Politique

Selon une commissaire européenne, "l’avenir sera meilleur dans les RUP d’ici 10 à 15 ans"


Le bâtiment de la Commission européenne était décoré aux couleurs des RUP
Le bâtiment de la Commission européenne était décoré aux couleurs des RUP
La quarantaine de membres de la délégation réunionnaise à Bruxelles, composée de quelques élus mais surtout de représentants du monde socio-professionnel, est entrée dans le vif du sujet ce matin avec l’ouverture officielle du 4ème Forum des régions ultrapériphériques.
 
Les principaux intervenants ont pris la parole tour à tour pour expliquer en quoi les RUP sont importantes pour l’Europe.
 
"Oui, nous avons été fautifs..."

Corina Cretu, la Commissaire européenne pour la politique régionale, a été la première à s’exprimer en tant que personnalité invitante. Le ton s’est voulu direct et franc : "Des valeurs que nous pensions acquises sont aujourd’hui contestées", référence au départ de la Grande Bretagne de l’UE et aux prises de position anti-Europe de certains candidats à la présidentielle en France, ce qui oblige les responsables européens à parfois faire leur mea culpa. "Oui, nous avons été fautifs en matière de communication, nous n’avons pas suffisamment fait savoir ce que nous faisions pour les populations. Et il faut arrêter de dire que quand c’est bien, ça vient des états, et quand c’est mauvais ça vient de l’Europe".
 
Corina Cretu a ensuite cité Jean-Claude Juncker : "Nous devons nous rapprocher de ce que les citoyens attendent de l’union européenne". Mais, concernant la politique de la commission européenne concernant les RUP, elle n’a pu s’empêcher de tacler certains gouvernements : "Nous ne pouvons pas faire de miracles si les Etats ne font pas leur travail de leur côté". Etait manifestement visée la France puisqu’elle a évoqué un gouvernement qui représentait plusieurs RUP…
 
La Commission est prête à tenir compte des remarques, des propositions que les présidents de RUP vont déposer officiellement demain matin, au travers d’un mémorandum en 150 propositions, a déclaré Corina Cretu. "Je suis très optimiste et suis convaincue que l’avenir sera meilleur dans les RUP d’ici 10 à 15 ans", a-t-elle déclaré.
 
"Je suis impressionnée par votre dynamisme pour surmonter tous les défis liés à la distance". A ce sujet, elle a affirmé que la Commission peut aider les RUP à compenser la distance, à intégrer ses produits sur les marchés internationaux. Une déclaration qui a dû satisfaire le président Didier Robert, dont c’était une des revendications détaillées hier (voir "La continuité territoriale pour tous: Rien n'est impossible selon Didier Robert "). Même si la formulation reste vague et a encore besoin d’être précisée.

Le manque de savoir vivre de Jean-Marie Le Guen
 
Les présidents de région ont ensuite pris la parole tour à tour avant que n’intervienne Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat chargé du Développement et de la Francophonie qui remplaçait au pied levé Ericka Bareigts, retenue en Guyane.
 
L’attitude désinvolte du représentant du gouvernement français a choqué plus d’un dans la salle. Il a commencé par oublier de saluer les présidents de région, avant de lire de façon mécanique un discours écrit par un membre de son Cabinet et qu’il n’avait manifestement pas pris la peine de lire auparavant. Preuve en est qu’il butait sur toutes les abréviations que son collaborateur avait glissées dans le texte… Un discours de 10 minutes, avant de repartir au pas de course et de disparaître, sans doute appelé à d’autres préoccupations apparemment plus importantes. A moins que ce ne soit pour faire campagne pour Emmanuel Macron qu’il s’apprête visiblement, lui aussi, à rejoindre…

"Nous sommes ici parce que nous voulons des réponses"
 
Trois discours ont tranché dans cette partie du forum, en sortant des platitudes souvent répétées.
 
C’est d’abord Vasco Cordeiro, le président du gouvernement régional des Açores, qui a un peu détonné dans le concert d’amabilités jusque là entendues. "Il ne faut pas que nous soyons venus ici pour redire à la Commission ce que sont les RUP. Nous nous sommes déjà rencontrés de très nombreuses fois et elle doit le savoir. Il ne faut pas que nous repartions de Bruxelles en ayant simplement l’impression d’avoir été entendus. La Commission sait déjà. Et nous savons qu’elle sait. Pourquoi sommes nous rassemblés pour la 4ème fois à Bruxelles ? Nous sommes ici parce que nous voulons des réponses. Nous voulons apporter notre contribution. Et nous ne pouvons repartir sans savoir ce que la Commission est prête à faire dans les RUP", a t-il déclaré, applaudi par la salle.
 
"Il faut maintenant réparer les dégâts occasionnés par les politiques communautaires elles mêmes"

Puis c’est Younous Omarjee qui a pris la parole. Si tout le monde avait bien pris soin jusque là de ne pas froisser la Commission et de ne pas évoquer de sujets qui fâchent, le député européen réunionnais n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat. Evoquant les erreurs jusqu’ici commises par les instances européennes, il a affirmé que "rien ne pourra effacer par exemple les conséquences des décisions de supprimer les quotas et les aides à la canne et au sucre". Il y a selon lui un "problème fondamental de la cohérence des politiques communautaires" et "il faut maintenant réparer les dégâts occasionnés par les politiques communautaires elles mêmes". Pour éviter ces écueils, il faut selon lui "en amont prendre en compte les spécificités des RUP et s’appuyer sur l’art 349 telle que traduit par la Cour européenne de Justice". "Nous n’en pouvons plus de demander à la commission européenne d’appliquer un traité", a t-il conclu. Et "il faut répondre aujourd’hui car nous n’avons plus de temps à perdre. Ce qui se passe en Guyane est là pour nous le montrer de façon éclatante".
 
Enfin, Georgios Dassis, le président du Conseil Economique et Social Européen, a complètement réveillé la salle grâce à sa faconde et à un sens du discours digne de l’ancien syndicaliste qu’il était. Il a su émailler son discours d’anecdotes personnelles, dans un style truculent, qui lui a valu de nombreux applaudissements.

"Je demande aux responsables européens de nous entendre, de nous écouter mieux"
 
Il revenait à Didier Robert de conclure cette première partie du Forum, en sa qualité de président par intérim, en remplacement du président de la région Guyane retenu par les événements qui secouent actuellement son territoire.
 
Le président de la Région Réunion n’a pas hésité à comparer Paris et Bruxelles. "Autant les principales décisions prises à Paris s'inscrivent dans une démarche plus comptable que visionnaire", autant "nous avons une véritable écoute de la part de la Commission européenne".
 
Si la démarche est constructive, il n’en demeure pas moins qu’elle pourrait être beaucoup plus efficace, selon Didier Robert, si Bruxelles acceptait d’écouter véritablement les propositions que lui font les présidents de RUP.
 
"Il faut une nécessaire refondation des relations entre la Commission et nos régions et je demande aux responsables européens de nous entendre, de nous écouter mieux", a poursuivi Didier Robert.
 
"Nous sommes à un tournant de nos relations. Une autre voie est possible. Je demande aux autorités européennes de ne pas avoir peur des RUP mais de nous considérer comme une parcelle de l’identité européenne à laquelle nous sommes tous attachés".
 
Puis le président de la Région Réunion en est venu au dossier qui lui tient particulièrement à cœur : "Etre citoyen européen signifie de pouvoir se déplacer et de s’installer dans chacun des territoires européens. Mais comment le faire quand on se heurte à une discontinuité territoriale ? Je plaide pour que l’Europe accepte de nous accompagner dans ce dossier majeur de la continuité territoriale", a-t-il répété.
 
Concernant la compétitivité économique, "nous devons être des facilitateurs et non pas rajouter des règles et des normes qui freinent notre développement".
 
Enfin, concernant la politique commerciale européenne, il a mis en exergue le fait que certains accords commerciaux négociés par l’Europe font peser de lourdes menaces sur les économies des RUP. Il a donc plaidé pour un effort d’harmonisation afin que "les produits qui entrent sur notre territoire respectent les règles que nous, nous respectons".
 
Et le président de Région a conclu en affirmant que, "à l’heure où certains redoutent un repli sur soi, d’autres une fragmentation, les RUP représentent un fantastique défi pour appliquer les valeurs de l’Union européenne".

Didier Robert en compagnie de Corina Cretu, la Commissaire européenne pour la politique régionale, et des présidents de Région des Antilles
Didier Robert en compagnie de Corina Cretu, la Commissaire européenne pour la politique régionale, et des présidents de Région des Antilles

Une partie des socio-professionnels réunionnais à avoir effectué le déplacement
Une partie des socio-professionnels réunionnais à avoir effectué le déplacement
Vendredi 31 Mars 2017 - 02:21
Pierrot Dupuy
Lu 2110 fois




1.Posté par Jacob le 31/03/2017 04:11 (depuis mobile)

À coz lu demande pa la titurilisation de tout le personnel communal de tout l île

2.Posté par cloclo le 31/03/2017 05:55

Encore beaucoup de déplacements, toujours les mêmes. Encore trop de généralités, de bla-bla...On veut du concert.

3.Posté par Eric le 31/03/2017 07:58 (depuis mobile)

Selon une étude il fera beau tous les jours et les Bisounours distribueront des billets et de l'or tous les jours mais pas tout de suite parceque tout de suite c'est compliqué de mentir et prouver son contraire ..^^

4.Posté par GIRONDIN le 31/03/2017 08:54

.............Le manque de savoir vivre de Jean-Marie Le Guen .........

o la la lalalala

Il n'a pas salué didiX j'espère que vous allez vous en remettre!



