Faits-divers

Saint-Louis : Le marchand de sommeil louait très cher des taudis à des familles démunies

Tribunal correctionnel de Saint-Pierre, 22 mai 2014.


Saint-Louis : Le marchand de sommeil louait très cher des taudis à des familles démunies
Ahmad Imankan, commerçant en mode et électroménager, arrondissait ses fins de mois en louant à des familles immigrées des logements dont un éleveur ne voudrait pas pour ses bêtes. Huit appartements d’une totale insalubrité, des mensualités de 670 à 800 euros pour des surfaces "habitables" (!) de 42 à 60 mètres-carrés.
 
Bricolages électriques effarants, humidité omni présente, murs lépreux, pièces "aveugles", carrelages de cuisine aux abonnés absents… la totale. Le terme "pièces aveugles" désigne une trouvaille de ce bâilleur peu scrupuleux pour augmenter le nombre de chambres.
 
M. Imankan avait tout bonnement coupé certaines pièces en deux, la nouvelle chambre se retrouvant ainsi dépourvue de toute ouverture sur l’extérieur. Avec l’humidité récurrente et la chaleur, on imagine les dégâts sur la santé des habitants. Selon lui, "ce sont les locataires qui ont sollicité ces aménagements, je n’ai fait que leur rendre service".
 
"Je ne pouvais rien faire"
 
Suite à un signalement de la Semader dans le cadre de la RHI (résorption de l’habitat insalubre), un arrêté préfectoral de 2012 demande à l’ARS (agence régionale de santé) de faire un état complet des lieux. Réfrénant leur pulsion première (dégainer le lance-flammes), les fonctionnaires réclament illico une remise en état complète des lieux. Depuis 2012, M. Imankan… n’a rien fait du tout !
 
Fébrile à la barre, compulsant ses dossiers avec la dextérité d’un joueur de poker professionnel, l’accusé prend quand même le temps de dire qu’il "ne pouvait rien faire car on ne peut pas réparer des locaux occupés". Ah bon ? C’est nouveau, ça vient de sortir. A se demander alors pourquoi il a contraint certains de ses locataires à déménager en catastrophe et menacé certains autres pour qu’ils renoncent à leur droit à un relogement ?
 
Sa défense est surprenante : "Je ne pouvais rien faire malgré mes nombreuses démarches" dont il ne fournit d’ailleurs pas la moindre preuve. Selon cet humaniste, "ce sont la Semader et la Préfecture qui auraient dû les reloger !"
 
"Pour ne pas dormir dehors !"
 
Ce qui suscite de la part de la Présidente Peinaud une question simple : "Vous-même, avec votre famille, vos enfants, vous auriez habité là-dedans ?" Pas désarçonné une seconde, il réplique avec un calme olympien : "Oui… pour ne pas dormir dehors !"
 
Aucune question de la Présidente ni du Procureur Giraudet ne le surprend. Pourquoi deux familles expulsées n’ont-elles pas été relogées comme la loi l’impose ? "J’ai fait des propositions pourtant". A qui ? Quand ? Où ? On ne le saura jamais car M. Imankan n’a jamais fourni les justificatifs réclamés par les enquêteurs.
 
Pourquoi a-t-il coupé l’eau à un de ses locataires ? "C’est même pas vrai. D’ailleurs, ce sont eux qui me doivent de l’argent, beaucoup d’argent". Qui ? Combien ? La réponse est encore en chemin.
 
Pourquoi louer des logements aussi manifestement inhabitables ? "Ce sont eux qui ont dégradé leurs logements !" La Cour ne lui a pas laissé le temps de développer la diatribe xénophobe, voire raciste, qui lui montait aux lèvres.
 
"Des familles dont personne ne voudrait ?"
 
Remonté comme une pendule, le Procureur s’est pourtant fendu d’un trait d’humour avant de développer son réquisitoire : "Je conseille à M. Imankan de s’associer à Jean-Baptiste Técher (lire ici). Lui, il louerait des logements insalubres à des démunis, auxquels l’autre vendrait très cher des marchandises périmées et du rhum à 20 euros le litre…"
 
Avant de descendre l’accusé à la cadence d’une MG42. "Il loge des familles dont, selon lui, personne ne veut et leur met sur le dos des dégâts d’une étendue considérable. Or, les défauts de conception existaient avant leur entrée dans les lieux. Dans certains cas, l’insalubrité est irrémédiable ! Et il réclame 800 euros à des pauvres, pour des soi-disant logements qui ne sont que des trous à rats ! En récoltant religieusement, chaque mois, les allocations versées directement sur son compte par la CAF. La solidarité nationale a donc casqué durant des années pour des trous à rats. Et il vient devant nous la main sur le cœur pour se justifier de ses actes ignobles !"
 
Contre cet exploiteur de la misère, le Procureur a été particulièrement intransigeant en réclamant une amende de 45.000 euros, plus l'interdiction d’acquérir des logements à usage locatif.
 
Décision le 19 juin.
Vendredi 23 Mai 2014 - 11:27
Jules Bénard
Lu 1438 fois




1.Posté par Citoyens à st denis le 23/05/2014 14:45
juste dans le centre de St denis plus de 40 villas, appartements d’une totale insalubrité,fraude totale des mensualités de 770 à 900 euros entassé plusieurs familles

PROXÉNÈTE DE L' IMMOBILIERS DE GRAND RÉSEAU SUR ST DENIS

le Procureur a été particulièrement intransigeant en réclamant une amende de 45.000 euros, plus l'interdiction d’acquérir des logements à usage locatif. c 'est bien 1 sur 100

NOUS ON RÉCLAME PLAINTE DEPUIS 2011 AU SUBSTITUT DU PROCUREUR DE ST DENIS BIENSUR AVANT LE PROCUREUR MULLER RIEN SILENCE RADIO PAS DE SUITE POURQUOI ???

2.Posté par CITOYEN CREOLE le 24/05/2014 12:21
A SAINT-LOUIS ( ET CERTAINEMENT DANS D' AUTRES VILLES ! ) EXISTENT ) DES " MARCHANDS DE SOMMEIL " DE MÊME ACABIT QUI EXPLOITENT LA MISÈRE ET LA SITUATION PRÉCAIRE DES DÉFAVORISÉS, INCAPABLES DE SE DÉFENDRE , NOTAMMENT DE CERTAINES FAMILLES D’IMMIGRÉS DE L’OCÉAN INDIEN ( NORD -OUEST DE MADAGASCAR NOTAMMENT ! ) ... .LES SERVICES SOCIAUX PEUVENT LES REPÉRER FACILEMENT A MON AVIS !!!

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 5 Décembre 2016 - 08:55 Quatre blessés graves en cette fin de week-end

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales