Société

Sidaction : "L'importance de la famille", le témoignage de Wilson Martial


Wilson Martial - 2010
Wilson Martial - 2010
Rares sont les séropositifs qui témoignent librement de leur vie et de leur maladie. C'est le choix qu'a pourtant fait Jean Wilson Martial, un réunionnais installé depuis une dizaine d'années à Lyon (lire ici). Depuis quelque temps déjà, la maladie s'est déclarée chez lui, rongeant à petit feu un système immunitaire qui l'abandonne à la merci de maladies opportunistes qui finiront par le tuer. Les jours de Wilson sont comptés, il le sait, d'autant qu'il a pris la décision d'arrêter la trithérapie censée ralentir la progression de la maladie. "La thérapie avait des conséquences trop lourdes. Je n'y arrivais plus, j'avais des nausées, de violents maux de tête. J'ai décidé de stopper le traitement".

Aujourd'hui le jeune homme de 27 ans vit sa vie comme elle vient et investit les quelques forces qui lui restent à "témoigner en toute liberté et à visage découvert pour sensibiliser les gens sur ce fléau et essayer de balayer les préjugés." Dernièrement de nombreux articles et reportages lui ont été consacrés, notamment sur les chaînes publiques dans le cadre du Sidaction.

L'importance de la famille

Évidemment, Wilson n'oublie jamais de rappeler l'impérieuse nécessité de se "protéger en utilisant des préservatifs" et de "faire les tests de dépistage, gratuits et anonymes" rappelle-t-il. "Le virus meurt à l'air libre. Ce n'est pas en embrassant quelqu'un, en le prenant dans ses bras ou parce qu'il s'est assis sur la même chaise que vous qu'il sera contaminé" explique t-il. Les préjugés, le sentiment de ne pas être accepté lorsqu'on révèle sa maladie à ses proches, Wilson en connaît un rayon sur le sujet. Comment vivre avec cette maladie, l'importance de la famille", ces problématiques l'affectent quotidiennement. Sans revendication ou esprit de revanche, il témoigne des changements qui ont bouleversé sa vie lorsqu'il a avoué sa maladie à ses proches et plus particulièrement à ses parents. Depuis bientôt trois ans la communication entre eux est quasiment inexistante, une épreuve de plus...

"Adam et Eve, pas Adam et Yves"

Sa démarche consistant à assumer ouvertement celui qu'il est, William Martiale ne la regrette pas. "Je suis homosexuel. Ma vie est pour moi. Je ne veux pas mentir. J'assume ma sexualité car je considère que ce n'est pas un tare". Malheureusement pour lui, les idées préconçues sur ce sujet sont encore particulièrement présentes à la Réunion. "Un jour, alors que j'étais de retour dans ma famille à la Réunion, mon oncle a dit que j'étais revenu pour contaminer tout le monde. Mon père n'a pas réagi, je ne me suis pas senti protéger par la cellule familiale. Je ne me sentais pas accepté(...) Mon père m'a ouvertement dit que j'avais le VIH parce que j'étais homosexuel". Cette incompréhension, Wilson l'explique par le "poids des traditions et de la civilisation" et notamment la place de la religion dans la société réunionnaise. "Dans la bible, c'est Adam et Eve, pas Adam et Yves. Les normes se figent en fonction de la majorité" lance-t-il. Malgré ce regard critique, le jeune homme ne jette pas la pierre à l'église, au contraire : "J'ai voulu devenir prêtre et l'église m'a beaucoup apporté depuis que je suis malade. (...) Parmi tous les prêtres que j'ai rencontrés, je n'ai jamais été jugé pour ma sexualité" reconnaît-il.

Plus facile en métropole ?

Selon lui, l'église propose d'ailleurs une distinction entre "les tendances homosexuelles et les actes homosexuels." Comme beaucoup, Wilson Martial a préféré, malgré tout, vivre cette vie en métropole. "C'est peut-être plus facile en métropole, c'est plus grand. A la Réunion, ils vivent leur sexualité cachés. Parfois des parents ne savent pas que leur fils de 45 ans est homosexuel. Moi je ne voulais pas faire semblant." Il regrette néanmoins de ne pas avoir ce soutien de ses parents, même malgré la distance. Au stade de sa maladie, les séjours à l'hôpital se multiplient. Pour lui, il est particulièrement difficile, "après une intervention lourde à l'hôpital, de ne pas avoir un coup de fil de la Réunion."
Dimanche 1 Avril 2012 - 08:07
Lilian Cornu
Lu 1910 fois




1.Posté par Papapio, ni macro ni géniteur payeur le 01/04/2012 10:22
Ca fait mal au coeur de lire ce témoignage... et il a toujours fallu du courage pour faire face a la bêtise...