........."les produits qui entrent sur notre territoire respectent les règles que nous, nous respectons". ...
Tiens c'est l'inverse de ce qu'il souhaitait??

Il souhaitait un abaissement des normes!? Une idee qui a donc tenu 2 mois! Youpi

""""""""""""""""Libérer les entreprises des normes et du cadre juridique vieillots et dépassés au regard des enjeux liés à la coopération régionale et à l’ouverture à l’international. ......"""""""""
Mercredi 18 Janvier 2017 - 00:32-----zinfo

5.Posté par lan le 31/03/2017 09:18

si ça c'est pas se foutre de la gueule du monde. Et entre temps d'ici 15 ans :" ah ben non désolé, tout ne s'est pas passé comme prévu".

6.Posté par Carlo le calamar le 31/03/2017 09:49

En fait nous nana le temps é deux-trois zenfants! C'est aprës toutes ces années que zot i comprend que la pas marché comme prévu!!?

7.Posté par GIRONDIN le 31/03/2017 10:00

Au clair de la lune,Mon ami Pierrot
Prête moi ta lumePour écrire un mot
Ma chandelle est morte
Je n'ai plus de feu
(Il ne s'agit pas d'une plume brisée ou perdue, mais d'un manque de clarté)
Ouvre-moi ta porte
Pour l'amour de Dieu !
Au clair de la lune
Pierrot répondit
Je n'ai pas de lume,Je suis dans mon lit
Va chez la voisine
Je crois qu'elle y est
Car dans la cuisine
On bat le briquet.
(On bat le briquet, donc il y a de la lumière. On n'y fabrique pas des plumes).
Au clair de la lune
L'aimable Lubin
Frappe chez la brune
Ell' répond soudain
Qui frapp' de la sorte ?
Il dit à son tour
Ouvrez votre porte
Pour le Dieu d'amour
Au clair de la lune
On n'y voit qu'un peu
On chercha la lume
On chercha du feu
(On cherche bien de la lumière et pas de plume!)
En cherchant d'la sorte
Je n'sais c'qu'on trouva
Mais j'sais que la porte
Sur eux se ferma.
Ceci pour l'anecdote et pour rendre ses droits à la vérité.

Journaliste c'est un métier !

8.Posté par Simandèf le 31/03/2017 10:04

C'est comme si la Réunion a été vendu aux européens ils ont le droit de dire leurs mots sur une île qu'ils ne connaissent pas.

9.Posté par SEVERIN le 31/03/2017 12:43

AH elle est pas belle notre Europe,rien que dans le titre ça nous laisse rêveur pour les 10/15 années a venir,selon la commissaire Européenne,l'avenir sera meilleur dans les RUP.Pendant ce temps prenait votre mal en patience les sans dents,habituez vous aux bridges ou aux appareilles dentaires.Car c'est de là vient cette bienveillante expression,en attendant ( MANGE DES PISSENLITS PAR LA RACINE ).In yab des Yvelines

10.Posté par Algue au rythme le 31/03/2017 14:34 (depuis mobile)

Chier sur l'état et lécher le fionfion de la commission..Est ce raisonnable pour un sénateur cumulant deux casquettes..?

11.Posté par KUNTA KINTé le 31/03/2017 16:59

Didier Robert en compagnie de ... , et des présidents de Région des Antilles

O p , garde a li en Guyane

12.Posté par tonton le 31/03/2017 17:56

lol, Madame, vous envoyez une fois l'année une petite equipe pour un week-end de vacances et un tour de hélico.
Ils écoutent sagement nos escrots locaux (nou né na besoin sus à plis le peuple: Octroi de mer nou né na beson"
puis vous êtes parti.

VOUS NOUS AVEZ ABANDONNEZ DANS LE DOSSIER OCTROI DE MERDE - je vous ai abandonné aussi.
Faites le sorrir avec ceux qui nous exploitent, si ça vous rends heureux. Je voterais autrement.

Et si ça vous explose: tant pis pour ou

13.Posté par deneb le 31/03/2017 19:36

Et le maintient de l'octroi de mer , qui c'est qui paye les pots cassés de ce bidule ? les couillons de l'outre-mer et après on nous bassine avec la continuité pourquoi pas la continuité des biens de grande consommation , on mange seulement des billets d'avion je ne savais pas .

14.Posté par margouillat974 le 04/04/2017 19:25

Mon dieu, comme mr Didix il a grossit en moins de 10 ans.....! ( les cockails, les virées, la bonne chère et les petit-fours, ça pardonne pas ,à partir d'un certain âge) J'espère qu'il a un bon tailleur, ou un "ami" qui lui paye ses costumes......mais , bon, il a des "frais de représentation" à discrétion, ce n'est pas lui qui pique dans la caisse.....c'est sortit directement de "la réserve parlementaire".....nos impôts, en bref......Mais soyons heureux, dans 10 (ou 15) ans ça ira mieux, c'est promis!!!

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