alerte. Dans les métiers en relation avec le public, des incidents avec la clientèle peuvent être des signes précurseurs.

Du point de vue de l'individu, la baisse de l'attention, les troubles du sommeil, les maux digestifs ou encore une dépression sont des éléments qui peuvent résulter d'un mal être au travail. Le stress, s'il devient chronique, est un signe également.

Y a-t-il des secteurs d'activités où le mal-être au travail est plus courant ?

Il y a des secteurs particulièrement exposés : les métiers en relation avec le public (Pôle emploi, structures sanitaires et sociales, banques, commerces, assurances, caissières...), les entreprises avec de fortes pressions économiques où la pression sur les salariés est de plus en plus forte. Dans ces secteurs, compte-tenu de la crise, les objectifs sont de plus en plus difficiles à atteindre et peuvent générer un stress pour le salarié.

Une fois la souffrance au travail détectée, quelles sont les solutions ?

Tout dépend s'il s'agit d'un problème d'organisation du travail, du mode de management de l'entreprise ou d'une pression extérieure. Dans tous les cas, la personne doit identifier la source de ses problèmes et exprimer son mal-être. Pour des cas plus graves, comme le harcèlement, l'individu doit alerter le médecin du travail, l'inspection du travail ou encore la justice.

Si le salarié ne s'exprime pas cela peut entraîner un sentiment de dévalorisation. Le risque, c'est qu'il pense qu'il n'est pas à la hauteur de sa fonction.

Les solutions sont à 95% dans les mains du chef d'entreprise, qui a une obligation légale de préserver la santé mentale et physique de ses salariés. L'inspection du travail engage les entreprises à réaliser des diagnostics pour établir les risques psycho-sociaux qui peuvent avoir lieu dans leur société. Il faut que les chefs d'entreprise jouent le jeu. Mais on sait qu'il y a des cas où le chef d'entreprise met directement la pression sur les salariés.

Si aucune solution n'est apportée, l'individu finit souvent par quitter son emploi, que ce soit à travers une rupture conventionnelle, un licenciement ou même une démission s'il n'est pas possible de faire autrement.
Vendredi 15 Février 2013 - 11:09
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1.Posté par web le 15/02/2013 10:45
Il y a un autre point qui est le silence des collègues qui fait que les personnes s'isolent.
Ce qui est souvent mis en place, même si il s'avère qu'il y a une maltraitance au travail c'est la personne maltraitées qui doit partir. Méfiez vous quand la personne sera partie cela va être votre tour.La famille Panou qui veux sauver sa peau est capable de faire lynché un ou une de ces collègues et pourtant si il y avait solidarité les employés auraient gains de cause et cette maltraitance arrêterait.. C'est une des raisons qui fait que cela perdure ce laissé faire Je me suis battu et me bat encore pour que cela stop. Mais le silence et le laissez faire de collègues me déroute.

2.Posté par Mwinmidike le 15/02/2013 11:18
Dans l'ombre de cette souffrance, il y a parfois le refuge de malheureuses femmes auprès des personnes de pouvoir dans l'entreprise en échange de vous savez quoi. Le soir rentrent chez elles après être passée à la casserole, est-ce-que ça vaut le coup malgré les contraintes de la vie ?
Perso, moi j'ai refusé de souffir en assurant quand même mes arrières, j'ai rompu mon contrat ... je ne regrette rien et profite un max de ma famille maintenant !

3.Posté par Bien-Être le 15/02/2013 15:10
"
i[Mais on sait qu'il y a des cas où le chef d'entreprise met directement la pression sur les salariés.
]i" Si ON le sait, pourquoi ON ne les empêche pas ?

"Si aucune solution n'est apportée, l'individu finit souvent par quitter son emploi, que ce soit à travers une rupture conventionnelle, un licenciement ou même une démission s'il n'est pas possible de faire autrement." Effectivement du point de vue d'un membre de la direction, c'est ce qui arrive à cet individu. Il aurait peut-être été plus judicieux d'interroger un médecin du travail ? Lui n'aurait pas parlé que du côté matériel (perte du travail) mais aussi du côté psychologique. La personne ne perd pas que son travail, c'est toute sa personnalité qui est brisée, anéantie, sans ressource...
Le jour où les patrons auront compris qu'un employé sain de corps et d'esprit est davantage rentable qu'un employé fatigué et déprimé alors le monde du travail aura fait un grand progrès.

4.Posté par Houba houba bwana mer cadèr le 15/02/2013 16:46
La liste non exhaustive de Pierre Mercader comprends à mon avis quelques "foutages" de gueules !! Ce monsieur ne peut pas quantifier , je me propose de l'aider ici :
La Poste
Les banques où les jeunes cadres n'ont que le pouvoir de dire non
La télévision
Les institutions où le ti contrats sont en souffrance permanente
Les Polices Nationale et municipale
probablement le DIECCTE , puisque le boss l'on réponds à coté des questions .....

et aussi ceux et celle qui n'ont pas les 53% de rémunérations car ils sont d'office les mal aimés de la patrie avec les conséquences de la souffrance au travail !!

5.Posté par noe le 15/02/2013 18:50
Le stress est une invention de gens ne voulant pas bosser pour avoir en simulation des congés de maladie !

6.Posté par Nathalie le 15/02/2013 20:56
" l'individu doit alerter le médecin du travail, l'inspection du travail ou encore la justice. "...
" le chef d'entreprise a une obligation légale de préserver la santé mentale et physique de ses salariés. "
ET LE CHEF D ENTREPRISE PEUT IL ALLER À LA MÉDECINE DU TRAVAIL, À L INSPECTION DU TRAVAIL, PRÉSERVE T ON TA SANTÉ MENTAL ET PHYSIQUE ????
C est vraiment se foutre de la gueule du monde , de toujours parler du méchant patron , qui gagne plein de fric, et qui abuse de ses employés!
Vous êtes employés et votre patron vous enmerde... Et bien nous les patrons, c est l état qui nous enmerde, nous stress. Impôt, TVA, RSI, paperasse, charges sociales....
Pauvre France!
Alors

7.Posté par thomas le 16/02/2013 04:48
...Pour des cas plus graves, comme le harcèlement, l'individu doit alerter le médecin du travail, l'inspection du travail ou encore la justice..."
"...Les solutions sont à 95% dans les mains du chef d'entreprise, qui a une obligation légale de préserver la santé mentale et physique de ses salariés. ..."

Et après ??? Pendant ce temps l'employé continue d'être harcelé, les dirigeants se permettent entre temps tous les coups bas.. La lenteur de la justice venant se rajouter à tout ce parcours du combattant. L'employé quitte alors l'entreprise en attendant le verdict d'un procès 3 ans plus tard ...
Un patron qui veut se débarasser d'un employé a toutes les cartes en mains pour le faire et celà se fera par tous les moyens( rétrogadation, isolement, humiliation..) jusqu'à ce que l'employé pête et dégage.




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