Courrier des lecteurs

Ségamaloya : officialisation obtenue par Laklarté à la SACEM

Lundi 16 Octobre 2017 - 14:25

Alors que l’ensemble des us et coutumes de la Culture réunionnaise ont fait l’objet d’une reconnaissance au patrimoine Immatériel de l’UNESCO sous l’appellation « MALOYA », la musique réunionnaise est restée depuis de nombreuses années orpheline de nom. Jusqu’au 27 septembre 2017, la musique réunionnaise était perdue dans toute une classification qui ne trouvait pas sa place aux yeux de la Société des Auteurs (SACEM). La musique réunionnaise alimentait toute sorte de catégorie de musiques, jusqu’ici regroupée dans la variété française, dans la world music voir même dans les musiques traditionnelles.

La Réunion dont la SACEM est représenté par son délégué régional n’a pu jusqu’ici fait satisfaire une telle volonté, celle de permettre aux artistes réunionnais d’exprimer leur fierté pour leur musique SEGAMALOYA. Sans doute par ce que le lobbying musical était lui aussi de la danse.

Il a fallu au mouvement LAKLARTÉ, dont la conférence de presse du jeudi 12 octobre 2017 ait été retransmise sur les réseaux sociaux par les Réunionnais de France, pour les voir ses fins défenseurs de la culture réunionnaise exprimée dans leur acronyme Linité-Artistik-Kiltirel-Lang-Anvitoneman-Réyoné-Tradision-Épanouisman (L.A.K.L.A.R.T.É) tout une volonté commune à faire entendre de leur voix, la reconnaissance du style musical SÉGAMALOYA.

LAKLARTÉ représenté ce jour-là par Charles Sintomer, Pael Gigan, Joel Moutoulatchimy, Jean Luc Damartin et Bruno Escyle, nous ont exposé leur démarche et partagé leur satisfaction à cette officialisation.

Il faut fréquenter ces espaces culturels, tels que Kabar Bitasyon aux 3 mares, la Kaz kabar chez Daniel Waro, l’espace MLK à Saint Joseph, les sanctuaires du LAZARET et bien d’autres, pour rencontrer ses personnes fortes d’ambition pour notre pays. Et je ne regrette en rien de les avoir vu et parlé.

De cette reconnaissance, je revois encore au kabar bitasyon et à MLK, Pael et Jean Luc avec leur stand pour promouvoir aux yeux des personnes présentes ce jour-là, cette honorable action qui s’intitulait «  SACEM SÉGAMALOYA ».

Mieux je dirais, ils avaient avec eux la fierté de présenter cette démarche au nom de LAKLARTÉ et surtout ils possédaient des éléments la justifiant. LAKLARTÉ dispose d’outils pédagogiques à mon sens, qui méritent qu’on s’y attarde. Il était important pour moi, qui survolais un peu le milieu culturel, de découvrir les éléments qui le compose, mais aussi les faits culturels et scientifiques qui ont amenés à cette demande. Merci à vous LAKLARTÉ, car effectivement j’ai pu me rendre de compte que les éléments que vous présentez est vérifiable et pousse à une recherche un peu plus approfondie. A ce sujet, j’inviterai les personnes réunionnaises ou pas à investir la Bibliothèque Universitaire, communément appelée BU, pour vous rendre compte que l’histoire n’est pas souvent celle qui a été léguée de prisme en prisme oralement. Nous pouvons la confronter avec les écrits, les récits, les études qui ont été actés et en voir les points de convergence. Car point de convergence existe. La question est de savoir si les réunionnais sont prêts à en discuter et à en entendre ?

Le SÉGAMALOYA est une revendication évidente  et forte de sens. Elle laisse apparaître une certaine liberté. Les artistes sont libre d'alimenter ou pas cette nouvelle catégorisation. Cela veut dire aussi que les artistes doivent se positionner sur la musique qu'ils font et quelle valeur ajouté elle apporte au pays. Ici il n'est pas question de se fermer sur un style, mais plutot de savoir qu'elle est la place de la musique réunionnaise et qu'est ce qu'on attend de ses ambassadeurs. Est ce qu'un artiste de ragga, de reggae, de dance hall, de zouck, de varités française, rock, de salsa, de kizomba, de jazz...... est représentant de la musique réunionnaise? 

Elle marque aussi une visibilité sur tous les plans, c'est à dire qu'on peut mettre une dénomination sur la musique réunionnaise, elle a de l'existence maintenant, jusqu'ici elle était plus dans l'oralité cette reconnaissance que dans une officialisation claire. Tout le monde sait d'où vient tel ou tel sytle de musique, mais nous hésitons à chaque quand il s'agit de celle de la Réunion. La faute à qui?

SÉGAMALOYA en France mais pas à la Réunion

Pourquoi être passé directement par le Président de la SACEM ? Les éléments de réponses sont disponibles dans l’article du quotidien du dimanche 15 octobre 2017. «  Nous avons demandé au délégué régional et ce dernier a refusé » de ce fait une demande a été effectué directement à la maison mère. La maison mère dont le Président est un artiste Mr  Claude PETIT, grand chef d’orchestre. Ce qui veut dire que les artistes ont parlé à un artiste et que ce dernier a trouvé la demande plus que légitime, et de manière significative, il a enclenché le processus de création du genre musical SÉGAMALOYA dans le menu déroulant de la SACEM.

Cette remarque appel une discussion. Le délégué régional n’est pas artiste ? Pourquoi a-t-il émis un refus ?  Y a-t-il un blocage ici même ? Comment peut-on expliquer qu’à 10 000 Km le Président de la SACEM puisse  entendre et répondre à la requête et que son représentant régional, lui, l’ait pas entendu ?

SÉGAMALOYA au niveau Politique CULTURELLE

Je préfère retenir de cet épisode, cette date du 27 septembre 2017, qui officialise enfin une reconnaissance de ce qu’est la musique réunionnaise.

LAKLARTÉ, comme dirait un de ses membres, donne le « la » remettant l’ensemble des acteurs culturels en ordre de marche, pour que notamment les subventions qui sont souvent allouées puissent servir véritablement à la promotion de la musique réunionnaise : le SÉGAMALOYA.

Les autres musiques sont aussi louables, mais elles n'apportent à la Réunion si ce n'est le fait d'un mimétisme perpétuel.

Enfin, mesdames, messieurs les élus de la culture vous allez pouvoir donner un vrai sens à votre politique culturelle vouée à la musique réunionnaise. Je pense que la démarche de LAKLARTÉ, permettra dès aujourd’hui de redonner une force à la musique réunionnaise, la positionnant sur l’échiquier national et international comme une vraie musique avec une identité, un nom.

Parlant de nom, j’ai bien apprécié l’allusion faite au nom de famille et au prénom. Effectivement nous nous retrouvons avec un nom de famille commun aux Mascareignes SÉGA et au prénom propre à l’identité réunionnaise MALOYA appelé aussi Séga des noirs. 

Bravo pour cet avancé considérable pour la musique réunionnaise.
Xavier
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1.Posté par MICHOU le 29/10/2017 18:26

En attendant nous on l'a vécu sur le terrain vendredi soir, au concert de Ziskakan à grands bois, un pur bonheur!

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