Société

Saint-Denis concourt pour le label "Ville d'Art et d'Histoire"

Hier matin, la ville de Saint-Denis, le Département, la Cinor et l'Université ont signé une convention de collaboration visant à promouvoir, protéger et transmettre le patrimoine historique et architectural dionysien. Une nouvelle étape au moment où la municipalité compte présenter sa candidature au label "Ville d'art et d'histoire".


Saint-Denis concourt pour le label "Ville d'Art et d'Histoire"
Le 17 novembre, la ville de Saint-Denis proposera sa candidature au label "Ville d'art et d'histoire" au Conseil national des Villes et Pays d'Art et d'Histoire. Ce label est attribué depuis 1985 par le Ministère de la Culture et de la Communication aux communes qui s’engagent dans une politique d’animation et de valorisation de leur patrimoine.

Or, pour ma municipalité, le patrimoine historique et architectural dionysien mérite un partenariat durable autour des questions de la connaissance, de la protection, de la promotion et de la transmission. C'est dans ce cadre que Département, CINOR et Université ont convenu de futures collaborations avec la mairie de Saint-Denis, dans le cadre d'une signature d'accord-cadre.

Une nouvelle étape est ainsi franchie… La ville de Saint-Denis espère à terme faire partie des 170 territoires porteurs d'un label "Ville et Pays d'art et d'histoire" qui partagent leurs interrogations et leurs expériences sur les politiques de protection et de valorisation du patrimoine.

Le terme de patrimoine doit être entendu dans son acception la plus large, puisqu’il concerne aussi bien l’ensemble du patrimoine bâti de la ville que les patrimoines naturel, industriel, maritime, ainsi que la mémoire des habitants. Il s’agit donc d’intégrer dans la démarche tous les éléments qui contribuent à l’identité d’une ville.

Dès le 17 novembre au soir, nous saurons si le chef-lieu a été sacré.

Quelques exemples du patrimoine de Saint-Denis...

Saint-Denis concourt pour le label "Ville d'Art et d'Histoire"
L’ancien Hôtel de ville de Saint-Denis

L’ancien Hôtel de ville de Saint-Denis est inauguré en grande pompe le 21 avril 1860, en présence des plus hautes personnalités de l’île, le gouverneur Émile Darricau, l’évêque Monseigneur Maupoint, le maire Gibert - Desmolière.
Cela faisait longtemps que la ville attendait un bâtiment institutionnel à la mesure de la capitale de l’île. La première pierre est posée en 1846, mais les vicissitudes politiques et financières vont empêcher les travaux. Il faudra attendre le second Empire pour voir la reprise du projet. Le financement débute par un emprunt de 400.000 francs contracté auprès de trois grands négociants de la place.

L’emprunt est garanti sur le centime additionnel perçu sur les rhums et sur l’octroi de mer crée en décembre 1850.
Les travaux vont durer plus de cinq années, mais le résultat est à la hauteur des espérances. En 1860, le nouvel Hôtel de ville est le centre de l’activité municipale, il abrite également la bibliothèque publique, la chambre de commerce et le commissariat de police. L’Hôtel de ville est construit sur un plan carré de 37 mètres de côté. Les plans suivent dans les grandes lignes l’avant-projet de 1843 dessiné par Pierre Georges Grenard.

L’édifice est entouré dès l’origine par une grille en fonte de fer scellée sur un soubassement de pierres de taille. Il est aussi remarquable par le soin apporté aux pièces intérieures. Au premier étage, le grand salon occupe tout le long de la façade donnant sur la rue de Paris. C’est sans conteste la pièce publique la plus vaste (300 m2) et la plus luxueuse de la colonie en cette seconde moitié du XIXe siècle. Le grand salon est la pièce d’apparat et de réception de l’Hôtel de ville.

Après restauration, le grand salon retrouve en 2001 son aspect de la seconde moitié du XIXe. Ce décor Napoléon III est unique à la Réunion. La cour intérieure de l’Hôtel de ville est formée par la disposition en "U" de l’édifice. Elle est fermée par une galerie à deux niveaux. La balustrade en terre cuite est similaire à celle qui compose les avant-corps des façades principales donnant sur rue. Dans les années 1860, une fontaine monumentale vient agrémenter la cour. Elle provient des fonderies d’art Ducel et représente sous une vasque, une reproduction des Trois Grâces du monument funéraire contenant le coeur de Henri II, oeuvre du sculpteur de la renaissance Germain Pilon (1525 env.1590), conservée au Musée du Louvre. Elle fut offerte par le maire, Gustave Manès, avec celle qui décore le parvis de la Cathédrale.

Saint-Denis concourt pour le label "Ville d'Art et d'Histoire"
L’église Notre-Dame de la Délivrance

L’église Notre-Dame de la Délivrance présente un exemple rare, encore existant, d’un programme complet de construction cultuelle au XIXe siècle, qui a conservé l’essentiel de son décor et de son mobilier originel. L’église témoigne de la diffusion du néogothique dans les colonies françaises et doit être considérée comme l’exemple le plus abouti de cette inspiration à La Réunion.

En 1860, une chapelle en bois est ouverte au culte. Venant de la paroisse de Sainte Rose, le curé Pierre Berthomieu constate que le sanctuaire est délabré et exigu. Le culte de la Vierge rencontrait un large succès et drainait des dévots venant de toute l’île, sans compter la population de la Petite Île et du Bas de la rivière qui allait en croissant. Le père Berthomieu remarque, sur le site de La Providence, les matériaux d’une église abandonnée. Il s’agit des débuts de la construction d’une église entreprise par les pères du Saint-Esprit.

Propriétaire des lieux, le conseil général fit don des matériaux à la commune, pour la réalisation de Notre-Dame de la Délivrance. La construction du lieu de culte durera de 1893 à 1897. L’édifice, de plan allongé, mesure 46 mètres de long, sur 18 mètres de large. Il est construit en moellons de pierre volcanique avec des joints tirés à la pointe. La façade est de style gothique toscan, encore largement en usage en métropole durant la seconde moitié du XIXe siècle.

Le portail principal est formé d’un arc brisé à voussures constituées de fines colonnettes ornées de chapiteaux à motifs floraux encadrés par deux portails latéraux. Les piliers quadrangulaires qui rythment la façade sont surmontés de pinacles appareillés en pierres de taille dont la couleur gris foncé s’oppose aux zones enduites, créant un chromatisme noir et ocre. Le portail principal est surmonté d’une rosace.

L’intérieur de l’église est formé de trois vaisseaux dont la nef se termine par un choeur à pans coupés, ainsi que les deux absidioles. La nef et les collatéraux sont éclairés par des fenêtres en arc brisé, fermées par des croisées munies de vitraux. Dans la première travée, deux vitraux sont signés des ateliers Bessac à Grenoble. Le premier représente Notre-Dame de la Merci. Il fait l’objet d’une forte dévotion attestée par les nombreux ex-voto, en plaque de cuivre ou de marbre, incrustés dans le mur, l’autre rappelle le miracle de la Vierge lors de l’ouragan.

Dans la dernière travée le même type de vitrail est repris. Ils sont datés de 1929. L’un représente le Christ portant le calice, tandis que le suivant commémore les morts de la guerre 14-18. La décoration homogène de l’église constitue avec son mobilier liturgique l’intérêt majeur de l’intérieur de l’édifice.

Outre le culte de Saint Expédit (l’un des seuls dans une église à La Réunion), la beauté des peintures et des décorations de cet endroit en fait un des bijoux de la ville. C’est, par ailleurs, un lieu de pratique religieuse extrêmement actif dans la ville.

Classé monument historique depuis 2005, l’église de la Délivrance a fait l’objet entre 2009 et 2010 d’une complète restauration extérieure. Outre la Ville, l’État et le Département ont contribué financièrement à la sauvegarde de ce patrimoine.

Saint-Denis concourt pour le label "Ville d'Art et d'Histoire"
La Poste centrale de Saint-Denis

Situé en plein centre de la ville de Saint-Denis, ce bâtiment (construction entre 1963 et 1965) fonctionne comme un repère urbain. Il se singularise par sa volumétrie, par son implantation et aussi par son architecture. L’édifice combine une tour d’habitation avec un bâtiment bas de bureaux.

Longtemps, la tour a constitué la seule construction haute du centre-ville, émergeant du tissu traditionnel. L’implantation en retrait de l’ensemble est liée aux règlements urbains de l’époque. Depuis sa création, le bâti n’a subi que quelques réaménagements minimes à l’intérieur des bureaux. Encore s’agit-il le plus souvent de simples réaffectations.

Le bureau du directeur, qui marque l’angle de la composition, a été maintenu en l’état d’origine. Le traitement des façades est surprenant pour un bâtiment public moderne. Au lieu des pilotis conventionnels et des transparences attendues, l’édifice est ceint d’un socle massif presque toujours aveugle. Seules quelques échancrures permettent les accès du public ou l’éclairage de la salle de tri. Ce soubassement serait-il une réminiscence du traitement néoclassique des édifices publics ?

Toutefois cet élément ne descend pas jusqu’au sol puisqu’il est surélevé pour permettre l’éclairage du niveau technique à demi enterré. Entre ce socle et l’étage supérieur, courre une césure horizontale correspondant à un jour d’imposte pour toutes les pièces du rez-de-chaussée surélevé. Le recours à l’imposte, constitue un des leitmotive de l’architecture de Bossu à La Réunion, lui permettant de décomposer les ordonnances et de modeler les échelles.

Dans le cas présent, au-dessus s’installe un système de brise-soleil de trame très serrée, légèrement décollée de la façade. Volontariste, le profil du bâtiment accuse fortement le prognathisme soubassement car ces brise-soleil reste en léger recul.

Bossu utilise ici un vocabulaire architectural moderne assez peu orthodoxe mais particulièrement vigoureux. Bien des subtilités - et quelques bizarreries - arrêtent l’oeil quand il parcourt la façade. Ainsi les ponctuations d’angles juchées sur le sas d’entrée du public donnent un aspect cornu à ce petit volume, rappelant les maisons du M’zab en Algérie. Même chose à l’angle de la rue : sur la façade Est, la ponctuation finale de la grille des brise-soleil devrait permettre de rattraper la hauteur de ceux de la façade Nord. Mais il semble qu’une erreur de chantier n’ait pas permis l’ajustage parfait des deux niveaux !

Quant à la tour d’habitation, aujourd’hui peu à peu réinvestie par les bureaux, elle se tient prudemment en recul de tous les côtés. Cette position, plutôt discrète, dénote-t-elle un scrupule d’un architecte ? Toujours est-il qu’on ne la perçoit pratiquement jamais en pied, dans toute sa hauteur, si ce n’est furtivement, en passant devant le renfoncement de la rue Juliette Dodu.
Mardi 15 Novembre 2011 - 08:13
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1.Posté par chapeau pointu le 15/11/2011 13:01
Il suffit de regarder la façade extérieure de la mairie ! sale et délabrée, ce sont les 2 adjectifs entendus d'une touriste qui prenait des photos le long de la rue de Paris. J'avais honte !
Mais depuis que les socialistes français ont érigé en modèle la médiocrité, rien n'est impossible.

2.Posté par ZembroKaf le 15/11/2011 14:35
Si c'est une touriste "de métropole" : "J'ai fini par comprendre que CDG est l'aéroport que les Parisiens méritent." ADP a encore du boulot..."http://www.lepoint.fr/economie/peut-on-sauver-roissy-14-11-2011-1395955_28.php " juste pour info !!!

3.Posté par CQFD le 15/11/2011 15:35
Etes vous déja allé à Florence, Rome, à Athênes ???

St Denis c'est dégueu, rempli de bêton, le front de mer pue et est mal entretenu...

Ah oui y a vraiment des Musées ? Ou sont les artistes de rue ? Quand a l'histoire... n'est elle pas écrite par les vainqueurs ?

Pourquoi pas ville sale ce serait plus adapté non ? ;-))) Décidément !

4.Posté par paul le 15/11/2011 15:57
st denis centre la ville la plus sale de la Réunion , côté marché c'est pire on n'est à madagascar ,

5.Posté par Le troll 974 le 15/11/2011 17:58
Saint-Denis concourt pour le label "Ville d'Art et d'Histoire"

Pour l'art , ya pas grand chose !! Mais pour les histoires de magouilles , de cul , de traffics en tout genres , là ya de quoi faire !!

6.Posté par nicolas le 18/11/2011 17:22
La statue de mahé labourdonnais çà vous dit quelque chose. Bravo à ces jeunes qui ont drapé ce bouffon d'un drap noir. La prochaine fois faudra carrément la détruire. Allez y les hypocrites servez vous de l'électorat de gauche quand vous en avez besoin et valorisez le patrimoine colonial. Un grand coup de pied dans cette gauche et cette droite de m.....

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