Société

Sophie*, victime de violences conjugales à 18 ans, témoigne

Dans le cadre de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, des actions de prévention et de sensibilisation sont programmées aujourd'hui aux quatre coins de l'île. Nous avons rencontré Sophie*, qui a accepté de revenir sur les violences infligées par son ex petit-ami.


En 2004, Sophie* a 18 ans lorsqu’elle rencontre Laurent* dans une résidence étudiante. "On allait prendre l’air en bas à la même heure, on a tout de suite sympathisé", se souvient-elle. L’amitié se transforme en liaison amoureuse au bout de quelques semaines. Une relation classique et sans histoire les deux premières années. 

"J’ai déménagé et il est venu vivre avec moi", poursuit-elle. La journée, la Dionysienne va à la fac. Lui, a laissé tomber : "Je ne supportais plus de le voir ne rien faire de ses journées. Financièrement, j’ai fini par subvenir aussi à ses besoins". 
Le couple n'a plus le même rythme de vie, Laurent sort souvent la nuit. "Je piquais des petites crises de jalousie, ça m’énervait qu’il ne pense qu’à faire la fête" admet l’ex-étudiante. Les différends finissent par faire l’objet de disputes de plus en plus violentes : "Je ne me souviens pas du premier coup qu’il m’a porté. Quand on est dedans, on ne s’en rend pas vraiment compte".

"Les flics ne font jamais rien tant qu’il n’y a pas de sang"

Ce dont elle se rappelle, néanmoins, c’est d’une gifle donnée un soir en pleine rue, sous les yeux des passants. "C’est plus humiliant quand ça se passe devant des témoins", confie-t-elle. Leur meilleur ami finit même par refuser de les recevoir chez lui et conseille à la jeune femme d’agir.

Un conseil qu’elle entend mais ne suit pas : "Je ne voulais pas en parler à ma famille. Je n’avais pas peur mais honte d’avoir échoué". Elle renonce aussi à se rendre au commissariat. "J’ai pensé à porter plainte après un coup qui m’avait laissé un bleu énorme et douloureux sur toute la fesse, explique la Dionysienne, mais j’ai vu ma grande soeur se faire taper dessus par son mari et vouloir porter plainte plusieurs fois. Les flics ne font jamais rien tant qu’il n’y a pas du sang".

"Cette honte me bloquait complètement"

Aujourd’hui, elle se souvient des bleus, des "coups de boule", se voit encore traîner sur le sol par les cheveux ou rester traîner tard dehors pour ne pas rentrer chez elle : "Il refusait de quitter mon appart et je ne supportais plus sa présence. Rien que son odeur m’écoeurait".

Elle affirme qu’à l’époque, elle ignorait l’existence de centres d’hébergement et n’a pas pensé aux associations. "Je ne sais pas si j’y serais allée", ajoute Sophie. "J’ai réussi mon master avec mention, je sais ce qui est bon et mauvais. Je ne suis pas quelqu'un de bête mais cette honte me bloquait complètement". 

 La jeune femme ne quittera finalement Laurent* qu’au bout de cinq ans de relation, après avoir rencontré un autre homme qui l’aidera "à le mettre dehors".  Plus question pour elle de subir ces violences. "Je sais que c'est difficile de sortir de ce schéma, conclut Sophie. Mais cette période de ma vie m'a rendue plus forte. Je sais que je ne veux plus jamais revivre ça".

*Noms d'emprunt
Mardi 25 Novembre 2014 - 08:41
Lu 1837 fois




1.Posté par célib à terre le 25/11/2014 11:57
Vous me faites rire mesdemoiselles. Quand un gentil jeune homme bien élevé, sincère, poli, humble et propre sur lui vient vous dire bonjour, vous l'envoyer balader en prétextant qu'il n'est pas assez viril, rebelle et "bad boy". A l'inverse quand un grand "canyar" alcoolisé, zamalé vous acoste lourdement en boite de nuit alors là vous lui ouvrez votre coeur et votre chambre pour vous plaindre quelques semaines ensuite qu'il vous trompe et vous cogne. A ce genre de "femmes" je dirai qu'il serai peut-ètre temps de changer vos critères de sélection concernant la gente masculine.

2.Posté par Toto le 25/11/2014 12:05
Le problème c'est surtout que la plupart des femmes adorent les BAD BOYS ! Vous voyez ce genre de gars, les ZOMS , les vrais... Moi qui n'ai jamais levé la main sur une seule femme, on me sort que je suis trop gentil... y'en a même une qui m'a demandé une fois pourquoi je ne l'ai jamais tapée?!?!? (genre que c'est normal de taper sa femme)
Alors je veux bien qu'on médiatise, mais faudrait peut-être aussi leur expliquer que si depuis la première rencontre, le gars c'est un "ZOM", faut lâcher l'affaire et passer son chemin au lieu de se dire "il va changer pour moi"...

3.Posté par L'Ardéchoise le 25/11/2014 12:12
"Rien que son odeur m'écoeurait"...
Ou comment ne plus pouvoir sentir quelqu'un.
J'espère que sa vie a retrouvé de la douceur dans ce monde de brutes, ce qui semble être le cas, tant mieux.
...

4.Posté par Choupette le 25/11/2014 12:13
5 ans ???!!!

J'ai dû mal à croire à cette histoire.

5.Posté par lili le 25/11/2014 13:04
célib à terre; votre commentaire n'est pas tout à fait faux

6.Posté par noe le 25/11/2014 13:11
Il faut arrêter de subir !
il faut rendre coup pour coup ....
et surtout savoir dire : "Je me casse !"

7.Posté par cerveau reptilien le 25/11/2014 14:38
Étrangement, jamais n'est abordée la question de l'égalité (ou pour reprendre un gadget rhétorique à la mode qui ne veut pas dire grand chose en définitive, celle des stéréotypes de genre) dans l'échec scolaire ou la marginalisation, qui touche davantage les hommes. N'y a-t-il aucun rapport entre le manque d'éducation et la violence faite au femmes? Ou est-ce la doctrine féministe qui est elle même stéréotypée ou autiste, comme quand on ne l'entend pas beaucoup évoquer la marchandisation du corps de la femme autrement que comme une forme de libération ou d'émancipation? Shampoings, bagnoles, yaourts, etc., autant de prétextes pour s'adresser quotidiennement à des braguettes qui n'ont souvent rien demandé.

8.Posté par fl le 25/11/2014 14:41
à célib à terre : je ne l'aurais pas dis comme toi mais tu as raison il y a plein de bon garçon célibat qui ne trouve pas de compagne car ils ne sont pas pété de tune, ont pas le dernier modèle l'auto et voir, un peu trop timide car respectueux de la femme moi même j'en ai été malheureux très longtemps car pas assez frimeur et ouvrier au smic, ça les femmes aime pas trop mais je suis révolté de cette violence envers les filles trop connes qui croient encore aux prince charmant elles ont du lire tout les romans à la con . IL faut absolument avertir nos filles sur ce genre de mecs et je sais de quoi je parle j'ai 3 filles de 20 à 33 ans; Ceci est un grand débat mais nos merdias ousp! média font leurs malheurs exemple allo quoi : plus tes conne plus on t'aime. PS j'aime trop la femme pour lever ma main dessus une main d'homme doit servir que pour lui donner du plaisir par amour.

9.Posté par fl le 25/11/2014 14:44
Pour une fois Noé a raison.

10.Posté par audrey le 25/11/2014 15:15
a celib a terre et toto : vous avez bien raison.mon homme est gentil, timide, n'avait meme pas de voiture quand je l'ai rencontré ou avait de temps en temps une voiture assez vieille, cela ne me derangeait pas.l'essentiel est qu'il me respecte et me traite bien, en esperant que ca dure bien sur, alors les filles prenez en de la graine, regardez un peu les garcons gentils.

11.Posté par André le 25/11/2014 16:42
"celib à terre" , il faut pas mettre non plus mettre toutes les femmes dans le même panier, je suis peut être encore jeune, j'ai 19ans mais surement assez mature pour comprendre qu'un "homme" si on peut appeler ça un homme avec un bas satellite, des piercings partout, chomeur à 20ans, la musique à fond dans la voiture et zamal et j'en passe, n'est pas quelqu'un qu'on peut vivre avec, il y a malheureusement des filles pour aimer ça et il faudra m'expliquer pourquoi les filles ?!!!!

12.Posté par L'Ardéchoise le 25/11/2014 17:01
Choupette, oui, 5 ans cela peut t'étonner, mais d'autres femmes ont attendu encore plus longtemps, jusqu'à ce que les enfants soient grands et puissent se débrouiller.

Quant à certains commentaires, pétard, la cause des femmes n'est pas gagnée !
Déjà, on se croirait sur une certaine radio le soir (à mon arrivée à La Réunion, on m'avait dit d'écouter cela parce que ça valait son pesant de cacahuètes).
"Mi boit pas, mi fume pas, mi travay, mi la in loto, mi peut recevoir, mi peut me déplacer".
Ceux-là qui peut-être vilipendent les musulmans, sur ce site ou ailleurs, mais les envient en secret, pourquoi pas ?
Parce que pour trouver que les femmes cherchent leurs bourreaux...
S'il y en a qui...il y en que...ce n'est pas une raison pour mettre tout le monde dans le même panier.
La nature humaine est ainsi faite, qu'il y a des des tendres, des faibles, des forts.
Et il y a des endroits où il y a plus de forts, enfin tout du moins qui le pensent.
Et c'est à ce niveau que je trouve une responsabilité aux femmes, aux mères, qui naïvement entretiennent le machisme chez leurs enfants mâles.
Et désolée, ce n'est pas une critique mais un amer constat : à La Réunion, c'est trop souvent le cas!
...

13.Posté par Parité? le 25/11/2014 18:32
Sans prendre à l'un ce que l'on donne à l'autre (!!), mais à l'heure où il est question de se départir des "stéréotypes", à quand une journée contre les violences faites aux hommes, même s'ils ne sont victimes qu'à hauteur de 40% des violences conjugales?
http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/27/cette-campagne-de-sensibilisation-britannique-sur-les-violences-faites-aux-hommes-va-vous-faire-reflechir_n_5397431.html

14.Posté par David Asmodee le 25/11/2014 19:03
Pourtant, le kaniar a toujours la côte.

15.Posté par Catherine le 25/11/2014 20:37
2 bonnes claques dans la tronche oui !!! Combien de pauvres gamins sont victimes tous les jours de violence ??? La faute à qui ???? A leur mère bien sûre. Elles les mettent au monde pour retenir le connard qui leur fracasse la tête en espérant qu'il change à l'arrivée du gamin. N'importe quoi !!! Allez apprendre l'école zot va mieux faire !!! La pilule existe, cessez de vous faire engrosser pour retenir un mec, vous valez certainement mieux que cela non ??? Personnellement je ne vais pas pleurer sur votre sort !!!

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