Faits-divers

Saint-Pierre : Quand on ne s’aime plus, gnons, horions et mensonges divers


Quand un couple se délite, la solution intelligente consiste à se séparer avec le moins de dommages possible des deux côtés. Mais ça, c’est entre personnes de bonne volonté, et quand la famille ne s’en mêle pas de surcroît. Faute de quoi on s’entredéchire à qui mieux-mieux et ça fait mal à tout le monde. Une veine encore que le ridicule ne tue pas !

Ils étaient quatre ce matin à la barre de la correctionnelle de Saint-Pierre. D’un côté le papa Denis, Bernard, soixante-dix balais et des poussières, retraité. Le fils Denis, Vincent, gros balaise, la quarantaine et quelques farines, surveillant dans un lycée privé. Et la fille Denis, Carine, la quarantaine moins quelques poussières, sans emploi. Tous trois habitent la Ravine-des-Cabris.

A leurs côtés mais à distance circonspecte, Eric Ethève, quarante ans et des bricoles, faible corpulence, garagiste à Saint-Joseph, ex-mari de Carine.

Voici quatre ans, Eric et Carine filaient le parfait amour et elle était la secrétaire comptable de son garagiste de mari. Ils habitaient à La Ravine, dans une maison familiale laissée à leur disposition par les Denis.

2010, le couple ne s’entend plus ; Eric file de son côté, leurs enfants étant confiés à la garde de la mère. Le garagiste réclamera mais en vain la restitution de ses papiers professionnels, notamment sa comptabilité, ainsi que son ordinateur de bureau, le tout conservé par devers elle à La Ravine par son ex qui refuse obstinément de les lui rendre.

C’est là que le sieur Eric va commettre une bourde qui aurait pu aisément être évitée. Plutôt que de se faire accompagner par des policiers, sinon un huissier, il sollicite quelques-uns de ses potes (six diront les témoins) pour aller récupérer son bien à La Ravine. L’ex-épouse et son papa sont allés déposer les enfants à l’école.

Pendant que les autres attendent, Eric, armé d’un coupe-boulons (eh ! il est garagiste, non ?) fait un sort à la chaîne et au cadenas empêchant l’entrée dans ce qu’il considère toujours comme étant son "chez lui".

Mis au courant de l’invasion, le frère costaud qui habite tout près se précipite au-devant des intrus et menace en vociférant à tout-va, armé d’un solide sabre-à-cannes. En réalité, les amis d’Eric étant restés à l’extérieur de la cour, c’est à ce dernier que s’adressent les menaces.

Le sabre ? C’est parce que Eric "aurait" saisi une pelle traînant dans les parages, objet contondant soit, mais à l’existence incertaine selon les enquêteurs. La maman, décédée depuis (sans rapport avec cette lamentable affaire), appelle la police. Le papa et la fille surgissent sur ces entrefaites, le ton monte, enfle, engueulades, menaces, démesure en tout genre… Selon les témoins, unanimes, on est au  bord d’un massacre général.

"Il m’a mis son grand couteau sous la gorge en disant qu’il allait me tuer ! " Les témoins confirment. Le frère nie. La sœur et le papa confirment logiquement ses dénégations.
C’est encore la pauvre maman qui parvient à remettre un peu de calme dans cette histoire de oufs. Profitant de l’accalmie apparente, Eric entre dans son ancien bureau. C’en est trop pour les autres qui le suivent et cognent. Mêlée générale, Eric se retrouve au sol, sonné de toutes parts.

"Elle m’a agrippé par les testicules et m’a mordu pendant que son père et son frère s’acharnaient sur moi". Pour ne pas être en reste, il cogne au petit bonheur la chance… Dans cette confusion hautement teintée de stupidité, Eric récupère quand même son ordinateur… sur l’arrière du crâne, lancé apparemment par le papa.

Total de cette invraisemblable bêtise, elle en sort avec le t-shirt déchiré et des traces de coups. Mais les témoins sont, là aussi, unanimes à dire qu’elle s’est elle-même déchiré son vêtement. De là à dire que les coups reçus, elle se les a administrés elle-même également… cela a été évoqué par le substitut Chloé Tanguy. Les traces des coups reçus par son ex-mari, eux, n’ont en revanche rien de douteux.

Si  l’ancien mari était poursuivi, entre autres, pour violation de domicile, la substitut s’est dite peu convaincue. Exonérant le papa, Chloé Tanguy a un peu chargé le frère et la sœur sans épargner l’ex.

Me Raffi, pour Eric, a commencé, comme à son habitude, par un de ces bons gros gags de derrière les fagots dont il a le secret : il a nié le massacre de la chaîne et du cadenas (!), donc pas de violation de domicile (il fallait y penser) et tenté l’apaisement dans une affaire remontant à quatre ans.

Le bâtonnier Hoareau, pour ne pas être en reste dans l’originalité, en a appelé aux mânes du général De Gaulle pour dire "qu’il faut parfois laisser le sang sécher… mais est-ce que c’est toujours possible ?"

Sautant du coq à l’âne, l’avocat de la confrérie Denis a parlé d’une expédition style Daech ("ls sont venus à sept !") bien propre à effrayer les habitants de la maison. On se retrouvait en pleine légitime défense !

Dans cette affaire où le ridicule le dispute au grotesque, le papa écope de 300 euros avec sursis ; son fils, sa fille et l’ex, de 3 mois avec sursis. Pas de jaloux, sauf que… Eric étant relaxé du chef de violation de domicile, les demandes de dommages-intérêts (copieuses) présentées par leur avocat faisaient un plouf retentissant dans cette débile mare aux grenouilles.

"Mais ce n’est pas fini", comme le serine une publicité idiote !

Alors que les adversaires sont sortis de la salle d’audience, leur avocat et l’ex secrétaire reviennent en trombe dans le prétoire, "criant l’assassin" sous prétexte que le garagiste aurait menacé de tuer toute la smala.

Des menaces qu’ils sont les seuls, apparemment, à avoir entendues.
Plus débile tu meurs !
Jeudi 19 Mars 2015 - 17:47
Jules Bénard
Lu 4120 fois




1.Posté par KLD le 19/03/2015 17:59
triste , la bétise au quotidien !

2.Posté par tempsperdu le 20/03/2015 17:39
j'ai pas tout lu,je vois trop d'abrutis dans le méme genre tous les jours...rien d'extra malheresment,974 lé en téte!

3.Posté par tempsperdu le 20/03/2015 17:41
je voulais dire rien d'original.......un tournoi d'echec qui tourne mal m'aurait fait plus réagir.....

Nouveau commentaire :
Twitter

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales