Economie

Seulement 20% des objets "souvenirs" sont fabriqués à la Réunion

L'Institut National des Métiers d'Art affûte ses armes. A moins de deux mois de l'événement emblématique des "Journées européennes des métiers d'art", la profession, accompagnée des institutionnels, veut faire vendre mais vendre "local" si possible.


L'artisanat local dépassé par les importations (image d'illustration)
L'artisanat local dépassé par les importations (image d'illustration)
 
80% des souvenirs vendus aux touristes sont importés ! L'Institut National des Métiers d'Art veut regagner du terrain face aux objets souvenirs vendus sur nos marchés forains et autres étals mais importés de la zone océan Indien par exemple.

Trois institutions conjuguent leurs efforts pour faire fléchir cette tendance peu flatteuse pour l'artisanat local. Outre l'Institut National des Métiers d'Art (INMA), la Chambre de Métiers et de l'Artisanat et l'Ile de la Réunion Tourisme engagent l'offensive.

"Il y a 300 entrepreneurs qui travaillent dans les métiers d'Art à la Réunion", confie Bernard Picardo, président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat. "Mais seulement 20% des objets souvenirs sont faits par nos artisans locaux", le reste étant à mettre au compte de l'importation, notamment du bassin régional, voire d'Asie. Pourtant, l'enjeu économique est colossal : "la dépense annuelle touristique dans le domaine des cadeaux-souvenirs pèse plus de 40 millions d'euros", estime Pascal Viroleau, directeur de l'IRT.

Le véritable problème de la filière locale est sa visibilité par les touristes et même les locaux, à en croire les protagonistes. Comment, par exemple, distinguer une production locale d'un objet importé mais malgré tout estampillé "Ile de la Réunion" ?

Des boutiques disposées stratégiquement

"Nous réfléchissons à la mise à disposition d'un étiquetage dédié", lance Bernard Picardo. Un étiquetage qui est en train d'être élaboré. "La charte graphique est en train d'être dessinée", complète Marie-Claire Mussard de la Chambre de Métiers. Ce signe distinctif et "authentificateur" devrait être opérationnel fin mars, sans plus de précision, mais tout est fait pour qu'il soit disponible dans les mêmes temps que les Journées européennes des métiers d'Art.

L'IRT, l'INMA et la Chambre de Métiers présentent leur plan pour rendre "visible" les artisans
L'IRT, l'INMA et la Chambre de Métiers présentent leur plan pour rendre "visible" les artisans
Outre cette vitrine le temps d'un week-end (du 30 mars au 1er avril), l'artisant péi se vit toute l'année. Lorsque la promotion des produits locaux est faite, reste à trouver des lieux d'expo-vente et à forte fréquentation. Hormis les villages "archipels" mis en place par la Chambre, d'autres idées font jour.

La boutique de Kélonia à Saint-Leu en est l'un des meilleurs exemples à en croire Emmanuel Lemagnen, correspondant régional de l'INMA. Après la visite du lieu par les touristes, le passage à la boutique est un lieu stratégique. "Voyez le musée de Villèle. On visite les lieux et puis on repart. Il n'y a pas de boutique qui aurait pu vendre des productions locales", explique-t-il. Tout naturellement, il ajoute que cette offensive n'est pas stigmatisante vis-à-vis des autres productions. "On a rien contre l'importation mais on préfèrerait que nos artisans soient mieux mis en valeur", ajoute Emmanuel Lemagnen.

Une carte routière pour trouver facilement les artisans

Des sites remarquables comme Stella, la Maison du Volcan (après leur rénovation du moins) et bien d'autres sont sur les tablettes. Le mot d'ordre étant une visibilité offerte aux touristes dès leur arrivée à l'aéroport Roland Garros. A ce titre, Emmanuel Lemagnen n'est pas peu fier d'annoncer l'édition prochaine d'une "carte routière des métiers d'art". La grande nouveauté de ce cru 2012. En clair, "une carte dépliante situera les ateliers ou les lieux de vente des objets d'artisanat, noms, adresse, téléphone, photo représentative de la production", bref, autant d'éléments pour localiser facilement les professionnels disposés à laisser voir leurs créations en atelier.

"Nous enverrons des courriers aux artisans "sous statut" en leur demandant tous les renseignements nécessaires dans les prochains jours avec un retour attendu courant mars", explique-t-il. La carte devrait être éditée fin mars, toujours dans l'optique des Journées des métiers d'Art. Loin d'être un gadget ponctuel, cette carte aura pour vocation d'être remise à jour annuellement par la Chambre de Métiers et de l'Artisanat et l'IRT.
Lundi 6 Février 2012 - 16:34
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par Zbob le 06/02/2012 17:13
""On a rien contre l'importation mais on préfèrerait que nos artisans soient mieux mis en valeur"

il n'empêche que ce sont bien les importations qui prennent la meilleure part du gâteau.
Il faudrait essayer d'avoir un artisanat local de qualité ( il y a déjà quelques produits mais pas assez) les touristes ne demandent que cela d'autant que si on laisse faire , les mêmes produits qu'on retrouve ici vont être aussi vendus sur les lieux touristiques en France...même plus besoin de venir!

2.Posté par Viva la Revolucion le 06/02/2012 17:48
Un exemple de plus comment se fait avoir le quidam, comme pour tout le reste d'ailleurs : la qualité de la bouffe, les prix, les impôts, les aides...

3.Posté par stef le 06/02/2012 17:59
BEN deja sur la photo c'est pas un creol krkrkr

4.Posté par NEMO le 06/02/2012 18:18
" 80 pour cent des objets souvenirs vendus aux Touristes sont estampillés "Produits de La Réunion" alors qu'ils viennent d'ailleurs..."

On appelle pas ça de l'arnaque ???

De toute évidence, il y a des fonctionnaires au service de répression des fraudes qui font très mal leur boulot...

Davantage de contrôles et surtout quelques condamnations exemplaires bien médiatisées, devraient assainir le marché en éliminant les fraudeurs et en permettant aux Artisans locaux honnêtes, de vendre leurs produits "Péï.'

5.Posté par Pied noir le 06/02/2012 19:05
En plus c'est même pas des copies qui sont vendues, clairement des trucs malgaches.....ne faut il pas avoir déjà une vraie culture...un savoir faire particulier... pour proposer des souvenirs "culturels" ou artisanaux aux touristes ?

6.Posté par vipère le 06/02/2012 20:30
3.Posté par stef
tu vois ça à quoi à son accent ?
ah à sa couleur ,ah bon !
Tu devrais postuler chez guéant comme expert en civilisation !

7.Posté par jyves974 le 06/02/2012 23:12
Il y a un label qu'on peut lire tres souvent "Made in china". S'il n'y en a pas.. il n'y a qu'a mettre un.
De toute facon, le touriste n'a que faire si la carte postale, le coquillage ou le chapeau est un produit local ou pas. Il doit rester bon marché ou il n'achete pas.

8.Posté par réunionnais le 07/02/2012 06:07
La faute aux politiciens de pacotilles ; il y avait 200 travailleuses familiales de l'arfuts qui animaient des activités liées à l'artisanat sur toute l'ile , de nombreuses familles étaient inscrites dans ces nombreux centres et il y en avait ceux dans le cadre de l'insertion s'en sortaient et qui vendaient leurs productions. La nassima et les timbrés de gauche ont tout saccagé. Tant que nous aurons de tels crétins pour gérer ce pays, nous serons toujours dans l'assistanat

9.Posté par polo974 le 07/02/2012 07:06
"Seulement 20% ...."

Sincèrement, je pensais que c'était moins...
Déjà toutes les savates 2 doigts...

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