2.Posté par TEGO le 01/04/2012 11:22
Je découvre cet article de Lilian Cornu sur Jean Wilson Martial, un réunionnais installé depuis une dizaine d'années à Lyon , comme quoi la vie tient à un fil mieux encore une lumière allumée qu'on éteint d'une pièce de la maison ! Je ne sais pas quoi dire de plus Jean Wilson Martial où tu es face à toi même , connaître la souffrance en grand " s " ! Je te tire mon chapeau Monsieur !

3.Posté par Toto : VIH maladie et préjugés névrose, mais l''un se soigne!!!! le 01/04/2012 14:05
Voilà un témoignage de la difficulté d'ếtre dans cette maladie a incidence social . Les jeunes et les plus vieux doivent lire ce genre de commentaire, les aidés a sortir des carcans religionnaire et sociétales, entendre la souffrance auquel nous tous nous participons car nous sommes des ignorants . Je me dit toujours que les humains une fois arriver au ciel, c'est l'endroit ou nous voyons nos bêtises . Je me vois mal, malade du vih, sans famille,sans soutien..... ce mr a du courage face à nos conneries.
Bon courage a ce Mr et espère que la finalité se fera avec sa famille tout autour de lui .

4.Posté par Gérard Jeanneau le 01/04/2012 16:54
Les vaillants distributeurs du précieux préservatif ont du pain sur la planche comme Sisyphe : les préservatifs non NF, de l'épaisseur d'une pelure d'oignon, ne sont pas du tout fiables; ils proviennent pour la plupart de Chine. Par ailleurs dans les coins sans eau, comme en Afrique, le conteur de fleurettes aime conter et reconter avec une variété de fleurettes : pourvu du miraculeux étui à chaque fois qu'il conte, il ne se rend pas compte qu'avec des mains sales qui se promènent sur l'étui miraculeux et sur la zone hautement stratégique, il laisse des traces de tout ce qu'il a pu glaner ici et là. C'est la porte bien ouverte à toutes les MST, y compris le sida.

Il est donc tout à fait opportun de dire urbi et urbi que le préservatif n'est pas une panacée. S'il met généralement à l'abri du mal physique, il est un moyen d'aggraver le mal moral. Contez, contez fleurette : voilà encore un bel acquis de mai 68.

Le remède rigoureusement efficace, c'est la fidélité. Rien d'autre !

5.Posté par Anonyme le 01/04/2012 16:29
En espérant quun jour cette famille connaisse la même souffrance et la même solitude . Bande d'imbécile

6.Posté par HONORA le 01/04/2012 18:58
Quel courage! Navrée de lire que vous n'avez pas le soutien de votre famille. J'ai perdu mes parents jeunes et ils me manquent beaucoup. Bien que vous soyez atteint par cette maladie je vous souhaite malgré tout de vivre chaque moment qui vous ai permis des moments inoubliables. Vous avez une force immense pour passer au dessus de toutes vos souffrances.
J'espère que votre témoignage permettra au monde de prendre conscience de la gravité de ce virus et nul, je le dis nul est à l'abri des maladies.
Tant que la vie vous le permet semez l'amour autour de vous tant pas pour ceux qui n'ont pas compris que cela vaut bien plus que tout.

7.Posté par kadi le 10/04/2012 16:30
C'est un témoignage poignant car ce jeune homme se bat ,et faire face quotidiennement à cette maladie c'est pas donner à tout le monde. Vraiment ça ne doit pas être facile, et même s'il est dans cette situation il persévère, surement parce que à un moment donné il a voulu devenir prêtre il le dit dans son témoignage. Sa famille très proche l'a rejeté au lieu de le soutenir, quand on a surtout et encore sa famille, comment peut on abandonner un être cher ? En tout cas accrochez- vous Mr Wilson, il y a d'autres personnes qui vous soutienne par ces messages d'amour,.Je crois que vous avez une force intérieure, vous êtes exemplaire.et même si je vous ai seulement aperçu à la télé, vous m'aviez ébranlée . Je vous fais une grosse bise et courage.

Nouveau commentaire :
Twitter

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales